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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 10:38
L’esprit de Munich et de Cohn-Bendit
Arnaud Benedetti
Professeur-associé à la Sorbonne.

Cette campagne a le fumet du désastre. Nous y sommes, Fabrice à Waterloo, arpentant ahuri un champ de bataille où se propage jusqu’à nous bien plus le bruit de la fureur que la fureur elle-même, effrayés que nous sommes par la seule idée du combat. Sans voir, sans comprendre, nous y voilà : perdus, démunis, dessaisis du destin que nous espérions y trouver… Nous pensions échapper au hollandisme solférinesque et c’est son double, spectre de toutes les bien-pensances sédimentées depuis trente ans qui nous guette. Cette époque est stendhalienne : la nostalgie de la grandeur s’y enfonce dans le marécage de la médiocrité. Vigny et la description de sa génération souffreteuse au regard de celle de ses pères y prolongent leur écho.

Cette élection exacerbe tous les maux d’un processus qui vient de loin: un demi-siècle à vrai dire de mensonges, de faux-semblant, d’aveuglement… Le mensonge tout d’abord, hérité de l’esprit de 1968, qui veut qu’une société puisse vivre sans autorité à partir du moment où le dialogue assure du lien, du lien social. Les petits sauvageons qui défient les maîtres dans les écoles des banlieues irrédentistes de la République ne sont rien d’autres que les enfants monstrueux de nos renoncements. Le politique, censé incarner l’autorité légitimée par le peuple, est l’ultime victime de cette lente décomposition d’un demi-siècle de lâche abdication. Il n’y a plus de pouvoir, si ce n’est un magma polycentrique où s’affrontent des forces libérées de toute inhibition. L’offensive judiciaire, au nom d’une moralisation grossièrement pharisienne de la vie publique, peut ainsi donner cours à sa furie militante au mépris de la séparation des pouvoirs, de la violation banalisée du secret de l’instruction, de la neutralité de la justice dont la politisation est un secret de famille que l’on ne chuchote qu’à voix basse de peur de déclencher des ires vengeresses… C’est ainsi que « le mur des c… » peut tranquillement s’ériger pour clouer au pilori celles et ceux qui ne partagent pas une idéologie dominante devenue religion d’Etat… médiatique.

Chimères du “vivre-ensemble”

Car le faux-semblant a aussi infiltré jusqu’au fondement de ce qui enracine l’Etat. Celui-ci, ouvert à tous les vents du politiquement correct, n’est plus qu’une vague interprétation de l’intérêt général. La République n’est plus dans la République : balkanisée, elle est un agrégat d’intérêts communautaires, de minorités vociférantes, de revendications sociétales…

 

Les médias mainstream, appareils de production et de diffusion de cette culture hégémonique, imprègnent de leur Weltanschauung les leviers de l’Etat : c’est ainsi que le CSA, gardien jaloux de la novlangue du moment, traque la sémantique « incorrecte »; c’est ainsi que les lois mémorielles visent à figer la lecture de l’histoire pour nous culpabiliser et nous maudire jusqu’à la fin des temps ; c’est ainsi que le Conseil d’Etat peut, sans sourciller, dispenser un arrêt imposant des conditions restrictives à l’installation des crèches de Noël dans les mairies.

 

La laïcité française, amnésique de ses inspirations chrétiennes, préfère nier les racines ancestrales du pays afin de ne pas froisser des idéologies qui lui sont pourtant ontologiquement opposées.

La tartufferie d’Etat est désormais le stratagème des élites de la débâcle toutes acquises aux chimères d’un « vivre-ensemble » plus enclin à la soumission qu’au respect des principes et de l’histoire.

Des pros de la dénégation du réel

Cette campagne aboutit, en fin de compte, à propulser et à perpétuer contre toute attente les professionnels de la dénégation du réel, les héritiers de l’esprit de Munich, ces nouveaux Daladier dont la souplesse de l’échine est inversement proportionnelle au courage qui consisterait à regarder en face les malheurs qui viennent. Au moins Daladier, à son retour de Munich, avait-il compris que les acclamations qui saluaient son accord ne sauraient dissimuler trop longtemps l’immense duperie de celui-ci. Le monde que nous promettent ces nouveaux agents du bonheur est tout de précarité : économique par l’ubérisation, sociétal par la reconnaissance de tous les droits, y compris ceux qui réduisent la personne à un objet de consommation, civilisationnel par le clientélisme communautaire. Cette nouvelle société qui, bientôt, ne fera plus société est portée par le produit de la technocratie débarrassée de toute conscience historique et du libertarisme soixante-huitard. Rien d’étonnant donc à ce que l’icône de 1968, le jubilant Cohn-Bendit, revenu depuis longtemps de tous ses rêves révolutionnaires mais toujours accroché à ses fantasmes libertariens, nonobstant l’outrage des ans, ait vu le premier dans le jeune inspecteur des finances en marche la matière fongible à toutes les aventures susceptibles de poursuivre la liquidation de la vieille société abhorrée…

La séquence Macron – car ce n’est qu’une séquence tant elle obéit aux canons standardisés d’une filmographie communicante – porte jusqu’à l’incandescence les artefacts de la déconstruction au service d’un individu consommateur, diverti, post-historique, naïvement béat dans des croyances qu’il estime irréfutables : l’Europe de Maastricht, l’identité heureuse, l’individualisme déraciné… Au fur et à mesure du déploiement d’un tour de passe-passe communicationnel non dépourvu d’astuce on en vient à convaincre des peuples hébétés que leurs problèmes sont leurs solutions, que leurs souffrances constituent leur horizon de bonheur. « Le viol des foules par la propagande », tel que l’avait disséqué en son temps Serge Tchakhotine, est, décidément, en marche… Il pourrait bien être la figure atrophiée d’une campagne pour rien.

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 10:03
Fillon a "maille à partir" avec les juges pour des affaires de vestiaire ? Il y a quinze ans, Bayrou devait lui aussi s'expliquer pour ses costumes.
Publié le 20/03/2017 :

Les politiques doivent-ils renoncer à tout effort d'élégance ? Après la polémique qui a suivi la révélation par le JDD des habitudes prises par François Fillon chez le tailleur Arnys, les journalistes scrutent désormais la garde-robe des candidats à la enoncer à tout effort d'élégance ? Après la polémique qui a suivi la révélation par le JDD des habitudes prises par François Fillon chez le tailleur Arnys, les journalistes scrutent désormais la garde-robe des candidats à la présidentielle avec un autre œil. Les élus ont beau dénoncer l'abaissement du niveau de la campagne, rien n'y fait. Le soupçon s'est installé. Et les communicants qui entourent les « aspirants présidents » ont demandé à leurs poulains de remiser leurs tenues les plus élégantes au placard en attendant que la tempête passe.

Après un autre épisode judiciaire, celui des montres de Julien Dray, la classe politique, où l'on ne compte pas les amateurs de belles tocantes, avait pareillement dû cacher ses chronographes les plus voyants. La tourmente éloignée, ces beaux mécanismes ont refait surface au poignet des puissants. Ainsi en va-t-il des ennuis de vestiaire du candidat LR aujourd'hui.

42 566 euros de dépenses

L'histoire récente nous révèle qu'un autre postulant à l'Élysée a rencontré des difficultés similaires avec ses costumes. En l'espèce : François Bayrou. C'était aux élections présidentielles de 2002. À l'époque, le candidat centriste tente de faire passer en « dépenses de campagne » des frais d'habillement s'élevant à près de 42 566 euros. Appelé à examiner ses comptes de campagne, le Conseil constitutionnel tousse. Les magistrats estiment, en effet, que cette dépense est « manifestement excessive » et décident de la ramener à un montant plus raisonnable de 5 000 euros. Le Conseil constitutionnel estimant que d'autres frais de campagne du candidat MoDem ayant été indûment intégrés à ses comptes ou surévalalués, ses membres décideront de ne pas rembourser l'intégralité des sommes présentées comme « payées » par le mandataire financier de François Bayrou. Pas facile de revêtir l'habit de président...

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Aucune polémique dans les médias !!

 

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 10:40
Macron, l’illusion du progressisme
En marche arrière!
Auteur
Ecrivain


Emmanuel Macron en meeting à Dijon, mars 2017. SIPA. 00799424_000003

Emmanuel Macron est entré en politique baigné d’une révélation lactée, les traits noyés d’une transparence nouvelle, dans une flottaison d’absolu. Alerte, captivé par l’appel soudain de sa vocation, aimant ses amis progressistes aussi « farouchement » que les missionnaires du XIX° siècle allaient convertir le feu des forêts primitives, il avance avec une prestesse d’archer chassant les papillons dans une prairie de coquelicots.

Il marche dans la fraternité des demi-dieux, mousquetaire de l’Olympe contre les « centaures des montagnes », les Conservateurs. Théosophe du progrès, il transcende les chapelles, unit les passions déchirées, purifie la culture de ses « rabougris ». Progresseur charmeur, il escalade la nouvelle aube avec le sourire raphaélique des pèlerins reconstruisant en chœur les ruines du mont Cassin.

Qui n’aime le progrès (progressus en latin signifie « marche en avant »)? Bien-être, bonheur, confort, nouveauté, réussite, abondance ? Mais les partitions de la « lutte contre le sous-développement » après l’Indépendance, les vivats du sacre progressiste soulevant les tribunes, les guides marchant dans « le sens de l’histoire », effleurant les doigts tendus par milliers, on les connaît par cœur. Nos progressistes ont joué toutes les gammes du progrès. Les cymbales de l’avenir radieux ont vibré contre la nuit coloniale, à frapper nos tympans de surdité

Les tragédies du progrès total

Mais quelques décennies plus tard, c’est le désastre. Les marcheurs du progrès foulent un sentier de tourbières, de fosses et de tombes. Le progrès n’est plus la clarté d’un matin de lumière, mais le crépuscule d’un horizon aveugle. Quoi ? Le progrès n’est plus à sens unique ? Non, ses flèches pivotent, se heurtent, sa boussole part en vrille, son axe se renverse. Nos yeux fixaient la montée, ils se braquent sur la descente, la tête nous tourne, c’est la chute.

Au nom du progrès, les crimes des décolonisés ont fini par dépasser tout ce que les colons leur ont fait subir. Les progressistes ont commis autant d’injustices qu’ils ont engagé de promesses. Les dégâts du progrès ont ruiné la somme de ses bienfaits. Ils ont enfanté des maux dont l’inhumain est encore à venir. Qui est en mesure de les guérir ?

C’est pourquoi les démarcheurs de progrès me laissent un peu rêveuse, au regard des tragédies que le mythe du progrès total a générées. La foule des réprouvés, des incrédules du progrès fera tonner contre l’impénétrable vitrine de son paradis, l’orage de leurs souffrances. Quand le progrès devient un bonheur aussi inaccessible que l’au-delà, un faux paradis, est-il meilleur que l’utopie religieuse ?

Emmanuel Macron est un jeune seigneur progressiste qui veut dépasser les clivages gauche-droite. Il les trouve démodés. Soit. Mais que signifie alors son opposition entre « progressistes » et « conservateurs », sinon répéter le schéma de la gauche « moderne », contre la droite « réac » ? Sinon refuser toute intelligence aux conservateurs, toute reconnaissance morale à ces racornis de l’histoire ? La division est encore plus violente. L’église progressiste doit écraser la conscience impie des conservateurs, ôter toute respiration à la tradition. Résultat : la résistance du passé, cette raison fossile, se rebelle. La dignité humaine est en mal de restauration, pas de révolution. Est-ce si honteux ? Est-ce un crime ? L’empire du progressisme s’est ramassé au sommet d’une pyramide dont les fondements s’enfoncent dans le mépris moral.

Les premiers bénéficiaires de l’hégémonie du progrès sont… les progressistes

Tant qu’ils n’étaient pas gens de pouvoir, les progressistes étaient fréquentables. Humbles, soucieux de vérité, démunis, sans pouvoir, en minorité, épris de savoir, humanistes, habités de questions exprimant par leurs œuvres la noblesse imparfaite, mais perfectible et modeste, de la condition humaine.

Mais quand ils se mettent à empoigner le sceptre de l’histoire pour la téléguider, coulés d’absolu, fondus dans la puissance de l’Etat, qu’ils se transforment en ligues de vertu, en observatoires du vice, en directeurs de conscience, en petits-saints des droits de l’homme, en inspecteurs des mœurs, en marquis dictant au peuple un plan pour son Bien qu’il attend toujours, alors qu’ils prennent garde aux soulèvements que les cœurs surannés réservent à ce nouveau clergé

Les premiers bénéficiaires de l’hégémonie du progrès sont… les progressistes. Les prélats du progrès récoltent en bons aumôniers la moisson de leurs homélies, comme l’église a amassé durant des siècles sa fortune colossale sur la crédulité des âmes simples. Le progressisme est une usurpation de la tradition populaire.

Mais est-il si nouveau, ce préjugé des « progressistes » supérieurs aux « conservateurs » ? Non, c’est lui qui a pris un coup de vieux. Le « désir d’avenir » est un peu fatigué. Tandis que le désir du passé est un acteur vigoureux du présent. Peut-être que ce sont les progressistes, au fond, qui sont des réactionnaires Monsieur Macron, méfiez-vous!

Les progressistes ont pris le masque de cire des figures de musée, et les conservateurs la mine d’une jouvence de l’histoire, le souffle de ce que la littérature allemande appelait au XIXème siècle « l’âme du peuple », le sturm und drang (« tempête et passion »). Certes, ce qui fut autrefois le romantisme du « mal du siècle », avec des écrivains de génie, avec René et Werther, montre aujourd’hui une infirmité canaille, moins sublime, disant ce qu’elle peut avec les accents populeux de ceux que la culture progressiste a privé de langage. Le progressisme n’est plus un humanisme.

Macron a déjà réduit sa flamme progressiste aux convenances pour complaire aux codes de l’opinion. Il aurait remplacé, dit-on, ses manches de mousquetaire, raffinement trop criant pour ceux que l’élégance énerve, par des boutons ordinaires. Dommage. Le calcul flétrit le panache de la liberté. L’intimidation sociale est la pire forme de conformisme réac.

M. Macron, méfiez-vous, le progressisme radical a des conséquences terribles. Je vous invite à refaire un tour par ici, sur notre rive sud. D’abord, personne ne vous réclamera une génuflexion pour les crimes de vos ancêtres, je vous assure. Ici, les gens sont bien plus obsédés par les crimes d’un troisième type, inventés par des gosses sortis de leurs entrailles, déjà emmaillotés de poudre. Ici vous verrez ce que Baudelaire, poète ultra-conservateur de la modernité, appelait le « bizarre ».Vous y croiserez les yeux charbonneux du barbu, le front pâle du désœuvré, la petite coquette en minijupe cheveux au vent, la jeune nonne voilée, le vieux brigand à la dent en or, l’ivrogne anarchiste, le camelot à la sauvette, l’épicier policé, le chauffard grossier, la dégaine du gardien de voiture, le bigot onctueux, le marchand cauteleux, le rémouleur (tiens, ça existe encore ?), le fabriquant d’alambics, le vendeur d’herbes opiacées, bref, tous ceux qui n’ont goûté à aucune faveur du progressisme – nationaliste, marxiste, révolutionnaire ou même islamiste

Vous les verrez défiler, ombres charnelles de leur caverne délabrée, la Tradition. Ils vous regarderont avec leur ironie espiègle et résignée. Ils vous diront : « Vous êtes progressiste, brillant, instruit, prince du progrès. Mais voyez-vous, comme tous vos semblables, les progressistes d’ici, vous ne voulez pas de nous. Le dieu de votre Progrès nous a écartés de sa Cour. Il nous a fait un pied de nez. Car nous sommes le souvenir auguste de l’Ancien, le sourire mélancolique du Passé, la lenteur vermoulue de l’Antique, la tortue immobile du temps qui observe le lièvre courant à perdre haleine. Et de la carapace immobile, vous entendrez un soupir qui dit : « Le temps ne marche pas avec nous, hélas non, le temps n’est pas avec nous ! » Vous comprendrez alors que le temps des progressistes a perdu son humanité.

Mais la morale de la fable, à la fin, que dit-elle ? Que c’est la tortue, à l’arrivée, qui fait un pied de nez au lièvre.

 

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Published by Un Sage
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 10:20

Mercredi matin, Manuel Valls était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMtv. Interrogé sur le choix qu'il fera au premier tour de l'élection présidentielle, l'ancien Premier ministre a annoncé qu'il accordera son vote à Emmanuel Macron.

Dès le début de l'interview, Manuel Valls a affirmé au micro de Jean-Jacques Bourdin qu'il ne votera pas pour Benoît Hamon, candidat de la gauche désigné par la primaire à laquelle il avait participé. "Est-ce que vous voterez pour Emmanuel Macron ?", lui a demandé le journaliste. "Oui car je pense qu'il ne faut prendre aucun risque pour la République, et donc je voterai pour Emmanuel Macron", a-t-il répondu. Un soutien à la candidature de l'ancien ministre de l'Economie qui devient donc officiel.

"Ce n'est pas un ralliement, c'est une prise de position responsable"

L'annonce de Manuel Valls n'est pourtant pas une surprise. Ce dernier avait pris ses distances vis-à-vis de Benoît Hamon depuis sa défaite à la primaire. Le député de l'Essonne a donc confirmé ce que les rumeurs laissaient entendre depuis des semaines. Pour justifier sa décision, Manuel Valls a évoqué le "climat particulièrement nauséabond" de cette campagne. Face à la crainte d'un "risque de victoire du Front National", à "l'effondrement moral de la candidature de François Fillon" et à la "marginalisation de la gauche de gouvernement", il assure vouloir "(prendre) ses responsabilités. "Je ne prendrai aucun risque pour la République et la France. Je ne veux pas que nous nous retrouvions, le soir du premier tour, face au choix entre François Fillon et Marine Le Pen. Je veux donner le plus de force au candidat qui doit représenter le camp réformiste", a-t-il expliqué sur BFMtv.

"Ce n'est pas un ralliement, c'est une prise de position responsable", a rétorqué Manuel Valls, interrogé sur la forme que prendrait son soutien au candidat d"En Marche !". Il a également déclaré qu'il ne participerait pas à sa campagne. Au même moment, Emmanuel Macron était invité sur Europe 1 et a réagi à l'annonce de ce nouveau soutien. Il a remercié Manuel Valls pour son vote mais a ajouté qu'en tant que "garant du renouvellement des visages et des pratiques", il n'envisageait pas de gouverner avec lui en cas de victoire.

En annonçant sur BFMtv qu’il votera pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle, Manuel Valls a définitivement coupé les liens avec Benoît Hamon. Or, en refusant de soutenir le candidat socialiste, il va à l’encontre des engagements qu’il avait pris en participant à la primaire de la gauche en janvier dernier.

En effet, tous les candidats à la primaire ont signé la "Charte éthique", un document par lequel ils s’engagent notamment à "soutenir publiquement le ou la candidat-e qui sera désigné-e à l’issue des élections primaires citoyennes et à (s)'engager dans sa campagne". Une parole donnée en décembre 2016 que les internautes se sont empressés de rappeler à Manuel Valls.

 

Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l'honneur d'un homme comme Valls : RIEN

 

 

Published by Un Sage
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 09:24

Harcèlement scolaire: le cauchemar des bons élèves

Ce mal dont on parle si peu…

Antoine Desjardins
professeur de lettres modernes et membre du Comité Orwell

On parle souvent de harcèlement à l’école. Curieusement on ne dit rien du phénomène suivant qui est pourtant très bien documenté et inquiétant et dont les professeurs ont souvent fait état dans l’indifférence générale : dans beaucoup de collèges et de lycées, ce sont les bons élèves, les “intellos” qui font l’objet de harcèlement.

Sur ce sujet, silence des défenseurs des droits des enfants et de ceux qui militent à juste titre contre les horribles discriminations. La discrimination dont font l’objet les bons élèves, ceux qui travaillent, écoutent le professeurs, la discrimination, parfois des élèves “intelligents” ou doués, la discrimination des élèves précoces, des élèves qui lisent : personne n’en parle, ou si peu !

La stigmatisation des “intellos”

Il est évoqué en long et en large le rejet de la différence physique, les facteurs ethniques, territoriaux, religieux, sociaux qui peuvent expliquer une forme de rejet ou d’intolérance et on ne parle guère de ce rejet, pourtant hautement inquiétant au sein d’une institution qui serait censée promouvoir les qualités intellectuelles : le rejet et la discrimination des élèves différents parce qu’ils aiment lire ou parce qu’ils veulent travailler, parfois parce qu’ils sont doués pour les études, bref parce qu’ils sont des “intellos”.

Ce terme essentialisant (comme dirait notre ami moustachu de Mediapart qui l’adore) et réducteur (de têtes bien faites) utilisé par les élèves mais qu’un pédagogiste obtus ne renierait pas, est là, bel et bien pour stigmatiser, souvent violemment, une catégorie particulière et quand même très bien représentée, d’élèves pas tout à fait acquis à la violence (qui parfois prévaut dans les établissements scolaires) et mal intégrés au caïdat local que font régner une poignée de meneurs. Je pense notamment aux lycées professionnels où l’on a pu voir des élèves pétitionner pour… pouvoir simplement étudier dans le calme: leur seul tort est de vouloir travailler, d’avoir parfois la tête dans les nuages de la culture, de l’histoire, des mathématiques, d’être de doux rêveurs dans un monde de rapports de force et de compétences strictement utilitaires.

J’ajouterai que ces élèves, nombreux, viennent de tous les milieux sociaux. Tous ! Ils peuvent être fils de femme de ménage, enfants d’ouvriers immigrés, jeune fille musulmane souhaitant s’émanciper par le travail d’un milieu qui n’encourage guère les femmes .Mais curieusement ce “racisme” là ne trouve guère d’écho. Personne n’en fait la phénoménologie naïve, en s’étonnant, en mesurant, en circonscrivant, puis enfin en s’indignant qu’une telle chose ait pu surgir au sein de… l’école de la République: le sanctuaire du savoir ??

Pas sociologiquement correcte ? pas redevable d’une explication marxiste en terme de lutte des classes ? Non inscriptible dans la lutte “anti-raciste” ? Non rabattable dans les plis de la “pensée politique” préformée ? Ne s’inscrivant pas suffisamment dans l’opposition dominants vs dominés ? Stigmatisant (ce serait un comble, mais je m’attends toujours au pire avec notre “intelligentsia” !) les caïds des collèges, ratonneurs d’intellos, peut-être, mais qui sont eux-mêmes des “victimes du système” venant de couches défavorisées??

Étonnant silence. Indécent oubli ! Criminelle abstention. Le harcèlement, les études le montrent, concernent très souvent de bons élèves parfois de brillants élèves et qui viennent assez souvent de milieux défavorisés. Ces élèves ni leurs parents n’ont les moyens, matériels et moraux, de se défendre ou de soustraire leur fils ou leur fille à ce qui peut parfois devenir un enfer. Cela est-il acceptable ?

Boucs émissaires faciles

Une anecdote qui en dit long pour terminer: dans un bon collège avec des enfants de cadres supérieurs, un élève me cite lors d’un débat une émission qu’il a vu sur Arte parlant d’égyptologie. Les moqueries de ses camarades fusent : “Arte !?! tu regardes ça! Trop mort de rire ! Le bouffon !”

Inutile de préciser que j’ai vertement mouché les aboyeurs. Formé à l’école de Meirieu, j’aurais sans doute remis vertement en place… mon intello : “Mounir ce n’est pas bien d’essayer d’intimider tes camarades et de te placer en position de supériorité ! Est-ce que tu arrives à comprendre pourquoi c’est une forme de violence ?? Te crois-tu supérieur parce que tu regardes Arte ? Fais ton auto-critique devant la classe !” Je n’exagère nullement. Ce sujet ne prête pas à rire.

Les profils du bouc-émissaire sur qui la violence collective se déchaîne parfois (les meneurs entraînant les autres) sont multiples mais catégorisables. Bien entendu il y a des élèves médiocres aussi dont le seul tort est d’être en surpoids, d’avoir la mauvaise couleur de peau, de religion, les mauvais vêtements le mauvais accent ou d’être… une fille gentille. Mais il y a aussi beaucoup d’élèves rejetés parce qu’ils montrent des aptitudes intellectuelles, un goût pour l’étude, le travail, que certains cadors jugent “un truc de pédale” (expression entendue !).

Anxiété, dépression, décrochage scolaire et pour finir..échec scolaire, finissent par être leur lot et ce, dès le collège, si la discrimination et les intimidations ont commencé à l’école primaire.

Cumulant les “handicaps” de plusieurs profils de bouc émissaire, on n’ose pas imaginer ce qu’il advient, parfois, dans l’école d’aujourd’hui, dans certains “endroits” oubliés par la République, des filles intellos, lectrices, soucieuses de bien faire, timides, anxieuses mais aussi en surpoids, n’ayant pas le bon profil ethnique ou religieux et n’ayant, pour faire valoir auprès de l’établissement et de l’institution scolaire, leur droit à la paix, la sécurité, parfois simplement leur droit à l’existence, qu’une mère agent d’entretien qui parle mal le français…

Une réforme qui annonce le pire

Avec la réforme actuelle et l’aspiration par le bas, la fin de l’ambition, on peut prévoir un avenir sombre à ces petits élèves qui ont faim de savoir et ne se résignent pas à chercher des “nourritures” dans les dialogues de la télé-réalité. L’institution ne parvient pas même à leur faire retrouver le sourire en leur infligeant des Enseignements pratiques interdiciplinaires (EPI) sur le régime de Madame Bovary ou la mort de Claude François : c’est dire si le mal est profond.

Les petits grammairiens, les petits latinistes, les petits collectionneurs de noms de dinosaures, les petits joueurs d’échecs : potentiellement presque tout le monde, si l’on ne s’employait pas à écrêter les aspirations à l’élévation…les départs de lumière.

Peut-être pourrait-on concevoir une école qui protège toutes les intelligences et tous les talents du massacre ? Après tout dans l’expression “lieu de vie” chère aux réformateurs il y a tout de même le mot “vie” qui peut ménager une petite place à la vie de l’esprit ?

 

 

 

 

 

 

 

Published by Un Sage
1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 13:26

Citoyens du pays Rochois pouvez vous "dormir en paix" ?
 
Dans le Dauphiné Libéré du lundi 7 mars (j'ai parfois de bonnes lectures) un article intitulé:
"Une police municipale multitâches quoiqu'un effectif réduit"
(Il y a bien de quoi nous interpeller!!)

 
Dans cet article qui n'est pas à l'honneur de la Municipalité, qui mérite un carton rouge sur ce sujet,on apprend que notre police municipale ne comprend que trois policiers à plein temps dont une cheffe (qui doit être débordée de travail) et un ASVP (Agent de surveillance de la voie publique) à mi-temps, chargée de la surveillance des "zones bleues", un agent technique détachée à cette fonction par le maire.

Avec cet effectif réduit à la peau de chagrin nous sommes bien loin de la "norme" indiquée par ce canard (qui n'est pas du tout "enchaîné") qui est de un pour 1.500 habitants. L'agglomération Rochoise étant d'environ 12.000 âmes , (si mes connaissances en calcul mental ne sont pas encore trop érodées par l'âge) il nous faudrait environ 8 policiers pour être bien gardés!!

Les trois policiers,la cheffe à gauche  et l'ASVP à droite
(Photo Dauphiné libéré)
L'ancien maire prétendait ,lui, que son budget ne pouvait pas en recruter plus et qu'ils étaient assujettis aux 35 heures, que les heures supplémentaires, surtout la nuit étant ruineuses !!
Le nouveau doit tenir le même raisonnement!!
Pourtant il ne faut pas sortir de polytechnique ou de l'ENA ,et avoir le salaire du PDG de LVMH pour être capable de coller des P.V aux automobilistes et aux piétons en infraction ou patrouiller un peu la nuit pour dissuader les malfrats de voler , taguer les murs ou souiller la chaussée.

 

Le lycée "la Ste Famille" et le collège "Les Allobroges" forment des "Agents de sécurité" aux frais "des couillons" de contribuables Français . Après l'obtention de leur "peau d'âne" ceux-ci seraient plus attirés par la Suisse qui leur offre des salaires plus confortables.
Contrairement à la population,les malfrats en tous genres (voleurs ,tagueurs, incivilisés ) peuvent se rassurer ils ont encore de beaux jours devant eux !!

 
 

 

Published by Un Sage
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 18:37
A 8h30, sur France Inter, vous êtes présumé coupable
Le massacre des innocents
Régis de Castelnau
est avocat.

J’ai entendu il y a quelques années dans un spectacle une réplique de Madeleine Proust, qui m’avait frappé par sa pertinence. Le personnage créé par Laurence Sémonin artiste franc-comtoise nous disait : « Il vaut mieux mourir le soir que le matin, parce qu’on n’en apprend tous les jours ». J’y ai repensé, hier, en écoutant l’émission de Patrick Cohen sur France Inter à 8h30. Sur le thème « la présidentielles et les affaires »

Patrick Cohen

Patrick Cohen recevaient deux cadors de la profession de journaliste–enquêteurs–chroniqueurs juridiques et judiciaires etc. Laurent Valdiguié rédacteur en chef au JDD, et Matthieu Aron, directeur adjoint de la rédaction de l’Obs. Du beau linge, ayant longtemps officié sur le terrain des affaires judiciaires.

Les Droits de l’Homme c’était mieux avant!!

Ayant commencé mes études de droit il y a 49 ans, et les ayant poursuivies tout au long de ma carrière, d’avocat et d’enseignant, je pensais être au point. Eh bien pas du tout, j’ai constaté que tout était à refaire en écoutant Matthieu Aron :

« Je vais dire une chose qui va choquer. On parle beaucoup de présomption d’innocence et c’est bien entendu quelque chose qu’on va tous respecter. [Mais] il faut quand même arrêter un instant. Quand un juge d’instruction met en examen une personne, ça s’appelle une présomption de culpabilité, ça signifie qu’un juge à un moment donné… »

– Patrick Cohen (lui coupe la parole pour poser une question) : « vous voulez dire pour l’opinion ? »

– Matthieu Aron riposte : « non, non, pas pour l’opinion, pour le droit ! »

Eh bien dites donc, moi qui pensais que le principe de la présomption d’innocence prévue par tous les systèmes judiciaires des pays civilisés, inscrite dans toutes les Déclarations des Droits de l’Homme, de la Française à l’Universelle en passant par la Convention européenne, j’avais tout faux. Je croyais naïvement que depuis le Droit Romain, la personne poursuivie était réputée innocente jusqu’à ce qu’une décision judiciaire définitive rendue par un juge impartial, prononce sa culpabilité. Que la preuve de celle-ci était à la seule charge de l’accusation, que le doute profitait à l’accusé. Je croyais que la MEE comme on l’appelle dans le jargon professionnel était destinée en fait à protéger la personne poursuivie en lui permettant d’intervenir avec ses avocats dans un débat contradictoire et loyal permettant d’élaborer une vérité judiciaire, appréciée au final par le juge du fond. Seul moyen de prendre une décision légitime revêtue de l’autorité de la chose jugée au nom du peuple français.

Les nouveaux-maîtres: les journalistes du service public

Eh bien j’avais tout faux. En France, les nouveaux maîtres, c’est-à-dire les journalistes qui officient sur le service public vous expliquent que la mise en examen vaut déclaration de présomption de culpabilité. Que postérieurement à celle-ci, il appartient au présumé coupable d’apporter la preuve de son innocence. Et qu’il est donc inutile pour les juges d’instruction d’instruire à charge ou à décharge, ce que d’ailleurs ils ne faisaient déjà plus guère au Pôle financier.

Comment un barbarisme juridique aussi infect peut-il être prononcé par un journaliste aguerri sur un média du service public à une heure de grande écoute, sans que Patrick Cohen ne réagisse, pas plus que Laurent Valdiguié. Ignorance crasse qui en dirait long sur leur niveau ou volonté délibérée dans l’ivresse du lynchage médiatico-judiciaire de François Fillon, de continuer à raconter n’importe quoi ? D’ailleurs, Patrick Cohen, à qui il ne reste pas la moindre nanoparticule de conscience professionnelle revendique le barbarisme totalitaire.

Malheureusement, les deux choses se combinent, le trio déplorable de ce matin, tout à sa propagande sans frein pour l’avènement de Macron, rejoint Edwy Plenel qui avait lui aussi inventé un nouveau concept juridique, celui « d’innocent–coupable » pour qualifier Éric Woerth innocenté par le juge du fond à Bordeaux.

Ces gens-là sont devenus fous.

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 10:50

LE PETIT CHAPERON ROUGE

Charles Perrault

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un conte pour les p'tits illustré pour les grands

Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge. Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre Village. En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un Loup, lui dit : Je vais voir ma Mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma Mère lui envoie. Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le Loup. Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du Village. Eh bien, dit le Loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la Mère-grand ; il heurte : Toc, toc. Qui est là ? C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le Loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. La bonne Mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé. Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la Mère-grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc. Qui est là ? Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du Loup eut peur d’abord, mais croyant que sa Mère-grand était enrhumée, répondit : C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Le Loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ? C’est pour mieux t’embrasser, ma fille. Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes ? C’est pour mieux courir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ? C’est pour mieux écouter, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux ? C’est pour mieux voir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents. C’est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea.

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 09:35
Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs
Jean-Paul Brighelli
enseignant et essayiste français

Mazarin président !

Bruno Le Roux déchu

Les solides élans de vertu de la France contemporaine me sidèrent un peu. On veut, paraît-il, des hommes politiques intègres. Curieux discours, qui met en avant certaines qualités qui ne sont pas essentiellement politiques, mais morales. Mais qu’est-ce que la morale a à faire avec la politique ? Relisez Machiavel, relisez Gabriel Naudé, puis posez-vous la question : qu’est-ce qui est prioritaire, en politique ? Celui qui a acheté le veston, ou les qualités de l’homme à l’intérieur du veston ? Je ne doute pas que le Canard enchaîné, qui dispose manifestement d’un dossier très complet tombé du ciel, ait encore sous le coude la facture insensée du fournisseur des caleçons de Fillon — il a eu jadis celle des chaussettes cardinalices de Balladur. Et alors ? On distille des sous-entendus sur les mœurs de tel autre — mais qu’en avez-vous à faire ? On sort des histoires sur le chauffeur de l’un et le garde du corps de l’autre — et puis ?
Plutôt que d’exiger un politique « propre » — une exigence portée par nombre d’électeurs qui ne le sont guère —, je préférerais que l’on exigeât (c’est chouette, l’imparfait du subjonctif, ça vous fait immédiatement passer pour un réactionnaire aux yeux des imbéciles) des hommes politiques compétents — prioritairement. Des hommes d’Etat, y compris de sexe féminin, à l’aventure.
Mais ça, évidemment, c’est plus rare. Chez les politiques comme chez leurs électeurs

Mazarin
J’ai un peu travaillé sur le XVIIème siècle, particulièrement sur les années 1648-1658, autour de la Fronde et de la Guerre de Trente ans. Et j’en ai tiré une grande admiration pour les politiques de l’époque — Retz, conspirateur-né qui avait distribué des dizaines de milliers d’écus d’aumônes pour soulever le peuple des gueux, Condé, « né capitaine », qui n’hésita jamais à trahir son royal cousin et à diriger contre lui les armées de l’ennemi espagnol, et surtout Mazarin, qui sut résister à la Fronde, et signer les traités de Westphalie et la Paix des Pyrénées. C’est lui, juste derrière Louis XIV dont il contrôle l’embrassade avec son homologue espagnol, Philippe IV.

Mettons les événements en balance. Mazarin était d’une origine obscure, il n’avait pas un sou vaillant quand il arriva à Rome, il coucha avec qui il fallait — hommes et femmes, disent les pamphlétaires de l’époque —, il fit même semblant d’entrer dans les ordres (tout en s’en gardant bien, lui qui avait des choses de la religion une vision essentiellement utilitaire, ce qui lui permit d’être nommé cardinal à 39 ans, et peut-être après d’épouser la Reine de France, Anne d’Autriche), il s’affecta à lui-même les revenus de 21 des plus grosses abbayes de France, et mourut en laissant une énorme fortune (il était probablement l’homme le plus riche de France, peut-être d’Europe) acquise par des procédés absolument délictueux, même selon les normes de l’époque. Et alors

Entrevue Louis XIV -Philippe IV
Il avait acquis à la France les Trois évêchés (Metz, Toul, Verdun), Sedan et toute la Haute-Alsace, sans compter des villes éparses dans l’Est et dans le Piémont. Et aussi l’Artois, Gravelines, Thionville, tout le Roussillon (l’Espagne jusque là s’étendait au-delà de la forteresse de Salses, qui se situe à 30 kilomètres au nord de Perpignan), le Vallespir, le Conflent et le Capcir — et tout l’est de la Cerdagne. Désormais, c’étaient les Pyrénées qui formeraient la frontière. Il avait marié son filleul Louis XIV à sa cousine germaine Marie-Thérèse, et avait exigé une dot si considérable que l’Espagne ne put jamais la fournir, ce qui permit plus tard à Louis XIV d’installer un Bourbon sur le trône à Madrid — ils y sont encore. Et à part l’intermède napoléonien, nous n’avons plus jamais eu de guerre avec l’Espagne, ce qui n’est pas rien quand on pense que cela faisait plus d’un siècle que nous nous entre-tuions sur tous les champs de bataille européens. Ah oui, et il a légué Turenne et Colbert au roi, qui en fit grand usage. Parce qu’en plus, il savait s’entourer de gens compétents — et pas de sous-fifres anxieux d’être élus ou réélus.

Chef d’un pays catholique, il sut s’associer aux puritains de Cromwell pour écraser Condé passé à l’ennemi, à la bataille des Dunes. Mais il poussa le roi à se réconcilier avec ledit Condé, qui lui gagna par la suite un petit paquet de batailles. Et il salua la restauration de Charles II en Angleterre — contre les puritains alliés de la veille. On n’avait pas encore inventé le mot de Real Politik, mais l’idée était déjà là.
Et se sentant mourir, il eut l’habileté suprême de faire semblant de léguer son immense fortune au roi, qui fort obligeamment refusa le cadeau, car il ne sied guère à un souverain de devoir son aisance à un particulier. Dumas a tout raconté en détail dans le Vicomte de Bragelonne. Du coup, cela lui permit de doter très richement ses nièces, qui n’étaient pas non plus des premiers prix de vertu. La belle affaire

Bref, un type très faisandé, et le plus grand Premier ministre que nous eûmes jamais — si grand que Louis XIV, à sa mort, renonça à le remplacer.
Voilà un homme politique selon mon cœur. Doué, intrigant, parti d’en bas et arrivé en haut, promettant tout sans jamais tenir, amateur d’arts et de musique — c’est grâce à lui que l’opéra est entré en France. Attaqué comme jamais homme politique d’aujourd’hui ne le fut (on compte près de 5000 « Mazarinades », ces terrifiants pamphlets écrits contre lui et l’accusant de tous les péchés capitaux), et survivant toujours. Italien de surcroît — Giulio Mazarini, un immigré ! —, mais éminemment français : imaginez un Algérien dans la même situation, et vous aurez une idée de ce que l’on pensait et disait de lui, y compris le fait qu’il aurait eu le « vice italien », qui était puni de mort à l’époque. Il a même eu l’idée de faire élever Philippe, le frère cadet du roi, selon des mœurs assez peu viriles, afin qu’il n’ait jamais l’idée de comploter contre son frère, comme l’avait fait Gaston contre Louis XIII. Tout en le mariant quand même à la sœur du roi d’Angleterre, pour préserver l’avenir.
Bref, une ordure d’un immense talent. Sans lui, le Rivesaltes et le Maury seraient des vins espagnols. Un désastre

Evidemment, tout cela se passait à une époque où la France dominait l’Europe. Maintenant que nous sommes un renvoi en bas de page de l’historiographie allemande, nous nous soucions plus de morale que de grandeur —c’est tout ce que l’on nous laisse.

Que la présente campagne présidentielle se consacre depuis deux mois à l’exposé de vétilles en dit long sur la façon dont la société du spectacle camoufle le politique sous des falbalas, et d’acteurs que nous fûmes (le passé simple aussi fait de moi un homme de droite) nous transforme en marchandises. Parce c’est de politique qu’il s’agit — et personne n’en parle. On frappe sur des casseroles, on s’invective sur des frais de transport (ça avait commencé il y a vingt ans à propos des « frais de bouche » de Chirac à l’Hôtel de ville de Paris), on met en examen pour des broutilles — alors qu’on devrait inculper tous ceux qui ont miné la France depuis trente ans, par exemple dans l’Education nationale — et qui persistent et signent.
Allez, votez en fonction des programmes, en fonction de capacités réelles des candidats, en fonction de vos convictions politiques. Sinon la prochaine fois je vous raconte la vie de l’abbé Dubois — dont on fait les pipes.

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Un ancien maire Monsieur Jean Morin m'avait dit un jour
"On ne fait pas de la politique avec des enfants de choeur"
(Comme il avait raison)

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 16:13
Et «Mimi» relooka les Macron
Comment la nouvelle star a été fabriquée
Benoît Rayski
Journaliste et essayiste

Ceci n’est pas un article politique. C’est du people. Du pur. Du vrai. Du people de chez people. Car c’est dans cette rubrique où le glamour épouse le sex-appeal qu’on peut le mieux cerner les envoûtantes personnalités d’Emmanuel et de Brigitte. Et pour cela, il faut se tourner vers les Saintes Écritures. Nous avons nommé Vanity Fair.

Sous les sunlights de Brigitte

Ce magazine aime les sunlights, les projecteurs qui illuminent, les spots qui éblouissent. Et ce qu’il dit d’Emmanuel Macron tient en quelques mots : « A star is born ». Mais une star, ça se fabrique. Voici donc comment, selon Vanity Fair, a été fabriqué Emmanuel Macron.

Au commencement était un richissime personnage du nom de Xavier Niel, propriétaire de Free et copropriétaire du Monde. Un proche ami du couple. Brigitte n’hésita donc pas à lui confier qu’elle et son mari souffraient des rumeurs qui couraient sur l’homosexualité supposée d’Emmanuel. Xavier lui répondit immédiatement : « Il faut que tu te montres avec lui, que vous vous affichiez ensemble, que tu te colles contre lui ». Et il les mit en contact avec « Mimi ». Ah, vous ne connaissez pas « Mimi » ? Vous êtes des ploucs, des gueux, des ringards, des has been !

« Mimi », de son vrai nom Michèle Marchand, règne sur Paris. La fabrique des stars, des peoples, des grands de ce monde, c’est elle. C’est elle qui dira à une actrice un peu oubliée si elle doit, pour Paris Match, montrer un bout de sein, un sein, deux seins… C’est elle qui décidera – quand le cas sera jugé grave – si la délaissée des médias doit, pour retrouver l’amour du public, poser nue pour une couverture de Lui.

“Mimi” fricota…

C’est elle, toujours, qui dira comment se maquiller, se coiffer, s’habiller. Et c’est elle encore qui, en fonction de la cible choisie, décidera de l’apparence nécessaire de ses clients et clientes. Pour les femmes : paroissiennes virginales, bien élevées, genre BCBG Manif Pour Tous ou salopes provocantes, genre je suis de gauche et je montre tout. Pour les hommes : sérieux, séducteurs, futurs époux plutôt que possibles amants, façon Georges Clooney ou jeunes traders relax, voitures décapotables, abonnés à Roland Garros.

Le coup de maître de « Mimi » fût il y a quelques mois une couverture de Paris Match avec Brigitte en maillot de bain hawaïen et Emmanuel en polo et short de bain. La suite fût élaborée avec une minutie d’horlogerie. Celle qu’il faut pour lancer un produit enviable et désirable. S’agissant d’Emmanuel, finis les costumes sombres qui auraient pu le rapprocher de deux sinistres notaires de province, Benoit Hamon et François Fillon. Une décontraction parfaitement contrôlée : polos, chemises ouvertes, cheveux ébouriffés. Concernant Brigitte, le grand jeu, afin d’effacer la différence d’âge qui la sépare du bel Emmanuel. Des jupes courtes, très courtes (« Montre tes jambes » lui a dit « Mimi »), un perfecto – le cuir, c’est sexy – des petits hauts moulants.

Tel est le programme pour lequel vous devez voter. Le cœur de cible, ce sont quand même les ménagères de plus de cinquante ans. Elles ont été conquises. Ces dames sont toutes allées chez le coiffeur et ont toutes acheté un perfecto. Vous pouvez les croiser dans la rue. Le regard gourmand, elles guettent leurs proies. Des sosies d’Emmanuel Macron. Car lui, le prince charmant, est hélas inaccessible. Il tient à sa Brigitte. Et depuis qu’elle porte des jupes courtes, il est comme fou…

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Qui seront les dindons de la farce!!

Mais ce nouveau messie, tout fringuant, d'une nouvelle génération qui veut guérir la France de tous ses maux semble bien maintenant englué à la tête d'un parti "En marche titubante" ,une auberge espagnole attrape-tout bien disparate avec comme principal allié "Bayrou la girouette" qui à négocié pour lui un régime spécial pour ses députés (ceux-ci gardant la bannière du Modem) et les autres qui vont des communistes au centriste, à la droite chiraquienne qui vomit Fillon, aux socialistes qui rejettent le frondeur Hamon et aux homos qui tous devront adopter en rechignant le sigle "La majorité présidentielle", une gageure!!

De plus tout ce petit monde n'incarne pas le renouveau annoncé étant tous  de vieux briscards de la politique y compris manuel Valls qui vient de lui porter  allégeance ("embarrassante d'après lui"), en reniant sa parole.

Beaucoup d'électeurs qui ont apporté leur soutien à ce candidat du "renouveau" soi-disant "apolitique" au début de sa campagne se trouvent maintenant complètement déboussolés par ce bric-à-brac à tendance majoritaire socialiste, sa famille d'origine à la solde de Hollande,dont il sera l'otage

Ils ont adhéré non pas parce qu'ils étaient pour lui mais contre certains sans conviction et seront les dindons de la farce.

 

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