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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 17:51

Il était une bergèr-e, et ron, et ron, petit patapon
Il était une bergèr-e qui gardait ses moutons, ton, ton
Qui gardait ses moutons

Ell-e fit un fromag-e, et ron, et ron, petit patapon
Ell-e fit un fromag-e du lait de ses moutons, ton, ton
Du lait de ses moutons

Le chat qui la regard-e, et ron, et ron, petit patapon
Le chat qui la regard-e d’un petit air fripon, pon, pon
D’un petit air fripon

Si tu y mets la patt-e, et ron, et ron, petit patapon
Si tu y mets la patt-e, tu auras du bâton, ton, ton
Tu auras du bâton

Il n’y mit pas la patt-e, et ron, et ron, petit patapon
Il n’y mit pas la patt-e, il y mit le menton, ton, ton
Il y mit le menton

La bergère en colèr-e, et ron, et ron, petit patapon
La bergère en colèr-e tua son p’tit chaton, ton, ton
Tua son p’tit chaton

Ell-e fut à son pèr-e, et ron, et ron, petit patapon
Ell-e fut à son pèr-e, lui demander pardon, don, don
Lui demander pardon

Mon pèr-e, je m’accus-e, et ron, et ron, petit patapon
Mon pèr-e, je m’accus-e d’avoir tué mon chaton, ton, ton
D’avoir tué mon chaton

Ma fille pour pénitenc-e, et ron, et ron, petit patapon
Ma fille pour pénitenc-e, nous nous embrasserons, ron, ron
Nous nous embrasserons

La pénitence et douc-e, et ron, et ron, petit patapon
La pénitence et douc-e, nous recommencerons, ron, ron
Nous recommencerons

 

 

 

 

Published by Un Sage
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 17:40

Marcelle Bordas
MA FEMME EST MORTE
Chanson tourengelle - arrangements de François Betti, 1935

Jean l'autre soir montant son escalier
Jean l'autre soir montant son escalier
Trouva sa femme étendue sur le palier
Trouva sa femme étendue sur le palier
Voisins: ohé
Ma femme est morte
Venez, venez vite, venez vite la chercher
Sans quoi je la fous derrière la porte

REFRAIN:
Car c'était elle qui faisait le tapage à la maison
Maintenant: la poison! elle est morte!
Elle ne mettra plus de l'eau dans mon verre
Car maintenant la poison elle est morte!

Jean bien saoulé montant son escalier
Jean bien saoulé montant son escalier
Crut voir sa femme étendue sur le palier
Crut voir sa femme étendue sur le palier
Parlé: Messieurs du guet! Réponse: qui va là?
Ma femme est morte
Montez montez vite la ramasser
Sans quoi je la flanque derrière la porte,

REFRAIN

Puis Jean gueulant réveilla ses voisins
Puis Jean gueulant réveilla ses voisins
Fit tant de potin qu'il vit lever Martin
Fit tant de potin qu'il vit lever Martin
Parlé: Ohé Martin - Réponse: quoi qui n'y a?
Ma femme est morte
Je vous paie la goutte à tous demain matin
Si vous venez lui faire escorte

REFRAIN

Puis moult oignons Jean s'en fut acheter
Puis moult oignons Jean s'en fut acheter
Pour qu'en son deuil on le vit bien pleurer
Pour qu'en son deuil on le vit bien pleurer
Parlé: Ohé! fruitier - Réponse: voilà! voilà!
Ma femme est morte
Donnez donnez vite des oignons bien dorés
Pour que je la pleure en la sorte


REFRAIN

Puis Jean s'en fut réveiller le cure
Puis Jean s'en fut réveiller le cure
Qui ronflait fort sous son bonnet carré
Qui ronflait fort sous son bonnet carré
Parlé: Monsieur le Curé! Réponse: Nom de Dieu qu'est-ce qui y a?
Ma femme est morte
Venez venez vite lui dire vos oraisons
Et puis le diable l'emporte


REFRAIN

Puis Jean s'en fut trouver le fossoyeur
Puis Jean s'en fut trouver le fossoyeur
Qui dans une fosse dormait à la fraîcheur
Qui dans une fosse dormait à la fraîcheur
Parlé: Ohé! fossier!
Ma femme est morte
Creusez, creusez vite, un trou, large et profond
Afin que la garce n'en sorte


REFRAIN

Auprès de sa femme Jean était retourné
Auprès de sa femme Jean était retourné
Mais la sale bête était ressuscitée
Mais la sale bête était ressuscitée
Parlé: Eh! Mais! Aglaée - Réponse: quoi qui n'y a?
Tu n'es pas morte
Elle répondit le pispot à la main (pot de chambre)
Tiens! Voilà la tisane que je t'apporte.

Et comme toujours je ferai le tapage à la maison
Car vois-tu ta poison n'est pas morte
Et je mettrai cette eau dedans ton verre
Car maintenant ta poison
N'est pas morte.

 
 
Published by Un Sage
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 17:30

Malbrough s'en va-t-en guerre

Mironton, mironton, mirontaine,
Malbrough s'en va-t-en guerre
Ne sait quand reviendra (bis)
Il reviendra-z-à Pâques
Mironton, mironton, mirontaine
Il reviendra-z-à Pâques
Ou à la Trinité (bis)
La Trinité se passe,
Mironton, mironton, mirontaine,
La Trinité se passe
Malbrough ne revient pas (bis)
Madame à sa tour monte
Mironton, mironton, mirontaine,
Madame à sa tour monte
Si haut qu'elle peut monter (bis)
Elle voit venir son page,
Mironton, mironton, mirontaine,
Elle voit venir son page
Tout de noir habillé (bis)
Beau page, mon beau page
Mironton, mironton, mirontaine,
Beau page, mon beau page
Quelles nouvelles apportez ? (bis)
Aux nouvelles que j'apporte
Mironton, mironton, mirontaine,
Aux nouvelles que j'apporte
Vos beaux yeux vont pleurer (bis)
Quittez vos habits roses
Mironton, mironton, mirontaine,
Quittez vos habits roses
Et vos satins brochés (bis)
Monsieur Malbrough est mort
Mironton, mironton, mirontaine,
Monsieur Malbrough est mort
Est mort et enterré (bis)
J'l'ai vu porter en terre,
Mironton, mironton, mirontaine,
J'l'ai vu porter en terre
Par quatre-z-officiers (bis)
L'un portait sa cuirasse
Mironton, mironton, mirontaine,
L'un portait sa cuirasse
L'autre son bouclier (bis)
L'un portait son grand sabre,
Mironton, mironton, mirontaine,
L'un portait son grand sabre
L'autre ne portait rien (bis)
A l'entour de sa tombe
Mironton, mironton, mirontaine,
A l'entour de sa tombe
Romarin fut planté (bis)
Sur la plus haute branche
Mironton, mironton, mirontaine,
Sur la plus haute branche
Un rossignol chantait (bis)
On vit voler son âme
Mironton, mironton, mirontaine,
On vit voler son âme
Au travers des lauriers (bis)
On trouve deux versions pour la suite
1 - La cérémonie faite
Mironton, mironton, mirontaine
La cérémonie faite
Chacun s'en fut coucher (bis)
Les uns avec leurs femmes
Mironton, mironton, mirontaine,
Les uns avec leurs femmes
Et les autres tout seuls ! (bis)
J'n'en dis pas davantage
Mironton, mironton, mirontaine,
J'n'en dis pas davantage
Car en voilà-z-assez (bis)
2 - Chacun mit ventre à terre,
Mironton, mironton, mirontaine,
Chacun mit ventre à terre
Et puis se releva (bis)
Pour chanter les victoires
Mironton, mironton, mirontaine,
Pour chanter les victoires
Que Malbrough remporta (bis)
La cérémonie faite
Mironton, mironton, mirontaine,
La cérémonie faite
Chacun s'en retourna (bis)
Les paroles dateraient de la bataille de Malplaquet , le 11 septembre1709, au cours de laquelle John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722) , fut grièvement blessé - et non tué . L'essentiel de sa carrière militaire fut consacré à lutter contre la France. C'est pourquoi les Français s'amusèrent à raconter sur un ton parodique sa mort et son enterrement. Cette chanson ne connut du succès qu'à partir de 1781. Geneviève Poitrine, nourrice du premier dauphin de Louis XVI la chantait à l'enfant royal : Marie-Antoinette la reprit au clavecin et en lança la mode. La mélodie fit le tour du monde.

 

Published by Un Sage
17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 17:30

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Les classes prépa "BL" sont une chance pour tous les bons élèves

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Les classes prépa « BL » sont une chance pour tous les bons élèves

Par

Maurice Merchier

   


Le lycée Henri IV à Paris, mars 2007. SIPA. 00542265_000026

En réaction à l’article de Jean-Paul Brighelli sur les classes préparatoires « BL », je propose de détourner un dicton connu, et de le prier de ne pas « jeter l’eau du bain BL avec le bébé-Macron ».

Faire de cette section une pure école d’héritiers, une fabrique à dominants, dans une problématique bourdivine, est extrêmement partiel, réducteur, et pour tout dire injuste. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, avec un tel regard sur ces classes, l’auteur de l’article n’a pas démissionné.

Ce n’est pas (seulement) la prépa des élites

Pour y avoir moi aussi enseigné, (au lycée Faidherbe à Lille), avoir fait partie des « pionniers » de ce qui s’est appelé à l’origine « khâgne S », avant de devenir « BL » et pour cela avoir bien connu certains de ses fondateurs (Guy Palmade, Marcel Roncayolo, Henri Lanta…) , je peux témoigner qu’une telle orientation est aux antipodes de ce qu’étaient leurs intentions, mais bien éloigné aussi du rôle effectivement joué par cette filière dans le paysage des classes préparatoires. Il n’est pas convenable de jeter l’opprobre sur cette formation dans le seul but d’en faire la pièce maîtresse d’un réquisitoire à charge contre nos élites, et particulièrement contre notre nouveau président ! Comme si tous les étudiants qui en sortaient étaient formatés à l’image de ce modèle !

Il est en particulier choquant de lire que les « prépas de proximité de la France périphérique » ne sont là que pour fluidifier le fonctionnement des « grands centres » et consolider leur hégémonie, en berçant d’illusions les « petits pauvres locaux ». Ces formules méprisantes négligent le fait que ces sections offrent aux bons élèves des classes moyennes, et même ,dans un nombre de cas non négligeable de familles modestes, souvent issus de la filière bac ES, un enseignement de haut niveau qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs.

Même s’ils peinent plus ou moins en mathématiques et ne peuvent prétendre raisonnablement décrocher le « grand concours » (l’ENS), ils sont alors outillés pour réussir d’autres concours, Sciences Po, ENSAE, écoles de commerce de province, voire pour poursuivre des études à l’université, dans de très bonnes conditions. Je pourrais en citer beaucoup qui ont fait ensuite d’excellentes carrières universitaires, et dont l’un (de mes anciens élèves passé donc par la fac) est même devenu un sociologue connu.

La pluridisciplinarité n’est pas une posture, c’est une ouverture

Pour ce qui est du contenu de cette formation, et du profil culturel des élèves qui en sortent, tout n’est pas faux dans la description de M. Brighelli. L’effet pervers de la pluridisciplinarité est forcément le saupoudrage des connaissances, l’impossibilité d’approfondir, le survol un peu superficiel de multiples domaines… Mais de là à réduire tout cela à une culture de l’esbroufe, de la posture, de l’arrogance intellectuelle et de la manipulation des masses, il y a un pas à ne pas franchir.

Il faut d’abord prendre en considération le « bon côté » de la médaille. Ces horizons disciplinaires variés sont autant de portes ouvertes vers des formes de connaissance qui sont de nature à attiser les curiosités. Il n’est sûrement pas mauvais que de futurs cadres dûment dotés de compétences mathématiques aient des ouvertures du côté des Sciences sociales, mais aussi des Lettres, de la Philosophie, voire des Langues anciennes. Le fait de multiplier les approches de la réalité a toutes chances de stimuler l’esprit critique. L’accession aux responsabilités pourra alors être accompagnée d’une plus grande propension à la distance, à la réflexion éthique, à la remise en cause…

Il est légitime d’émettre des critiques (que je partage en partie) concernant les mentalités des membres de nos classes dirigeantes, et le scepticisme est pertinent concernant la qualité autosuggérée et amplifiée par les médias de la culture du premier d’entre eux. Mais affirmer que la fabrication de telles « élites » est la vocation de la filière d’enseignement supérieur que constituent les hypokhâgnes et khâgnes BL n’est pas soutenable, et relève d’une vision idéologique dépassée. Parce qu’elles offrent des débouchés intéressants à des élèves d’origine modeste ; parce qu’elles favorisent la prise de conscience de certaines réalités sociales, il serait au contraire plus judicieux de revendiquer d’en augmenter le nombre.

Published by Un Sage
17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 15:43

L’essentiel a déjà été écrit au sujet du burkini, notamment dans Causeur. « Le bikini est une permission alors que le burkini est une prescription » en constitue d’ailleurs une fort élégante synthèse.

Un défi civilisationnel

Plus que les corps, ce vêtement masque une volonté de banalisation de l’islam radical et de ses codes dans l’espace public. « Notre défi est aussi civilisationnel » a dit à juste titre notre nouveau président. Nous verrons cet été si son gouvernement et lui choisissent de clarifier les choses au sujet de ces étranges tenues de plage, ce qui au fond n’a rien de compliqué et se résume à une exigence de cohérence.

 

Hypothèse 1 : Le burkini n’est qu’un vêtement, et chacun a le droit de s’habiller comme il le veut. Que les adeptes du burkini militent donc en parallèle pour le droit des femmes à porter le bikini en Arabie Saoudite, et ils mériteront d’être pris au sérieux. En l’absence de cette cohérence, qu’ils ne s’étonnent pas d’être vus comme des provocateurs hypocrites et traités comme tels.

 

Hypothèse 2 : Le burkini est un signe d’appartenance à des courants de l’islam prônant des valeurs fondamentalement opposées à celles de la République. Il est alors légitime que les pouvoirs publics en interdisent le port, comme est interdit le port d’uniformes rappelant les « heures les plus sombres de notre histoire ». Mais il faudrait alors que l’État repense ses relations avec des groupes ou des pays qui se réclament ouvertement de ces mêmes courants religieux, faute de quoi il sera à juste titre accusé d’hypocrisie.

 

Quoi qu’il en soit, le burkini participe aussi à une entreprise de tromperie, par l’emploi d’une novlangue insidieuse, dans le cadre de la mode dite « modeste ». Traduction maladroite du terme anglais « modest fashion », qui signifie « mode pudique », ce terme désigne toutes sortes de vêtements compatibles avec les exigences que de très nombreux prédicateurs attribuent à l’islam (savoir si les textes sacrés de l’islam imposent réellement ces contraintes est un autre débat).

Où est l’impudeur?

Or, permettre que se banalise l’appellation de « mode modeste » ou « mode pudique » pour parler de ce qui se veut, la « mode islamique » ou la « mode halal », laisse sous-entendre que les autres types de vêtements féminins, du bikini au kimono en passant par la robe de bal, seraient « immodestes » ou « impudiques » !

Je préfère d’ailleurs l’emploi de « mode hallal », qui insiste sur la volonté de se conformer à des règles strictes se disant d’origine religieuse, plutôt que « mode islamique » ou, pire, « mode musulmane », tant il y a de musulmanes à la foi sincère qui ne voient aucun problème à s’habiller avec une certaine légèreté.

Certes, certains promoteurs de la « modest fashion » mettent en avant quelques modèles non voilées, et affirment que les critères de cette mode (bras et jambes couverts, absence de décolleté) seraient universels et communs à de nombreuses religions. Reste que le marketing de la « modest fashion » est presque exclusivement tourné vers les populations musulmanes, et qu’une vahiné aux seins nus ou une musulmane dévoilée peuvent être à la fois plus authentiquement pudiques et plus profondément religieuses que bien des matrones victoriennes boutonnées jusqu’au cou, ou les militantes en burkini qui s’exhibent ostensiblement sur les plages en prétendant se cacher.

Respectons le libre-arbitre

« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées. » faisait dire Molière à Tartuffe, l’hypocrite, le faux dévot. Déjà ! Et déjà on rendait les femmes responsables des « coupables pensées » des hommes, comme si c’était à elles d’assumer le manque de maîtrise de soi supposée de la gent masculine, et comme si par nature le mâle ne pouvait être qu’un vulgaire obsédé.

Au demeurant, on peut se demander si ces pensées sont vraiment si coupables, ou uniquement condamnées par un homme à ce point dépourvu de séduction, à ce point incapable de relations saines avec les femmes, qu’il feint de mépriser ce que sa médiocrité lui rend inaccessible. Tel « certain renard Gascon, d’autres disent Normand » qui ne pouvait atteindre les raisins vermeils en haut d’une treille…. Mais c’est un autre débat.

Pour ma part, je considère que femmes et hommes sont des sujets, non des objets, et qu’ils sont dotés de libre-arbitre. Je n’ai pas besoin d’enfermer ni de cacher une femme pour lui faire confiance, et je ne crois pas que les hommes soient par nature des obsédés irresponsables incapables de canaliser les pulsions qui jailliraient à la vue d’une parcelle de peau nue.

En 2009, Abdelwahab Meddeb déclarait à Elisabeth Lévy : « la face, surtout celle de la femme, est une épiphanie divine destinée à être contemplée. » J’y ajouterai les reflets changeants du soleil dans une chevelure, la forme désirable d’un corps, les nuances des couleurs de la peau. Pour quelqu’un qui se dit croyant, quel manque de gratitude envers le divin que de préférer dissimuler la beauté plutôt que la contempler !

Mythologie de la beauté féminine

Dans les mythes du Japon, le dieu Izanagi était si émerveillé par sa fille Amaterasu, déesse du Soleil, qu’il la prit dans ses bras et l’éleva haut dans le ciel pour que tout ce qui vit puisse l’admirer et être embelli par sa lumière. Et il lui confia le gouvernement des cieux. Lorsque les ténèbres menacèrent de recouvrir le monde, c’est en se dénudant pendant qu’elle dansait que l’Aurore rendit aux divinités rassemblées l’espoir et la pure jubilation d’exister, et fit revenir le jour.

Louées soient celles qui se dévoilent ! Celles qui savent qu’un regard peut être un hommage, qu’une pointe de désir peut rester empreinte de respect, et qui offrent ainsi une preuve de la beauté du monde, du simple plaisir de vivre et de la possibilité de la joie.

Ceci étant, je comprends qu’une femme puisse chercher à associer sa vision de la mode avec d’autres normes culturelles que les miennes. Mais j’attends alors que ces normes soient de sa part un choix conscient et libre, et qu’elle défende ce même droit pour celles qui s’appuient sur des normes différentes, ou sur la volonté de s’affranchir des normes. Et j’attends de tous, y compris des journalistes et des marques de vêtements, que les mots soient employés dans leur vrai sens, et que l’on cesse d’accuser implicitement la majorité des femmes d’impudicité sous prétexte d’éviter les appellations à connotation religieuse par…. fausse pudeur.

 

Published by Un Sage
15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:10

 

Emmanuel Macron a-t-il mis des ministres sous surveillance ?

 

 

Certains ministres ne le savent pas, mais ils sont surveillés...

En effet, d'après Marianne, Emmanuel Macron a placé plusieurs ministres issus de la société civile sous surveillance de ses proches.

Une stratégie qui illustrerait la conception "jupitérienne" du pouvoir du président de la République. D'après le magazine, "plusieurs membres du gouvernement se sont en effet vu imposer un certain nombre de noms au moment de leur nomination. Parmi eux, beaucoup de fidèles macronistes." De quoi permettre au chef de l'Etat d'avoir un oeil sur certains ministres de ce gouvernement hétéroclite. 

Des intermédiaires faisant parfois office de "ministres bis"

Ces collaborateurs feraient même parfois office de véritables "ministres bis", indique le magazine, qui prend pour exemple le cas de Françoise Nyssen, ministre de la Culture : sans expérience politique avant sa nomination, Emmanuel Macron lui a demandé de prendre Marc Schwartz en tant que directeur de cabinet. Or, ce conseiller à la Cour des comptes n'est autre que "le coordinateur et principal cerveau du programme culturel du président".

Un exemple parmi tant d'autres. Même le Premier ministre Edouard Philippe est concerné. En off, un ministre s'inquiète même d'une "prise de contrôle" des ministères et de Matignon par l'Elysée.

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Publié par Rédaction le Mercredi 28 Juin 2017 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Un Sage
15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:00

Emmanuel Macron, "il vous fait les poches", dit Alexis Corbière aux retraités

Le député de La France insoumise a estimé dimanche que la hausse de la CSG allait impacter gravement les pensions de retraite. Une honte, selon lui.

Source AFP

Alexis Corbière ne mâche pas ses mots contre Emmanuel Macron. Dimanche, le député La France insoumise a fustigé l'augmentation de la CSG et la baisse de l'ISF qu'envisage le gouvernement d'Édouard Philippe. Allant même jusqu'à affirmer qu'il trouvait "honteux" que le président de la République fasse "les poches" aux retraités. "Je dis que quand on a bossé toute sa vie, qu'on gagne 1 300 euros par mois, vous augmentez la CSG, c'est dégueulasse, surtout que les mêmes qui font ça expliquent qu'il faut baisser l'ISF", a ainsi affirmé dimanche sur LCI le député de Seine-Saint-Denis.

La réforme de l'ISF, reportée à 2019, avait été promise par le président de la République pendant sa campagne. Il voulait transformer l'ISF en "impôt sur la fortune immobilière" (IFI), en sortant le patrimoine mobilier, l'épargne ou les placements financiers du périmètre de cet impôt emblématique, ce qui pourrait entraîner un manque à gagner de deux milliards d'euros pour les finances publiques. La Contribution sociale généralisée (CSG) va elle augmenter de 1,7 point dès 2018, afin de compenser la suppression des cotisations salariales sur l'assurance maladie et l'assurance chômage censée redonner du pouvoir d'achat à plus de 20 millions d'actifs.

"Ils se font avoir !"

"Ce qui me choque, c'est avoir pour idée de baisser une partie de l'ISF, donc un cadeau pour les plus riches, mais en même temps augmenter la CSG pour nos anciens, notamment les gens qui ont une pension au-dessus de 1 200 euros par mois (...). C'est honteux, immoral, scandaleux", a lancé ce lieutenant de Jean-Luc Mélenchon. "Si vous avez voté Macron, pour les anciens qui nous regardent, il vous fait les poches, et c'est honteux !", a-t-il insisté. "Pour les retraités, c'est donne-moi ta montre, je te dirai l'heure ! Ils se font avoir ! Les fonctionnaires pareil !", a asséné ce député.

Pour lui, les classes moyennes, "les gens qui gagnent 3 000 euros par mois (...) sont extrêmement sollicités sur le plan fiscal, ils en prennent plein la figure", notamment "dans les grandes agglomérations". La France insoumise est "pour une révolution fiscale. Notre système fiscal n'est pas juste (...). On avait une réforme fiscale qui disait que ceux qui gagnaient 4 000 euros par mois, par personne, devaient avoir une fiscalité légèrement à la baisse, et au-dessus, on l'assumait totalement, 5 000-6 000 euros, les plus riches, devaient être un peu plus sollicités", d'après lui.

****************************

La Cour des Comptes découvre au grand étonnement de Macron, qui soi-disant n'était pas au courant un déficit supplémentaire de 8 milliards, une paille.

Du coup Macron fait volte –face et modifie ou remet à plus tard, ou aux calendes grecques ses belles promesses électorales de  baisse des impôts.

C'est bien connu on évoque toujours ,après un audit , l'héritage catastrophique laissé par le prédécesseur pour ne pas les tenir ces belles promesses !!

 A la Roche l'opposition nous a bien "monté le bourrichon"  avec l'héritage catastrophique  laissé par Michel Thabuis pour prendre le pouvoir  mais pour en faire quoi, on commence bien à se poser des questions !!

Dans le cas Macron le problème est un peu différant , car il était lui-même un fossoyeur dans le "trio des vieilles canailles" qui ont creusé  ce déficit et il prêche maintenant les économies.

Un geste de honte!!

Les moutons de Panurge, ceux qui ont voté pour lui ,fascinés par ses belles promesses,(ils sont nombreux) ,ont bien été roulés dans la farine","Gros-Jean comme devant"

Le magicien Macron les a transformé d'un coup de baguette magique en dindons de la farce

Adieu veaux,vaches cochons,couvée
(Toujours d'actualité)
La Laitière et
le Pot au Lait
Jean de la Fontaine (1621-1695)

***

Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait 
Bien posé sur un coussinet, 
Prétendait arriver sans encombre à la ville. 
Légère et court vêtue elle allait à grands pas ; 
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, 
Cotillon simple, et souliers plats. 
Notre laitière ainsi troussée 
Comptait déjà dans sa pensée 
Tout le prix de son lait, en employait l'argent, 
Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ; 
La chose allait à bien par son soin diligent. 
Il m'est, disait-elle, facile, 
D'élever des poulets autour de ma maison : 
Le Renard sera bien habile, 
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. 
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ; 
Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable : 
J'aurai le revendant de l'argent bel et bon. 
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, 
Vu le prix dont il est, une vache et son veau, 
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? 
Perrette là-dessus saute aussi, transportée. 
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ; 
La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri 
Sa fortune ainsi répandue, 
Va s'excuser à son mari 
En grand danger d'être battue. 
Le récit en farce en fut fait ; 
On l'appela le Pot au lait. 

Quel esprit ne bat la campagne ? 
Qui ne fait châteaux en Espagne ? 
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous, 
Autant les sages que les fous ? 
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux : 
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes : 
Tout le bien du monde est à nous, 
Tous les honneurs, toutes les femmes. 
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ; 
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ; 
On m'élit roi, mon peuple m'aime ; 
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant : 
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ; 
Je suis gros Jean comme devant.

 

 

 



 

 

 

Published by Un Sage
14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:20

14 juillet: bienvenue au diable Donald Trump!

Par

Benoît Rayski

 - 13 juillet 2017

Il y a des articles qui ressemblent à des mandats d’arrêt, à des « wanted » pour rester dans la cow-boyesque couleur locale. Il y a des articles qui sonnent le tocsin pour signaler que la ville brûle, que l’ennemi est à nos portes, que la peste approche. Il y a des articles qui ont pour vocation de réveiller les consciences endormies.

Fuyez, braves gens!

C’est ainsi que dans Causeur, Donald Trump vient d’être affublé d’une crécelle. Vous savez, cet instrument, qui, au Moyen-âge, servait à signaler aux populations saines et craintives l’arrivée de Juifs ou de lépreux. Comme le président des Etats-Unis n’est pas juif, force est d’en déduire qu’il a la lèpre.

Fuyez, braves gens, ne vous rendez pas sur les Champs-Elysées pour le 14 juillet ! Car la bête immonde y sera ! Elle a été invitée au prétexte que c’est le centenaire de l’entrée en guerre des Américains à nos côtés pendant la guerre 14-18. Au prétexte qu’elle dirige un pays dont des dizaines de milliers de soldats sont morts pour nous, la plupart en débarquant sur les côtes de Normandie.

Donald Trump, un criminel du climat?

La bête s’est rendue coupable, lit-on, de quasi-crime contre l’humanité. Le crime des crimes : elle s’est retirée de l’accord de Paris sur le climat. Elle est, lit-on encore, « négationniste ». Et que nie-t-elle ? L’extermination des Juifs et les chambres à gaz ? Les 500 000 morts de Pol Pot ? Le génocide rwandais ? Que nenni ! Le monstre qui vient nous voir nie l’existence du réchauffement climatique !

L’horreur, l’horreur absolue. C’est à peu près aussi infâme que le serait la présence, en invité d’honneur, de Jean-Marie Le Pen à la grande synagogue de la rue de la Victoire. Que Kim Kardashian entrant à poil dans un couvent de carmélites. Pour exorciser le mal, pour éloigner le vampire aux dents couvertes de particules fines et de CO2, venez – si vous devez venir – avec vos gousses d’ail et vos crucifix…

Pour notre part, nous prions qu’il fasse beau le jour du 14 juillet. Il faut qu’un soleil radieux illumine la plus belle avenue du monde. Car s’il pleut, ce sera – c’est sûr – la faute de Donald Trump…

 

 

 

 

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 18:09

PClasses prépa « BL », l’école des héritiers

Par

Jean-Paul Brighelli

1996-1997. Lycée Henri-IV à Paris. Classe préparatoire lettres et sciences sociales, dite « Khâgne B/L »

Titre énigmatique peut-être pour certains : les BL, créées en 1983, sont des classes préparatoires littéraires (d’où le « L ») mais avec une option lourde Sciences sociales / Economie (d’où le « B », comme on appelait alors la section qui a depuis été rebaptisée ES). Il en existe à ce jour 27 en France ,les deux dernières viennent d’être créées pour septembre 2017 à Lyon-Saint-Just et à Cannes-Stanislas.

Mieux vaut être né au bon endroit

J’enseigne en BL, à Marseille, au lycée Thiers. Hier lundi, nous avons reçu les impétrants de l’année prochaine : nous leur avons fait le coup du « fini de rigoler », sans trop les féliciter pour le Bac, puisqu’ils ont été sélectionnés au mois de mai, bien avant l’examen final qui sanctionne… rien du tout : juste la fin de la plaisanterie. Sélectionnés comme sont sélectionnés plus de 40% des futurs étudiants, qu’ils s’inscrivent en BTS, en IUT, en CPGE, dans une fac à dérogation (Dauphine, par exemple) , et plus de 50% si l’on rajoute ceux qui s’inscrivent en médecine et sont impitoyablement triés en fin de première année. Il est évident que c’est là le modèle de ce que sera d’ici peu tout l’enseignement supérieur.

Pour la sélection, on examine à fond le livret scolaire, classe de Première et de Terminale. Il vaut mieux y avoir été parfait, particulièrement en maths — mais si d’aventure vous avez eu le concours général de Français, par exemple, c’est aussi bien.

Le poids de l’établissement d’origine est considérable. Si vous venez d’un lycée honorable, privé ou public, vous serez mieux considéré que si vous avez eu vos bonnes notes à Trifouillis-les-oies. Henri-IV par exemple s’auto-alimente (c’est un lycée à statut dérogatoire : comme son compère Louis-le-Grand, spécialiste des khâgnes AL, il trie ses élèves en Seconde en piétinant la carte scolaire), et complète les rangs de ses classes préparatoires avec les élèves les plus distingués arrivant de toute la France , à condition qu’ils aient les moyens de s’offrir un point de chute à Paris Ve. Si vos parents sont grands médecins quelque part dans la Somme ou ailleurs, c’est plus pratique. Les prépas de proximité de la « France périphérique » (utiles, certes, pour « fixer » sur place des élites qui ont une tendance nette à fuir vers les grands centres) ont été créées pour drainer les petits pauvres locaux, et leur donner l’illusion qu’ils peuvent, eux aussi, entrer dans le grand jeu.

L’endroit idéal pour se constituer un beau carnet d’adresses

On fêtera comme il se doit la réussite des élèves, ce qui permet d’établir une hiérarchie des khâgnes françaises : deux lycées parisiens, un en banlieue, deux ou trois autres encore dans de grandes métropoles. Fin des illusions perdues.

Quant aux élèves qui n’auront rien intégré, au pire, ils feront profs.

C’était notre rubrique : Bourdieu avait raison, et encore, il n’avait pas tout vu. Etre héritier, ça aide pour hériter. Etonnant, non ?

En BL donc (hypokhâgne puis khâgne), on fait des Lettres, de la Philo, des Sciences économiques et sociales, des maths (en fait, c’est le juge de paix de la section : soit vous suivez à un niveau qui est assez relevé, soit vous giclez), de l’Histoire, des Langues, et on a le choix entre diverses options, Latin, Géographie, telle ou telle langue renforcée, etc. Au total, une petite trentaine d’heures de cours, auxquelles s’ajoutent les heures de kholles (des interrogations orales hebdomadaires dans les diverses matières) et de Devoirs Surveillés (DS), placés judicieusement le samedi afin qu’il n’y ait vraiment que le dimanche pour tenter de récupérer. Sans parler des Devoirs Maison (DM) au gré des enseignants , disons un toutes les trois semaines par matière, y compris pendant les grandes vacances. Haut les cœurs !

Vous avez compris : c’est certainement la CPGE la plus généraliste qui soit. On y prépare les trois ENS (Ulm / Lyon / Cachan), les ENSAE, ENSAI, les grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, EDHEC, etc.), le CELSA, l’Ecole des Chartes, et divers IEP, y compris Sciences-Po Paris au niveau Bac + 3, donc réservé aux « khubes », les redoublants de la seconde année : il y a un argot des prépas qui permet, trente ans après, de s’identifier dans la franc-maçonnerie des grandes écoles. Parce qu’une classe préparatoire est l’un des moyens les plus sûrs pour se commencer un beau carnet d’adresses.

Si vous tenez compte du fait que de Sciences-Po ou de l’ENS on peut passer l’ENA, vous voyez le genre de destin qui se tricote en BL : eux-maîtres-du-monde. Et pourquoi pas présidents de la République ?

Entraînés à l’art de l’illusion

Dans l’idéal, le bon élève de BL est donc bon partout, surtout si l’on tient compte du fait que la barre de la plupart des concours — c’est ce qui les différencie des examens — est bien au-dessus de 10, souvent 13 ou 14, et qu’une khâgne n’est pas l’endroit où les bonnes notes se ramassent à la pelle : les heureux postulants qui arrivent là avec une mention TB au Bac commencent l’année à 5 de moyenne, parce qu’ils sont enfin confrontés à la vérité des prix, qu’une habile politique pédadémagogique leur a cachée des années durant. Pas de quoi sangloter : l’essentiel est ce qu’ils vaudront au bout des deux ou trois ans de rigueur. En Lettres, disons qu’un très bon élève commence à la moyenne et finit à 18 ou 19. Un élève moyen commence… plus bas et finit à la moyenne, ce qui lui suffira amplement pour avoir entre 16 et 18 si d’aventure il se résignait à aller en fac.

Ajoutez à cela que les classes rassemblent rarement moins de 45 élèves… Ce n’est pas que les profs soient meilleurs que d’autres : mais ils ont la patience de corriger (souvent) des copies dont la moindre leur prend 20 à 30 mn. En fait, les résultats des prépas sont proportionnels à la qualité des élèves bien plus qu’à celle des maîtres. Rassemblez une cinquantaine de gros bûcheurs motivés, pimentez avec quelques illusionnistes manieurs d’idées générales, brillantes et creuses, et vous avez un effet cumulatif d’insurrection permanente des cellules grises.

La réussite à l’ENS n’est pas requise forcément. Ce qui s’apprend dans ces classes, c’est la capacité de travail et l’art de l’illusion. Le cumul des exercices écrits et des performances orales élimine les plus faibles , c’est un système hautement darwinien , et propulse les plus habiles vers les sommets, là où une rhétorique bien maîtrisée, des connaissances fort diverses, et l’habitude de la pression vous amènent à être compétent trente minutes sur n’importe quel sujet dans n’importe quelle situation. Les élèves de BL ne sont pas des spécialistes, même s’ils peuvent le devenir plus tard. Ce sont des généralistes doués pour faire croire qu’ils sont spécialistes du sujet dont ils causent. Au pire, ils prennent connaissance en cinq minutes du topo qu’on leur aura préparé, et ils l’assimilent afin de paraître très informés dans l’heure qui suit. Au-delà, c’est parfaitement inutile. La compétence aujourd’hui est, comme l’électro-ménager, à obsolescence programmée ,surtout dans les hautes sphères. Dans la société du spectacle, le produit est forcément fugace, mais alléchant.

Inutile d’avoir des convictions

Un truc parmi d’autres pour réussir en BL. Utilisez des mots de plus de trois syllabes, si possible des concepts un peu creux, mais dont le frottement, l’un contre l’autre, produit une musique qui étourdira les gogos. Les meilleurs élèves sont des jongleurs. Des princes de l’équivoque. Maniez chaque idée avec aisance, en la confrontant sans cesse à son contraire ;avec une cheville rhétorique du genre « et en même temps ». Réalisez rapidement qu’une problématique (nécessaire à toute introduction dissertative) revient à vous demander si l’interaction de A et B est un pléonasme ou un oxymore. Tout pour la dialectique ! Rien n’a de réponse simple ! Appliquez ce genre de principe à la politique, et vous comprenez qu’il ne s’agit plus de convictions (la conviction choisit entre A et B) mais de virtuosité ; et à terme, acquérir l’art d’éviter les choix ou les réponses univoques. C’est ainsi que l’on peut, sous prétexte que la réalité est complexe, refuser de répondre à des journalistes, gens simples qui souhaitent des réponses lapidaires : la France sera-t-elle bientôt totalement ubérisée ? Les retraites vont-elles baisser ? La fonction publique sera-t-elle bientôt privatisée ?

Evidemment, vous ne croyez plus à grand-chose, à l’arrivée, mais vous pouvez étourdir n’importe quel auditoire.

D’où l’intérêt des formations acquises dans les grands lycées jésuites , Provence à Marseille, Sainte-Geneviève à Versailles, « Franklin » (Saint-Louis de Gonzague) à Paris, où a enseigné Brigitte Macron et où Bruno Le Maire fut élève, ou la Providence à Amiens…

Là, on vous apprend à peser soigneusement le pour et le contre, et à manier avec dextérité des chevilles du genre « d’un autre côté », « en même temps » et « ce n’est pas si simple ». Le Diable et le bon Dieu dans le même bénitier.

Cultivez cependant une apparence décontractée, le genre « mouton ébouriffé ». Vous aurez le temps plus tard de passer au complet veston.

L’amour? Préférez le piano ou le théâtre

Pour survivre dans le milieu à haute tension de la khâgne BL, il faut éviter, quelles que soient les sollicitations hormonales, de trop investir dans le sentiment. Restez-en à des exercices hygiéniques et de détente, avec ou sans partenaire. « L’amour, c’est l’échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes » , et ça suffit bien, pour Roméo et Juliette ou Harold et Maud, vous verrez plus tard. Hors de question d’échouer et d’en arriver un jour à dire : « J’étais trop amoureux pour préparer sérieusement le concours ! »

Faites de la musique­, du piano par exemple, ça détend les nerfs : un DS de Maths ? Crac, un petit Nocturne chopinesque pour apaiser les tensions. Quelques années de Conservatoire au préalable sont un excellent prélude

Rien de mieux qu’une pratique sportive parallèle , ou mieux, un club de théâtre, qui vous permettra d’apprendre à dire avec conviction les choses auxquelles vous ne croyez absolument pas. Jouez et rejouez Tartuffe. On ne vous demande pas d’être vous-mêmes , d’ailleurs, quand on sort de là, y a-t-il encore un « soi-même », en dehors d’une ambition jupitérienne ? On vous demande de maîtriser à fond la communication, qui est depuis les premiers rhéteurs grecs l’art d’embobiner votre interlocuteur, qu’il s’agisse d’un enseignant complice, d’un jury hostile, d’un recruteur ou d’une foule. Relisez le Gorgias. Platon feint de croire que Socrate gagne. Mais il sait bien que c’est Calliclès, fils de famille cynique, impitoyable et ambitieux, l’homme aux désirs sans limites, qui ralliera les suffrages. Il dégommera Socrate, et mettra Platon en prison, et les journalistes au pas.

Savoir parler de ce dont on a aucune idée

Je dis « relisez » pour rire : vous pouvez très bien n’avoir lu que de façon diagonale. L’arme fatale, dans ces classes, est la maîtrise de l’admirable livre de Pierre Bayard, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus (Editions de Minuit, 2007, collection Paradoxe — pas un hasard : c’est un essai indispensable pour en finir avec la culpabilité inhérente à celui qui n’a pas tout lu, remplacée par une capacité d’imposture, une notion essentielle dans un monde de représentation). Faites-vous dès la première année un recueil de citations aussi éclectiques que possible que vous insérerez dans vos développements futurs. A fréquenter de près le livre de Bayard, vous gagnerez en sus un humour élégant et ce « mépris d’avance » dont Albert Cohen a fait la clé de voûte des mécanismes de séduction. Attention toutefois à ce que ça ne se voit pas trop : bien que vous soyez dans une formation d’élite, et que vous ayez vocation à devenir entrepreneur, ministre, secrétaire d’Etat, directeur des ressources humaines chez Face de Bouc et autres merveilles du néo-libéralisme en phase terminale, évitez malgré tout de parler des « gens qui ne sont rien », Le Figaro (mais pas le Monde ni Libé, ouf !) pourrait vous le reprocher.

Pourquoi vous racontais-je cela ? Allons bon, voilà que le nom de celui auquel je pensais, passé par la khâgne BL , et la meilleure de toutes, celle du lycée Henri-IV, où toutes les belles qualités énumérées ci-dessus s’expriment au centuple ,eh bien, son nom m’échappe. Mais je l’ai sur le bout de la langue, ça va sûrement me revenir.

 

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 17:00

Le fardeau des privilèges du roi

Au royaume de la Macronie on ne se Prive de

rien

Brigitte Macron a déjà son bureau à l'Elysee et aura son statut

ET SON DIREC­TEUR DE CABI­NET

Mathieu Bonis  

Dans les star­ting-blocks pour incar­ner plei­ne­ment son rôle de Première dame, Brigitte Macron a déjà choisi son bureau à l’Ely­sée, dans l’aile Est du palais, près des jardins.

Le travail avant la détente ! Si le couple prési­den­tiel n’a pas encore emmé­nagé dans les appar­te­ments privés de l’Ely­sée, Brigitte Macron a déjà choisi l’en­droit où elle compte bien offrir au « statut » de Première dame, ses lettres de noblesse. En effet, comme l’a révélé ce dimanche Le Pari­sien, l’épouse d’Em­ma­nuel Macron a pris la déci­sion d’ins­tal­ler son bureau  au rez-de-chaus­sée de l'aile privée, commu­né­ment appe­lée « l'aile Madame », dans le Salon des Fougères ; salon qui doit son nom au motif fleuri de ses tapis­se­ries.

Une pièce qui s’ouvre sur les jardins du palais et dans laquelle François Hollande se plai­sait parfois à déjeu­ner. Un endroit qui a égale­ment  servi de lieu de travail à Céci­lia Sarkozy, Carla Bruni-Sarkozy et Valé­rie Trier­wei­ler précé­dem­ment.

Brigitte Macron, pour laquelle son mari a promis, durant sa campagne, un statut de Première dame, a égale­ment choisi son direc­teur de cabi­net. Son nom a été dévoilé par Europe 1, et il s’agit de Pierre-Olivier Costa, ancien colla­bo­ra­teur de Bertrand Dela­noë à la mairie de Paris. Appar­te­nant au premier cercle d’Em­ma­nuel Macron , il fut chef de cabi­net d’En Marche ! ,  celui que le jour­nal Libé­ra­tion défi­nit comme le « cultu­reux de la com’ » de l’équipe, s’est forgé « un profil de tech­no­crate de la culture et des médias, passé par le centre Pompi­dou, le CNC et la direc­tion de la commu­ni­ca­tion de la mairie de Paris ».

 C’est donc soutenu par ce quadra­gé­naire, juriste de forma­tion, avec cinq collaborateurs,que la Première dame devrait s’en­ga­ger en faveur des jeunes et de l’édu­ca­tion. Un rôle public qui rappe­lons-le, ne sera pas rému­néré et dont le budget consa­cré au fonc­tion­ne­ment de son équipe fera l’objet d’une totale trans­pa­rence. (environ 50.000€/mois.

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Le 13 février dernier, "Closer" révélait que Julie Gayet bénéficie d'une protection rapprochée... de deux fonctionnaires de l'État. Est-ce normal, alors qu'elle ne vit pas officiellement avec le président ? Et combien les premières dames coûtent-elles à la France ? Réponses...

"Closer", qui révélait en janvier 2014 la liaison entre François Hollande et Julie Gayet, est revenu le 13 février dernier sur le traitement dont bénéficie la compagne officieuse du président. La comédienne a été vue, lors d'un déplacement privé, "véhiculée par deux fonctionnaires de l'État." Et elle semble bénéficier d'une protection rapprochée. Est-ce normal, alors que l'interprète de "Quai d'Orsay" n'est pas même mariée au président Hollande... et qu'il n'existe, par ailleurs, aucun statut propre à la compagne -fut-elle officielle- d'un chef d'État ?

Très chère Bernadette...

Le fait est que, prérogatives ou pas, les épouses de président représentent un coût pour les contribuables. Et qu'à ce compte, même si celui-ci n'a pas été chiffré, Julie Gayet a de la marge pour rattraper ses devancières, alors que toutes les "premières dames" ne se comparent pas...

Certaines s'occupent en effet de fondations, d'autres pas. Ainsi Valérie Trierweiler aurait coûté, du temps de sa présence auprès de Hollande, près de 20 000 euros en frais de personnel / mois. Moins que Carla Bruni qui, elle, revenait, pour ce même poste de dépense, à 36 000 euros / mois. Mais la "palme" revient à Bernadette Chirac, épouse de président pendant 12 ans, qui avait 21 personnes affectées à son cabinet personnel, dont deux chauffeurs et quatre secrétaires, pour un coût de... 80 000 euros par mois. La folie des grandeurs ?

Probablement. Encore faudrait-il enquêter, pour faire bonne mesure, sur François Mitterrand et la "protection" de ses deux familles, l'officielle et celle qui était cachée. Mais c'est une autre histoire...

"L'enfer est pavé de bonnes intentions"

 

 

 

 

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