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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 16:00

Macron, le président du monde

par

Roland Hureaux

Appuyé par une oligarchie, Emmanuel Macron s’est jeté dans l’idéologie. Et elle est tout sauf nationale…


La fulgurante ascension d’Emmanuel Macron, énarque de 38 ans passé en quelques semaines du rang de ministre socialiste à celui de chef de l’Etat a défié tout ce qu’on croyait être les usages établis. Court-circuités les passages tenus jusque-là pour obligés du cursus honorum : élu local, député ou sénateur, président de commission. A peine a-t-il été, par le choix de Hollande, quelques mois ministre, un ministre assez classique au demeurant.

S’il est une leçon à tirer d’un tel parcours, c’est que pour arriver aux plus hauts sommets de l’Etat, il vaut mieux s’appuyer sur la classe dirigeante que sur le peuple, comme ont tenté de le faire, chacun à sa manière, Le Pen et Mélenchon. En France, n’est pas Trump qui veut.

L’empereur des grands

Macron ne s’est pas risqué dans cette entreprise sans s’être assuré du soutien de presque tout ce qui dirige la France, voire le monde. Son premier dîner de levée de fonds à Londres, fin 2016, était présidé par un associé de Goldman Sachs. Parmi ses soutiens, les principales fortunes françaises et les étoiles des médias. Bref, la classe dirigeante, la vraie : les grandes fortunes, de préférence immatérielles (mode, numérique, banque), s’affichant de gauche, ou en tous les cas donnant à la gauche des gages et contrôlant un ou plusieurs médias ; pas ces ploucs de patrons de PME encartés à LR ! C’est en s’appuyant sur l’oligarchie internationale et nationale (dans quel ordre faut-il les mettre ?) qu’il a réussi son coup. Comme dit Gilles-William Goldnadel : « Bravo l’artiste ! »

Les marxistes n’en seront bien évidemment pas étonnés. Sinon qu’ils auront à se pencher sur un cas sans doute extrême de ce qu’ils appelaient l’aliénation : l’emballement d’une partie de la gauche pour le candidat de l’oligarchie, au motif qu’il se présente comme « nouveau », voire « ni de gauche ni de droite ».

N’est-ce pas en cela que Macron rejoint Bonaparte ? Au 18 brumaire, le jeune général corse était le champion de tout ce qui avait profité de la Révolution et voulait consolider ses acquis, contre les forces populaires qui auraient pu les remettre en cause. Et la politique qu’il mena (stabilisation de la monnaie, création de la Banque de France, Code civil, Code pénal) fut d’abord au service de la bourgeoisie émergente et de l’aristocratie ralliée.

D’autres l’ont imité : Louis-Philippe, Napoléon III, Thiers, Pétain, Chirac accédèrent aussi au pouvoir suprême en s’appuyant sur les classes dirigeantes. Mais ils ne se réclamaient pas, comme Macron, de la gauche ! A la rigueur peut-on inscrire dans la même série le De Gaulle de 1958 – pas celui de 1940 -, même si les hommes d’argent ne l’acceptèrent jamais vraiment.

François Mitterrand, lui, joua un jeu plus subtil : formellement élu de l’Union de la gauche et donc des classes populaires, appuyé sur le Parti communiste, il n’en avait pas moins dans sa manche la plupart des grandes fortunes françaises, les Bettencourt, les Seydoux, les Riboud, Marcel Dassault lui-même ou des hommes d’influence : Ambroise Roux, Robert Hersant qui tous figuraient parmi ses proches. A l’échelon international, il était discrètement soutenu par Reagan.

Malgré quelques appuis ponctuels et un programme très avantageux pour eux, François Fillon, n’a pas vraiment réussi à séduire les hommes de l’oligarchie.

Bonaparte, lui, a su faire passer le bon sens avant l’idéologie

La puissance politique des grandes fortunes s’est accrue du fait de la mondialisation qui leur assure un contrôle presque total de la trame serrée des réseaux de pouvoir à l‘échelle internationale. Qu’un Donald Trump soit passé au travers des mailles du filet en s’appuyant, au moins en partie, sur le peuple américain contre l’oligarchie, explique ses difficultés actuelles : des pans entiers de l’ »establishment » ne lui pardonnent pas ce qu’ils tiennent pour une usurpation.

Il ne faudrait cependant pas pousser trop loin la comparaison avec Bonaparte. La fougue, la jeunesse, une certaine audace, oui. Mais le génie de Bonaparte – hors de ses aventures militaires dont la responsabilité est débattue -, fut d’avoir été un homme d’un bon sens supérieur. Les institutions fortes qu’il mit en place rapidement, en sus de la Banque de France et du nouvel ordre juridique, déjà cités : les préfets, les lycées, l’Université, étaient marqués du coin de la raison et du sens des réalités. Comme tous les vrais chefs, Bonaparte sut faire prévaloir le bon sens sur les idéologies, qu’elles aient été jacobine ou réactionnaire.

Renier ceux qui l’ont porté

Emmanuel Macron, au contraire, a, au long de sa campagne, enfourché tous les poncifs de l’idéologie technocratique et mondialiste, la même qui provoque depuis des années l’exaspération des Français : Europe supranationale, libéralisation à tout va, ouverture à l’immigration, lutte obsessionnelle contre les discriminations, remise en cause du cadre communal et départemental, etc. Il ne réussira que s’il se décide à aller à l’encontre de tout ce que l’a porté pendant la campagne : on doute déjà qu’il en ait l’audace.

Cette différence est à l’image de la manière dont les classes dominantes ont évolué : au XIXe siècle elles étaient certes libérales mais sans dogmatisme, attachées à l’héritage de la Révolution mais sans rupture avec la tradition et sans utopie, à la fois patriotes et   pragmatiques. La bourgeoisie d’alors était nationale ; celle d’aujourd’hui est transnationale, tournant souvent le dos à la France au bénéfice du grand large : le libre-échange mondial, l’Europe. La bourgeoisie d’aujourd’hui est devenue idéologue, le carcan de l’idéologie lui permettant de mieux affirmer sa domination sur les populations, notamment pas des médias devenus monocolores, mais ses représentants attitrés, Macron pourrait en être assez vite un exemple, n’échappent pas au discrédit qui frappent toutes les idéologies et au rejet populaire qui s’ensuit, d’autant que c’est dans l’espace national que se fonde encore la légitimité.

Il vaut mieux s’appuyer sur l’oligarchie pour accéder au pouvoir, mais il faut savoir le jour venu se débarrasser des idéologies et donner des gages au peuple, dans le cadre national, sinon l’illusion se dissipe vite.

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 18:50
Ecole: que Michel Lussault soit rassuré, les pédagos sont toujours là…
par
Jennifer Cagole

Jeune prof en formation, Jennifer Cagole , chaperonnée par Jean-Paul Brighelli , nous fait vivre de l’intérieur ses débuts au sein d’une Education nationale encore marquée par l’héritage de Michel Lussault et Najat Vallaud-Belkacem.


La grammaire, c’est mal : d’ailleurs, les programmes l’ont soigneusement étalée sur les quatre ans de collège. Désormais, c’est en Cinquième qu’on est censé repérer les verbes de la phrase (qu’est-ce qu’ils ont fichu exactement en Primaire ?). Et en Quatrième on se « propose de commencer par l’étude d’un élément essentiel de la phrase : le verbe ». Sic! Afin de « comprendre la cohérence textuelle et l’énonciation ». Re-sic ! Je mets les liens sinon personne ne me croira. Reprendre sans cesse la même chose ; c’est ça sans doute, la « progression spiralaire » dont se gargarisent les programmes Najat , toujours valides en cette rentrée 2017. Personnellement, quand je tourne « en spirale » autour d’un rond-point, c’est que je suis perdue,  et que je vais m’écraser bientôt.

Faire de la grammaire pour elle-même ,la « grammaire de phrase », opposée à la « grammaire de texte » qui a la faveur des pédagos et des crétins diplômés — c’est l’horreur.

Et en Sixième, me demanderez-vous ? Eh bien mon tuteur m’a recommandé de commencer par l’étude… du verbe. « Toujours lui ! Lui partout ! » comme disait Hugo. Au commencement était le verbe, et à l’arrivée aussi. Pour le groupe nominal, on verra plus tard. Donc, dans la phrase « le chien a mordu l’inspecteur », ce qui compte, c’est « a mordu »… T’as rien compris, Jenny ! D’abord, « Mordre » est un verbe du troisième groupe, c’est pour plus tard, beaucoup plus tard. Et le passé composé suppose que l’on maîtrise « avoir » ou « être » selon les cas. Mais ils ne sont pas supposés maîtriser les auxiliaires, en Sixième.

Être et avoir

Seul le verbe importe, parce que si vous changez de verbe, vous changez la phrase. Ah bon. « Le petit garçon est méchant » / « Le petit garçon est une fille ». Toujours le même verbe, donc toujours le même sens, si l’on part du principe surréaliste qu’ils savent tous que « est » est le verbe être. Et que « il a » ne s’écrit pas « il la », ni « ilà », ni « il l’a », ni « i la » — variante « y la ». Toutes trouvailles de mon premier paquet de copies.
Ben voilà, t’as tout compris Jenni ! Quel jet d’ail que tu t’es pas pris !

Pourtant… Je me souviens d’avoir vu , je devais avoir dix ans ,un excellent documentaire intitulé justement Etre et avoir où un instituteur émérite, Georges Lopez (JPB, qui lit sur mon épaule, me souffle qu’il a participé à un débat avec lui, et que c’est vraiment un enseignant remarquable) apprend les fondamentaux de la grammaire et de la langue à sa classe unique, de la Maternelle au CM2, quelque part dans le Massif Central.

Mais ça, c’était avant : le film remonte à 2002, a été couvert de prix et de distinctions, mais désormais, c’est le Mal. Dans les Bouches-du-Rhône, « être et avoir », c’est plus tard. Beaucoup plus tard. Aux calendes phocéennes. Surtout au passé simple, ce temps bourgeois. Pourquoi pas à l’imparfait du subjonctif, alors, ce mode lepéniste ?
Que pour moitié au moins mes élèves sachent conjuguer correctement les auxiliaires (parce qu’enfin, il y a encore des instits qui font leur boulot), ce n’est pas le problème, ce n’est pas le programme. C’est ce que pense mon tuteur, qui tient absolument à être dans les clous de l’IPR de secteur, qui fait des siennes depuis des années , même que certains profs s’en sont émus.

Une école, déséducation nationale

En 2013 déjà, un stagiaire notait, au sortir d’une réunion pédagogique : « La chargée de mission du rectorat (elle a pris du galon, depuis quatre ans, en reconnaissance de ses compétences) s’est empressée de nous expliquer qu’il ne s’agissait en aucun cas de la leçon de grammaire telle qu’elle se faisait en des temps anciens. Non, c’est une leçon qui repose sur l’observation et la manipulation. En effet, avec « Et si on était des grammairiens » ,la dénomination officielle de cette fabuleuse méthode , les élèves sont acteurs de leur apprentissage. Ils nomment eux mêmes les différents composants de la phrase. L’exemple nous a été donné pour la reconnaissance des verbes conjugués, les mots subordonnants avaient été nommés par les élèves: « machin », « truc », « bidule »… Cette dénomination commune étant adoptée, il est nécessaire pour le professeur de conserver la même dénomination jusqu’à la fin de l’année. De plus, avec cette méthode, dans la mesure où les élèves manipulent la langue, il n’est pas nécessaire qu’ils apprennent par cœur : « cela ne sert à rien et d’ailleurs cela n’a jamais fonctionné ». » Ben voyons.

Et c’est de cette pédagogue au-dessus de tout soupçon, comme disait jadis Elio Petri à propos d’un flic criminel, que dépend, in fine, ma titularisation…

Ma foi, depuis 2013 (vous vous souvenez ? Le ministre, c’était Peillon et l’école était en pleine « refondation »), rien n’a changé. À quoi ça sert que Blanquer, il se décarcasse ?
J’ai bien tenté de faire cours selon les bonnes intentions du ministre. Que n’avais-je pas fait ! Mon tuteur est venu assister à une « séance » (« cours », c’est ringard, ça pue la blouse grise), et il s’est fendu d’une longue diatribe de deux pages, écrite dans un français approximatif (j’ai utilisé le mot « symbolise » « sans m’assurer que les élèves en maîtrise — sic , le sens ») et pleine d’agressions gratuites (il me reproche par exemple de ne pas avoir lu le texte étudié moi-même, ce que j’avais fait dans la première heure de cours, mais évidemment, il n’avait pas le temps de venir deux heures, donc il a pensé qu’en son absence, il ne s’était rien passé) et d’erreurs manifestes : ainsi, il n’a pas vu que j’avais écrit au tableau ce qu’il me reproche de ne pas avoir écrit. 
Par exemple un « ô » vocatif , que mes élèves ont d’ailleurs correctement réemployé à l’écrit pour la plupart, mais va faire comprendre à un observateur passé en coup de vent qu’un cours se prolonge parfois à la maison, en ré-appropriation de ce qui a été fait en classe… Ah oui , « aucune présentation de la progression annuelle » , du coup, il exige que je passe mon week-end à prévoir la totalité des « séquences » sur un an : que je pense tenir compte des acquis successifs, des manques, des redites nécessaires, et de mes erreurs, ça n’existe pas pour lui : il faut décrire le parcours et s’y tenir aveuglément.

C’est ça, la pédagogie ? Ce ne serait pas plutôt de l’idéologie, au sens que Hannah Arendt donne au mot – « est idéologie ce qui n’a aucun point de contact avec la réalité » ?
Ce qui me choque le plus, c’est cette haine de la grammaire. À moins qu’ils ne tiennent compte, à l’ESPE, du niveau des stagiaires, formés eux-mêmes dans leur enfance et leur adolescence sans cours réels de grammaire, puisqu’à vingt-cinq ans (en moyenne), ils appartiennent tous à cette génération Jospin qui a construit ses savoirs toute seule… Mais moi, le constructivisme, ce n’est pas ma tasse de thé. Je cherche juste à apprendre quelque chose à mes loupiots — sans les lasser, et en tenant compte des disparités de niveaux. C’est mal, je le sais…
Si ça continue comme ça, si je persiste à vouloir transmettre des savoirs, je sens bien que je ne serai pas prof à la fin de l’année. Virée, la Cagole ! Déjà on me conseille de feinter, de ruser, de faire semblant de marcher dans leurs clous , et en attendant, je saborde les deux classes qui m’ont été confiées ? Ça se passe assez bien, j’ai le contact, ils travaillent volontiers , mais pas selon les diktats de l’Institution et de ses sbires. Blanquer, au secours, ils sont devenus fous !

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Dernière nouvelle
Le chef su conseil supérieur des programmes scolaires (CSP), Michel Lussault ,un proche de l'ancienne ministre Belkacem nommé par celle-ci à ce poste ,en conflit avec le ministre Blanquer, après une violente passe d'armes avec celui-ci, démissionne;
Il accuse Blanquer d'accumuler les annonces contradictoires et de vouloir détricoter les réformes précédentes.et de céder "aux bas instincts d'une clientèle politique".
 
 

 

 

 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 18:40

Le Conseil supérieur des programmes doit disparaître

par

Jacques Billard

Michel Lussault est un géographe français, né à Tours le 29 janvier 1960. Il est président du Conseil supérieur des programmes entre septembre  2014 et septembre 2017. 

Bien sûr la démission de Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes, CSP de son petit nom, est une excellente nouvelle. Souhaitons qu’elle soit suivie d’une mise à l’écart dudit CSP en attendant sa dissolution, impossible directement puisqu’institué par la loi de 2013. Loi dite, par antiphrase sans doute, de « refondation » de l’école.

D’abord, il faudrait mettre fin à toutes ces autorités administratives indépendantes. J’ai participé à l’une d’elles. Elles ne sont nullement indépendantes puisque nommées par l’exécutif. Le CSP, lui, est nommé par le ministre de l’Éducation nationale, qui nomme également le président, le vice-président et les dix personnalités estimées qualifiées par ce même ministre, soit douze membres sur les dix-neuf. Mais comme ce conseil est paritaire, 9H + 9F= CSP, la pilule passe bien.

De qui ce Conseil supérieur est-il donc indépendant ? De la représentation nationale, de l’Université bien qu’il s’agisse d’enseignement, et, surtout, de la profession.

Le CSP est le faux-nez du pédagogisme…

Sa mission ? Permettre au ministre de dire : ce n’est pas moi, c’est le CSP. Quant au CSP, il est constitué de façon à pouvoir dire : « Ce n’est pas nous, c’est la science, car nous sommes des experts. » D’où il se confirme, s’il en était besoin, que l’expert n’est jamais là pour approfondir les débats, mais toujours là pour les empêcher. En fait de science, Monsieur le maintenant ex-président Lussault les prend toutes : psychologie cognitive, didactique, sociologie, histoire de l’éducation… sans jamais se demander en quoi elles sont des sciences ni si l’usage qu’on en fait n’est pas idéologique. Car justement, l’idéologie est cette doctrine politique qui réussit à s’imposer par l’autorité des sciences, en ignorant le vrai travail scientifique d’élaboration, de problématisation et, finalement, de doute.

Le CSP est ainsi, tout simplement, le faux nez du pédagogisme, lequel pédagogisme est « l’idiot utile » qui fait le jeu de la déconstruction nationale. Car le pédagogisme, ne nous y trompons pas, présente un aspect généreux (« les enfants heureux à l’école ») qui peut plaire et ainsi masquer le projet peu vendeur de la dissolution de la nation et de la « diversité culturelle ». Instiller dans l’esprit de tout le monde que la France est un pays peu glorieux qui doit se fondre dans une diversité nouvelle qui lui est pourtant contraire ne peut pas se faire sans passer par l’école. Dans cette déconstruction, les programmes scolaires jouent un rôle essentiel. On n’apprend pas l’histoire pour aimer la France, ça c’était la Troisième République, mais pour la dénoncer. On n’apprend pas la géographie pour connaître la France, Troisième République encore, mais pour en montrer la petitesse. Et ainsi de suite.

et donc une bombe à retardement

N’enseigner que les pages noires de l’histoire de France, enseigner qu’il n’y a pas vraiment de France, sauf, naturellement, pour les pages noires, voilà la mission propre du CSP et on comprend pourquoi ce Conseil ne peut être ni indépendant ni non plus transparent. Jargonner de façon à ce que les enseignants soient impressionnés et ne résistent pas et surtout de façon à ce que les parents, ne comprenant rien, ne puissent pas aider leurs enfants, etc.

On a utilisé l’école comme une sorte de bombe à retardement : les parents d’aujourd’hui sont issus de cette école et n’ont aucune idée de ce qu’elle était auparavant et pourrait être de nouveau. Beaucoup d’enseignants, et surtout du primaire, sont également issus de cette école et ne connaissent plus le métier. Voilà qui ne facilitera pas la tâche du ministre, s’il veut remettre le système en marche.

Mais tout n’est pas noir et la démission (dont nous le félicitons) de Michel Lussault est comme un rayon de soleil. Et, pour sourire un peu, ne manquons pas de relever qu’il motive sa démission (dont encore une fois, nous le félicitons) par le fait que l’actuel ministre s’est affiché à la « Une de Causeur » (et aussi de Valeurs Actuelles). M. Lussault se montre ici particulièrement clairvoyant : être en « Une » de Causeur, ce n’est pas rien.

 

 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 18:23

Paris 2024 : oui, le grand oral de la délégation française a coûté 1,5 million d'euros mais...

ADDITION SALÉE - La facture du séjour à Lima de la délégation française pour l'attribution de la ville hôte des JO 2024 s'élève à 1,5 million d'euros. Une information révélée par Mediapart, confirmée à LCI par une source proche de l'équipe Paris 2024. Toutefois, celle-ci ne comprend pas que les frais du voyage mais bien l'ensemble de l'opération.

Le 13 septembre, au Pérou, Paris a été désigné officiellement ville hôte des JO 2024. Le séjour de la délégation française à Lima pour défendre la candidature a coûté plus de 1,5 million d'euros pour six jours, alors que l'attribution était déjà actée après le retrait de Los Angeles. Ramenée à 320 personnes - le nombre maximum autorisé d'individus par le CIO -, la note s'élèverait à... "4.687 euros par tête", a révélé Mediapart mardi. 

Ce montant de 1,5 million d'euros a été confirmé à LCI par une source proche du comité d'organisation de Paris 2024. Néanmoins, si la somme est "correcte", cette source indique que Mediapart a omis le fait qu'elle recouvre toute l'opération, "à savoir le transport et l'hébergement mais aussi la production liée à la présentation devant les membres du CIO, les répétitions, les visites de repérage en amont, les tournages ou encore le programme d'hospitalité". L'ensemble du dispostif,les frais et les préparatifs , a été payé par le Groupe d'intérêt public (GIP) Paris 2024, financé à parts égales par des fonds publics et privés. 

Pour se rendre au Pérou, Mediapart a précisé que la délégation française avait voyagé en deux temps. Une dizaine de membres sont tout d'abord arrivés à Lima le 8 septembre à bord d'un vol régulier Air France. Ils ont été suivis le 11 septembre par le gros des troupes, qui avaient embarqué dans un Boeing spécialement affrété par la compagnie aérienne, partenaire du comité de candidature de Paris 2024. Tous sont rentrés en France le 14 septembre, en utilisant cet appareil. "L'avion comptait 270 places, il en restait 40 de libres, donc bien loin des 320 personnes annoncées", nous assure cette source proche de l'équipe Paris 2024. 

Le jour de la désignation, seulement 60 membres de la délégation étaient accrédités pour le Centre de conférence de Lima. Huit autres étaient chargés de présenter le projet sur scène devant le CIO, dont la maire de Paris Anne Hidalgo, le président du CNOSF Denis Masseglia ou encore le co-président du comité de candidature Tony Estanguet. Les 150 autres personnes ont regardé l'attribution à la télévision. Sur place, les leaders de Paris 2024 ont été logés dans un hôtel au cœur de la capitale péruvienne disposant d'autant d'étoiles que d'anneaux olympiques. L'attribution a, elle, été fêtée dans un restaurant prestigieux. Là-bas, le "menu dégustation" affiché à 100 euros par tête a été écarté au profit d'une soirée dinatoire "moins clinquante", souligne notre source.

Selon cette source, les dépenses ne représentent donc pas un "dérapage budgétaire", puisqu'elles étaient déjà prévues  dans le budget de 60 millions d'euros alors que Paris se battait encore avec Los Angeles. D'ailleurs, à l'issue de l'exercice, le comité de candidature sera excédentaire, nous a-t-on-fait savoir : "L'excédent permettra de financer des opérations sportives", notamment auprès des jeunes. (on veut bien le croire!!)

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:05

les photos de Brigitte Macron sont-elles retouchées ?

Jeudi dernier, la première partie de Complément d’enquête était consacrée à Brigitte Macron. L’émission de France 2 s’est penchée sur les stratégies de communication de la première dame. 

En pleine "Brigittemania", l’émission de France 2, Complément d’enquête, a démarré ce jeudi par un reportage sur la première dame. Au programme : la communication de Brigitte Macron et ses dérives. Une scène en particulier a fait grand bruit. Le directeur de l'agence de presse Abacca, Jean-Michel Psaïla, y explique qu'il a dû longtemps patienter pour recevoir des photos du couple présidentiel français avec Donald et Mélania Trump, présents à Paris en juillet dernier. 

Les images ont été prises par un photographe de l’agence Bestimage, dirigée par Michèle Marchand. Cette dernière, parfois surnommée Mimi Marchand, s'est occupée de la communication des Macron pendant la campagne présidentielle. "On les a attendues, attendues... Ce n'était pas très clair", a expliqué Jean-Michel Psaïla aux équipes de France 2, avant d’ajouter : "Ensuite, l'agence Bestimage, qui travaille avec la première dame, nous a dit clairement : 'Il nous faut le temps de retoucher les images'..."

Pas retouchées mais "validées"

Comme l'a rapporté France Info, Michèle Marchand a assuré que les photos n’ont pas été retouchées, mais "validées" par les deux premières dames. Après avoir reçu les images de Bestimage, Jean-Michel Psaïla s’est aperçu que Brigitte Macron paraissait 10 ans de moins que sur d'autres clichés de photographes. Il a alors refusé les photos de l’agence.

Elle paraît 10 ans de moins!!

"En tant qu'agence de presse, nous sommes les témoins de l'actualité, mais aussi de l'Histoire. Il y a une déontologie à respecter", a-t-il indiqué dans le reportage, en ajoutant : "Si on se mettait à retoucher les images, pourquoi pas celle du président ? On aurait aussi pu ajouter dix centimètres à Nicolas Sarkozy pour qu'il paraisse plus grand... Ça ne se fait pas !". 

 

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:00

Florent Pagny : son exil fiscal fait même réagir Bruno Le Maire

Florent Pagny a annoncé dans Le Parisien qu’il partait dans le sud-ouest de l’Europe pour "des raisons fiscales". Taclé sur internet, le chanteur a aussi reçu un petit message de la part du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Exilé fiscal. Florent Pagny a l’intention de partir s’installer dans le sud-ouest de l’Europe. Les raisons de ce déménagement ? Des "raisons fiscales", a admis le chanteur sans ambages, dans Le Parisien. Il va plus précisément aller poser ses valises au Portugal.

Cette décision qui n'est pasi llégales est très loin de faire l’humanité. Sur Twitter, bon nombre d’internautes se sont montrés très critiques envers celui qui officie sur The Voice sur TF1.

Florent Pagny a justifié de son côté sa décision en expliquant qu’au Portugal, il n’avait pas "d'impôt sur la succession, pas d'impôt sur la fortune et surtout pas d'impôt sur les royalties pendant dix ans".

Des réactions jusqu’au gouvernement

L’annonce de Florent Pagny n’est pas passée inaperçue, même au sein du gouvernement. Après l’interview du chanteur, le ministre de l’Economie lui-même, Bruno Le Maire a réagi. Il a imploré l’interprète de rester en France. "[J’invite] Florent Pagny à rester en France, nous avons besoin de tous les talents. Nous avons un projet de loi de finances pour 2018 qui vise justement à ce que tous ceux qui créent en France, qui créent des richesses, qui créent des emplois également, puissent être incités à rester", a déclaré le ministre à l’AFP, comme le rapporte Europe 1.  Pas sûr que cela suffise à convaincre.!!!

Il n'est pas la seule des stars françaises à foutre le camp pour une question de "pognon'!!

Gérard Depardieu

Le départ de Gérard Depardieu a certainement été le plus médiatisé de ces dernières années. L’acteur français a posé ses valises en Belgique en 2012, suscitant un véritable tollé. Il a ensuite obtenu un passeport russes et paye désormais ses impôts en Russie assure l’Internaute.

Yannick Noah
Entre 1988 et 1993 Yannick Noah déclare qu’il est résident en France mais écope d'un redressement fiscal, la France lui réclame un million d'euros. S’en est suivi une bataille juridique que Yannick Noah a finalement perdu. Depuis, le tennisman se bat contre cette étiquette ''d'éxilé fiscal'' qui lui colle à la peau. en 2015, il met fin à la polémique dans VSD et livre son dossier fiscal.
Charles Aznavour
Charle Aznavour est devenu résident suisse en 1975. La polémique ne l’a pas quitté depuis, mais le chanteur a toujours nié être un exilé fiscal. "J'ai répété mille fois que je n'étais pas parti, on m'a poussé dehors. […] Moi, un évadé fiscal ? Qu'ils viennent me le dire en face ! Je ne dis jamais de mal des autres, moi !", a-t-il lancé dans le Nouvel Obs en 2015.
ALAIN DELON
Il a choisi de rejoindre la Suisse dont il est maintenant citoyen depuis plus de 20 ans, exlpique Le JDD. Il n’est pas question d’exil fiscal mais comme le précise l’internaute, quand Gérard Depardieu est parti en Belgique, Alain Delon a confié qu’il "aurait peut-être fait pareil".
ARTHUR
L’animateur a toujours nié être un ‘’exilé fiscal’’. Il avait expliqué il y a deux ans à Paris Match qu’il ne payait pas l’ISF en France, mais que ses sociétés payaient leurs impôts en France. "Toutes mes sociétés payent leurs impôts en France. Alors, oui, j'échappe à l'ISF mais je vous promets que je n'ai pas quitté mon pays pour ça", avait-il assuré.apporte Europe 1.
 
 
 
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Published by Un Sage
26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 16:14

Brigitte Macron : sa mini-jupe fait encore parler

Brigitte Macron a accompagné son mari cette semaine à l’ONU. Ensemble, ils ont notamment rencontré un prix Nobel de la paix, un moment pour lequel la Première dame avait opté pour une mini-jupe qui a beaucoup fait jaser…

La venue de Brigitte et Emmanuel Macron à New York cette semaine a décidément beaucoup fait parler. Mercredi, le couple présidentiel a rencontré Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix. Les images ont fait le tour du monde et n’ont pas manqué de susciter la polémique en raison… de la mini-jupe de Brigitte Macron !

En effet, lors de cet entretien, la Première dame française avait opté pour un ensemble veste et robe noire dont la jupe était plutôt courte, dévoilant ses longues jambes. 

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Les internautes et Twittos ont commenté en masse le choix de tenue de la Première dame. "Comme d’habitude, Brigitte en fait un peu trop", "c’est indécent", "Coucou revoilà Brigitte et sa mini jupe", a-t-on pu lire dans les réactions à la photo postée sur le compte Twitter d’Emmanuel Macron

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Elle une position décontractée de femme dominante,lui ,les doigts croisés et les genoux bien serrés , celle d'un petit garçon bien sage

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"Cherchez le ridicule en tout, vous le trouverez"

(Jules Renard)

 

 

 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 21:40

Un chasseur Suisse abat quatre ânes de l'association Arpi'âne

Au cours d'une chasse aux cerfs et aux biches

En Savoie à ARITH

Un des ânes bien visé ,les quatre fers en l'air

Photo "Le dauphiné"

 Il faut bien être un "âne" soi-même pour faire une telle confusion

Ceux qui ont de grandes esgourdes devraient se méfier des chasseurs suisses et les cacher sous un bonnet (surtout pas un bonnet d'âne) en se promenant en forêt

Ils sont complètement miros et "prendraient des vessies pour des lanternes"

Published by Un Sage
22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 21:23

L’indépendance de la Catalogne ou la sécession des élites

par

Régis de Castelnau

LeCarles Puigdemont. Barcelone, septembre 2017. SIPA. 
Lorsque je vois qui soutient les initiatives aventurières de Carles Puigdemont, président de droite de la Généralité de Catalogne, je suis conforté dans l’idée qu’une fois de plus, les gauchistes crétins et les néolibéraux actifs, se sont mis la tête sous le même bonnet. Comme pour la Flandre belge, l’Écosse, ou l’Italie du Nord, l’Union européenne pousse-t-elle au séparatisme dans les pays qui ne sont pas déjà sous contrôle étroit de l’Allemagne, comme ceux de la Mitteleuropa ? L’objectif du démantèlement des nations est toujours à l’ordre du jour et comme ces régions riches ne veulent surtout pas partager avec les pauvres, Merkel, Schaüble et Junker jouent sur le velours. Comment ne pas se rappeler comment l’Allemagne (accompagnée du Vatican !) avait instantanément reconnu la déclaration unilatérale d’indépendance de la Slovénie. L’enchaînement qui a suivi a abouti aux guerres fratricides, aux épurations ethniques et au démantèlement de la Yougoslavie.

L’égoïsme d’abord

L’Espagne qui a connu une guerre civile atroce et 40 ans de dictature féroce, a des institutions fragiles. La mise en place d’une démocratie représentative est relativement récente. Le Pays Basque donne l’impression d’avoir pour l’instant maîtrisé ses vieux démons, mais la Galice, les Asturies ou l’Andalousie ? Que sait-on de ce qui se passe dans les profondeurs de ces sociétés, qui vivent avec des mémoires encore cuisantes, et viennent de prendre de plein fouet les conséquences de la crise financière de 2008. Quels feux couvent sous la cendre ?

Carles Puigdemont, qui veut organiser le référendum du 1er octobre, est un nationaliste, réactionnaire et méprisant envers les autres peuples d’Espagne. Il n’anime en rien une lutte de libération nationale, mais excite les particularismes, et instrumentalise cyniquement une mémoire douloureuse. La Catalogne, qui dispose de marges d’autonomie institutionnelles considérables, est la région la plus prospère d’Espagne et prétendre à une domination insupportable de Madrid n’est que le prétexte pour masquer l’égoïsme qui est le moteur principal de la tentation sécessionniste. De même nature que la sécession des élites, des grandes métropoles des pays développés qui ne veulent plus entendre parler des couches populaires. Se débarrasser des pauvres, ne plus partager.

Au bon plaisir de l’Allemagne

Que l’on ne vienne pas parler du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Quand on a applaudi le coup d’État du Maïdan, téléguidé par l’Allemagne et les États-Unis en Ukraine, on est modeste. Sans parler de la russophobie délirante de ceux qui poussent les feux pour lancer la Catalogne dans l’aventure. Quand ils appelaient à la guerre et comparaient Poutine à Hitler, lorsque la Crimée a été rattachée à la Fédération de Russie, dont elle était sortie par un oukase absurde de Nikita Khrouchtchev, en 1954. Et ce, après un référendum, certes unilatéral, mais dont les observateurs neutres ont reconnu la sincérité. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais à géométrie variable ?

Finalement, au-delà des affects et des passions, qu’on le veuille ou non, le véritable enjeu se dessine. Ces aventures et ces tentations séparatistes, ne reflètent réellement qu’une chose : c’est à qui sera le meilleur élève de l’Allemagne, qui aura le meilleur fauteuil dans la course aux places dans l’orbite de celle-ci.

Ce n’est pas l’intérêt des peuples d’Espagne. Qui est justement de rester ensembles.

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 17:06

Je ne suis pas encore prof mais je n’en peux déjà plus

par

Jennifer Cagole

 

Monsieur le Ministre, cher monsieur Blanquer,

Pensez si j’ai applaudi à vos récentes déclarations ! On va réintroduire de la chronologie dans l’étude des textes, en Français, obliger les instits à enseigner le Lire / Ecrire / Calculer selon le programme du SLECC / GRIP (oui, je me tiens au courant de ce que le Primaire propose de mieux, n’en déplaise au SNES / SGEN / UNSA) dont vous devriez bien vite imposer les manuels, rétablir la primauté des grands textes sur le gloubi-boulga que constitue l’essentiel de l’oral des élèves, sans compter quelques bonnes idées sur la laïcité, qui nous éviteront, à l’avenir, d’entendre des énormités, en classe, sur les rapports garçons / filles, le fanatisme selon Voltaire ou la théorie de l’Evolution. En parallèle, j’ai bien compris que vous reformatez les programmes de Najat VB  : ainsi, les EPI sont vidés de leur fonction, puisqu’ils n’ont plus de référent précis, une bonne idée dont les Cahiers pédagogiques se désolent , à propos, avez-vous vraiment résolu, comme le bruit en a couru, de sucrer les subventions énormes de ces idéologues ?
Une grammaire intelligible où l’on renoncera au « prédicat » cher à Michel Lussault (qui serait, paraît-il, sur siège éjectable, oh oui !), une grammaire où l’on reviendrait à des concepts clairs ,COD ou COI , parce que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et « structure la pensée »… « Le mot grammaire était presque devenu un mot tabou » , vous allez nous changer tout ça.
Vous avez expliqué tout cela sur LCP, et j’y ai vu une éclaircie dans l’océan de brumes où m’enfoncent l’ESPE et mon tuteur…
Oui, j’ai applaudi…
Et puis j’ai demandé leur avis aux divers formateurs dont ma titularisation dépend étroitement , ESPE et dépendances…
« Il faut suivre les programmes officiels décidés en 2016 », ont-ils dit. Les déclarations du ministre vont à l’encontre de la loi de refondation votée sous Peillon. Le ministre s’agite, mais rien de ce qu’il dit ne sera mis en place : la pédagogie est reine, le ministre est son valet, et nous sommes ses hérauts » , ou « héros », c’était à l’oral, l’ambiguïté était possible.
Tel que.

J’ai donc passé deux semaines en allers-retours entre les deux classes que l’on m’a (imprudemment) confiées et la formation à l’ESPE, même si, titulaire, comme tant d’autres, d’un Master 2, je ne saisis pas le besoin de passer en plus cette année un Master MEEF comme on voudrait m’y obliger. Le plus agréable, au fond, ce sont les élèves. Parce que les collègues sont inénarrables, et les parents ont trouvé moyen de se plaindre, dès la première semaine, parce que j’avais donné « le Corbeau et le Renard » à apprendre du mardi pour le jeudi , les gosses sont des éponges, mais on préfère les maintenir sèches.. Pour le reste, j’ai appris de bien belles choses dont j’ai pensé qu’elles vous amuseraient , moi, je rigole si peu que je pense très sérieusement poser ma démission avant même d’être (ou ne pas être) titularisée.
En sixième, l’objectif du trimestre est de leur enseigner qu’une phrase commence par une majuscule, et se termine par un point. Ah oui, et leur apprendre qu’ils n’ont pas, eux, à commencer leurs textes, à l’écrit, par une lettrine gigantesque, copiée sur ce que font les éditeurs sur leurs manuels. L’alinéa, ce sera en 5ème ou en 4ème , parce que la construction en paragraphes reste au programme de 3ème. Une chose à la fois , je ne m’étonne plus que le SNUIpp ait fermement condamné votre suggestion d’apprendre les autres opérations au CP, comme cela s’est fait durant une siècle ou deux. La division en CM1, ils y tiennent , sinon, ils devraient revoir leur enseignement et se remettre en cause, trop dure la vie…
Et à propos de grammaire… « Savoir par cœur « avoir » et « être » ne sert à rien , sinon, dit mon tuteur, ils commenceront leurs phrases par de longues litanies de « il a » et « il est ». Apprends-leur des verbes différents , mais au présent, hein, parce que sans avoir et être, ils risquent de ne pas savoir les conjuguer, et il ne faut pas les mettre en difficulté… »
J’ai fini par comprendre qu’apprendre quoi que ce soit à un élève c’est, pour ces gens-là, « risquer de le mettre en difficulté ». Et l’ignorant, dites-moi, il n’est pas en difficulté pour le reste de son existence ?

Ça n’a pas fait tressaillir d’un poil mes co-stagiaires, dont je me suis aperçu que la plupart pensaient que le mot « orthographe » était masculin (« Sur tel mot, me dit l’un d’entre eux, j’ai eu tous les orthographes possibles »). Ils doivent déjà l’avoir, eux, le Master MEEF.

Et au lycée , où la promesse de revenir à un enseignement chronologique m’avait fait tressaillir d’aise : à moi les Lagarde & Michard, les Textes & Contextes et autres collections des années 1980 (dont celle commise par votre ancien ministre, Xavier Darcos), quand on ne prenait pas encore les élèves pour des crétins…
Mais non : « En Seconde, c’est déjà beau s’ils vous ressortent, d’une séance à l’autre, ce que vous avez dit précédemment. Du coup, vous pouvez très bien leur refaire un texte déjà donné en contrôle, pour voir s’ils ont bien compris les questions et les thématiques vues en cours. »
Et « prohibition » , ce fut le mot ,de toute question sur la lecture des textes étudiés : rien de plus subjectif, n’est-ce pas, et la lecture de l’élève a autant de légitimité que celle du maître. À la rigueur, demander « qu’avez-vous pensé ? » , mais pas la date de rédaction ou le sens du pronom de troisième personne. Le questionnaire de lecture « à l’ancienne » pénalise ceux qui ont lu le texte sans repérer les mêmes détails que vous, mais valorisera ceux qui n’ont lu qu’un bon résumé sur Internet. Commencer plutôt par des résumés successifs des chapitres, en misant sur le fait que ledit résumé donnera aux élèves qui n’ont rien lu l’idée d’aller y voir. Rousseau, vous dis-je. L’homme est bon, et le petit d’homme aussi. Fini, l’époque où La Fontaine, qui vous est cher, Monsieur le Ministre, constatait : « Cet âge est sans pitié ». Les nouveaux pédagogues ont lu l’Emileet n’en sont jamais revenus.

Alors, ne vous cassez pas la tête , vous n’êtes pas là pour faire de la littérature, mais de la garderie aménagée. Un tiers d’oral, un tiers d’écrit, et un tiers de grammaire ,mais attention : la grammaire ne doit pas faire l’objet d’un cours spécifique, elle doit partir du texte , grammaire de texte pédago contre grammaire de phrase des grammairiens sérieux et du ministre réunis. Les élèves se doivent de réinventer les règles en les déduisant des fragments qu’ils ont sous les yeux , fastoche ! Après tout, Pascal est bien arrivé à retrouver tout seul à 10 ans les 12 premiers principes d’Euclide…
Et l’essentiel : changer d’activité toutes les dix minutes. Le zapping évite la surcharge cognitive , sur TF1 aussi, ils ne chargent pas trop…
Enfin, pour tenir compte de l’hétérogénéité des classes, faire de la « pédagogie différenciée », et travailler en îlots : cela ne consiste pas à faire des groupes de niveau, mais à concocter des sous-ensembles harmonieux où les meilleurs , les rats ! , auront à cœur de former leurs camarades plus déshérités, lesquels, pleins d’émulation cognitive, les rattraperont aisément. Même Rousseau n’y avait pas pensé.

Alors, Monsieur le ministre, vous conviendrez que l’on peut sérieusement se demander d’abord qui a le pouvoir, et ensuite si ça vaut bien la peine de s’incruster dans un système où les Grands Nuisibles se sont infiltrés à tous les échelons, et pourrissent la vie des profs et des élèves ,et la mienne.

Jennifer Cagole.

PS. Je suis en train de remplir divers documents à renvoyer à la Fac , en particulier la « Convention CIF » (pour « Convention Individuelle de Formation »). J’ai cherché partout, dans tous les papiers récupérés , jusqu’à ce que je comprenne qu’Aix-Marseille Université a baptisé le document « Individual Training Contract ». C’était bien la peine que Brighelli écrive C’est le français qu’on assassine : il est mort depuis belle lurette.

 

 

 

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