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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 10:04
Alerte aux physalies en France 
des cousines de méduses aux piqûres potentiellement mortelles

©iStock

Ressemblant à des méduses, des physalies (très jolies d'ailleurs !) se sont échouées sur des plages de Bretagne. Il ne faut surtout pas les toucher en raison de leurs piqûres potentiellement mortelles.

Violette et transparente, faisant presque penser à un sac plastique, la physalie est un animal marin à redouter si vous tombez dessus en vous baignant ou sur le sable. Appelée aussi "vessie de la mer" ou "galère portugaise", elle vient d'être repérée sur des plages bretonnes (Saint-Laurent, port de Mazou à Porspoder, Porsmeur à Plouescat, Saint-Pabu et dans la baie des Trépassés). Les employés des villes se chargent de les ramasser. Mais si vous les croisiez, surtout nes les touchez pas. Les physalies sont très dangereuses pour l'homme.

Des filaments très urticants

La physalie est proche de la méduse mais n'appartient pas à la même famille. On la considère comme un siphonophore marin (organisme zooplanctonique) et la range dans la catégorie des neustons (organismes aquatiques vivant en surface). Elle est composée à 90% d'eau et se compose d'un flotteur de 10 à 20 cm. Elle concentre aussi - et c'est là où il faut s'en méfier - de nombreux filaments très urticants (appelés "nématocytes") pouvant atteindre 50 mètres de long. Le poison qu'ils libèrent peut provoquer plusieurs symptômes chez l'homme d ans les 15 minutes suivant la piqûre : douleurs thoraciques et abdominales, gêne respiratoire, malaise, perte de connaissance, confusion, atteintes neuromusculaires. . Selon l'Institut National de Veille Sanitaire ( INVS ), les envenimations par physalie sont plus importantes dans la région Aquitaine et variable selon les années. 800 ont par exemple été enregistrées en 2011, aucune entre 2014 et 2016.

Ne pas frotter la peau en cas d'envenimation

En cas d' envenimation par une physalie , il ne faut pas frotter la peau directement avec la main, rappelle l'INVS. Il faut retirer les tentacules en rinçant la peau avec l'eau de mer, en appliquant du sable sec par exemple ou de la mousse à raser puis en les décollant avec un carton rigide. En cas de malaise ou de signes autres, il faut se rendre sans attendre au poste de secours ou appeler le 15. Ces conseils sont aussi valables lors d'une piqûre de méduse pélagique.

Bientôt les crocodiles et les requins !!

 

 

Published by Un Sage
19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 16:50

Je suis végétarienne et je trouve les véganes ridicules

par

Sarah Legault

Il fut un temps où être végétarien représentait communément en France une hérésie culturelle, que d’aucuns ne manquaient jamais de faire remarquer au travers d’intarissables railleries. L’homme étant une espèce omnivore qui se nourrit des animaux depuis plus de 100 000 ans, il paraissait naturellement absurde de s’y refuser. Personnellement accoutumée à ces remontrances, quel ne fut pas mon désarroi le jour où je vis d’insipides steaks de soja, galettes de céréales et autres nuggets « veggie » couvrir les panneaux publicitaires ! Si l’on peut à juste titre se réjouir des campagnes de sensibilisation contre l’élevage industriel à l’origine de cette vague « animalitaire », la confusion entre élevage et maltraitance se fait de plus en plus manifeste, et pour cause : leurs auteurs, l’association L214, ne cherchent pas à simplement dénoncer un mode d’exploitation animale, mais bien à en interdire toute forme. Un fallacieux « nouvel humanisme » qui nécessite d’être décortiqué pour en comprendre les tenants et aboutissants.

Je comprends le plaisir de la bonne chair

Végétarienne depuis neuf ans, c’est désormais des véganes, ceux qui ne consomment ni animaux, ni produits issus de leur exploitation, que je me découvre être la cible. Ma faiblesse, elle, n’a pas changé : une éternelle fascination pour les animaux couplée à une empathie démesurée à leur égard ont eu raison de moi dès l’adolescence. Le sentiment de culpabilité à l’idée de tirer profit d’un cadavre1 m’est proprement insoutenable. Incapable en cela d’accepter le monde tel qu’il est et a toujours été, je fais donc partie de cette minorité de végétariens qui vivent dans leur coin sans se manifester, comprenant très bien le plaisir de la bonne chair et l’intérêt du cuir.

A l’inverse, les végétariens militants attaqueront à loisir le meurtrier qui aura osé s’asseoir à leur table avec son assiette de filet mignon… Et c’est bien là que le bât blesse, car leur comportement est loin d’être exemplaire, comme l’ont bien compris les véganes. Ils feraient plutôt penser aux demi-habiles de Pascal, ceux qui dénonçaient l’imposture du droit divin sans comprendre que c’était un secret de polichinelle alors nécessaire au maintien d’un certain ordre sociétal.

Éliminer notre instinct animal ?

En effet, ces fervents activistes, fiers d’avoir fait la démarche de remettre en cause leur régime alimentaire et de compliquer leur mode de vie par altruisme, ne sont visiblement pas allés chercher les conséquences de leur insouciante consommation de gruyère, crottin et autres trésors lactés. Peut-être ont-ils voulu s’émanciper de leur nature jusqu’à en oublier les bases élémentaires, car, que l’on soit femme, vache, chèvre ou brebis, c’est la même affaire : pas de bébé, pas de lait ! Devant ce simple constat, et dans l’optique où l’on ne s’octroierait plus jamais le rôle de la faucheuse, qui peut sérieusement prétendre qu’un troupeau de bêtes au nombre éternellement croissant puisse être économiquement viable, ni même seulement écologiquement raisonnable ?

Quand le carnivore assumé, tel l’habile conscient de sa condition, accepte humblement sa nature meurtrière, le végétarien militant, sous ses airs modérés, est donc profondément incohérent. Notons cependant que cette espèce semble doucement s’éteindre au profit du mouvement végane. Hélas, ces furieux rêveurs aux allures angéliques ne sont en fait guère plus conséquents que leurs confrères.

Convaincus que les animaux méritent eux aussi des « droits fondamentaux », les véganes ont pour ambition de les rendre entièrement libres, comme si nous, humains, n’existions pas. Ils estiment que notre conscience intellectuelle, qui évolue évidemment toujours en bien selon le grand, le sacré, l’inébranlable mythe du progrès, est arrivée au stade où l’exploitation animale doit lui apparaître d’emblée comme inacceptable. Il est temps de nous arracher pour de bon à notre nature, puisque, comme l’a dit Brigitte Gothière, présidente de L214, nous n’avons jamais été aussi entourés de technologie !2 Éliminons notre instinct animal, et devenons des êtres débarrassés de toute tache, purifions-nous de nos honteux défauts (la prochaine étape, ne nous en déplaise, est bien le transhumanisme). Bref, au nom du respect de la nature qui nous entoure, échappons à notre propre nature.

L’éloge des chats… végétaliens

Cette contradiction philosophique déclenche mécaniquement de nombreux problèmes dans ses conséquences concrètes, à commencer par un long processus d’extinction des races d’animaux domestiques. Hé oui, à partir du moment où votre compagnon bien aimé n’est pas libre de faire ce qu’il entend, ne vous leurrez pas, c’est de l’exploitation !

Adieu, meilleur ami de l’homme et autres boules de poils au ronronnement si apaisant… Voici venir quelques milliards de chiens et chats errants dans nos rues, et ce pour une durée indéterminée (interdiction, bien sûr, de les castrer).

Il est, sur ce point, étonnant de voir certains prétendus véganes posséder un animal de compagnie. La médaille de l’absurde revient sans conteste à ceux qui ont un chat – mais, attention, un chat végétalien, s’il vous plaît ! Gare au malheureux félin s’il vous ramène la souris qu’il a fièrement chassée. Il y a pourtant une grande différence entre choisir de consommer végétalien quand on est omnivore (en s’obligeant au passage à ingurgiter quotidiennement des pilules de vitamine B12, mais puisqu’on est dans la grande civilisation 2.0, allons-y gaiement) et imposer ce régime à un animal carnivore… Ou comment dénaturer la bête, toujours au nom du respect de la nature. Ne serait-il pas plus sage d’accepter que l’animal vit à l’instinct, contrairement à l’homme, qui a développé une sensibilité plus complexe ?

Le Cro-Magnon était raciste

Rappelons également que l’arrêt de l’exploitation animale implique le renoncement à une meilleure connaissance de cette espèce, qui nous fascine tous plus ou moins, qu’on les mange ou non. L’animal nous restera de ce fait à jamais étranger. Plus question non plus de démontrer la souffrance d’un animal dans une situation donnée, puisque plus aucune expérience ne sera permise.

Remémorons-nous, juste un instant, la vie avant la technologie… Comment nos ancêtres auraient-ils fait sans les bœufs pour labourer leur lopin de terre ? Sans les chevaux pour se déplacer d’une ville à une autre ? Ou simplement pour survivre sans chasser durant l’ère glaciaire ? Réponse des véganes forcenés : ce sont des temps reculés qui ne connaissaient pas la robotisation, et où, par ailleurs, la population était raciste, machiste, xénophobe, homophobe… Bref une civilisation arriérée, qui ne vaut plus rien et ne nous fait plus que de l’ombre ! Heureusement qu’on ne peut pas retourner dans le passé, imaginez si l’on devait se remettre à dresser les pigeons pour porter nos lettres aux camarades résistants… Qu’en pensent les oubliés du Tiers-Monde qui n’ont jamais vu un ordinateur et dont la seule préoccupation est d’avoir chaque jour assez d’eau potable… quand celle-ci n’est pas polluée par les pétroliers qui font nos pulls synthétiques ?

Vive les voitures électriques et les plants OGM!

En effet, l’intellectualisme de la thèse végane, dite « abolitionniste », fait preuve d’une abstraction du contexte réel pour le moins surprenante : faut-il interdire la consommation des moules et des huîtres, qui sont exemptes de système nerveux, mais scientifiquement classées – après de nécessaires recherches faites sur elles, doit-on le rappeler – au rang de l’espèce animale ? Prohiber la pêche, sans laquelle la civilisation Inuit s’éteindrait en quelques mois ? Devrait-on utiliser des « voitures écologiques » à la place des chameaux pour se déplacer dans le désert ? Mettre fin au lombricompost au nom de la non influence humaine sur la liberté de circulation du ver de terre ? Interdire l’introduction humaine des coccinelles qui protègent nos cultures des pucerons ? Cultiver uniquement des plants OGM qui n’attirent pas ces pauvres bestioles, afin de pouvoir se nourrir sans tuer personne – enfin, à court terme ? On a récemment découvert que la farine d’insectes serait un excellent moyen écologique pour nourrir la planète ; et l’on devrait également s’en priver… On le voit, cette moralisation purement théorique au nom d’un « être vivant se nourrissant de substances organiques » a perdu tout sens concret.

Les « antispécistes », eux, vont jusqu’à considérer que la vie d’un animal (un lion, une fourmi, une huître) a autant de valeur que celle d’un humain. En mars dernier, un homme est mort après s’être fait mordre par son chien. On me rétorquera qu’il n’aurait pas dû avoir de chien, certes ; mais que fait-on de la bête, maintenant ? Ces chers antispécistes se scandaliseront sûrement d’apprendre qu’il fut euthanasié pour éviter un autre drame humain… Le toutou eût peut-être mieux mérité d’être envoyé en prison, l’occasion pour lui de se repentir de son crime – argh ! Que dis-je, il doit jouir de sa liberté pleine et entière… Contrairement à l’homme civilisé qui, lui, est contraint par des lois.

Reste tout de même un sujet sur lequel véganes et carnivores s’accordent dans l’hypocrisie. Un sujet tabou, car signe d’un anthropomorphisme que l’on peine à assumer : cette ô combien sacrée idée de respect.

Amour, mal et respect

Non, ce n’est pas respecter l’animal que de l’abattre quand il a par essence la pulsion de vie. Ce n’est pas le respecter que d’obliger l’âne à transporter une charrette de vivres. Et ce n’est pas non plus respecter « son » chat que de l’enfermer chez soi de peur qu’il ne revienne pas. La notion de respect n’a de sens qu’au sein de la communauté humaine. Si respecter l’homme qui ne vit pas avec les mêmes valeurs que soi est déjà compliqué, qu’est-ce que respecter un animal dont on ne peut connaître la pensée ?

Cela étant dit, choierait-on autant son lapin si on ne l’élevait qu’à seule fin de s’en remplir la panse ? N’y a-t-il pas un réel amour ressenti à son égard, malgré la cruauté sur laquelle cela débouche ? Après tout, qui peut prétendre aimer sans en tirer un bénéfice ? Amour « désintéressé », pourquoi pas, mais qui procure tout de même une sensation personnelle de bien-être, au moins à l’idée que l’être aimé existe. Egoïste est bien le propre de tout amour, n’en déplaise aux romantiques. L’amour que l’on éprouve pour son animal de bétail n’est peut-être pas aussi fort que celui qu’on peut ressentir envers une personne, mais il fonctionne bien sur le même moteur. Un comportement humain en définitive tout à fait normal. On peut éventuellement penser que l’éleveur aime « mal » son animal ; mais il l’aime.

Et puisque l’on parle d’amour, il serait bon d’expliquer une bonne fois à nos chers amis zoophiles qu’aimer réellement, sincèrement la vie, c’est l’aimer en tant qu’unique réalité3, sans conditions, avec ses maux, ses douleurs. C’est reconnaître que le jambon, le pâté ou le saucisson peuvent être des mets délicieux, indépendamment de la mort dont ils sont le fruit. C’est constater qu’un ovule de poule a la capacité de former un agrégat jaune particulièrement agréable à nos papilles.

Voici venu le temps de la décroissance

Passionnée par tout ce que la vie peut offrir de plus savoureux à nos sens, même si le monde végétal renferme lui aussi des trésors gustatifs, je reste naturellement une végétarienne frustrée ; et il m’est bien plus agréable d’être à la table d’un mangeur de viande gourmet plutôt qu’avec un végane peu intéressé par la nourriture…

Si nous voulons atténuer la souffrance animale de manière collective et durable, il serait bien plus cohérent d’agir uniquement quand la souffrance perçue provoque en soi (donc, inévitablement, par anthropomorphisme) une volonté viscérale de l’épargner. Assumons simplement cette faiblesse qu’a l’humain de se nourrir d’animaux qu’il peine à voir souffrir pour lui : nous ne sommes pas des robots se comportant froidement selon des règles strictes ! De toute façon, qui d’autre qu’un scientifique peut objectivement juger de l’état de souffrance d’un animal ? Mais qui osera afiirmer avec certitude si vaches, moutons, poules et autres bêtes d’élevage paysan sont heureuses ou non de leur condition ?

De même qu’on privilégie instinctivement ses proches avant les autres, il est naturel de préférer notre propre espèce aux autres animaux. Plaidons alors pour que notre sensibilité, toute humaine qu’elle est, guide nos choix, à l’inverse d’une pseudo rationalité philosophique à toute épreuve. Quand les plus sensibles décideront individuellement de se passer de chair animale, de produits laitiers ou d’œufs, laissons la majorité en jouir, avec mesure, mais sans complexe. Ne criminalisons pas ces répugnantes expériences qui nous ont permis de guérir de nombreuses maladies sans en passer par des cobayes humains. Continuons d’observer les bêtes pour mieux les comprendre, car c’est par là mieux comprendre le monde. Enfin, il est temps d’accepter la décroissance, car rien n’est plus abject que l’exploitation industrielle. S’il nous est impossible de profiter du lait sans en passer par l’abattage, la crème, le beurre et le fromage sont des œuvres gastronomiques profondément ancrées dans le patrimoine français, et les éliminer serait un désastre social. Tentons plutôt de revenir aux sources en promouvant l’exploitation locale, paysanne, comme cet éleveur d’alpagas et de chèvres angora exemplaire qui tient à garder ses bêtes jusqu’à leur fin de vie naturelle, tant qu’il le peut ; preuve que l’on peut porter des vêtements en laine sans faire de mal aux animaux, à condition d’y mettre le prix… mais a-t-on vraiment besoin d’avoir dix pulls différents ?

Published by Un Sage
19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 16:00
Sur Public Sénat, c’est PMA pour tous et tous pour la PMA
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Coup d’envoi la semaine dernière par Marlène (Schiappa) du projet de loi qui sera porté, selon elle, en 2018, sur les fonts baptismaux, de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, au nom de l’égalité entre hommes et femmes. Marlène, on la connaît bien. Ce n’est pas la secrétaire glamour du commissaire Swan dans la série télévisée. La nôtre est avisée, moderne, fine mouche, si l’on peut dire. Elle donne ce coup d’envoi, le jour des manifestations contre la loi Travail et à la veille de l’ouverture de l’Université de La Manif pour tous. Jupiter est pressé. Même de loin, il montre qu’il est, par Marlène interposée, au four et au moulin. Il y a, en effet, urgence, à faire ces lois en même temps si on veut sauver l’Europe et imposer le leadership français du nouvel ordre libre que le président entend incarner. Pour la PMA, Jupiter tient le cap. Promesse (presque) tenue du candidat. En d’autres termes, il ne lâche pas le bout de gras.

L’émission On va plus loin de Public Sénat portant sur la PMA valait la peine. Les invités étaient Madame Anne Levade, professeur agrégée de droit public, et Monsieur Jean-Pierre Minard, juriste et avocat de renom, un ténor du barreau. Le décor était celui d’un laboratoire de manipulations : sinistre. Les deux invités parlaient donc de la future proposition de loi sur la PMA pour toutes. Dans l’ensemble, le discours était si contrôlé qu’on se demandait s’il était question de petits d’hommes à naître : les vôtres, les nôtres, bref de l’être humain. Il est vrai que nous avions sur le plateau une constitutionnaliste.

Fut donc évoquée la souffrance de la femme en mal d’enfant qui a déjà beaucoup trop attendu, très peu celle de l’enfant privé de père. Il eût été pourtant intéressant de demander à Madame la constitutionnaliste si, dans la Constitution, n’était pas inscrite implicitement l’accès de l’enfant à sa filiation. Mais on ne peut jamais poser les vraies questions. Il a bien fallu préciser pourtant, à un moment, que cette loi allait concerner aussi les célibataires. Et que tout cela aurait un coût pour le contribuable. Les intervenants avaient un air contraint : peut-être le sujet était-il aussi gênant pour eux que pour le téléspectateur à qui on parlait d’une loi à venir sur le droit reproductif d’une femme célibataire ou mariée à une autre femme.

Madame la Constitutionnaliste articulait très bien et lentement mais le ténor du barreau avait une expression un peu embarrassée. L’atmosphère était tendue. Quant à la speakerine, c’était comme si elle parlait de la peine de mort. Mais soulagement ! quand elle demanda si le moment était bien choisi pour proposer cette loi. Le ténor du barreau s’engouffra dans la brèche et répondit immédiatement par l’affirmative. A un moment donné, dit-il, en politique il faut aller vite et partout. Plus il y a de chantiers, plus il y a de dynamisme politique. Plus il y a de fous, plus on rit, c’est bien connu. Les femmes n’en peuvent plus de leur besoin pressant d’enfant. Elles n’ont que trop attendu : Macron veut donc aller vite, là-dessus (une broutille) pour se concentrer sur l’Europe très mal en point, en particulier l’Italie et l’Espagne. Si on veut sauver l’Europe, il faut donc aller vite sur cette loi sociétale. Le porte parole du président, Monsieur Castaner, l’avait dit aussi : il faut aller vite, il y a des réformes qui ne doivent pas attendre. Ce n’est plus de la marche, c’est de la course à pied. Quand la tension eut baissé et que l’on remercia les intervenants, on se dit : Ouf ! C’est fini ! « A tout bientôt », comme disait délicieusement un romancier, pour le kit du bébé au supermarché.

« Infertilité sociale » et « droit reproductif »

On croit rêver mais on ne rêve pas. On aimerait plaisanter à la française. Trêve de plaisanterie. On est face à une idéologie qui veut faire des enfants sans père ni union avec le sexe opposé (bonjour, le plaisir !) moyennant le fric de l’Etat et la tambouille génétique. C’est le Meilleur des mondes. On se demande : mais qu’est-ce que les gens vivent donc pour qu’on en soit arrivé là ? Car enfin, par quelle aberration a-t-on pu inventer « l’infertilité sociale » et « le droit reproductif » ? Tocqueville a bien dit que la passion égalitaire détruit les sociétés. Il n’avait pas imaginé l’égalitarisme reproductif. Et que ce « droit »-là puisse être mis en débat démocratique ! Un ventre se loue, se prête et le sperme se vend à condition que ce soit un don et pas trop cher. Comment dites-vous ? « Si votre petit-fils est né comme ça ? » Vous plaisantez ! C’est vrai, j’oubliais : il y aura deux filiations. Des enfants et des sous-enfants. Comme il y eut des hommes et des sous-hommes.

Une question maintenant. De quoi ont-ils donc peur tous ces gens qui ont le pouvoir et la parole pour qu’ils ne la prennent pas afin de dénoncer cette déshumanisation-là ? Les puissants, les politiques, les savants, les humanistes de tout bord et de tout poil ? Non pas pour évoquer avec crainte et tremblement une peste brune, rouge, noire du temps passé qui nourrit nos discours et nos justes indignations ! Mais cette question-là, précisément, qui sera débattue à la Chambre : la prise en charge d’un orphelin d’Etat (au prix variable jusque là de 2000 à 30000 euros selon le pays d’origine), le tout encadré par une loi aux frais du contribuable. Que ces pratiques existent est une chose. Les légaliser en est une autre : un pas à ne pas franchir impérativement. On ne pourra dire plus tard, si les enfants font des procès à leurs parents, « qu’on ne savait pas ».

Puisque le ministre de l’Education nationale revient aux humanités, allons-y de notre conclusion amère : « Quousque tandem, Jupiter, abutere patientia nostra ? » Jusqu’où abuseras-tu, Jupiter, de notre patience ? Et puis, non, les bornes sont dépassées. Plutôt : « La roche tarpéienne est près du Capitole. » La semaine dernière encore, on voyait le président, toujours maîtrisant son image, monter d’un pas ferme la passerelle de l’avion qui le menait dans les Antilles sinistrées. Le typhon n’aura pas notre haine. Pour le reste, en effet, que ça saute ! Que ça sprinte plutôt ! Un des avantages de l’émission de Public Sénat, c’est qu’elle donnait, une fois l’écran éteint, l’envie de faire l’amour pour de vrai. Pour de bon. Sans PMA ni contrat préalables. En usant directo de son droit reproductif. De quoi redonner une vitalité procréative aux Français pour payer nos retraites au lieu de casquer pour des infertilités sociales. Car enfin, les désirs d’enfants de ces dames, on commence à en avoir franchement… assez ! Pas question de financer quoi que ce soit. Avouons-le : c’est effrayant, plus que lassant, ce Nouveau Monde Libre dont il faut hâter l’avènement.

 

 

 

 

Published by Un Sage
18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 10:50

Djihad: pensons l’ennemi pour mieux le combattre

Une tribune de Nicolas Dhuicq, ex-député LR et psychiatre

 

Les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur français, convoquant la psychiatrie dans la lutte contre le terrorisme, montrent le désarroi intellectuel dans lequel se trouvent nos gouvernants face au terrorisme islamiste. En effet, nous devons avoir à l’esprit que les dits terroristes se vivent comme des combattants, au service d’une cause. Ils poursuivent un but politico-théologique clair : l’instauration d’un califat salafiste, c’est-à-dire wahhabite, sur les terres actuellement islamisées, ou qui le furent un temps, comme l’Espagne avant la Reconquista, ou la Narbonnaise en France.

Perversion n’est pas synonyme de maladie

En premier lieu, l’attitude du ministre se heurte à deux écueils principaux au plan de la branche de la médecine qu’est la psychiatrie.

Tout d’abord les couples normal/pathologique et bonne santé/maladie ne se recouvrent pas toujours dans cette discipline. En médecine somatique, c’est-à-dire du corps, je puis avoir une maladie, comme une angine, qui signe un état pathologique de ma gorge. Mais si je prends l’exemple d’un grand pervers, il peut être considéré comme pathologique, mais sa perversion n’est pas une maladie au sens propre du terme, c’est en effet sa structure mentale, sa construction psychique, qui est ainsi faite. D’où la grande difficulté à concevoir des soins pour de tels individus, on ne change pas la nature même d’une personne en quelque sorte.

Tous les délinquants ne deviennent pas terroristes

Le deuxième écueil est celui des critères discriminants qui indiqueraient un risque de passage à l’acte de type terroriste. Si le profil du délinquant qui trouve une cause et une justification à ses actes de violence dans l’islamisme est fréquent, les auteurs des attaques de septembre 2001 à New-York étaient loin d’un tel profil. Même si j’avais alerté l’ensemble de mes collègues députés du groupe UMP en 2012 sur l’islamisme en prison, tous les délinquants ne deviennent pas terroristes. Quant aux patients, ils sont majoritairement pacifiques et le risque majeur des maladies de l’esprit reste le suicide et non pas l’hétéroagressivité1.

Le précédent wahhabite

Il serait souhaitable que nos dirigeants aient un peu plus de connaissances historiques. Le wahhabisme est né dans la péninsule arabique, plus exactement dans le Nejd, au XVIIIème siècle comme une vision encore plus rigoriste de l’école juridique dite hanbalite dans le sunnisme. Les massacres perpétrés alors et les destructions de tombeaux de saints n’ont rien à envier, dans l’horreur, aux exactions de Daech ou d’Al-Nosra au Levant aujourd’hui. Les jeux de la CIA et de feu Brezinski, associés à celui des Saoud, puis du Qatar, ont financé le monstre contre l’armée rouge en Afghanistan, puis en Europe, où l’ex-Yougoslavie se souvient bien des exactions des unités islamistes. Sans rappeler ici le rôle du grand mufti de Jérusalem et des Frères musulmans pendant la deuxième guerre mondiale dans le Caucase et les Balkans.

Un terrorisme redoutablement efficace

Ils devraient également intégrer un élément essentiel qu’ils ne veulent pas entendre. À savoir que l’humain peut agir de manière irrationnelle au nom d’un endoctrinement ou d’une foi dévoyée. Pour cela, dans une Europe sécularisée, au point de perdre toute transcendance, le wahhabisme a répandu depuis vingt années, grâce aux pétro-dollars, peut donner une explication simpliste mais efficace du monde, et un but dans l’existence aux âmes fragiles ou incultes. Le terrorisme islamiste est plus efficace que celui qui se prétendait marxiste, comme en Italie lors des années de plomb, car il s’adresse à l’humanité entière et non pas, in fine, pour le bien du prolétariat seul. Il est aussi plus redoutable que le localisme basque d’ETA, puisque le but est international et non pas régional.

L’économisme n’explique pas tout

Les dirigeants européens doivent faire le deuil d’une explication du monde où seul l’économisme compte. La mort, le mal, la maladie restent des questions structurantes quel que soit notre niveau de vie, même avec les courants transhumanistes. Si la catastrophe de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 et la vision des néo-conservateurs, sont une cause majeure, tout comme les questions du développement économique, elles n’expliquent pas tout.

Non, monsieur le ministre, le terroriste n’est pas un malade, ou alors, il faut admettre que Che Guevara, Trotsky, Pol Pot ou la Fraction armée rouge, pour ne citer qu’eux, étaient tous des malades au sens médical du terme. S’il peut y avoir, comme dans toute communauté humaine, des personnes qui souffriraient de troubles mentaux parmi ceux que l’on nomme terroristes, ils doivent être considérés, dans leur ensemble, comme responsables de leurs actes et comme des ennemis. C’est ce que nous devons aux victimes et à la civilisation humaine qu’ils veulent détruire.

Pour avoir personnellement constaté en Syrie, dans le village de Maaloula, l’œuvre des rebelles dits modérés d’Al-Nosra, ceux qui faisaient « du bon boulot » pour l’un de nos ministres des Affaires étrangères, cette déclaration est de même nature : l’incapacité à nommer et à penser l’ennemi.

Published by Un Sage
18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 10:15

Niquez vos (prétendues) races !

par

Catherine Rouvier

 -Un décret remplace désormais la notion de race, « qui n’est pas applicable aux êtres humains », par celle de « prétendue race »

Depuis le 3 août, un décret relatif aux provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire « substitue à la notion de race, qui n’est pas applicable aux êtres humains, celle de « prétendue race » » et « améliore la lutte contre les manifestations de racisme, de sexisme et d’homophobie dans des conditions similaires à ce qui a été prévu par la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 ».

Allons bon, cette loi de janvier, on ne l’avait pas vue passer. Car depuis janvier, on a été vraiment très très occupés. C’était les primaires, et on allait se geler sur des places ventées et pluvieuses pour soutenir des candidats élus par nous mais lâchés par leur parti… Puis ce furent les élections présidentielle puis législatives.

Ignorance crasse

Mais là… c’est le calme plat. A l’Elysée, à l’Assemblée, ils sont tous en vacances. Un tweet compassionnel par-ci, une photo de presse par-là, et ils retournent prendre l’apéro sur le vieux port, escalader le col de Bavella ou faire du surf à Hossegor. Circulez, y a rien à voir…

Et du coup nous, les citoyens, temporairement privés de spectacle, nous passons tous nos vacances, forcément, à lire les lois et leurs décrets que « nul n’est censé ignorer » sur nos iPhones, entre le bain de mer et l’apéro. A fortiori les journalistes.

Dès lors il est incompréhensible qu’après l’attentat de Barcelone, Mounia, chroniqueuse sur Beur FM, ait tweeté : « Niquez vos races, ceux qui s’indignent parce qu’ils auraient pu être victimes, mais qui n’ont rien dit pour l’attentat de Ouagadougou ».

Sur le fond du propos on ne peut qu’être d’accord. Le silence coupable des médias sur cette attaque sanglante en Afrique est coupable, quand ils en font des tonnes dès que c’est près de chez nous.

Mais sur la forme… Mounia, Mounia, a quoi ça sert que Hollande, puis Macron, se décarcassent ? Vous avez bien écrit : « Niquez vos races ? »

Déraciner Voltaire

Alors déjà, Mounia, de race il n’y en a qu’une. C’est la race humaine. Avant on disait l’« espèce humaine », et on la divisait en « races ». Le dictionnaire Littré de 1878 nous l’apprend en citant Voltaire lui-même, qui écrit dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations : « la race des nègres est une espèce d’hommes différant de la nôtre, comme la race des épagneuls l’est des lévriers ». Mais ça c’était avant, et la statue de Voltaire va sans doute bientôt trembler sur socle.

Sous Hollande, on a assorti l’usage du mot « race » d’une notice explicative ou -comme on dit en droit – d’une clause restrictive d’interprétation : « race, ok, mais alors au singulier ».

Dans les écoles, les maîtresses ont tenté de l’expliquer : « Il n’y en a qu’une, vous entendez ? Et ne me regardez pas comme s’il y existait des différences entre les humains. On a tous le même ADN, vous entendez ? Et du reste, des découvertes scientifiques ont prouvé que toute l’humanité était noire, et qu’on s’est en partie décolorés avec le temps ». « Et les asiatiques, Madame, leurs yeux bridés, c’est venu avec le temps ça aussi ? »

L’antiracisme, Littré n’y avait pas pensé

Bref, c’était compliqué, et les « petits races », comme on appelait les enfants au XVIIIème siècle (Littré toujours), étaient durs à convaincre.

Alors, avec Macron, on est passé au plan B. Désormais il n’y a pas « une seule race humaine », il n’y en a plus du tout.

Le texte du décret du 5 août est formel : « la notion de race (…) n’est pas applicable aux êtres humains ». Interdire absolument d’appliquer le mot race aux humains aurait, d’après le décret, une vertu : ça « améliore (…) la lutte contre les manifestations de racisme ».

Ça, l’antiracisme, Littré n’y avait pas pensé. Il faut dire qu’à son époque le mot « racisme » n’existait pas. L’émergence, quelques cinquante ans plus tard, de cet « isme » qui, partout et en tous temps, signale la théorisation, sent le dogme à plein nez et précède de peu l’idéologie, a changé la donne.

Ainsi, le « raciste » ne se contente pas seulement de noter les différences. Il trie, il range, il catalogue, il hiérarchise. Pire, il peut dans les cas extrêmes, rêver d’appliquer la vision eugéniste de certains éleveurs de chiens ou de chevaux aux êtres humains. Sont considérés comme « de race » écrit Littré – car les élevages existaient déjà à son époque – ceux qui « descendent directement de la souche, de la race, sans croisements ».

« Ouais, mais ça fait un peu long quand même »

Au pire du pire, celui qui croit encore qu’il y a des races peut même, quand on lui propose une PMA, et si un jour on lui propose une GPA, vouloir choisir sur catalogue le géniteur ou la génitrice afin d’avoir une chance d’avoir un enfant blanc s’il est blanc, noir s’il est noir, etc.

Pas de ça Lisette ! C’est pour éviter de telles dérives que le décret « substitue à la notion de race la notion de prétendue race ». Donc Mounia, il aurait fallu écrire « Niquez vos prétendues races ».

Alors, bien sûr, on peut aussi chercher une autre formule, qui prenne en considération les différences morphologiques sans plus prononcer le mot maudit. Pour ma part, j’ai trouvé ! C’est chez Buffon. On ne fait pas plus « scientifique »… Il s’agit des « variétés dans l’espèce humaine ». Je suis fière de ma découverte.

« Ouais, mais ça fait un peu long quand même », me dit Mohamed qui joue au foot avec son pote, et à qui je tente de communiquer mon enthousiasme. Sans comprendre la vraie portée de cette remarque, je me replonge dans la passionnante lecture de l’« Histoire naturelle », tandis qu’il reprend son jeu. Mais soudain, tombé par terre sur le gravier coupant après un croche pied vicieux de son copain Martial, il hurle « Nique ta race ! » Je corrige : « Ta  prétendue race, Mo’, ta prétendue race »… C’est vrai que « nique ta variété dans l’espèce humaine », c’était « un peu long ».

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 10:10

L’islam politique doit être combattu comme le suprémacisme racial

La religion n’est pas une couleur de peau!
par

Au lendemain de l’attentat suprémaciste blanc de Charlottesville, la société américaine a prouvé sa capacité de mobilisation. Même la Silicon Valley passe (enfin) à l’action contre les groupes racistes et néo-nazis. Et c’est tant mieux, même si les autorités devront veiller à éviter les débordements d’une chasse aux sorcières incontrôlée, et si le risque de censure politiquement correcte est bien réel.

Après Barcelone, Cambrils, Alcanar, peut-être Sourgout en Sibérie et Turku en Finlande, et en tout cas une longue litanie de Toulouse à Levallois-Perret, voit-on quoi que ce soit de comparable se mettre en place contre l’islam politique ? Non. Les Etats agissent, mais la société civile tarde à prendre sa part de la nécessaire mobilisation. Pourquoi ?

La religion, une tradition héritée?

Bien que les raisons soient multiples, l’une me semble saillante, et à terme particulièrement problématique : la vision de la religion avant tout comme une tradition héritée, et non pas une conviction choisie.

Bien sûr, le prisme américain de beaucoup de médias, et évidemment des réseaux sociaux, est une première explication. Vu des Etats-Unis, où les musulmans représentent environ 1 % de la population, l’islam politique est un danger lointain et hypothétique. En revanche, l’extrême-droite raciste blanche est un danger immédiat bien réel, d’autant plus que l’attitude de Donald Trump à son égard manque singulièrement de clarté. Les priorités de la Silicon Valley n’ont donc rien d’étonnant.

Je ne crois pas cependant que ce soit l’explication principale. Le cœur du sujet est l’assimilation par la pensée « politiquement correcte » de la critique d’une religion à du racisme.

Une distinction pas toujours évidente

Bien sûr, la déchristianisation de l’Occident y contribue, puisque beaucoup de personnes de culture chrétienne n’y voient plus qu’un ensemble de traditions, que l’on peut souhaiter perpétuer sans pour autant adhérer aux croyances ni aux valeurs qui y étaient jadis associées. Spontanément, ces personnes imaginent que la situation est la même pour tous.

Et pourquoi pas ? Quelle que soit la religion, une part plus ou moins grande des fidèles y adhère par affection pour ses traditions, par loyauté familiale, ou pour faire partie d’un groupe en partageant ses coutumes. Beaucoup ont bien d’autres préoccupations que la théologie, et estiment avoir la religion qui leur a été enseignée dans leur enfance tout simplement parce qu’ils n’ont jamais eu de raison de réfléchir sérieusement à la question. Il n’est pas toujours simple de distinguer une appartenance par tradition d’une appartenance par véritable adhésion.

Mais n’est-ce pas la même chose pour des convictions politiques ? Il est très probable que parmi les manifestants « suprémacistes » de Charlottesville, un bon nombre n’était là que par affection pour ce qu’ils perçoivent comme d’innocentes traditions, ou par fidélité envers un engagement habituel dans leur famille. Faut-il pour autant les dédouaner de toute responsabilité lorsqu’ils participent à un cortège dans lequel on brandit des drapeaux nazis ?

Apostasie et assignation raciale

Bien sûr, on peut adhérer très sincèrement et profondément à une religion, sans adhérer à tout son enseignement officiel. Ce n’est pas « tout ou rien », et des millénaires de controverses et de réformateurs religieux sont là pour le prouver ! Ce qui prouve, au passage, qu’une foi sincère n’est pas par essence incompatible avec l’exercice du libre-arbitre et de l’esprit critique.

Pour un croyant, critiquer les traditions, les symboles et les mythes qui l’ont conduit à la conscience du divin est parfois difficile, terrifiant même puisque cette démarche suppose une forme de distanciation, même temporaire, et semble ouvrir la possibilité de ne plus croire. Mais même si cette difficulté bien réelle doit être comprise et reconnue, elle ne saurait excuser un éventuel soutien aveugle à une doctrine.

Les non-croyants ont donc à nuancer leur vision des croyants, à ne pas les rendre responsables de tous les enseignements liés à leur croyance, mais les croyants ont, eux, la responsabilité d’exercer leur esprit critique vis-à-vis de leur religion.

Croire n’est pas soutenir aveuglément

Pour un croyant, critiquer les traditions, les symboles et les mythes qui l’ont conduit à la conscience du divin est parfois difficile, terrifiant même puisque cette démarche suppose une forme de distanciation, même temporaire, et semble ouvrir la possibilité de ne plus croire. Mais même si cette difficulté bien réelle doit être comprise et reconnue, elle ne saurait excuser un éventuel soutien aveugle à une doctrine.

Les non-croyants ont donc à nuancer leur vision des croyants, à ne pas les rendre responsables de tous les enseignements liés à leur croyance, mais les croyants ont, eux, la responsabilité d’exercer leur esprit critique vis-à-vis de leur religion.

En outre, on sait que l’islam refuse généralement l’apostasie. L’assignation « raciale » d’un individu à la religion de ses parents ne peut que convenir parfaitement à ceux dont la priorité reste le contrôle de la communauté musulmane elle-même, et qui craignent plus que tout qu’un esprit critique vis-à-vis du dogme se répande au sein de l’oumma.

L’objectif est double : placer les autres cultures (en particulier l’Occident) en position d’infériorité, et faire taire en interne les musulmans réformateurs. A ce titre, l’odieuse accusation d’islamophobie portée contre Kamel Daoud après son analyse des agressions sexuelles de Cologne est particulièrement révélatrice.

Une croyance doit rester un choix

Ceux qui considèrent que la critique des religions est une forme de racisme sont donc les complices, volontaires ou non, d’une entreprise totalitaire visant à supprimer la liberté de conscience.

Or, à moins de nier aux individus tout libre-arbitre, une croyance est et doit rester un choix, que cette croyance soit politique, philosophique ou religieuse. Et comme tout choix, celui-ci s’accompagne d’une part de responsabilité.

Vouloir exonérer les musulmans de cette responsabilité, c’est les assigner à une identité de naissance. Être indulgent vis-à-vis de l’islam politique pour ne pas « stigmatiser les musulmans », c’est refuser de voir qu’on peut être musulman tout en dénonçant ce qui dans l’islam conduit au totalitarisme conquérant. C’est croire les musulmans incapables de procéder à un examen critique d’eux-mêmes et de leurs croyances. C’est les infantiliser, les considérer comme structurellement irresponsables, donc inférieurs. C’est du racisme.

Islamisme et suprémacisme racial

L’islam politique est aussi malsain que le suprémacisme racial, et au moins aussi dangereux. Il doit être combattu avec la même détermination.

La religion n’est pas une couleur de peau ! La liberté de conscience est un droit que nous devons défendre sans tolérer la moindre compromission, et une responsabilité que nous devons rappeler. Mais elle ne s’applique pas qu’aux seuls musulmans. La mobilisation contre le KKK et les néo-nazis doit être étendue à la lutte contre les groupes salafistes, wahhabites, ou la nébuleuse des Frères musulmans. Chacun d’entre nous en est responsable.

 

 

 

 

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 09:00

Le christianisme, lui, a su se souvenir de ses racines païennes

par

Aurélien Marq

Dans un très bel article, Pierre-Henri Picard évoque les racines chrétiennes de l’Europe. Il a raison. Même si elle ne s’y limite pas, le christianisme comme la chrétienté sont constitutifs de notre civilisation. Notre laïcité est en grande partie née de la sécularisation de valeurs chrétiennes, et même nos travers, lorsque certaines de celles-ci deviennent folles, pour reprendre la formule célèbre de Chesterton. Et pourtant.

Le christianisme a eu l’immense mérite d’insister sur la compassion et le respect des individus en tant qu’individus. C’est un message qu’il faut continuer de rappeler et de défendre. Mais la liberté de pensée, le droit de débattre, la démocratie, la science, la responsabilité et l’émancipation, c’est au paganisme que nous les devons. Les idéaux des Lumières sont une résurgence de l’Antiquité, de ce monde hellénistique né d’Athènes et de l’empire d’Alexandre. Nous sommes, du moins j’ose l’espérer, les héritiers d’Hypatie plus que de la foule qui l’a lynchée !

L’islam croit que ce qui le précède n’est qu’« ère de l’ignorance »

Faut-il pour autant ressasser l’édit de Théodose, la fermeture des écoles des philosophes, l’abattage de l’Irminsul, les bûchers de l’Inquisition et le procès de Galilée ? Non ! Même si le chemin fut long, le christianisme européen accepte maintenant la pluralité des religions, et a pratiquement fini d’adopter les plus belles des valeurs païennes. Au demeurant, du moins en Europe, très rares sont aujourd’hui les chrétiens à ne pas juger ces valeurs conformes au message évangélique et aux fameuses racines chrétiennes, ou plus exactement judéo-chrétiennes. Même s’il ne l’applique hélas pas toujours, l’Occident a – enfin – fini par adhérer à la règle d’or du rabbin Hillel, reprise du livre de Tobie : « Ce qui est détestable à tes yeux, ne le fais pas à autrui. »

L’adoption, d’ailleurs, a commencé bien plus tôt qu’on ne le croit souvent. Contrairement à l’islam qui considère que ce qui le précède n’est que jâhilîya, « ère de l’ignorance », le christianisme a très vite revendiqué son admiration pour certaines figures de l’Antiquité. Qu’on pense aux Neuf Preux célébrés au Moyen-Âge, modèles de chevalerie, qui rassemblent trois héros païens, trois héros juifs de l’Ancien Testament et trois héros chrétiens. Ou aux Neuf Preuses, de Penthésilée et Sémiramis à Sainte Brigitte en passant par Esther et Judith, à une époque où la place des femmes était bien moins caricaturale qu’on ne le croit trop souvent.

Et les trois derniers Papes ont clairement affirmé que « cette rencontre de l’Évangile et de la culture gréco-latine entrait dans le plan divin. »

Le paganisme contre les excès de notre temps

Pourquoi, alors, est-il si important d’insister sur nos racines païennes ?

D’abord, parce que nous le leur devons bien ! Et nous le devons à toute l’Humanité, étant les dépositaires de cet héritage. Tous, nous serions plus pauvres, nous serions amputés d’une précieuse part de beauté et de grandeur, sans le Livre pour Sortir au Jour, sans Homère, l’Hymne à Zeus de Cléanthe, la Théogonie d’Hésiode, ou le De natura deorum de Cicéron, comme nous le serions si nous perdions les Eddas, le Rig Veda, le Tao te king, les Sûtras, les Analectes, le Kojiki… ou les cathédrales gothiques et le Cantique de Frère Soleil.

Ensuite, parce que nous avons besoin d’elles, et de plus en plus. La chrétienté ne survivra pas sans ses racines païennes, et il est fort possible que le christianisme ne survive pas non plus s’il les oublie. Ou alors, ce qui serait probablement pire, il régresserait vers l’obscurantisme et l’intolérance, comme dans ces parties des Etats-Unis où il sert à interdire l’enseignement de la théorie de l’évolution et à condamner les relations sexuelles avant le mariage, mais reste silencieux devant la misère humaine et la destruction des écosystèmes.

En Europe du moins, nous sommes confrontés notamment à deux défis majeurs. Le premier est le libéralisme débridé, marchandisation du monde et chosification des êtres. S’il n’est pas dénaturé, le christianisme a en lui-même de quoi l’affronter, sa doctrine sociale s’appuie sur des fondements philosophiques et théologiques solides. Bien sûr, Cléanthe, qui trois siècles avant que Jésus n’enseigne le Notre Père proclamait que tous les humains pouvaient appeler Zeus « Père », nous pousse aussi à prendre conscience de la dignité intrinsèque de chacun. Et le paganisme, qui voit le sacré dans l’immanence et pas seulement la transcendance, semble plus naturellement en phase avec les préoccupations écologiques de notre temps. Mais l’Incarnation est bien une immanence

et quand Saint François écrivit « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre » il donna à notre planète l’un de ses plus beaux noms, dont il serait évidemment temps de tirer les conséquences.

Le christianisme ne doit pas se fondre dans l’islam

Toutefois, face au second défi, qui est la présence massive de l’islam sur le sol européen et la montée en puissance mondiale de l’islam politique, la conscience de notre héritage païen est une nécessité vitale, y compris pour le christianisme.

Le dialogue islamo-chrétien est indispensable. Il recèle de nombreux espoirs, mais aussi de nombreux dangers. D’une part, autant certains musulmans engagés dans cette démarche sont parfaitement honnêtes, autant d’autres ne visent qu’à instrumentaliser leur interlocuteurs pour se donner une apparence d’ouverture et endormir la méfiance des pouvoirs publics. D’autre part, lorsqu’il fait passer son désir de paix avant l’exigence de vérité, se focalisant sur la recherche d’un terrain d’entente, le christianisme risque de se renier pour devenir une version édulcorée de l’islam, à force de dire que « nous avons le même dieu », ou « nous appartenons tous à des religions du Livre ». Ce qui, par parenthèse, est faux. Seul l’islam est une religion du Livre. Le judaïsme est une religion de l’Alliance, et le christianisme de l’Incarnation. Et, pour faire simple, l’islam recherche avec son dieu une relation de soumission et de jugement, le judaïsme de dialogue et de respect mutuel, le christianisme d’amour et de salut.

Mais comme tous les occidentaux aujourd’hui, les chrétiens ont la tentation d’abandonner le projet exigeant d’une paix durable bâtie sur un dialogue de vérité, pour accepter toutes les approximations et tous les accommodements dans l’espoir qu’on les laisse en paix !

Un piège tendu aux chrétiens

Nos ennemis l’ont d’ailleurs bien compris. En juillet 2016, la revue de l’État islamique, Dabiq, faisait montre d’une vaste connaissance des enjeux du concile de Nicée en reprenant les arguments des unitariens pour expliquer que les trinitaires, donc les chrétiens contemporains, sont polythéistes et que conformément au Coran il est donc licite de les tuer. En France même, un thuriféraire des salafistes dévoile qu’ils préféreraient « une Europe réconciliée avec ses origines monothéistes, ayant remis à sa place le spectre de l’empire Romain », estimant que « la chrétienté a ressenti le besoin d’ancrer sa « renaissance », par delà un Moyen-Âge dominé par l’islam, dans une filiation imaginaire à l’antiquité gréco-romaine. » Rejetant la science au sens contemporain du terme, « cette science maudite, qui (…) découle nécessairement de la réintroduction d’Aristote dans la pensée chrétienne », il loue le tristement célèbre Ibn Taymiyya et aspire à « une conscience monothéiste partagée ».

Voilà le piège aujourd’hui tendu aux chrétiens, brillamment analysé par l’islamologue Marie-Thérèse Urvoy. Rendre artificiellement le christianisme « islamo-compatible » le détruirait plus sûrement que n’importe quelle persécution. C’est, en somme, ce qu’écrivait déjà Chesterton en faisant un portrait saisissant et presque prophétique de ce que seraient l’État islamique, mais aussi les wahhabites et salafistes de toutes obédiences : « C’est du désert, des lieux arides sous des soleils insupportables, que nous viennent les fils cruels du Dieu solitaire, les vrais unitariens qui, le cimeterre à la main, ont dévasté le monde. Car il n’est pas bon que Dieu soit seul. »

Là où le Dieu farouchement unique de l’islam surplombe ses créatures et agit sur elles, le Dieu chrétien se tient au milieu de ses enfants et agit avec eux.

L’islam est la religion du Livre

En tant qu’incarnation du Verbe, le Christ est plus proche d’Athéna, qui discute et débat avec ses protégés et dit à Achille : « Aujourd’hui, nous allons remporter ensemble une grande victoire », que d’un Coran « éternel et incréé » qui s’impose à l’homme sans possibilité de dialogue, sans que la créature ne puisse devenir co-auteur de la création. Cette co-création qui est au cœur de la messe catholique, où la prière juive traditionnelle « Béni sois-tu, Dieu de l’Univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes » est reprise pour faire du corps du Christ une œuvre conjointe de Dieu, la Nature et l’Homme.

Il suffit de regarder l’art médiéval, de cette époque à laquelle le soutien des salafistes évoqué plus haut n’a manifestement pas compris grand-chose, pour voir d’innombrables sculptures, peintures ou vitraux où Dieu élève son fils pour qu’il trône à ses côtés, et fait même d’une mortelle, Marie, la « reine des Cieux ». Il est là bien proche de Zeus, qui élève nombre de ses enfants et héros mortels à l’apothéose, à devenir des dieux et à le rejoindre sur l’Olympe. Loin d’un dieu ne supportant pas même l’idée qu’on puisse attribuer des bienfaits à des « associés », Zeus et Yahvé sont assez grands pour ne pas craindre la grandeur des autres, mais au contraire la porter à sa plénitude, la consacrer, et l’encourager à agir.

Après tout, le Christ a laissé venir à lui des juifs comme des païens, épargné la femme adultère, discuté d’égal à égal avec celles et ceux qu’il rencontrait. Il y a plus de chances pour qu’il soit fils de Zeus, frère d’Athéna et d’Apollon, que prophète d’un dieu dominateur qui ordonne les lapidations, interdit la musique et voue à la damnation ceux dont le seul tort est de croire en d’autres divinités que lui.

Zeus n’est pas Cronos

Mais il ne s’agit pas pour autant de rejeter l’autre par principe ! Tous les musulmans n’ont pas de leur dieu la vision inquiétante qui se dégage d’une lecture littérale du Coran, loin de là, et beaucoup ont d’autres guides dans leur vie que la seule religion, à commencer par la simple bonté d’âme et l’humanité, au sens noble du terme.

Chrétiennes ou païennes, nos racines nous obligent d’ailleurs plus généralement à l’ouverture, sans naïveté mais sans crispation identitaire. Comme l’écrivait Cicéron il y a plus de deux millénaires : « De même qu’ils ont soin de nous, les Dieux ont soin de ces peuples dont nous ignorons tout, et qui vivent dans des pays si lointains que nous n’en imaginons même pas l’existence. »

Il s’agit simplement de voir qu’il y a une différence fondamentale entre Zeus, qui appelle ses enfants à le rejoindre dans les hauteurs, et Cronos, qui les dévore pour rester seul au sommet. Entre Osiris, souverain bienveillant, époux d’Isis et père d’Horus, et Seth, maître implacable et solitaire du désert. Les scribes des pharaons auraient parfaitement compris de quoi parlait Chesterton.

Nos racines, toutes nos racines

Une dernière précision : la France étant un pays latin, j’ai insisté sur nos origines hellénistiques. Mais n’oublions pas pour autant les autres, en particulier celtes ou germaniques, en nous astreignant à préférer l’exactitude aux clichés. Notre plus ancienne source sur « nos ancêtres les Gaulois » est Posidonios d’Apamée, syrien, choisi comme scolarque du Portique, professeur de Cicéron et Pompée, qui considérait les Gaulois comme parfaitement civilisés et assimilait les druides qu’il rencontra aux philosophes de la Grèce. Outre leur influence sur les contes de Grimm qui bercèrent l’enfance de tant d’entre nous, les mythes scandinaves et la sagesse d’Odin valent infiniment mieux que les caricatures perverses instrumentalisées par les nazis et leurs sinistres continuateurs. Enfin, il faut rappeler que les religions anciennes ont bien plus de lien entre elles que la plupart des gens ne l’imaginent. A titre d’exemple, on trouve très exactement la même légende dans l’ancienne Egypte au sujet du dieu-soleil, Râ, retiré dans sa tente d’où le fait sortir la danse d’Hathor, et dans le Japon du premier millénaire au sujet de la déesse-soleil, Amaterasu, retirée dans une grotte d’où la fait sortir la danse d’Ameno Uzume.

A l’heure où nous nous interrogeons sur l’essence de notre culture et la sentons menacée, il est important de ne pas oublier tout ce que nous devons à notre héritage judéo-chrétien. Mais il est tout aussi important de nous rappeler que notre civilisation est née dans l’agora d’Athènes, l’université d’Alexandrie et le sénat de Rome, l’Althing de Thingvellir et les assemblées des druides, au moins autant qu’à Jérusalem. Alors que l’islam politique mais aussi « l’ubérisation » s’attaquent aux fondements même de ce que nous sommes, il est précieux de pouvoir puiser à nos racines. Toutes nos racines.

 

 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 17:07

Immigration : les chiffres du déni
Jean-Loup Arnaud

L’interdiction des statistiques ethniques est un cache-sexe misérable qui vise à rassurer, à dissimuler, à entretenir des illusions, à faire croire que le ressenti individuel est « une péripétie du quotidien ». Ainsi, selon le démographe Hervé Le Bras, compte tenu des mouvements d’entrées et de retours, l’immigration en France n’a pas augmenté depuis vingt ans. Fermez le ban !

Comment en savoir plus

Il est reconnu que le nombre de demandeurs d’asile a augmenté en 2016 et il est probable qu’il augmente encore en 2017 et les années suivantes. Le taux d’acceptation ne variant guère, le nombre de bénéficiaires du droit d’asile suit. C’est fatal de par les dispositions de la convention de Genève, les guerres et persécutions. Selon le Premier ministre, il faut s’en réjouir car nous n’avions pas jusqu’à présent pris la part que nous aurions dû prendre

On nous dit depuis au moins 10 ans que les reconduites des demandeurs d’asile déboutés seront sinon systématiques, du moins beaucoup plus nombreuses ? Ce qui ne résulte pas des statistiques communiquées toujours avec un grand décalage et jamais vérifiées. Combien de reconduites en juillet ? Combien sont prévues en août et septembre ? Quel est le coût de ces reconduites ? Combien de ces reconduits au cours des dernières années sont revenus clandestinement ?

Du regroupement familial comme dogme

On nous dit depuis près de trente ans que des accords seront passés avec des Etats africains afin que ceux qui envisagent de quitter leur pays puissent trouver du travail chez eux. Combien d’accords ont été conclus ? Quel a été le montant versé par la France ? Les résultats ont-ils été évalués ? Quel sera le montant affecté à ces accords en 2018 et les années suivantes ?

On nous dit que le regroupement familial ne concerne qu’environ 25 000 personnes par an. La Cour des comptes a-t-elle procédé à une vérification de ces données ? Est-il envisagé de modifier les critères, voire de suspendre cette faculté ?

On nous dit que le nombre de naturalisations est constant, sans qu’on puisse le vérifier. Les conditions requises vont-elles évoluer, notamment en ce qui concerne la déclaration sur l’honneur de ne pas participer à des mouvements racistes , antisémites et antisionistes, puisque selon le président « l’antisionisme est la forme déguisée de l’antisémitisme » et constitue donc un délit ?

Combien ça coûte?

On nous dit que l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte. Ce qui suppose qu’on connaît le coût global de l’immigration et sa décomposition. Mais ces données restent secrètes. Transparence sur les remboursements de frais des élus, opacité sur le coût de l’immigration.

Jusqu’à quand tout cela va-t-il durer ? Certes ce n’est pas nouveau, pas imputable à la gestion récente du président, de son gouvernement. Mais est-ce une raison pour ne rien faire, ne rien dire, ne rien changer ? Plus ça devrait changer, moins ça change. Désormais tout sera comme d’habitude.

On va sans doute vous ressortir l’argument habituel : il ne faut pas attiser les peurs. Mais ce n’est pas en cassant le thermomètre ou en le cachant qu’on fera baisser la fièvre.

 

 

 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 17:02
François, le pape qui ne savait plus être pape
par

Le message du pape François sur les migrants, rédigé le 15 et publié le 21 août, est tellement caricatural, tellement détaché des réalités géopolitiques d’aujourd’hui, qu’on pourrait croire à un faux, un pamphlet concocté sur-mesure pour rendre haïssables la papauté et toute la chrétienté avec elle. Qu’on en juge par la seule phrase : « Il faut faire passer la sécurité personnelle (des migrants) avant la sécurité nationale », écrite deux jours après les sanglants attentats de Catalogne !

Y a-t-il un pilote dans l’avion?

Cet appel à l’invasion de l’Occident par des populations qui dans leur immense majorité ne sont pas chrétiennes est contraire à toute la tradition théologique du christianisme. On dirait que ce texte ahurissant a été rédigé par un homme qui ne sait pas qu’il est le chef du catholicisme et doit veiller à ses intérêts et à sa propagation. Le mouvement initial du christianisme est centrifuge : à la fin de son passage sur terre, le Christ dit à ses apôtres : « allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mathieu, 28, 19-20). L’esprit de conquête s’est certes émoussé aujourd’hui, les chrétiens ne pratiquent plus la conversion que par la douceur et la conviction, à l’inverse de l’islam radical qui reste conquérant par le sabre, l’épée et les voitures des écraseurs. Mais voilà qu’un pape propose un étrange mouvement centripète : que toutes les nations non-chrétiennes viennent s’installer en Europe !

Le beau film de Scorsese Silence a été mal compris. Les missionnaires jésuites qui partirent à l’assaut du Japon eurent certes quelques succès dans la propagation de cette religion étonnante qui est la seule à proposer un amour passionnel entre Dieu et sa créature. Mais ils se heurtèrent à un Japon très raffiné, très sûr de lui, convaincu de l’excellence de sa civilisation. En sortant de la salle de cinéma, je me demandais si Scorsese avait fait un film sur l’héroïsme des martyrs jésuites ou sur la noblesse de la résistance identitaire du Japon. Rappelons que le Japon d’aujourd’hui refuse fermement toute immigration, surtout musulmane. On peut se promener en paix sur les trottoirs de Tokyo ou Nagasaki, aucun bolide islamiste ne viendra démantibuler les passants et mêler à l’asphalte leurs chairs et leurs os écrasés.

Souverain poncif

Le texte puéril du pape oublie complètement la théologie de la Rédemption et le problème du mal. Le Christ est venu pour nous racheter du péché et nous arracher au mal à condition que nous nous tournions vers lui et devenions l’un de ses disciples. Le Christ nous donne le salut si, agissant en toute liberté, nous choisissons de le suivre. Le pape devrait se soucier de l’âme et du salut éternel des migrants avant de se soucier de leur salut temporel. Il devrait donc exiger que ceux-ci se convertissent avant de poser le pied en Europe. L’Eglise catholique est encore riche, avec un peu de logistique et d’organisation, elle pourrait envoyer partout des flottilles chargées de curés et de moines convertisseurs. Le processus d’intégration serait accéléré, car on ne débarquerait sur les ports de la côte nord de la Méditerranée que des voyageurs chrétiens.

Mais le pape a lui-même bouché cette issue raisonnable (la conversion au christianisme des candidats à l’immigration) en déclarant dans le même message : « L’intégration n’est pas une assimilation qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle ». La religion d’un peuple fait partie de son identité culturelle, il me semble. Le pape (ou la personne suspecte qui a écrit ça) tombe en plein dans « l’équivalencisme » contemporain. Tout se vaut. Le rap vaut Beethoven, les tags n’ont pas moins d’importance que Delacroix, Christine Angot c’est kif kif Marguerite Yourcenar ou Simone Weil, les femmes voilées manifestent leur liberté avec autant de force que les femmes « en cheveux », comme on disait au temps de ma mère.

La position démissionnaire

Pourquoi imposerait-on le christianisme aux nouveaux-venus dont certains ont déjà leurs respectables traditions religieuses et culturelles, comme l’excision ou l’assassinat des apostats ? François déclare que tout se vaut, donc François ne croit pas à la supériorité du christianisme ! C’est comme si M. Michelin parcourait les rues de Clermont-Ferrand en voiture montée sur pneus Dunlop. Il faut que le soi-disant chef de l’Eglise catholique change de job au plus vite. Reviens Benoît XVI, ton successeur est devenu fou ! Toi au moins tu avais eu l’audace de poser l’épineux problème des rapports entre l’islam et le mal.

Je ne reviendrai pas sur les arguments contre l’immigration de masse que tout le monde connaît : ses liens évidents avec le terrorisme, les dépenses énormes que doivent assumer les Etats pour entretenir, loger, déloger et reloger ces hôtes qui se sont eux-mêmes invités, la peur identitaire des autochtones qui se voient dépossédés de leur territoire. Je conclurai plutôt par une autre remarque d’ordre théologique. L’archétype de la trahison absolue, c’est le berger qui vend ses moutons aux loups, le chef qui passe secrètement à l’ennemi, l’archange divin qui devient le chef des troupes du mal. Il a beaucoup été question ces jours-ci du « Malin », à propos de la dernière phrase qu’a prononcée le père Hamel avant d’être égorgé. De plus extrémistes que moi pourraient insinuer qu’il circule dans les couloirs du Vatican un bien étrange personnage, qu’un drôle d’oiseau délivre le jour de l’Assomption des messages bien peu inspirés par la Vierge. « La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu’il n’existe pas », disait plaisamment Baudelaire.

 

 

 

Published by Un Sage
17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 17:00

 

Enfin un peu de clarté chez LR

par

François Baudillon

Laurent Wauquiez est candidat à la présidence du parti Les Républicains et serait le favori trois mois avant l’élection en décembre. Selon les medias, il incarnerait une ligne dure, plus proche de celle du FN que de celle des centristes. Le ralliement de Virginie Calmels, premier adjoint d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, n’y changera rien. Pour les médias, le « en même temps » est une marque déposée par Emmanuel Macron et qui ne peut donc pas être utilisée par d’autres.

En fait vous n’en saurez pas beaucoup plus d’ici décembre. C’est le discours officiel, la pensée unique qui vous sera imposée. Il est vrai que Valérie Pécresse, Alain Juppé et les «  constructifs » qui se réunissent à Trouville alimentent une tel discours et annoncent clairement leur départ des Républicains en cas de victoire de Laurent Wauquiez, considéré comme le « fossoyeur de la droite » par Thierry Solère. Pas Nicolas Sarkozy. Ses lieutenants et au premier chef Brice Hortefeux ont pris nettement position pour soutenir Laurent Wauquiez.

François Fillon et NKM ne se sont pas prononcés. C’est sage, il n’y a pas d’urgence. NKM avait lors de sa campagne législative perdue adopté la bonne méthode à l’égard d’Emmanuel Macron en distinguant les points d’accord, les points nécessitant une inflexion et un approfondissement, les désaccords représentant une ligne rouge.

Vague jeuniste et dégagiste

Les Républicains n’échapperont pas à la vague jeuniste et dégagiste instaurée par Emmanuel Macron et son mouvement En Marche. Il appartiendrait aux jeunes militants adhérents républicains de choisir la ligne à adopter. A partir de quel âge et jusqu’à quel âge ? A droite comme à gauche, parmi les pro-Macron comme chez les opposants, le ridicule ne tue plus. Mais il contribue à démobiliser.

Laurent Wauquiez, dans son discours de dimanche près du Puy-en-Velay, a redit qu’il voulait rassembler. Pas original, mais indispensable. Il faut préciser comment réconcilier l’humanisme bonne conscience généreux, surtout avec l’argent des autres, et les revendications d’une France qui souffre, qui se sent dépassée et abandonnée, en termes de sécurité, de services publics, de cadre de vie. Evidemment sur le plan économique et social, des finances publiques, mais surtout sur des thèmes sociétaux tels que l’identité, l’immigration, la lutte contre le terrorisme, l’éducation et la culture.

La droite a déçu

Il  a reconnu que la droite a non seulement perdu mais a aussi déçu. Il a rappelé que «  l’instrumentalisation des affaires de François Fillon nous a tués. » Il a opposé ses valeurs de constance et de fidélité, du gaullisme social à la duplicité d’Emmanuel Macron, son «  vide », considérant que « son seul projet, c’est lui. » Selon Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon ne pourra jamais incarner l’opposition , la gauche s’est ralliée à En marche et, point essentiel, les ex-sympathisants du FN ont compris que ce parti ne sera jamais qu’une impasse, Marine Le Pen incarnant , à tort ou à raison ,la haine et l’incompétence.

Deux droites irréconciliables?

Il a eu le courage de s’en prendre aux commentateurs qui considèrent « que vous ne devriez pas être là, qu’il n’y a plus de droite, plus de place pour l’enthousiasme, l’énergie et l’espoir à droite ». Et puis enfin à tout ce qui discrédite la politique française : la trahison, l’absence de morale, les « gens qui se vendent pour des places ».

« Je veux qu’ils sachent que nous ne céderons plus… Nous avons le devoir de dire la vérité. Ceux qui veulent nous diaboliser sont ceux  qui ne veulent pas faire face à ces vérités. Plaire à tous est la maladie de la politique moderne. »

Il y a donc deux droites en France : la droite d’en haut, la droite des « barons et des baronnes » et la droite d’en bas, la droite populaire diront les uns, populiste jugeront les autres.

 

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