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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 10:32
Burkini: il est possible de l’interdire
Par
Stanislas François et Pierrick Gardien
 


Plage de Villeneuve-Loubet, août 2016. SIPA. AP21942980_000009

Maillot de bain féminin, contraction des mots « burqa » et « bikini », le burkini couvre tout le corps en laissant le visage apparent. Il est vanté par ses inventeurs comme la conciliation de la pratique des sports nautiques et de la croyance religieuse musulmane, alors que ni le Coran, ni la Sunna n’en font mention. Soit.

Malgré les innombrables qualités que lui prêtent ses promoteurs, ce maillot islamique (salafiste) est de nouveau la cible de certains maires. Et, comme chaque année, son interdiction soulève son lot d’accusations d’islamophobie, de stigmatisation, d’amalgames, etc.

Il est vrai que ce vêtement n’est pas interdit par la Constitution qui garantit aux citoyens la liberté de croyance et autorise quiconque à se vêtir conformément à ses opinions religieuses. Le burkini n’est pas non plus interdit par la loi de 2010 relative à l’interdiction du voile intégral, alors qu’il en constitue le modèle balnéaire. Loi qui est d’ailleurs de moins en moins appliquée, de l’aveu même des forces de l’ordre, et dépourvue d’effet par le système de paiement de toutes les amendes par le milliardaire algérien Rachid Nekkaz.

Perçu pour ce qu’il est et non pour ce qu’il prétend être

Mais dans un contexte d’état d’urgence marqué par des attentats islamistes à répétition, le burkini met mal à l’aise dans le débat public. Il est davantage perçu par la population pour ce qu’il est en réalité, une marque ostensible de provocation identitaire, que comme ce qu’il prétend être, un symbole de tolérance, de liberté et de vivre-ensemble. Le burkini est dangereux en tant qu’il crée l’amalgame entre la grande majorité des musulmans français (qui ne s’en revendiquent aucunement), et la minorité salafiste qui n’en est pas à sa première provocation.

Le 26 août 2016, le Conseil d’Etat annulait un arrêté anti burkini pris par le maire de Villeneuve-Loubet, mais voici que le 3 juillet 2017, la Cour administrative de Marseille validait un même arrêté pris par le maire de Sisco, le 13 août 2016.

En ce début d’été, voici que certains maires s’apprêtent de nouveau à l’interdire. La saison est lancée.

L’attentat survenu lors du feu d’artifice de Nice le 14 juillet 2016 avait amené plusieurs maires de communes du littoral à prendre (maladroitement) des arrêtés visant à interdire purement et simplement le port du burkini sur les plages. Mais ces interdictions reposaient pour la plupart sur des fondements juridiques fragiles ou inappropriés.

Villeneuve-Loubet, un échec…

A Villeneuve-Loubet, le maire avait pris un arrêté interdisant l’accès à la plage et la baignade à toute personne n’ayant pas « une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité ».

Le 26 août 2016, le Conseil d’État a censuré l’interdiction prise par le maire de la commune de Villeneuve-Loubet, estimant qu’en l’absence de risques de trouble à l’ordre public, le maire ne pouvait prendre une mesure interdisant l’accès à la plage et la baignade à toute personne n’ayant pas « une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité ». Le juge considérant qu’une telle mesure était de nature à porter « une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».

Le Conseil d’Etat n’a jamais adopté de décision de principe par laquelle il aurait interdit à un maire de prendre un arrêté anti burkini.

La Haute juridiction administrative a répondu à la question qui lui était posée : un maire peut-il prendre une mesure interdisant l’accès à la plage et la baignade à toute personne n’ayant pas « une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité » ? Un mot est absent de sa décision : celui de « burkini ».

…qui ne fera pas jurisprudence

Le Conseil d’Etat s’est borné à relever qu’en l’absence de menace particulière à l’ordre public sur la commune de Villeneuve-Loubet, l’arrêté était illégal. C’est en ce sens qu’il convient donc de comprendre sa décision. Ne faisons pas dire au Conseil d’Etat ce qu’il ne dit pas.

Aussi, la portée de sa décision doit être appréciée au regard du contexte dans lequel elle a été rendue. Le Conseil d’Etat a été saisi dans le cadre d’une procédure d’urgence, le référé liberté. Il a donc répondu par une mesure présentant un caractère provisoire, une ordonnance, à la question de savoir si l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet était légal ou non.

La décision du Conseil d’Etat du 26 août 2016 n’a donc pas valeur de décision de principe qui pourrait « faire jurisprudence » : elle est tout au plus, un cas d’espèce.

Deux conditions nécessaires

Alors peut-on juridiquement interdire le burkini ? Comme le burkini n’est pas couvert par la loi sur le voile intégral (dans la mesure où le visage demeure pour l’heure apparent), le fondement juridique pour l’interdire est limité.

Un maire ne peut en effet prendre une mesure d’interdiction uniquement si deux conditions cumulatives sont réunies :

  1. Un trouble à l’ordre public

Le maire est une autorité de police et, à ce titre, est tenu de prendre par arrêté les mesures permettant de sauvegarder l’ordre public.

L’article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales détermine le cadre de son action : « la police municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ».

L’ordre public qu’il est tenu de protéger a des composantes strictement délimitées. Au nom de l’ordre public, un maire ne peut agir que si sont en cause la sureté, la sécurité ou la salubrité publiques. Il ne peut pas réglementer le port d’un vêtement au nom de la laïcité, des bonnes mœurs ou du vivre-ensemble.

Cela explique notamment l’annulation de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet, les raisons invoquées : « tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité » ne se rattachent pas à la protection de l’ordre public.

La laïcité ou les bonnes mœurs ne font donc pas partie de l’ordre public et ne peuvent donc pas constituer le fondement juridique d’un arrêté municipal d’interdiction.

En tout état de cause le principe de laïcité ne s’applique pas aux usagers (sauf cas particulier de l’école publique) et ne peut constituer le fondement d’une interdiction de port de signe religieux dans l’espace public (hors cas particulier du voile intégral, puisque l’interdiction est législative).

Le respect des règles d’hygiène pourrait être un fondement juridique envisageable et a aussi été mis en avant, dans la mesure où il justifie déjà l’interdiction de la baignade habillée (donc du « burkini ») dans le règlement intérieur des piscines publiques françaises, au même titre que le short de bain pour les garçons.

Ceci étant, le risque de trouble à l’ordre public est difficile à démontrer dans le cas précis du burkini. Il n’est pas démontré qu’un risque particulier à l’hygiène est encouru en raison du port de ce vêtement et tout le monde sait que s’il est envisagé d’interdire ce type de vêtement, ce n’est pas pour des raisons d’hygiène.

Certains maires ont enfin invoqué la sécurité, qui imposerait que les baigneurs ne soient pas entravés par leur tenue de baignade : le burkini pourrait ainsi, par lui-même, compliquer les opérations de sauvetage en cas de noyade. Cela paraît toutefois difficile à défendre, sauf à interdire également les tenues de plongée sous-marine.

  1. L’interdiction est limitée et proportionnée.

Le maintien de l’ordre public a une finalité : maintenir le cadre permettant d’assurer l’exercice effectif des libertés et des droits fondamentaux en garantissant les conditions propices à leur sauvegarde.

Une mesure prise pour maintenir l’ordre public peut aussi avoir pour effet de restreindre l’exercice des libertés publiques. S’agissant du burkini, une interdiction porte atteinte à la liberté de conscience et la liberté personnelle.

Une telle mesure ne sera donc légale que si l’atteinte ne présente pas de caractère excessif et qu’elle est adaptée au risque de trouble à l’ordre public auquel elle est censée répondre.

La mesure d’interdiction, en tant qu’elle porte atteinte à une liberté fondamentale, doit être le seul moyen de répondre au risque de trouble à l’ordre public relevé.

Pour cela, l’interdiction doit avoir un caractère limité dans le temps et l’espace et ne pas avoir de caractère général et absolu.

Ces deux conditions étaient réunies à Sisco en Corse. Le 13 août 2016, une violente altercation était survenue entre plusieurs familles musulmanes, dont les femmes portaient burka ou hijab et des habitants de la commune.

Une centaine de CRS et de gendarmes avaient dû s’interposer, cinq personnes avaient été hospitalisées et trois véhicules incendiés. Les forces de l’ordre ont également dû intervenir le lendemain au cours d’une manifestation qui s’est déroulée à Bastia dans une atmosphère très tendue.

Sisco, parce qu’il le vaut bien

A la suite de ces événements, le maire de Sisco prenait un arrêté anti burkini le 16 août 2016.

Dans son arrêt du 3 juillet 2017, la Cour administrative d’appel de Marseille relève que ces faits, en raison de leur nature et de leur gravité, « étaient susceptibles de faire apparaître des risques avérés de troubles à l’ordre public justifiant légalement l’interdiction édictée par l’arrêté en litige de porter des tenues vestimentaires manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse ».

La Cour relève également que l’interdiction, qui était limitée dans le temps, jusqu’au 30 septembre 2016, et aux seules plages de la commune de Sisco, n’était ni imprécise, ni disproportionnée et qu’une mesure moins contraignante, telle que celle consistant à solliciter la présence d’une patrouille de gendarmerie aux abords de la plage, n’aurait pas permis d’atteindre le même objectif.

Un maire peut donc parfaitement interdire le port de tenues vestimentaires manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse.

Si l’arrêté du maire de Sisco a été jugé légal, c’est justement parce qu’il visait les bonnes raisons.

Le juge a donc explicitement reconnu que le burkini était un vêtement provoquant et de nature à troubler l’ordre public.

De nature à troubler l’ordre public

En réalité, une lecture possible de la décision de Marseille est que le burkini constitue intrinsèquement un trouble à l’ordre public : porté sur une plage, il induit par lui-même un risque de trouble à l’ordre public, puisqu’il peut générer des attroupements, discussions houleuses, voire rixes entre plagistes dans un climat de plus en plus tendu, avec une montée des extrêmes qui s’est manifestée notamment à l’occasion de la présidentielle.

On recommandera donc aux maires qui souhaitent interdire le port de ce vêtement de ne pas chercher à invoquer de mauvaises raisons ou de chercher à emprunter des voies détournées (volonté de faire respecter l’hygiène ou la laïcité).

Invoquer les bonnes raisons ne sera pas également la garantie d’une sécurisation juridique totale, puisque l’appréciation du juge administratif s’opérera toujours au cas par cas, mais sera plus facile à défendre au contentieux.

Cependant et dans le contexte de tensions que nous connaissons, il est évident que le burkini n’est pas un vêtement destiné à manifester une croyance mais bien une façon de faire passer un message à caractère politique et identitaire destiné à attirer l’attention sur soi et à provoquer des remarques hostiles.

Burkini, la saison 2 est lancée!

Certains nous diront que c’est une tenue comme une autre et qu’aucune loi ne l’interdit. Certes, tout comme aucune loi n’interdit de se promener à Oradour sur Glane en tenue militaire allemande.

Les maires peuvent donc l’interdire en tant qu’il représente une provocation, qu’il est susceptible d’engendrer des tensions et donc à ce titre créer des risques de trouble à l’ordre public.

Peut-être que l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Marseille va faire l’objet d’un pourvoi en cassation et que le Conseil d’Etat sera amené à prendre une décision de principe. Elle serait bienvenue.

Le risque de trouble à l’ordre public (sécurité, salubrité, tranquillité publiques) demeure cependant un fondement juridique assez restreint. Ceci étant, il est déjà arrivé au Conseil d’Etat, à titre exceptionnel, de considérer que la dignité humaine était une composante de l’ordre public.

En 1995, au nom de la dignité humaine, il avait validé un arrêté municipal interdisant un spectacle de lancer de nains alors même que le nain était consentant et acceptait de se faire lancer contre des matelas.

Le burkini est une provocation. C’est un obstacle au « vivre-ensemble ». Saisi de la question, le Conseil d’Etat se placera-t-il sur le terrain de la dignité humaine pour valider son interdiction, rappelant ainsi que le droit français assure l’égalité entre les hommes et les femmes, et garantit à ces dernières le droit à l’émancipation ? La saison 2 ne fait que commencer, la suite au prochain épisode !

Published by Un Sage
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 17:55

Marionnettiste

 

Comment Macron a placé ses ministres sous surveillance

Par Étienne Girard

Emmanuel Macron a placé plusieurs ministres issus de la société civile sous surveillance de ses proches. En imposant ainsi ses fidèles dans les ministères du gouvernement Philippe, il confirme sa conception "jupitérienne" du pouvoir.

Une main de fer dans un gant de velours griffé "société civile". Comme promis, Emmanuel Macron a nommé ce mercredi 21 juin une majorité de ministres étrangers au sérail politique. Dans le gouvernement Philippe II, les noms de nombreux membres évoquent les meilleures promotions de la Légion d'honneur : Nicolas Hulot, Nicole Belloubet, Florence Parly, François Nyssen, Agnès Buzyn, Muriel Pénicaud, Frédérique Vidal... Un tel concentré de professionnalisme incite à la confiance et "en même temps", interroge : comment assurer la cohérence de la politique qu'ils mèneront avec le programme présidentiel du fondateur d'En Marche ? Le chef de l'Etat a trouvé une solution qui confirme à la fois ses talents de stratège et sa conception toute "jupitérienne" du pouvoir. Tout en mettant en avant ces experts, il a d'abord fixé le nombre de leur collaborateurs à dix maximum. De quoi limiter leur capacité à s'affranchir de la quarantaine de collaborateurs que le Président s'est en revanche octroyés.

Surtout, Emmanuel Macron a discrètement adjoint à tous les principaux ministres de la société civile des collaborateurs très proches de lui. Selon nos informations, plusieurs membres du gouvernement se sont en effet vu imposer un certain nombre de noms au moment de leur nomination. Parmi eux, beaucoup de fidèles macronistes.

Comme un marionnettiste qui tirerait les ficelles dans l'ombre, le chef de l'Etat pourra compter sur ces amis bien placés pour souffler la bonne parole à leurs ministres.

"Ministres bis"

 

Ces technos font même parfois office de véritables "ministres bis", dont l'influence devrait quasiment équivaloir à celle de leur supérieur hiérarchique. Prenez Françoise Nyssen, la ministre de la Culture. Editrice à succès chez Actes Sud, son parcours force le respect. Mais elle n'avait jamais touché à la politique avant d'être nommée au gouvernement. Ni vu, ni connu, Emmanuel Macron lui a demandé de prendre Marc Schwartz en tant que directeur de cabinet. Ce conseiller à la Cour des comptes n'est autre que le coordinateur et principal cerveau du programme culturel du Président. Nul doute qu'il s'avisera que les vues de l'Elysée ne soient pas bafouées...

Même schéma pour Muriel Pénicaud, la nouvelle ministre du Travail. Son conseiller spécial s'appelle Marc Ferracci. Ce professeur d'économie a été le témoin de mariage d'Emmanuel Macron mais aussi... une des principales chevilles ouvrières de son programme Travail. A tel point qu'on a évoqué son nom pour devenir ministre... Lui aussi devrait autant conseiller sa ministre que contrôler sa fidélité à la doxa macroniste.

Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l'Education nationale, connu pour son imagination débordante, a pu puiser dans ses propres réseaux pour constituer une partie de son cabinet. Pour autant, sa conseillère spéciale, Fanny Anor, travaillait auparavant pour En Marche où elle s'est activée à mettre au point le programme Education du candidat. Agnès Buzyn et Nicolas Hulot sont un peu mieux lotis mais tout de même sous surveillance… La ministre de la Santé s'est vu demander d'embaucher en tant que cheffe de cabinet Sophie Ferracci. Cette avocate occupait auparavant le même poste auprès... d'Emmanuel Macron. Quant à Nicolas Hulot, sa cheffe de cabinet n'est autre qu'Anne Rubinstein. Elle aussi a occupé le même poste pour l'actuel chef de l'Etat quand il était ministre.

Emmanuel Macron a également appliqué cette stratégie dans ses nominations au gouvernement. Si Bruno Le Maire a pu choisir des conseillers affiliés à la droite pour son ministère de l'Economie, il vient de se faire adjoindre un secrétaire d'Etat en la personne de Benjamin Griveaux. Porte-parole d'En Marche depuis octobre 2016, celui-ci est tout dévoué au Président. Idem pour Julien Denormandie : nouveau secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires, cet ingénieur de 36 ans est un des trois principaux lieutenants du chef de l'Etat depuis trois ans. Il secondera (et surveillera ?) désormais Jacques Mézard (PRG), son nouveau ministre de tutelle.

Même le Premier ministre, Edouard Philippe, est concerné. Au cabinet de Matignon, onze collaborateurs officient également pour le Président. Officiellement, il s'agit d'"éviter tous les murs qui nuiraient à la bonne communication opérationnelle", explique un conseiller gouvernemental à l'AFP. En off, un ministre s'inquiète d'une "prise de contrôle" des ministères et de Matignon par l'Elysée.

En élaborant cette stratégie, Emmanuel Macron s'est peut-être souvenu de sa propre expérience. Pendant son passage au ministère de l'Economie, le désormais chef de l'Etat s'est assuré la fidélité de nombreux membres de son cabinet. Une douzaine d'entre eux l'ont suivi à En Marche quand il a démissionné du gouvernement, en août 2016. Neuf mois plus tard, il était président de la République.

 

 

 

 

 

Published by Un Sage
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 17:53

 

Published by Un Sage
8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:46

 

Les encombrants soutiens financiers de la fondation de Hulot

Alors que les révélations se multiplient sur les ministres du gouvernement, le dernier en date pointé du doigt est Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la Transition écologique. En effet, selon les informations du journal Le Canard enchaîné, la fondation Nicolas Hulot, rebaptisée Fondation pour la nature et l'homme depuis qu'il a passé la main à Audrey Pulvar, aurait profité d'importants versements depuis plusieurs années. Le journal revient en effet sur les mécènes de la fondation. Ainsi, EDF aurait versé 460 000 euros par an à la fondation jusqu'en 2012, puis 100 000 euros. Des finances qui posent problème étant donné que le nouveau ministre de la Transition écologique va prochainement devoir prendre position sur l'EPR de Flamanville, détenu par EDF.

Par ailleurs, Veolia a, quant à lui, versé 200 000 euros par an entre 2012 et 2017 et Vinci, désigné pour construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a financé la fondation à hauteur de 30 000 euros en 2014 et en 2015. Le Canard enchaîné a également tenu à rappeler que l'ancien présentateur de l'émission Ushuaïa avait créé en 1990 une société, Éole Conseil, principalement alimentée par les royalties touchées sur les ventes de shampoings et de gels douche de la marque Ushuaïa, et les comptes annuels sont juteux, selon l'hebdomadaire. « À partir des années 2000, Éole Conseil a dégagé entre 480 000 et 715 000 euros de chiffre d'affaires par an. Une machine à cash pour l'écolo. »

60 Millions de consommateurs a épinglé la marque

De plus, le quotidien a tenu à rappeler que 60 Millions de consommateurs a épinglé le mois dernier trois produits de la marque Ushuaïa en raison de la présence de colorants allergènes ou d'une substance « soupçonnée d'être un perturbateur endocrinien ». Nicolas Hulot a, quant à lui, indiqué au Canard enchaîné : « Tout sera déclaré à la Haute Autorité, c'est elle qui appréciera s'il y a conflit d'intérêts. »

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Thierry Jaccaud, de L'Écologiste, analyse en 2007 les propositions de Nicolas Hulot qu'il trouve trop restreintes et appelle l'animateur de télévision à aller plus loin que ce soit sur les OGM, le nucléaire, l'agriculture biologique ou la mondialisation.

En 2007, Nicolas Hulot fait l'objet de critiques de Vincent Cheynet, membre du courant décroissant, qui le considère comme un homme surmédiatisé, acceptant des fonds de la part de grandes entreprises considérées comme polluantes tel qu'EDFVinci ou L'Oréal. L'hebdomadaire Marianne souligne également cette contradiction en septembre 2009 , qu'il qualifie de « relations incestueuses avec le CAC 40 » ,entre son discours anti-capitaliste et le généreux soutien dont il bénéficie de la part de multinationales pour produire ses émissions et documentaires.

Un rapport parlementaire de 2011 note également l’ambiguïté de Nicolas Hulot et sa fondation au niveau des financements notant qu'« EDF est une entreprise de pointe dans le secteur nucléaire (...) Dès lors, comment interpréter, par exemple, la position très mesurée de Nicolas Hulot sur l'énergie nucléaire ? ». Nicolas Hulot rétorque qu'il va chercher l'argent « là où il est » pour « créer des passerelles plutôt que des fossés » avec les entreprises même les plus polluantes. Il réfute avoir changé la fin du Syndrome du Titanic sous la pression des sponsors et la FNH mentionne que « la position de Nicolas Hulot dans le Pacte écologique sur le nucléaire - en particulier sur l'EPR - est très loin du copier-coller de celle d'EDF ».

Claude Allègre, ancien ministre de l'Éducation nationale, le critique violemment en 2009, le traitant d'« imbécile » qui « envoie les gens rouler à vélo et lui, fait ses affaires en hélicoptère », après que Hulot s'est opposé à son entrée au gouvernement de François Fillon à cause de ses opinions controversées car mettant en doute l'origine humaine du réchauffement climatique. Rappelant que les changements climatiques occasionnent « 300.000 morts par an », Hulot rétorque que l'opposition d'Allègre au consensus de milliers de scientifiques sur le sujet font que « l'injure et le mensonge ne remplacent pas la vérité scientifique ».

Dans L'imposture climatique, Allègre affirme être « effrayé par sa méconnaissance de simples données de base scientifiques et par son inculture littéraire et historique ».
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Hulot un ancien moniteur de voile un uluberlu qui sait  bien louvoyer

 
Published by Un Sage
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 17:47

Justice: que toutes les peines soient (enfin) appliquées

Aurélien Marq

 

Plais de justice de Paris

Pendant sa campagne électorale, le président Emmanuel Macron a porté plusieurs projets relatifs à la justice, entre autres la contraventionnalisation de la consommation de produits stupéfiants. Fin mai, le ministre de l’Intérieur, Gérard Colomb, a confirmé cette réforme.

Même si quelques incertitudes demeurent , s’agira-t-il seulement du cannabis ? La mesure sera-t-elle étendue à la détention ou ne concernera-t-elle que la consommation ? , ce projet va dans le bon sens.

Il part surtout d’un constat lucide : mieux vaut une réaction rapide et réelle qui frappe « là où ça fait mal », c’est à dire au portefeuille, qu’un hypothétique et tardif jugement ne s’accompagnant d’aucune véritable sanction.

Faire payer (tous) les petits délinquants

Je n’en ignore pas les inconvénients, puisque dès lors qu’une infraction cesse d’être un délit ou un crime, les forces de l’ordre perdent une grande part de leurs pouvoirs d’enquête. Mais en dehors des situations de trafic (et la vente de stupéfiants restera un délit), combien de simples consommateurs font l’objet d’une enquête approfondie ?

En elle-même, la contraventionnalisation des « petits délits » est une excellente chose : elle élimine l’arbitraire du jugement, et garantit une sanction effective. Elle désengorge les tribunaux et évite d’inutiles charges administratives. Elle est plus juste, au regard notamment des infractions routières mineures, trop souvent punies avec bien plus de sévérité que des comportements nettement plus graves.

Car comment pourrait-on accepter qu’un trafiquant de stupéfiants qui nargue quotidiennement les riverains du lieu de son trafic ne soit, dans les faits, jamais sanctionné, alors que ceux qui subissent chaque jour son impunité seront impitoyablement poursuivis s’ils roulent à 92 km/h sur une ligne droite sans réel danger ?

Encore faut-il que les amendes soient payées. Or, à l’heure actuelle, les services des impôts, chargés du recouvrement, ont pour mission de raisonner en termes de rentabilité. De ce fait, ils procèdent en priorité à des retenues sur salaire, en cas d’impossibilité à des saisies sur compte en banque, et si cela aussi s’avère impossible ils envisagent d’autres actions, à condition que les sommes à récupérer le justifient. En d’autres termes, un délinquant qui n’a ni salaire ni compte bancaire aura toutes les chances de ne jamais devoir payer !

Il faudra donc donner clairement pour mission aux services fiscaux de s’impliquer dans l’application des peines, et les doter des moyens nécessaires.

Remises de peine à répétition…

Plus généralement, le constat initial fait par Emmanuel Macron sur l’absence de sanction en matière de consommation de stupéfiants laisse espérer deux évolutions majeures, aussi nécessaires l’une que l’autre. D’une part, la prise en compte du rôle crucial de l’exécution des peines dans la sécurité de nos concitoyens. D’autre part, la fin d’une approche idéologique pour envisager enfin une analyse factuelle de l’efficacité de la chaîne pénale.

Il ne sert à rien de vouloir à toute force améliorer les décisions rendues par les tribunaux si celles-ci ne sont pas appliquées, et que l’exécution des peines reste un processus opaque échappant à tout contrôle de la nation.

En effet, comment comprendre que dès qu’une sanction n’est pas d’une indulgence complice, elle soit dévoyée par de multiples remises de peine automatiques ? Sous couvert de faciliter la réinsertion, elles servent avant tout à acheter le calme relatif des détenus au sein des établissements pénitentiaires, à limiter la surpopulation carcérale, et à afficher dans les médias des décisions de justice plus sévères en apparence qu’elles ne le sont en réalité.

Même les peines-planchers, dont je suis convaincu qu’elles sont une nécessité pour limiter l’arbitraire et garantir aux victimes que les auteurs de crimes ou délits seront sanctionnés, ne sont absolument pas suffisantes tant qu’elles peuvent être contournées dans leur application l’expérience l’a montré.

Donner à la justice les moyens de faire appliquer les peines

Mais rendre les peines prononcées effectives suppose de donner à la justice, en particulier à l’administration pénitentiaire, de quoi les appliquer :

avant tout, totalement repenser les règles des remises de peine quasi-automatiques, pour les conditionner à des efforts réels de réparation et de réinsertion, ou d’insertion. Ce qui implique de faire évaluer ces efforts et leurs résultats par des services objectifs, qui ne considéreront les détenus ni comme des monstres par principe irrécupérables, ni comme de pauvres victimes de la société ; des places de prison en nombre suffisant, puisque faire exécuter les peines décidées aboutira à un allongement général de la durée d’incarcération et donc à un accroissement du nombre de détenus ;

des moyens de sécurité accrus, en termes d’effectifs et d’infrastructures, dans la mesure où la limitation des remises de peine ne permettra plus de les utiliser comme « cadeaux » pour calmer les détenus en cas de tensions ;

le retour des peines-planchers, pour éviter que certains magistrats du siège ne réagissent en remplaçant l’indulgence de l’exécution des peines par une indulgence accrue de leur part.

Sans surprise, il est plus difficile et plus coûteux de faire appliquer des décisions que de ne les prendre que sur papier !

La prison n’est pas toujours dissuasive

La réflexion ne doit cependant pas se limiter à la prison. L’incarcération est loin d’être la panacée, tant elle est vécue par certains comme un rite initiatique glorieux ou un passage obligé qui n’a rien d’effrayant. Elle reste cependant hélas parfois indispensable, seule méthode pour empêcher de nuire des individus dangereux.

Ce qui amène à un autre chantier majeur pour la sécurité en France : sortir d’une confrontation idéologique entre partisans et adversaires de l’enfermement pour débattre enfin des objectifs à atteindre et des résultats obtenus.

Car face aux délinquants dits « d’habitude », c’est à dire faisant de leurs activités délictuelles un mode de vie, force est de constater la totale inefficacité de la réponse pénale actuelle. En effet, si celle-ci est souvent vécue comme lourde par une personne normalement insérée dans la société, elle n’est absolument pas dissuasive pour quelqu’un qui vit dans un milieu où la délinquance est banalisée, voire valorisée.

Or, les sanctions doivent non seulement prendre en compte le cas particulier pour lequel elles sont prononcées, mais aussi intégrer leur impact pour la collectivité en dissuadant aussi bien le passage à l’acte des primo-délinquants que celui des délinquants d’habitude, récidivistes ou réitérants.

Les objectifs de la réponse pénale sont en effet multiples :

réinsertion, ce qui suppose un minimum de bonne volonté du délinquant à réinsérer (ou insérer) et n’est donc malheureusement pas toujours possible ;

dissuasion, ce qui veut dire que la sanction doit « faire mal » et être psychologiquement plus coûteuse que ne sont jugés désirables les gains attendus de la délinquance ;

mise à l’écart de personnes dangereuses, ce qui veut dire que le but n’est pas uniquement de punir, de faire que quelqu’un « paye sa dette à la société » avant que l’on efface l’ardoise, mais aussi de protéger les victimes potentielles en veillant à ne pas tomber dans l’excès d’un enfermement préventif massif au nom d’un principe de précaution devenu fou.

S’extraire du champ des dogmes, arrêter de privilégier les droits d’une minorité de délinquants au détriment de la sécurité de tous, sans pour autant croire que tout est permis au nom de la justice, rendre les jugements efficaces et effectifs et pas seulement incantatoires, voilà ce qui attend quiconque souhaite que l’État protège enfin ses citoyens.

Emmanuel Macron a sans nul doute l’intelligence de le comprendre.

Souhaitons qu’il ait aussi le courage de le faire.

 

 

 

Published by Un Sage
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 14:05

Moustique tigre : la carte des 33 départements dans le rouge

Le moustique tigre continue sa progression en France. A date, 84 départements sont concernés dont 33 en vigilance rouge, indique le site Vigilance-Moustiques.com.

Quel que soit votre département, il est fort probable que vous tombiez sur un moustique tigre cet été. Au total aujourd'hui, l'espèce est présente dans 84 départements français . Parmi eux, 33 sont en vigilance rouge parce qu'il y est implanté et actif, 21 en vigilance orange (il y a été observé ponctuellement dans les 5 dernières années) et 30 en vigilance jaune (zone proche des départements en vigilance rouge). " La colonisation du territoire français par le moustique Tigre est de plus en plus rapide , remarque le site MVigilance-Moustiques.com qui publie ces données chiffrées. Le moustique Tigre est vecteur potentiel de maladies graves (la dengue, le chikungunya et dans une moindre mesure le virus Zika), lesquelles connaissent des épisodes épidémiques réguliers dans des zones touristiques. Les phénomènes épidémiques sont très rapides pour se propager . On se souvient de l’Italie en 2007 période où le chikungunya et la dengue n’étaient pas spécialement surveillés. Fin juin: une personne porteuse de la maladie arrivait dans le pays. Début juillet, le premier cas autochtone était déclaré. A u bout d’un mois et demi on recensait 300 cas."

Sur une carte mise à jour régulièrement, le site permet de voir les départements le moustique tigre est implanté et actif. Parmi eux : Alpes-Maritimes, Haute-Corse, Corse du Sud, Var, Bouches du Rhône, Alpes de hautes Provence, Hérault, Gard, Vaucluse, Lot-et-Garonne, Ardèche, Aude, Drôme, Haute-Garonne, Isère, Pyrénées-Orientales, Rhône, Gironde, Saône-et-Loire, Savoie, Bas-Rhin, Pyrénées-Atlantique, Landes, Ain, Tarn-et-Garonne, Val de Marne, Tarn, Lot, Dordogne, Vendée, Gers, Aveyron, Haut-Rhin.

 

Comment reconnaître le moustique tigre ?

Le moustique tigre ne ressemble pas aux autres moustiques. Pour le reconnaître, voilà ce que vous devez savoir :

- Il est très petit : entre 5 et 8 millimètres

- Il est noir avec des rayures blanches sur les pattes et l'abdomen (d'où sa qualification "tigre")

- Il se développe en milieu urbain et peut piquer dans quelques dizaines de mètres autour de son lieu de naissance.

- Il pique la journée, surtout le matin et au crépuscule.

- Il est attiré par l'odeur du gaz carbonique (émis lors de la respiration, surtout des femmes enceintes et des personnes obèses).

- Il est attiré par les couleurs sombres

- Ce sont les femelles qui piquent les humains pour boire leur sang et pondre ensuite un plus grand nombre d'oeufs (jusqu'à 300) dans des eaux stagnantes.

Published by Un Sage
2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 20:50
Les Tiques nous envahissent
Ces petites bestioles sont maintenant présentent partout même dans nos jardins, les chiens, les chats qui s'y baladent en sont "bourrés"

Cette bestiole

Certaines peuvent vous piquer en engendrant bien de vilaines maladies;

La plus fréquente , la maladie de lyme ou rarement l’encéphalomyélite de Powassan .
Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?
La maladie de Lyme est une maladie infectieuse due à une bactérie (Borrelia, dont il existe plusieurs espèces) transmise à l’homme par l’intermédiaire d’une piqûre de tique. Cette maladie peut toucher plusieurs organes, principalement la peau, les articulations et le système nerveux. Bien que déjà observée depuis de très nombreuses années en Europe, cette maladie a été décrite en 1975 suite à de nombreux cas d’arthrite (inflammation des articulations) chez des enfants et des adultes dans une ville du Connecticut aux Etats-Unis (Lyme). et 1 sur 17 000.
En France, l’incidence est mal connue et varie d’une région à l’autre. L’incidence moyenne serait de l’ordre de 1 nouveau cas et pour 6 000 habitants par an. Il semblerait toutefois que de nombreux cas ne soient pas diagnostiqués.
La prolifération  ce de cet insecte dans notre région serait une conséquence du réchauffement climatique
Qui peut en être atteint ?
Cette maladie peut toucher les personnes de tout âge. Cependant, elle atteint préférentiellement les adultes jeunes (travailleurs en forêt, randonneurs, etc.).
Seul le médecin peut donner une information individualisée et adaptée.
A quoi est-elle due ? La maladie de Lyme est due à une infection par une bactérie appartenant à la famille des Borrelia. Borrelia burgdorferi (B. burgdorferi) semble actuellement la seule souche aux USA. En Europe en plus de B. burgdorferi, d’autres souches de Borrelia peuvent être responsables de la maladie de Lyme avec des symptômes un peu différents (B. garinii, B. afzelii, B. spielmanii, B. valaisiana,…). Cette bactérie est transmise à l’homme par l’intermédiaire d’une piqûre de tique infectée. Le taux de contamination des tiques est variable d’une région à l’autre, et parfois au sein d’une même région, allant de 5 à 35 %, par conséquent une piqûre de tique n’entraîne pas obligatoirement une maladie de Lyme.
Les tiques qui, appartiennent au genre Ixodes, se contaminent en parasitant les animaux sauvages et domestiques (elles se nourrissent du sang de ces animaux) qui sont les principaux réservoirs de cette bactérie : les rongeurs, le gros gibier (cerfs, etc.…) et les oiseaux dans une moindre mesure, ainsi que les animaux domestiques (chien, cheval…). La plupart de ces animaux ne développent pas la maladie. La tique ainsi infectée peut donc transmettre la bactérie à l’homme lors d’une piqûre .
Lors de la piqûre, la bactérie se distribue dans la peau puis dans le sang et les tissus. Il faut savoir qu’une personne infectée suite à une piqûre de tique, ne développe pas forcé- ment la maladie. Par ailleurs, plus la durée de fixation de la tique est longue (en particulier au delà de 24 heures) plus le risque de transmission est grand.
L’homme contracte principalement la maladie du printemps à l’automne, lors de balades en forêt, lorsque les tiques ou les nymphes (jeunes tiques) sont nombreuses. L
Est-elle contagieuse ? Non, il n’y a pas de cas de contamination inter-humaine.
Quelles en sont les manifestations ? On distingue trois phases dans l’évolution de la maladie. La phase primaire :
Elle apparaît environ 2 à 32 jours après la piqûre de tique et la principale manifestation est une lésion au niveau de la peau appelée érythème chronique migrant (ou érythème migrant) qui se situe au niveau de la piqûre de tique. Il s’agit d’un « halo » rouge qui s’étend lentement de façon centrifuge (du centre vers la périphérie) alors que le centre s’éclaircit. Son diamètre peut varier de 3 à à plusieurs dizaines de centimètres (en moyenne 15 cm). Cette rougeur (érythème) n’est pas douloureuse et disparaît spontanément en quelques semaines. Elle n’est pas toujours présente (dans 30 à 50 % des cas) ou peut passer inaperçue.

Aspect d'une piqure de tique après quelques jours

D’autres manifestations peuvent être associées à cette rougeur, comme une fièvre modérée, de la fatigue (asthénie), des douleurs musculaires (myalgies) et des maux de tête (dans 25 % des cas environ).
Phase secondaire :
Dans un deuxième temps, la bactérie peut disséminer par voie sanguine et entraîner des complications, en l’absence de traitement. Des manifestations au niveau de la peau (cutanées), des articulations (articulaires), du système nerveux (nerveuses), ou du cœur (cardiaques) peuvent apparaître. Ces manifestations surviennent quelques jours à quelques semaines après la phase primaire mais sont parfois présentes en même temps que l’érythème chronique migrant. Cette phase peut guérir spontanément ou évoluer vers la phase suivante. Il faut savoir que les diverses manifestations décrites ci-dessous ne sont généralement pas toutes présentes chez une même personne. Les manifestations cutanées Les manifestations cutanées sont principalement l’érythème chronique migrant multiple qui peut être présent sur tout le corps et évoluer par poussées.
Un lymphocytome cutané bénin peut également survenir à ce stade. Il s’agit d’une petite lésion saillante de la peau (nodule) de 1 à 2 cm de diamètre et rouge-violacé siégeant principalement sur le lobe de l’oreille , le mamelon, le scrotum. Les manifestations articulaires ,il s’agit de douleurs au niveau des articulations (arthralgies) ; la douleur peut durer plusieurs jours et toucher une ou plusieurs articulations. Des inflammations articulaires (arthrites) peuvent également se manifester plus tardivement. Elles touchent principalement les grosses articulations (genoux, épaules,…) et évoluent par poussées. Elles peuvent guérir spontanément. Les manifestations nerveuses Des signes nerveux peuvent également survenir et ils sont assez variés : maux de tête (céphalées), douleurs le long des trajets des nerfs (névralgies), atteinte des racines des nerfs (radiculite hyperalgique, « radiculite à tiques ») qui donne de fortes douleurs qui ne cèdent pas avec les médicaments habituels contre la douleur (antalgiques), paralysie faciale (paralysie des muscles d’une moitié du visage) (Figure 5), méningite lymphocytaire (inflammation des enveloppes du cerveau), ….. Les manifestations cardiaques Certaines personnes peuvent également présenter des problèmes cardiaques, essentiellement des troubles du rythme ou de conduction (palpitations, ralentissement du rythme des battements) et plus rarement une inflammation de l’enveloppe du cœur (péricardite) ou une inflammation du muscle cardiaque (myocardite). Ces manifestations sont intermittentes et guérissent souvent spontanément. Les manifestations oculaires Plus rarement, une atteinte des yeux survient et elle peut se caractériser par une inflammation de la conjonctive (conjonctivite), responsable d’une rougeur de l’œil. Une inflammation de la cornée (kératite) ou une inflammation de l’uvée (uvéite) ,une paralysie faciale peuvent également survenir et être à l’origine d’un œil rouge, de douleurs, de larmoiements, d’intolérance à la lumière (photophobie) et d’une possible baisse de vision.
La phase tertiaire :
Ou tardive de la maladie de Lyme correspond à une évolution chronique des symptômes. Cette situation est moins fréquente, s’observe en l’absence de traitement après quelques mois à quelques années. Les principales manifestations de cette phase sont cutanées, articulaires et nerveuses. Les manifestations cutanées Les manifestations cutanées de la phase tardive de la maladie de Lyme sont caractérisées par l’acrodermite chronique atrophiante, également appelée maladie de Pick-Herxheimer. Cette maladie apparaît plusieurs années après la contamination et se traduit par une lé- sion violacée et gonflé qui se situe principalement sur le dos des mains, aux coudes, aux chevilles, aux genoux, ou sur un segment du membre (jambe)... Il évolue ensuite vers une atrophie cutanée : la peau devient mince et fripée et laisse apercevoir les veines en transparence. Les manifestations articulaires Dans la phase tardive, l’arthrite devient chronique et touche principalement les grosses articulations. Elle occasionne des douleurs durables avec des anomalies à la radiographie. Les manifestations nerveuses Elles peuvent donner une atteinte du cerveau (encéphalopathie chronique) avec des troubles psychiatriques ou neurologiques divers. l Quelle est son évolution ? Comme vu précédemment, l’évolution de la maladie de Lyme peut se faire schématiquement en trois phases. Cependant, même en l’absence de traitement, elle évolue peu souvent vers la phase tertiaire. Le pronostic de cette maladie est favorable lorsqu’elle est convenablement traitée.
Le diagnostic l Comment fait-on le diagnostic de la maladie de Lyme ? En quoi consistent les tests diagnostiques et les examens complémentaires ? A quoi vont-ils servir ? Les médecins font le diagnostic après avoir examiné, la personne atteinte et grâce à un interrogatoire précis : présence du « halo rouge » (erythème chronique migrant), souvenir d’une piqûre de tique, … Ce diagnostic peut être difficile à faire quand il n’y a pas eu l’érythème chronique migrant et que la piqûre de tique est passée inaperçue. De plus les symptômes de cette maladie sont très variés et peuvent faire penser à de nombreuses autres maladies. La numération formule sanguine (NFS) ou hémogramme est le plus souvent normale ainsi que la vitesse de sédimentation qui est peu élevée.
La NFS est un examen réalisé par prise de sang qui permet de mesurer le nombre d’éléments de chacune des trois catégories de cellules sanguines que sont les globules rouges (hématies), les globules blancs (leucocytes) et les plaquettes. La vitesse de sédimentation est le temps nécessaire aux éléments cellulaires sanguins (globules blancs, globules rouges et plaquettes) pour sédimenter au bas d’une colonne de sang incapable de coaguler (grâce à l’anticoagulant utilisé pour le prélèvement). C’est un élément d’orientation diagnostique, non spécifique mais simple à réaliser, influencé par le nombre de globules rouges et leur volume, le taux de certaines protéines, la viscosité du sang. Cette vitesse de sédimentation est élevée dans divers processus inflammatoires. Afin de préciser le diagnostic, il est possible de réaliser des examens (sérologies) pouvant mettre en évidence dans le sang des anticorps montrant une réponse de l’organisme à l’infection bactérienne. Un certain nombre de techniques sont utilisées mais elles ne sont pas standardisées et les résultats sont parfois difficilement interprétables. Le résultat est souvent négatif dans la première phase de la maladie et positif dans les phases secondaires et tertiaires. Cependant une sérologie positive peut correspondre à une infection ancienne mais non évolutive (c’est-à-dire que la personne a contracté l’infection mais la maladie n’évolue plus) Par ailleurs, il est possible dans quelques cas que la sérologie soit négative alors même qu’il y a eu infection.
Un excamen par PCR (Polymerase Chain Reaction), technique, qui permet de mettre en évidence l’ADN (patrimoine génétique) de la bactérie, peut également être réalisée dans certaines situations. En cas d’atteinte du système nerveux, la recherche d’anticorps dans le liquide qui entoure le cerveau (liquide céphalo-rachidien) par ponction lombaire peut (dans le bas du dos) aider à poser le diagnostic. l Peut-on confondre cette maladie avec d’autres ? Lesquelles ? Comment faire la différence ? Les symptômes de cette maladie sont assez variés ce qui peut rendre le diagnostic difficile. Les manifestations cutanées présentes lors de la phase primaire ou secondaire peuvent être confondues avec d’autres problèmes tels qu’une mycose (infection de la peau due à un champignon) ou une réaction inflammatoire à une piqûre d’insecte… La maladie de Lyme peut également être confondue avec d’autres pathologies telles que le lupus, les infections virales, la sclérose en plaques, la fibromyalgie, etc… Le traitement, la prise en charge, la prévention l Existe-t-il un traitement pour cette pathologie ? Quels bénéfices attendre du traitement ? Quels sont les risques du traitement ? Oui, il existe un traitement curatif de cette maladie qui repose sur la prise d’antibiotiques.
Plus ce traitement antibiotique est administré rapidement, plus il est efficace. Les doses, ainsi que le type d’antibiotiques sont à adapter au stade et aux manifestations de la maladie. Dans la phase primaire de la maladie (traitement de l’érythème chronique migrant), le traitement repose sur l’administration d’antibiotiques de la classe des Bêta-lactamines (principalement amoxicilline) ou des cyclines pendant deux à trois semaines. Ces antibiotiques ont une bonne diffusion dans les tissus ce qui permet d’atteindre les zones infectées, le but étant de faire disparaître les symptômes et de prévenir l’apparition des manifestations tardives. Dans les phases tardives, les céphalosporines dites de 3ème génération peuvent être utilisées, mais doivent être administrées par voie intraveineuse (patients hospitalisés). Ils permettent l’atténuation voire la disparition des symptômes.
Ces antibiotiques sont habituellement bien tolérés mais peuvent parfois être à l’origine, dans de rares cas, d’allergies. Les macrolides ou tétracyclines peuvent également être utilisés, notamment en cas d’allergies aux précédents antibiotiques. Ils présentent cependant certains effets secondaires : problèmes digestifs, problèmes de sensibilité accrue au soleil (photosensibilité), interactions médicamenteuses et sont, pour certains, contre-indiqués chez les femmes enceintes et les enfants.
Les arthrites chroniques qui ne sont pas soulagées par le traitement antibiotique, peuvent être traitées par synoviorthèse (traitement d’une affection inflammatoire articulaire, à l’aide d’une injection de produit faite dans l’articulation) ou synovectomie (enlèvement chirurgical de la synoviale (membrane qui tapisse l’intérieur des articulations) au niveau des articulations atteintes). A l’heure actuelle, il existe une certaine « standardisation » au niveau de la prise en charge de cette maladie avec des recommandations qui ont été proposées à la Conférence de Consensus de décembre 2006. l Un soutien psychologique est-il souhaitable ? Dans les cas où la maladie devient chronique, un soutien psychologique peut être utile car cette maladie peut être à l’origine de douleurs permanentes et de symptômes multiples et variées qui peuvent avoir un certain retentissement sur la vie sociale. De plus, étant souvent difficile à diagnostiquer les personnes atteintes se sentent souvent incomprises.
Comment se faire suivre ? Dans un service hospitalier de maladies infectieuses, de dermatologie, de rhumatologie, de neurologie ou de médecine interne en fonction des symptômes.
Peut-on prévenir cette maladie ? Oui, on peut prévenir cette maladie en prenant des précautions dans les zones à risque (zones où les tiques sont présentes). Ces précautions consistent dans le port de vêtements couvrants au niveau des jambes, des bras et du cou et l’utilisation de produits répulsifs lors de promenades ou de travaux en forêt. Il est ensuite important de s’inspecter soigneusement à la recherche de tiques afin de les enlever.
L’extraction de la tique doit se faire le plus rapidement possible en la prenant au plus près de la peau grâce à une pince et sans oublier la tête. Il est ensuite conseillé de désinfecter la zone. Par contre, il est déconseillé d’utiliser de l’éther au moment de l’extraction de la tique. Par ailleurs, les personnes ayant des animaux domestiques (chats, chiens, chevaux…) peuvent utiliser en prévention des poudres anti-tiques afin de traiter ces animaux et leur environnement. En cas de piqûre de tique, il n’est pas nécessaire de donner un traitement antibiotique en prévention (antibiothérapie prophylactique) car, comme énoncé précédemment, toutes les tiques ne sont infectées par la bactérie et une personne piquée par une tique infectée ne développe pas forcément la maladie.
Par contre, une antibiothérapie prophylactique peut être recommandée aux femmes enceintes. En effet, si la maladie survient chez une femme enceinte au cours de la grossesse, le risque d’une infection du foetus ne peut pas être exclu. Un vaccin a été mis au point aux Etats-Unis, mais il est d’une efficacité relative et n’est actif que sur l’espèce Borrelia burgdorferi. Il n’est plus commercialisé à l’heure actuelle. Ce vaccin n’est pas utilisé en Europe où plusieurs espèces différentes de Borrelia sont présentes.
Vivre avec .
Quelles sont les conséquences de la maladie sur la vie familiale, professionnelle, sociale, scolaire, sportive ? La maladie de Lyme, lorsqu’elle est diagnostiquée précocement et traitée, guérit rapidement et n’a donc pas ou peu de retentissement sur la vie des personnes atteintes. En revanche, si le diagnostic n’est pas fait rapidement et que la maladie devient chronique, le retentissement sur la vie peut être plus important ; les conséquences sont variables en fonction du stade et de la sévérité des symptômes. Les manifestations neurologiques, articulaires, cardiaques peuvent être très handicapantes. De plus, en raison de la difficulté de diagnostic de cette maladie, les personnes atteintes souffrent souvent d’une non reconnaissance de leur maladie par le système de santé et d’une incompréhension de la part de leurs proches. Cependant, même au stade tardif de la maladie, le traitement permet habituellement l’amélioration ou la disparition des symptômes.
La moins fréquente:
l’encéphalomyélite de Powassan .

Cette maladie est aussi causée par un virus véhiculé par les tiques. Jusqu’ici, 75 cas d’encéphalomyélite de Powassan ont été recensés aux Etats-Unis au cours des 10 dernières années, principalement dans le Nord-Est du pays et dans la région des Grands Lacs, selon les CDC. Les symptômes caractéristiques regroupent fièvre, maux de tête, vomissements, grande faiblesse, confusion, syncopes et pertes de mémoires . "Des problèmes neurologiques à long terme peuvent apparaître", précisent les CDC sur leur site internet et, si le virus entraîne une inflammation du cerveau (ou encéphalite), le risque de décès est de 10%.

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Une piqure de tique est généralement sournoise et indolore.
Si vous avez passé dans l'herbe, dans les broussailles ou en forêt, examinez bien toutes les parties de votre corps.
Si vous constater sur votre épiderme une rougeur caractérisé en auréole comme celle de la photo allez le plus rapidement possible chez votre médecin qui vous prescrira un antibiotique adapté pendant une quinzaine de jours  vous évitera ainsi des complications peut-être loin d'être bénignes.
Si vous êtes accompagné de votre chien inspectez bien son pelage a votre retour car c'est un vrai piège à tiques.
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Si je vous mets en garde c'est que mon épouse a été piquée par une tique sans s'en apercevoir.
Souffrant d'un petit bobo au genou suite à une chute elle s'est rendue chez notre médecin de famille locale , Marie Christine Bon pour ne pas la nommer
(C'est une amie de l'une de mes filles , ayant fait leurs études ensembles )
Après un rapide examen du genou: "rien d'inquiétant , mais ce qui m'inquiète plus c'est ce que vous avez là en montrant du doigt une auréole rouge bizarre au dessus du genou, c'est une piqure de tic"
Effectivement cette piqure avait le même aspect que celle montrée su la photo ci-dessus.
Résultat une quinzaine de jours sous antibiotique "par mesure de précaution" cette bestiole pouvant être éventuellement porteuse de la maladie de Lyme !!
Nous revenions d'un cours séjour à Juan les Pins, c'est probablement dans la pinède
de cette localité que cette bestiole a trouver une peau qui lui convenait!!
Dans cette pinède il y a beaucoup d'écureuils qui font l'admiration des touristes mais
 dont le pelage est un véritable refuge pour les tiques sans aucun inconvénient pour eux.

Des tiques il y en a maintenant partout en France!!

Ma fille qui réside à Passy en a trouvé dans le pelage de son chat qui se balade dans son jardin.

Mon fils demeure à Corbeil- Essonne non loin de la forêt de Sénart, un lieu de promenade très appréciée.

Dans cette forêt les tiques prolifèrent à foison. Plusieurs  panneaux  aux entrées recommandent aux promeneurs de ne pas porter des tenues "légères" et de bien protéger leurs jambes leurs bras et leurs têtes.

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Prolifération croissante des tiques : surtout protégez-vous !

A cause des changements de températures, l'année 2017 subit une prolifération inédite des tiques avec des risques de plus en plus grands pour les familles mais aussi les animaux. Rappel des bons gestes de prévention.

 

Parce qu'elles peuvent transmettre la maladie de Lyme à l'Homme (33 000 cas par an) et à l'animal, les tiques font peur. Problème : elles sont de plus plus présentes dans la nature à cause des changements de températures caractéristiques de l'année 2017 et de plus en plus résistantes. Plus que jamais, il faut connaître les gestes pour se protéger, protéger ses enfants et ses animaux.

Les 7 précautions à prendre chez l'Homme

A l'inverse du chien, les Hommes ne possèdent pas de traitement préventif pour se prémunir des maladies pouvant être transmises par les tiques. Le seul moyen de se protéger c'est d'adopter les bons gestes de prévention :

- se couvrir les bras et les jambes en cas de balades dans la nature

- porter des vêtements longs

- rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes ou les bottes

- mettre un chapeau

- utiliser des répulsifs contre les insectes sur la peau ou les vêtements

- inspecter les zones du corps après une balade en forêt, notamment chez les enfants

- se renseigner sur les régions à risque de tiques.

Chien : des consultations en constante augmentation

Dans un communiqué du laboratoire MSD Santé animale, le Dr Jean-Matthieu Ricard, vétérinaire, atteste que " le nombre de consultations liées aux tiques a augmenté" pour les chiens, "probablement dû à la fois à une recrudescence des tiques et à une sensibilisation des propriétaires" selon le spécialiste. Pour rappel, l es animaux domestiques qui attrapent des tiques peuvent être sujets à des réactions inflammatoires (nodules) sur le lieu de morsure. Mais surtout, en se nourrissant sur l’animal, les tiques peuvent leur transmettre de nombreux agents pathogènes responsables de maladies généralement graves, et parfois mortelles. Le diagnostic est d’autant plus compliqué pour le vétérinaire que la tique a la particularité de pouvoir transmettre plusieurs maladies à la fois. Tout propriétaire de chien en France connaît par exemple la piroplasmose, qui est mortelle si un traitement n’est pas réalisé en urgence par le vétérinaire.

Pour protéger son animal d'une contamination liée aux tiques :

- le traiter tout au long de l'année contre les tiques : " Nous recommandons le traitement antiparasitaire plus en fonction du mode de vie du propriétaire. Certains préfèrent l’utilisation d’un comprimé car le mode d’administration est plus facile, en particulier si son effet est longue durée et qu’il peut se coupler avec un traitement contre les vers. D’autres préfèrent un traitement topique ou un collier. Grâce à l’éventail des possibilités disponibles, nous conseillons au mieux les propriétaires sur les traitements à utiliser" explique le Dr Ricard.

- inspecter systématiquement le chien au retour de la promenade : la présence d'une tique peut prendre la forme d'une boule foncée si elle est gorgée de sang.

 
 
 
 
Published by Un Sage
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 17:00

Par Marc Vignaud

En 2018, la Cour des comptes prévoit des efforts sans précédent sur les dépenses si la France veut tenir ses engagements budgétaires.

 

L'équation du premier budget de l'ère Macron s'annonce très difficile à résoudre. Cet automne, lors de la présentation du projet de loi de finances 2018, l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande va non seulement devoir gérer l'héritage budgétaire de son prédécesseur à l'Élysée, mais aussi financer ses promesses de campagne.

Auparavant, il devra s'assurer que le déficit finisse bien sous la barre fatidique des 3 % fixée par les règles budgétaires européennes dès cette année. Ce n'est pas gagné. Sans mesures correctives, le trou devrait en effet atteindre 3,2 % du PIB, selon l'estimation de la Cour des comptes.

Macron prudent sur la réduction du déficit

Mais la tâche devrait encore se corser l'année prochaine. La trajectoire budgétaire française envoyée à Bruxelles en avril dernier prévoit un retour du déficit de 2,8 % à 2,3 %, soit une baisse de 0,5 point. Ces chiffres sont évidemment déjà caducs.

Prudent, Emmanuel Macron prévoyait dans son programme présidentiel d'atteindre 2,8 % de déficit fin… 2018, et non à la fin de cette année. Ce qui devrait lui donner un peu d'air. Mais, pour y parvenir, il tablait sur une prévision de croissance bien plus optimiste que celle inscrite dans le dernier programme de stabilité de Michel Sapin (1,8 %, contre 1,5 %).

Une compression des dépenses nécessaires

Il n'en reste pas moins que la France va devoir réduire son déficit structurel d'au moins 0,5 %, comme le prévoit le volet préventif du pacte de stabilité, une fois le seuil des 3 % atteint, si elle veut respecter les règles européennes.

Et au vu de l'héritage laissé par François Hollande, cela semble bien mal engagé. Dans son audit sur l'état des finances publiques, la Cour des comptes relève que les recettes anticipées par le précédent gouvernement pour 2018 sont surévaluées, notamment les rentrées fiscales attendues de la cellule de régularisation des évadés fiscaux, le STDR. De quoi creuser le déficit de 0,1 point supplémentaire.

Les magistrats ont donc calculé que les dépenses publiques devraient être compressées comme jamais pour faire baisser le déficit structurel de plus de 0,5 %, d'autant que des baisses d'impôts, comme celle du taux d'impôt sur les sociétés, sont déjà prévues. « Il faudrait une croissance en valeur de la dépense limitée à 0,6 %, soit une baisse de 0,4 % en volume », ont estimé les magistrats. Un effort sur la dépense publique bien supérieur à celui réalisé, en moyenne, entre 2011 et 2016…

Des dépenses de personnel en hausse

Cet objectif sera d'autant plus difficile à atteindre, explique la Cour, que certaines dépenses s'apprêtent à accélérer : c'est le cas du prélèvement sur recettes en faveur de l'Union européenne, de la masse salariale de l'État ou des dépenses d'investissement des collectivités locales, qui ont tendance à augmenter lors des périodes préélectorales (les prochaines élections municipales auront lieu en 2020).

La rénovation de la grille salariale de la fonction publique, notamment, devrait coûter très cher aux Français. Même si le nouveau gouvernement assume un gel du point d'indice des fonctionnaires l'année prochaine, « l'accroissement de la masse salariale devrait au moins atteindre un rythme proche de celui de 2016 », s'inquiète la Cour des comptes, qui pointe la hausse prévue des effectifs et des augmentations de rémunérations déjà décidées.

Le lourd héritage de François Hollande

« Des engagements pris par l'État ces dernières années conduiront à une augmentation de certaines catégories de dépenses dans les années à venir. Ces engagements, par leur origine et par leur ampleur, n'ont pas eu d'équivalent dans les dernières années », s'inquiètent les magistrats, citant les augmentations de budget de la Défense ou celles liées à certaines infrastructures, telles que la liaison ferroviaire Lyon-Turin. « Au total, les risques spécifiques identifiés pour la gestion 2018 de l'État par rapport aux gestions des années 2011 à 2015 s'élèvent aux alentours de 12 milliards d'euros », s'alarment les rédacteurs du rapport.

La baisse des taux d'intérêt, qui avait permis de limiter la charge de la dette ces dernières années, ne devrait par ailleurs plus jouer. Cela représente « 3 à 4 milliards d'économies supplémentaires » qu'il faut dégager sur les dépenses autres que celles liées à la dette par rapport aux années précédentes, estime la Cour des comptes.

Emmanuel Macron devra-t-il différer, voire renoncer, à des promesses de campagne ? La transformation du crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE) – la mesure phare de François Hollande pour baisser le coût du travail – en baisse de charges pérennes a d'ores et déjà été reportée à l'après-2018. Lors de l'année de transition, elle aurait en effet creusé ponctuellement le déficit de plus de 20 milliards d'euros, soit près d'un point de PIB. Le choc d'offre promis par les équipes de campagne du candidat d'En marche !, puisque les entreprises auraient touché à la fois le crédit d'impôt et les baisses de charges, n'aura donc pas lieu. Pas avant 2019, en tout cas.

Published by Un Sage
30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 18:13


 

 

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Correction du bac : tout va bien

Ingrid Riocreux

Agrégée de lettres modernes, spécialiste de grammaire, rhétorique et stylistique

Il est des événements comme la rentrée des classes, l’achat des cadeaux de Noël ou les premiers jours de plage, qui fournissent chaque année l’occasion à nos médias de refourguer exactement les mêmes types de reportages. On se demande d’ailleurs pourquoi ils prennent la peine d’aller interviewer des gens, il suffirait de reprendre les papiers de l’année précédente, personne ne s’en rendrait compte. Mais certains sujets sont plus tendancieux que d’autres.

Le bac dans les médias, c’est : le stress avant les épreuves, les épreuves, la correction, la découverte des résultats.

Actuellement, nous sommes dans la phase des corrections :

http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/files/2017/06/comment-sont-corrig%C3%A9es-les-copies2.jpgJe précise que je ne suis pas l’Ingrid en question.

Mais le top, c’est ça. On peut lire l’article mais le mieux est assurément d’écouter le reportage (en bas de la page donnée en lien).

Le contenu de ce petit reportage est gentillet. On oscille entre le sans intérêt et le rassurant. Elle est bien mignonne, cette petite Mme. Pierrat, avec son stylo rouge et ses petites anecdotes. Mais son interview est l’occasion de rappeler le pré-pensé obligatoire.

Elle ne tient pas compte de l’orthographe, dit-elle. La journaliste ne s’étonne ni ne s’offusque. C’est le signe que Mme. Pierrat est « bienveillante ». A en croire la réaction, ou plutôt l’absence de réaction de la journaliste, ce choix docimologique (la docimologie est la science de la notation, c’est un des seuls souvenirs qui me restent de mes quelques heures d’IUFM…) ne pose aucun problème, et ne mérite donc d’être ni questionné ni contesté. Un prof qui n’adopterait pas ce parti pris serait tout simplement considéré comme malveillant et représenterait ainsi le type même du mauvais correcteur.

Et puis, bien sûr, ils ont trouvé une prof qui est prête à tordre le cou à la « rumeur », au « mythe » : non, il n’y a pas de consignes pour donner le bac à tout le monde. Voici comment le passage est restitué dans l’article :

http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/files/2017/06/notation-bac-france-info.jpg http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/files/2017/06/notation-bac-france-info.jpgManipulation. Il n’y a certes pas de consignes pour qu’on donne le bac à tout le monde. Mais il y a bien des consignes pour être bienveillant. Les fameuses réunions d’harmonisation voient se succéder les incitations à surnoter au prétexte que « dans cette copie, on voit que l’élève a voulu faire ceci ou cela ». Tout correcteur doit atteindre une moyenne de 10/20 sur son paquet de copies. Si ce n’est pas le cas, ses copies sont renotées en commission avec toute la bienveillance dont le méchant n’a pas été capable.

La période du bac, pour nous autres profs, est celle des échanges de perles (en congé parental, je me contente cette année de lire celles de autres !). La plupart de ces perles viennent certes des copies mais un grand nombre d’autres sont glanées lors des réunions dites d’harmonisation et dans les consignes de notation. Ce qui m’amène à mon dernier point, qui aurait mérité une question à Mme. Pierrat : l’évaluation idéologique. Je ne sais pas ce qu’il en sera cette année et je ne suis pas professeur d’histoire-géographie (pardon, professeurE). Mais je tiens à porter à la connaissance de mes lecteurs le fait suivant, qui date de l’an passé (ne disposant pas encore d’un blog, j’avais gardé ce scan en mémoire dans mon ordi en me disant que j’aurais peut-être un jour l’occasion de le diffuser).

Le sujet d’invention de l’épreuve de littérature 2016 des séries technologiques était le suivant :

http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/files/2017/06/sujet-2016.jpg http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/files/2017/06/sujet-2016.jpgEt voici ce qui figurait parmi les consignes de notation :

http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/files/2017/06/consigne-notation.jpg A faire connaître aux candidats qui avaient cru bien faire en vantant le patriotisme économique… Et se sont pris une bâche.

 

 

 

Published by Un Sage
30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 17:16

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L’affaire Macron refait enfin surface

Le gros lot pour Pénicaud

Auteur
Régis de Castelnau
est avocat.

Muriel Pénicaud à l'Elysée, Paris, juin 2017. SIPA. 00813007_000095

Et bien dites donc, Libération nous en apprend de belles sur la virée du futur jeune roi, à la « French Tech Night » de Las Vegas en janvier 2016. À l’époque celui-ci, à trois mois de la création de son mouvement politique et à sept de son départ du gouvernement, pense brusquement qu’il est indispensable qu’il se rende au salon high-tech de Las Vegas pour y montrer sa frimousse et rencontrer de grands patrons français. Il demande à l’agence Business France, établissement public contrôlé par son ministère de lui organiser la petite virée.  Et en uniforme de start-uper, il y plastronnera, sourire éclatant, barbe naissante et, comme Mélenchon, sans cravate. Pour le plus grand plaisir des photographes de la presse people. Ses rencontres avec les grands patrons furent plus discrètes. Manifeste opération de promotion personnelle, politique et électorale qui ne sembla choquer personne.

Las Vegas parano?

À partir de l’automne 2016, le bombardement médiatico-judiciaire contre les concurrents d’Emmanuel Macron reprit avec force. Les artilleurs étant toujours les mêmes : le Parquet national financier (PNF), le Pôle financier et la presse amie avec les duettistes du Monde. D’abord sur Nicolas Sarkozy, ensuite sur Marine Le Pen et enfin sur François Fillon. Emmanuel Macron, malgré pas mal de bruits insistants a été scrupuleusement épargné. Quant au mois de mars Le Canard enchaîné fit état d’un problème juridique très sérieux posé par la virée dans le Nevada, le PNF déchaîné contre François Fillon, et malgré la probabilité d’un joli délit de favoritisme, prévint tout de suite qu’il ne bougerait pas. Les grands médias, tous à leur promotion furieuse du jeune roi trouvèrent cela formidable. Devant la grossièreté de la manœuvre, le parquet du tribunal de grande instance (TGI) de Paris se sentit obligé d’ouvrir lui-même une enquête préliminaire. Pour prendre d’ailleurs, la mesure sage d’attendre la fin de la période électorale pour lancer sérieusement ses investigations.

Il est surprenant de voir aujourd’hui Libération, journal macroniste chimiquement pur, lancer une série de révélations fort gênantes pour Muriel Pénicaud, actuelle ministre du Travail et directrice, à l’époque, de l’agence publique Business France, mais aussi, quoi qu’on en dise, pour le nouveau président de la République.

« Une procédure pouvant potentiellement être affectée d’irrégularité »

Petit rappel des faits :

Le problème est que, lorsque le déplacement à Las Vegas est décidé, il est trop tard pour lancer un appel d’offres, comme l’exige pourtant le code des marchés publics. Qu’à cela ne tienne, ni vu ni connu, on va faire un petit gré à gré avec l’agence Havas. C’est-à-dire que, malgré le coût élevé de l’opération, 382 000 €, qui oblige à appliquer la procédure exigée par le code, Business France va passer de façon informelle la commande de la prestation. C’est tout simplement un délit pénal prévu et réprimé par l’article L 432-14 du code pénal qui sanctionne l’inobservation des règles destinées à garantir l’égalité et la liberté d’accès à la commande publique, dès lors que cette irrégularité a permis l’attribution du marché. Pan dans la cible !

Lorsque Le Canard enchaîné, probablement informé par des grincheux, publie l’information, histoire de jouer la transparence et avec une certaine ingénuité, Business France publie un communiqué meurtrier dans lequel l’agence confirme avoir commis l’infraction.

« Il est apparu ultérieurement que, au vu des délais, le choix d’un prestataire capable de prendre en charge l’organisation de l’événement aux États-Unis et les actions de communication associées (…) avait été fait selon une procédure pouvant potentiellement être affectée d’irrégularité », a expliqué Business France.  Jolie confession chantournée et un peu acrobatique, quoique créative, avec cette redondance savoureuse « pouvant potentiellement ».

Qui a dit: « On y va quand même ! »?

Il y a donc eu délit de favoritisme, c’est bien ça, Madame Pénicaud ? Alors, revenons sur le scénario que les enquêteurs vont devoir reconstituer en identifiant les responsabilités de chacun. Il ne faut y voir aucune volonté d’être désagréable. Et par conséquent tout ce qui suit est bien évidemment au conditionnel.

Première question : qui donne l’ordre d’organiser le déplacement ? Probablement le cabinet du ministre, relais de son patron Emmanuel Macron. S’adressant alors à l’agence dont il a la tutelle et dont c’est le boulot. On imagine le fonctionnement classique d’une chaîne de commandement qui part du bureau du ministre pour arriver à l’employé de Business France qui décroche son téléphone pour demander à Havas de faire le boulot.

Deuxième question, et c’est là que l’on rentre dans le dur : qui et à quel niveau de la chaîne, appelle l’attention sur la difficulté posée par l’exigence du respect des règles du code des marchés ? Cela concerne tous les maillons, car il ne serait pas sérieux aujourd’hui de prétendre que des fonctionnaires de ce niveau ne connaissent pas ces règles dont on nous rebat les oreilles depuis 25 ans. Et chez Havas où on passe son temps à répondre à des appels d’offres, on le sait aussi parfaitement.

Enfin et surtout, troisième question : qui décide de passer outre ? Parce que c’est celui ou « celleszéceux » qui ont pris cette décision qui sont les auteurs du délit. Et qui devraient se retrouver en correctionnelle. Qui a donné l’ordre de passer outre les obligations légales ? Et c’est là où la situation du jeune roi devient quand même un peu délicate…

Qu’a-t-il dit à son chef de cabinet ? Qu’est-ce que celui-ci a demandé à la patronne de Business France ? Y a-t-il eu un contact direct à l’époque entre Jupiter et Muriel Pénicaud à ce sujet ? Qu’est-ce que cette dernière a demandé à ses collaborateurs ? En un mot comment s’est déroulé le processus de décision ? Et surtout, qui a dit, face aux probables feux rouges, « on y va quand même ! » ? Dans les deux processus de décision qui ont amené à la probable commission d’un délit de favoritisme, d’abord le choix d’aller à Las Vegas en achetant une prestation à Havas, et ensuite celui de ne pas respecter le code des marchés, la chaîne décisionnaire avait à son sommet Emmanuel Macron, et à sa base des agents de Business France.

On trouve une petite friandise supplémentaire, dans l’article de Libération. Comme il n’était pas possible de payer la réservation de l’hôtel par un virement de l’État, c’est un fonctionnaire qui a dû régler avec sa carte de crédit personnelle. Avant de se faire rembourser, probablement, mais ce qui est quand même une violation grossière des règles de la comptabilité publique, puisqu’il aurait fallu pour ce genre d’opération créer ce que l’on appelle une « régie d’avances et de recettes ». On épargnera au lecteur le détail de ces règles, qui font quand même du malheureux fonctionnaire un « gestionnaire de fait ». Bricolage et désinvolture.

Quand c’est trop c’est Pénicaud

On s’en tiendra là, non sans esquisser un sourire devant les justifications que nous sert Muriel Pénicaud de plateaux en plateaux. Utilisant un bel euphémisme elle nous dit que c’est elle qui aurait mis le doigt sur le « dysfonctionnement » de son administration, en commandant un audit. Allons, soyons sérieux ! Il n’était pas possible de régler Havas car il n’y avait justement pas de marché, de devis et de bon de commande. Or, pour régler les dépenses engagées par l’administration, le trésorier-payeur général doit disposer de ces pièces, qui servent de support au paiement de la prestation. Lorsqu’un marché public est annulé par la juridiction administrative après que les prestations ont été effectuées, il n’est plus possible de les régler sur la base du marché, puisque par définition celui-ci n’existe plus. Alors, on rédige un protocole transactionnel dans lequel l’administration reconnaît son illégalité et indemnise le prestataire.

Chère Madame Pénicaud, je ne suis pas sûr que ce soit un souci de transparence qui vous ait fait commander cet audit, mais plutôt le besoin d’un constat extérieur à votre agence de l’illégalité commise, pour pouvoir signer ensuite avec Havas le protocole transactionnel, sur la base duquel le trésorier-payeur général a pu régler la prestation.

Mais il est possible que j’aie mauvais esprit. Comme lorsque je me pose la question de savoir si la dépense pour le déplacement de Las Vegas relevait de la mission du ministre de l’Economie de l’époque ou plutôt d’une opération de communication politique et électorale.

Détournement de fonds publics ? Tout de suite les grands mots…

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