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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:32

 

Les services publics sont menacés

Régis de Castelnau
est avocat.

Syndicaliste de la CGT en grève devant le ministère de l'Economie à Paris, juin 2017. SIPA. 00811400_000005

Les médias amis de Jupiter, font une présentation édulcorée de ce que l’on nous prépare pour mettre à bas le droit du travail français. Pourtant, les informations et les bruits de couloir, dont on peut disposer, indiquent que la technostructure qui est à la manœuvre, pilotée depuis l’Élysée, nous concocte de jolies choses.

Il sera temps lorsque les projets d’ordonnance vont circuler de faire un point complet, mais il n’est pas inintéressant de prendre un peu d’avance. Des bruits insistants nous annoncent la fin du fameux article L-122-12 du code du travail qui a fait transpirer beaucoup de juristes, et qui s’appelle aujourd’hui L 1224-1. Il dispose :

 « Lorsque survient une modification dans la situation juridique de l’employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société de l’entreprise, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise. »

Il y a des gens derrière le robinet

Cette réglementation tout à fait essentielle organise le transfert de tous les contrats de travail au nouvel employeur qui a repris une activité exercée par une autre entreprise, quelle que soit la forme de cette reprise. Cette mesure est très importante dans le domaine des services publics, ceux que l’on ne voit pas s’effectuer mais qui sont tout à fait essentiels pour notre vie de tous les jours.

À force de vivre dans une société complexe mais surtout très organisée, on oublie que, lorsque nos enfants mangent à la cantine, il y a quelqu’un qui a préparé la bouffe, que lorsque l’on dépose nos poubelles sur le trottoir, il y a des gens qui vont les ramasser et d’autres qui vont les traiter pour les éliminer. Et quand on ouvre notre robinet, l’arrivée de l’eau courante est due au fait qu’il y a des gens qui s’activent. Cela vaut pour les transports aussi, et pour toutes ces activités qui relèvent de ce que l’on appelle le service public. Mais qui est un domaine où la remise en concurrence périodique est obligatoire.

Ainsi par exemple, la société de restauration qui fournit les hôpitaux, les cantines, les prisons, etc. peut très bien perdre un marché à la remise en concurrence, les clients considérant que leur offre n’est pas la meilleure, la moins-disante comme on dit. La règle veut que le nouvel attributaire prenne en charge les contrats de travail en cours, qui liaient les salariés à l’ancien attributaire. La loi El Khomri avait, bien sûr, prévu de faire sauter cette règle protectrice des salariés. Pensez donc ! L’opposition des syndicats a permis qu’elle ne soit qu’un peu abîmée mais l’obligation de reprise est restée. Il semble que sur le Panthéon de l’Élysée, on en ait décidé autrement. Ce ne sont que des bruits, mais ils sont très inquiétants.

Le champ de la « propreté » est particulièrement concerné. Il s’agit de tout ce qui concerne la question des déchets, ménagers ou industriels, domaines ou les salariés ne s’appellent plus « éboueurs » mais « agents ». Et aussi les activités de ménage, celui assuré par des « techniciens de surface », en général techniciennes, celles que l’on voit tôt le matin, se presser dans le métro ou sur les trottoirs, vers tous ces endroits qui devront être propres pour l’arrivée des cols blancs.

« La France doit réformer ! »… 

Eh bien voyez-vous, comme le disent d’une seule voix Juncker, Schaüble, Merkel et Moscovici, « la France doit réformer ! » Non mais ! Les éditorialistes de la presse qui savent tout mais ne comprennent pas grand-chose, attendent avec gourmandise les trains de mesures qui non seulement ne feront pas reculer le chômage mais vont l’aggraver.

Pourquoi le passage à la trappe de l’« article L 1224-1» du code de travail serait-il particulièrement pervers ?

Pour l’expliquer, prenons l’exemple de la question de la collecte et du traitement des déchets ménagers. Ces services publics ont en général été délégués à des professionnels, des grandes sociétés de services dont il faut d’ailleurs passer son temps à dire du mal parce qu’elles font des profits, et en général font plutôt bien le boulot. Pour faire joli, elles appellent ça « la propreté » et emploient près de 400 000 salariés. En Île-de-France 60 % de ceux-là sont originaires de pays hors-UE. Et il suffit de les regarder aux culs des camions poubelles pour savoir de qui il s’agit. Ateliers non mixtes encore. Les grandes sociétés, pour des raisons d’efficacité mais aussi en raison des exigences justifiées des personnes publiques qui lancent les appels d’offres, ont mis en place des systèmes, de formation et d’intégration des populations d’origine immigrée qu’elles emploient. C’est peu connu et c’est dommage, car si le capital exploite, il n’est pas fou et se montre capable d’une intelligence à moyen terme. Les grands opérateurs savent, lorsqu’ils concourent à un appel d’offres, qu’ils peuvent le perdre. Mais ils ont cette garantie que dans ce cas les salariés seront repris par le nouvel exploitant qui en aura l’obligation.

…et les salariés trinquer?

Imaginons que celle-là disparaisse. Conséquence : la société évincée sera contrainte de licencier tous les salariés auparavant affectés à cette activité qu’elle a perdue. On imagine la catastrophe. On imagine aussi la façon dont risque de se dérouler la concurrence avec une guerre des prix par le bas, où il sera facile de pratiquer un dumping salarial meurtrier. Pour faire le sale boulot, le boulot dur, ce ne sont pas les bras des immigrés, clandestins ou pas, qui manquent et qui sont prêts à tout accepter. Il sera facile d’être le moins disant, dès lors que les freins à l’exploitation auront sauté. « Il fallait à mon concurrent 20 personnes pour faire un boulot, je m’engage à le faire avec 10. Il les payait au-dessus du SMIC, je m’engage à essayer de les payer moins. En plus, j’ai des filières pour faire venir des immigrés dociles qui ne se mettront jamais en grève etc. » Caricature ? Est-ce si sûr ?

Le diable, jupitérien ou pas, se loge toujours dans les détails et il risque d’y en avoir beaucoup de cette sorte.

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:11

Une suite au feuilleton de l’été 2016

Auteur

Kaoutar Seghrouchni Idrissi
Juriste

L’affaire du burkini a défrayé la chronique durant l’été 2016. Cette épopée juridique, qui concernait une trentaine de communes, a commencé avec la prise d’un arrêté municipal interdisant le burkini à Cannes. Pas moins de 31 communes du littoral ont immédiatement suivi le mouvement : Nice, Villeneuve-Loubet, Fréjus, sur la Côte d’Azur et ailleurs en France.

Un étrange arrêté marseillais

Un an plus tard, la ville de Marseille, très prudente, vient de prendre un arrêté interdisant le burkini sans le nommer. La ville impose en effet « le port d’une tenue de bain (…) obligatoire pour tous les baigneurs », interdisant le naturisme dans la foulée. L’arrêté municipal énonce également la nature de la tenue de bain en question qui ne « devra pas entraver l’aisance dans l’eau et constituer un frein au sauvetage ». Tenue de ski comme burkinis sont donc interdits, sans même que leur dénomination n’apparaisse dans l’acte administratif. « C’est normal. Ça permet à la police de dire aux gens qui vont dans l’eau avec des tenues inappropriées qu’ils doivent sortir. C’est valable pour le burkini comme pour le bleu de travail. Si vous voulez mettre une tenue de ski sur la plage, c’est possible. Mais vous ne pouvez pas vous baigner avec », explique Didier Réault, l’adjoint délégué aux plages. Pour l’instant, Marseille a échappé à l’œil de Moscou du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Le cas échéant, la Ville se serait également retrouvée en justice, à l’instar d’autres communes littorales.

Le Conseil d’Etat consulté en urgence

L’été dernier, ce feuilleton avait contraint le Conseil d’Etat à rendre jurisprudence en la matière via une procédure d’urgence. C’est ainsi que l’arrêté de Villeneuve-Loubet avait été suspendu et invalidé par un avis du Conseil d’Etat en date du 26 août 2016, qui avait infirmé le jugement du tribunal administratif de Nice du 23 août de la même année. Certains arrêtés, dont ceux de Nice, du Touquet, de Cannes, ou de Fréjus ont ainsi été suspendus et invalidés, suivant pour la plupart la décision de principe rendue par le Conseil d’Etat.

Seule Sisco a vu son arrêté validé par la justice en raison de sa situation particulière. Il a fallu qu’une rixe éclate, le 13 août 2016, sur la plage de cette ville de Haute-Corse entre des villageois et une famille d’origine marocaine, venue d’une banlieue de Bastia : trois véhicules ont été incendiés et cinq personnes blessées sans que l’origine de la rixe n’ait été déterminée avec précision. L’on sait simplement que la famille « d’origine maghrébine » – selon les termes du parquet – aurait tenté de « privatiser » la plage par « violence avec armes ». L’incident ayant provoqué des tensions communautaires, contrairement aux autres communes, le maire PS de Sisco, Ange-Pierre Vivoni, a déclaré sans ambages qu’il ne se sentait pas « concerné par la décision du Conseil d’Etat » du 26 août dernier. Ainsi, en septembre 2016, le tribunal administratif de Bastia rejetait la requête en référé (procédure d’urgence) – de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) qui requérait la suspension de l’arrêté « anti-burkini » pris par le maire de Sisco. Le tribunal administratif avait alors estimé que le port du burkini était « de nature à générer des risques avérés d’atteinte à l’ordre public qu’il appartient au maire de prévenir ».

Clochemerle à Sisco

Le 26 janvier 2017, le tribunal administratif de Bastia avait décidé, en procédure d’urgence, de valider l’arrêté de Sisco, mais pas celui de Ghisonaccia dont il devait également évaluer la validité. En effet, le trouble à l’ordre public étant avéré dans le premier cas, l’arrêté fut le seul de ce type à être validé par un tribunal administratif envers la décision du Conseil d’Etat.

Mais l’épopée ne s’arrête pas là. La LDH ayant interjeté appel de la décision du tribunal administratif de Bastia, les juges du fond devraient rendre leur verdict de deuxième instance le 3 juillet. C’est ainsi que le fameux arrêté de la commune de Sisco se retrouve pour la quatrième fois devant la justice. Mais avant cette décision, dès le 19 juin 2017, Michaël Revert, le rapporteur public de la Cour administrative d’appel de Marseille, dont la compétence inclut le tribunal administratif de Bastia et donc la commune de Sisco, avait donné raison au maire de la ville corse considérant ainsi comme légal l’arrêté anti-burkini. Qu’en sera-t-il ? Réponse le 3 juillet.

Un trouble à l’ordre public avéré

Toujours est-il que le tribunal administratif a pris soin de détailler sa position, expliquant que « la présence sur la plage de burkinis ayant été perçue comme l’étincelle qui a mis le feu aux poudres, le tribunal a estimé que la présence sur une plage de cette commune d’une femme portant un tel costume de bain aurait été de nature à générer des risques avérés d’atteinte à l’ordre public ». A cela, le maire de Sisco n’hésite pas à réagir, se félicitant de cette décision : « Le rapporteur nous a donné une fois encore raison. C’est sans ambiguïté aucune, je ne devais pas l’abroger. Mais c’est une histoire à épisodes. C’est la quatrième fois que nous sommes devant les tribunaux, j’aimerais que cela se finisse ».

Il s’agit en effet de la seule commune où une rixe a éclaté, faisant plusieurs victimes et blessés, et ayant nécessité l’intervention des forces de l’ordre. Le tribunal administratif a considéré que le trouble à l’ordre public était établi. Michaël Revert juge que « le maire n’avait ni à retirer ni à abroger cette mesure », se fondant sur le fait que c’était « le port de tenues proches du hijab » qui, selon des témoins, avait déclenché les affrontements. Il ne cache pas sa crainte des provocations pouvant troubler l’ordre public, et n’hésite pas à se prononcer avant que la Cour administrative d’appel ne statue.

La LDH contre le maire

En outre, le maire n’hésite pas à affirmer sa volonté d’aller jusque devant la Cour de justice de l’Union Européenne si la LDH décide de prolonger le feuilleton. Car les opposants à ces arrêtés sont nombreux. Parmi eux, un millionnaire algérien, Rachid Nekkaz, connu pour ses positions islamistes et ayant renoncé à la nationalité française, a tenté d’organiser en marge du dernier festival de Cannes un rassemblement de femmes en burkini bleu-blanc-rouge, qui a néanmoins été interdit par la préfecture de police pour risques de troubles à l’ordre public.

Interrogé par Causeur, le maire de Sisco Ange-Pierre Vivoni (élu sous l’étiquette PS, actuellement En Marche) nous décrit la situation tendue dans sa ville, où les nationalistes corses l’ont emporté durant ces dernières législatives. N’oublions pas qu’il s’agit de la seule ville dont l’arrêté a été validé en première instance. Mais la LDH, au sein de laquelle le maire de Sisco a par ailleurs milité pendant trente ans, a interjeté appel contre le jugement du tribunal administratif de Bastia.

De plus en plus de voiles sur la plage?

En attendant le verdict final des juges du fond, il nous explique que, malgré son étroite collaboration avec les services de renseignement, les troubles à l’ordre public restent à craindre en raison de l’apparition de plus en plus fréquente de tenues proches du hijab sur les plages.

L’édile ne sait pas encore s’il prendra un nouvel arrêté de ce type pour cette année, et attend le verdict de la Cour administrative d’appel, prévu dans quelques jours. Un conseil municipal est d’ailleurs prévu pour le lendemain du jugement, afin de déterminer si oui ou non un nouvel arrêté est nécessaire.

Une grande partie de ses administrés ne cesse d’interpeller le maire à propos de ces sujets. Et les comptes Facebook de l’épouse et de la mère d’un des villageois ayant pris part à la rixe de l’année dernière ont récemment été piratés : il y a environ un mois, des photos de versets du Coran sont ainsi mystérieusement apparues sur les comptes de Mesdames Baldi et Straboni, mais également des photos de personnes égorgées gisant sur des trottoirs.

Pierre Baldi, protagoniste de la rixe survenue l’année dernière, avait déjà écopé de six mois de prison avec sursis. Cette tentative d’intimidation, qui n’

C’est aussi cela, la France mondialisée.

Published by Un Sage
25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 17:50
Marc Fourny
Brigitte Macron embauche le styliste du "Bachelor"

Brigitte Macron et à sa droite sa fille Tiphaine Auzière."

Pour gérer son look, la première dame de France s'est entourée de Mathieu Barthelat Colin, un jeune styliste prometteur. Payé sur ses deniers, selon "Gala".

Les grandes manœuvres ont commencé... Pendant que le président remanie son gouvernement, Mme Macron peaufine son équipe.

Selon le magazine Gala, qui lui consacre cette semaine sa une, Brigitte Macron aurait fait appel discrètement au styliste Mathieu Barthelat Colin, un trentenaire habitué au show-biz puisqu'il habillerait à l'occasion l'acteur Charles Berling, la chanteuse Lio ou l'ex-Miss France Laury Thilleman... Contacté, le cabinet de Madame s'est refusé à tout commentaire sur le sujet.

Styliste sur des émissions télé

Ce conseiller free-lance, dont les émoluments seraient réglés, selon Gala, uniquement par le couple Macron, est également un habitué des plateaux télé pour avoir travaillé sur des émissions comme The Voice et même Bachelor. Sa mission ? Gérer le look de la première dame de France en lui conseillant des tenues pour ses différentes sorties, avec l'aide de grandes maisons de couture qui mettent à sa disposition leur vestiaire sur mesure. Il s'agit de prêts, les vêtements étant rendus après chaque usage, pas question de remplir son dressing personnel via l'Élysée...

Toujours selon Gala, le jeune Mathieu a déjà imposé son style en conseillant à Mme Macron un maquillage « plus doux » et en la convainquant de ne pas privilégier uniquement la marque Louis Vuitton – on se souvient de son total look lors de la célébration de la victoire à la pyramide du Louvre –, mais de porter également du Balmain, du Courrèges et du Paule Ka.

Des talons de 10 centimètres

Il faut dire que le look de Mme Macron est largement scruté par les médias étrangers ces dernières semaines. Qu'une femme de plus de soixante ans ose le cuir, les slims sexy, les talons de 10 centimètres ou encore la jupe au-dessus du genou , comme celle portée fin mai au sommet de l'Otan , suscite nombre de commentaires...

Dès son arrivée à l'Élysée, son style divisait déjà la presse internationale, le Daily Mail jugeant qu'elle était « l'incarnation du glamour », tandis que le Financial Times, plus vache, estimait que son image oscillait entre le « bobo chic » et le style « cagole », ce qui est nettement plus péjoratif...

Pour l'heure, Brigitte Macron a pris ses marques à l'Élysée avec un cabinet qui ne devrait pas dépasser cinq salariés et dirigé par Pierre-Olivier Costa, un ancien collaborateur de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris.

L'effectif sera grosso modo le même que pour Valérie Trierweiler, pour un coût estimé à l'époque à 40 000 euros par mois (avec les déplacements).

Outre son rôle de représentation, la nouvelle première dame entend également agir sur l'éducation et le handicap, notamment l'autisme. « Si je dois servir à quelque chose pendant la présidence d'Emmanuel, ce sera à changer le sort des handicapés et de leur famille », a-t-elle confié un jour à Vanity Fair. À elle de tracer sa route.

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"On a pas tous les jours vingt ans"
Quand on est vieux, on a envie d’être à nouveau jeune. Il faut assumer son âge !
Pour 68 % des adultes, quand on est vieux, on sait apprécier les plaisirs de son âge.
Serait-ce le début de la sagesse ? 
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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 16:56

 

Fin du ramadan: la fête de rupture du jeûne c'est ce dimanche en France

Les musulmans de France fêtent dimanche l'Aïd el-Fitr, la fête de la rupture du jeûne. Ici le minaret de la Grande Mosquée de Paris.
AFP/JOEL SAGET

Le ramadan avait commencé le 27 mai en France, où il a été particulièrement éprouvant cette année avec des journées toujours plus longues et un épisode de canicule.

Les musulmans de France fêtent ce dimanche l'Aïd el-Fitr, la fête de la rupture du jeûne qui marque la fin du mois sacré du ramadan, a annoncé samedi soir le Conseil français du culte musulman (CFCM) dans un communiqué.

Cette décision a été prise "unanimement", a précisé pour sa part le mouvement des Musulmans de France (ex-UIOF, issu des Frères musulmans). La date a également été annoncée de son côté par l'Union des mosquées de France (UMF). Fixer les dates de début et de fin du ramadan a parfois viré au casse-tête ces dernières années pour les musulmans, entre les adeptes du calcul astronomique à l'avance et ceux qui observent la lune.

Le Prophète aurait prescrit dans un hadith (commentaire oral): "Ne jeûnez que lorsque vous verrez le croissant lunaire et ne rompez le jeûne que lorsque vous le verrez aussi". L'Aïd el-Fitr ou Aïd el-Seghir (petite fête) est l'une des deux dates les plus solennelles du calendrier musulman avec l'autre Aïd, Aïd el-Kébir ou Aïd el-Adha, la grande fête ou fête du sacrifice. Elle tombe le premier jour du mois suivant le ramadan, dit de "chawwal".

Aumône pour les pauvres

Quatrième pilier de l'islam, le ramadan avait commencé le 27 mai en France, où il a été particulièrement éprouvant cette année avec des journées toujours plus longues et un épisode de canicule.

Durant l'Aïd el-Fitr, le musulman est invité à acquitter avec la grande prière du matin une aumône pour les pauvres, fixée généralement en France à cinq euros par personne. Cette journée est aussi l'occasion de repas de fête, en famille, et de visites rendues à ses proches.

Dans son communiqué, le CFCM dit "saisir cette occasion pour assurer l'ensemble de nos concitoyens de toutes confessions et de toutes convictions, de ses prières fraternelles pour que notre Nation vive dans la paix et la solidarité."

70% à 80% des musulmans français font ramadan

Emmanuel Macron avait été mardi soir le premier président de la République depuis dix ans à participer à l'iftar (dîner de rupture du jeûne) annuel du CFCM. Il avait appelé les responsables de l'islam en France à prendre leur part dans le "combat" contre les "prédicateurs de haine" et le "repli identitaire".

Les fidèles musulmans sont entre quatre à cinq millions en France et selon des études, 70% à 80% d'entre eux observent les pratiques socio-religieuses du ramadan.

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 18:40

Mieux vaut Assad que l’Etat islamique

Charles Beigbeder
est entrepreneur, élu de Paris et actionnaire de Causeur.

Emmanuel Macron à l'Elysée, juin 2017. Sipa. Numéro de reportage: 00812078_000009.

Il faut saluer les propos tenus par Emmanuel Macron dans Le Figaro d’hier, au sujet de la Syrie : « Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar Al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! Longtemps, nous avons été bloqués sur la personne de Bachar Al-Assad. Mais Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien. »

Après six années d’une politique chaotique qui n’a fait que marginaliser la France dans la gestion du conflit syrien, nous assistons au retour de la diplomatie, prélude au renouveau de la France sur la scène internationale.

Hiérarchiser les menaces

La diplomatie ne consiste pas à échanger entre amis partageant les mêmes positions, elle sert à parler avec ses adversaires, de manière à éviter, en cas de désaccord, une escalade qui puisse mener jusqu’au conflit armé. De ce point de vue, Emmanuel Macron a raison de renouer le dialogue avec Vladimir Poutine qui détient aujourd’hui les cartes maîtresses sur le terrain pour dénouer le conflit syrien.

Ensuite, un État doit savoir hiérarchiser ses menaces et ses ennemis. À ce sujet, la France a commis l’erreur de mettre au même niveau Bachar Al-Assad et l’État islamique, en les vouant tous les deux aux mêmes gémonies : « Ni Bachar ni Daech » ânonnait fébrilement Laurent Fabius, qui concentrait tout son fiel sur la Russie.

Assad n’est pas responsable du Bataclan

Il a fallu les 130 morts du Bataclan en novembre 2015 pour que la France infléchisse très légèrement sa position. Or, jusqu’à preuve du contraire, ce ne sont ni les troupes de Bachar Al-Assad ni les soldats russes qui tuent nos concitoyens dans les rues. Affirmer cela ne signifie pas donner quitus à l’un et à l’autre sur tous les aspects de leur politique. En 1941, les anglo-américains n’ont pas hésité à s’allier avec le régime de Staline dont personne ne pouvait méconnaître le caractère totalitaire. Interpellé sur ce point à la Chambre des Communes, Churchill avait répliqué net : « Si Hitler avait envahi l’enfer, j’aurais cherché à construire une alliance avec le diable ».

Bienvenue à la realpolitik…

Un principe de bon sens qu’Emmanuel Macron a rapidement mis à exécution au rebours de sa stratégie de campagne, preuve qu’il a réellement endossé les habits d’un homme d’État. Cette inflexion salutaire qu’il qualifie lui-même de « vrai aggiornamento » le conduit à fixer désormais comme priorité « la lutte absolue contre tous les groupes terroristes » et à reconnaître des « convergences » avec la Russie sur ce terrain-là. De la même manière, le départ de Bachar Al-Assad ne devient plus le leitmotiv de la politique française.

Avec Emmanuel Macron, on assiste au retour de la realpolitik et de la diplomatie d’influence sur l’idéologie néoconservatrice qui prévalait jusqu’alors : « Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans ». Nicolas Sarkozy est implicitement visé pour s’être alors aligné sur la diplomatie américaine, au mépris de la tradition gaullienne d’indépendance que Chirac avait respectée en refusant de participer à la guerre en Irak.

…en rupture avec le manichéisme de Bush

Le réalisme en diplomatie, ce n’est pas n’avoir aucune considération morale et verser dans le cynisme mais privilégier l’éthique de responsabilité – qui évalue les conséquences de chaque décision et choisit la moins mauvaise d’entre elle – sur l’éthique de conviction qui se drape dans une posture morale et multiplie indignations et bons sentiments au mépris du réel. C’est le refus de l’idéalisme en politique. Le refus d’une grille de lecture simpliste qui divise le monde entre bons et méchants, à l’image de George W. Bush qui avait rangé l’Irak dans « l’Axe du mal » pour justifier la guerre qu’il voulait lui déclarer. Le refus d’utiliser les droits de l’homme et les valeurs démocratiques comme source unique de l’agir politique, au mépris des conséquences engendrées par les guerres engagées en leur nom. Le refus des actions spectaculaires de court terme qui enveniment la situation sur le long terme, comme ce fut malheureusement le cas en Lybie.

Le réalisme en diplomatie, c’est favoriser tout ce qui contribue au maintien ou au retour de la paix et de la stabilité ; c’est un exercice humble et laborieux qui suppose de dialoguer avec tous les acteurs concernés. C’est surtout le renoncement à vouloir transformer le monde dans la fébrilité d’une émotion, l’indignation d’un moment ou la fièvre d’une aventure militaire sans lendemain. C’est la prise en compte du temps long et des permanences de l’histoire, de la lente évolution des mentalités et de la nécessité de ne pas bousculer des équilibres internationaux souvent précaires pour des résultats à coup sûr chaotiques.

Macron a appris de Hollande

C’est, enfin, la nécessaire prise en compte de l’existence d’un État souverain comme préalable indispensable à tout rétablissement de la stabilité sur le long terme. Emmanuel Macron précise, à ce titre, que sa politique sera guidée par la nécessité de garantir « la stabilité de la Syrie car je ne veux pas d’un État failli ». On est bien loin du moment où Laurent Fabius livrait à la rébellion des armes qui terminaient entre les mains des factions islamistes et voulait porter au pouvoir des rebelles souffrant d’une absence de légitimité sur le terrain.

Sur cette base, une certaine convergence est possible avec la Russie qui peut seule aujourd’hui faire entendre raison à l’Iran et au régime syrien et réunir à la table des négociations toutes les parties au conflit. Le président fixe toutefois une ligne rouge en cas d’utilisation d’armes chimiques par Bachar Al-Assad et affirme être prêt à répliquer militairement après preuve irréfutable d’utilisation et enquête indépendante, y compris en cas de non-participation des Américains. Une leçon qu’Emmanuel Macron a puisé de la reculade de François Hollande qui avait renoncé à tout bombardement après la volte-face d’Obama en août 2013, montrant à la face du monde qu’il était en tout dépendant de la politique américaine et n’avait aucunement les moyens de ses ambitions.

Rétablir l’influence française au Levant

Si Emmanuel Macron est fidèle à cette nouvelle ligne, il contribuera à rétablir l’influence française au Levant qui a beaucoup pâti de la diplomatie catastrophique des six dernières années. La Syrie est un ancien mandat français, la francophonie y reste une réalité et l’image de la France, quoique ternie, demeure bien ancrée dans les esprits. Souhaitons donc pour l’avenir de la Syrie comme pour le rayonnement de la France que l’inflexion diplomatique du président Macron soit couronnée de succès !

Published by Un Sage
23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 17:20

On est loin de l'élégance de  Brigitte et d'Emmanuel 
Cela ressemble plutôt à l'armée de Bourbaki

Il devait s'agir d'un remaniement "technique" - donc limité - mais les départs successifs de Richard Ferrand (Cohésion des Territoires), Sylvie Goulard (Armées), Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et, surtout, François Bayrou (Justice) obligent Édouard Philippe à changer son équipe en profondeur.

Le nouveau gouvernement du Premier ministre Edouard Philippe, dévoilé mercredi, compte 28 membres dont deux ministres d’Etat. Jacques Mézard, Nicole Belloubet, Nathalie Loiseau et Florence Parly succèdent aux quatre ministres qui ont démissionné ces derniers jours, poussés au départ par un vent de moralisation en pleine recomposition du gouvernement français, a-t-on appris mercredi.

Issu de la gauche radicale, Jacques Mézard, seul ministre à changer de maroquin, passe du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation - où il est remplacé par le député En Marche Stéphane Travert - au ministère de la Cohésion des territoires en remplacement de Richard Ferrand.

La juriste et membre du Conseil constitutionnel Nicole Belloubet succède quant à elle à François Bayrou au ministère de la Justice, tandis que la directrice de l’Ecole nationale d’administration (ENA) Nathalie Loiseau devient ministre en charge des Affaires européennes à la place de Marielle de Sarnez.

Au ministère des Armées, la présidence française a nommé la haut-fonctionnaire Florence Parly après le renoncement de Sylvie Goulard.

Six nouveaux secrétaires d’Etat font par ailleurs leur entrée au gouvernement. Il s’agit de Sébastien Lecornu et Brune Poirson (qui se partagent la Transition écologique), Jean-Baptiste Lemoyne (Europe et affaires européennes), Geneviève Darrieussecq (Armées), Julien Denormandie (Cohésion des territoires) et Benjamin Griveaux (Economie et Finances).

Trois des ministres démissionnaires (François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard) sont membres du Modem, visé par une enquête préliminaire qui doit déterminer si le parti a salarié des collaborateurs travaillant en France, aux frais du Parlement européen, avec des contrats d’assistants parlementaires européens. L’affaire était d’autant plus embarrassante que M. Bayrou, président de la formation centriste et ex-Garde des Sceaux, pilotait un projet de loi sur la moralisation de la vie publique qui fait partie des chantiers prioritaires du nouveau président Emmanuel Macron. Tous trois avaient préféré «prendre les devants» en remettant leur démission. Le parti reste toutefois représenté au sein de ce gouvernement.

Richard Ferrand, qui a accompagné Emmanuel Macron dans sa conquête du pouvoir, est, lui, visé par une enquête préliminaire pour des soupçons de favoritisme ayant bénéficié à sa femme dans une opération immobilière.

Selon le Premier ministre français, Edouard Philippe, interrogé mercredi soir sur le plateau de TF1, ce remaniement «s’inscrit dans le même esprit que le premier gouvernement: parité homme-femme, des membres de la société civile, le souci de renouvellement avec des nouveaux visages, des personnalités très jeunes et une équipe resserrée».

Ministres

— Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur: Gérard Collomb

— Ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire: Nicolas Hulot

— Garde des Sceaux, ministre de la Justice: Nicole Belloubet

— Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères: Jean-Yves Le Drian

— Ministre des Armées: Florence Parly

— Ministre de la Cohésion des Territoires: Jacques Mézard

— Ministre des Solidarités et de la Santé: Agnès Buzyn

— Ministre de l’Economie et des Finances: Bruno Le Maire

— Ministre de la Culture: Françoise Nyssen

— Ministre du Travail: Muriel Pénicaud

— Ministre de l’Education nationale: Jean-Michel Blanquer

— Ministre de l’Agriculture et de l’alimentation: Stéphane Travert

— Ministre de l’Action et des comptes publiques: Gérald Darmanin

— Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation: Frédérique Vidal

— Ministre des Outre-mer: Annick Girardin

— Ministre des Sports (et non Transports comme indiqué par erreur par le secrétaire général de la présidence): Laura Flessel

— Ministre auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur: Jacqueline Gourault

— Ministre auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports: Elisabeth Borne

— Ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des affaires européennes: Nathalie Loiseau

Secrétaires d’Etat auprès du Premier ministre

— Chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement: Christophe Castaner

— Chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes: Marlène Schiappa

— Chargée des personnes handicapées: Sophie Cluzel

— Chargé du numérique: Mounir Mahjoubi

Secrétaires d’Etat

— Secrétaires d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et Solidaire: Sébastien Lecornu et Brune Poirson

— Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères: Jean-Baptiste Lemoyne

— Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées: Geneviève Darrieussecq

— Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des Territoires: Julien Denormandie

— Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances: Benjamin Griveaux

Published by Un Sage
22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 18:15
Moralisation, piège à c***!
Auteur
Roland Hureaux
est essayiste.
 

 
François Bayrou quitte le gouvernement, 21 juin 2017, Paris. SIPA. 00812026_000035
Il n’est pas dans mes habitudes de prendre la défense de la mouvance centriste, surtout depuis qu’elle s’est ralliée avec armes et bagages à Macron. Mais enfin, le retrait du gouvernement de trois figures du Modem : Francois Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard a un motif bien léger. Ils sont accusés tous trois, comme Marine Le Pen d’ailleurs dont l’immunité parlementaire a été levée pour la même raison par le Parlement européen, d’avoir utilisé des collaborateurs parlementaires pour faire fonctionner leur parti politique. Mais quelle différence y a-t-il entre le cabinet d’un élu et le personnel d’un parti ? La vérité est qu’ils ont à peu près la même mission : aider les élus de leur parti à produire des idées, à proposer des textes ou à se positionner sur eux, et de manière inséparable, faciliter leur réélection, conséquence naturelle d’un travail bien fait. Bien malin qui pourra tracer une ligne stricte entre les activités des uns et des autres lesquelles, dans la réalité, sont parfaitement fongibles. Même un chauffeur peut conduire aussi bien un élu qu’un président de parti : il permet à l’homme politique, généralement surchargé de travail, de gagner du temps, et on suppose qu’il fera de ce temps bon usage.
Un juste retour de bâton? Oui, mais…
On dira que ces accusations sont un juste retour de bâton pour une équipe qui n’est aujourd’hui au pouvoir que parce qu’elle a bénéficié du tout aussi injuste procès qui a été fait à François Fillon pour avoir employé son épouse comme attachée parlementaire, ce qui était pourtant parfaitement légal (des centaines de parlementaires le font). L’emploi de proches dans ce genre de fonctions, que l’on veut proscrire, est tout aussi légitime, comme le rappelait Jacques Bichot, que l’emploi de sa femme ou de ses enfants par un agriculteur ou un artisan. C’est à tort qu’on assimile le recours à ce genre d’emploi au népotisme qui consiste, lui, à conférer de hautes responsabilités à des parents sans que rien, dans leurs aptitudes ou leur parcours, justifie une telle nomination ; mais attaché parlementaire n’est pas une haute fonction et, quant à savoir si Mme Fillon a travaillé peu ou beaucoup à ce titre, cela ne regarde que celui qui l’a recrutée.
On dira qu’il y a peut-être d’autres raisons à ce retrait : s’agissant de Sylvie Goulard, on croit savoir que ses déclarations intempestives où elle se montrait prête à sacrifier sur l’autel de l’Europe nos industries stratégiques, voire une partie de nos moyens de défense, ont exaspéré les états-majors au point de rendre son maintien problématique. Le ministère de la Défense n’est assurément pas fait pour une idéologue d’Europe supranationale, surtout si elle semble oublier que même dans une fédération, telle l’Europe à laquelle elle aspire, chaque entité fédérée a le droit et le devoir de défendre âprement son intérêt, comme le font par exemple, au sein de la République, les grandes villes françaises. Quant à Bayrou, il évite par avance le déshonneur qu’il aurait essuyé à avaliser ce que Macron a promis de faire : conférer aux couples de lesbiennes le droit de recourir à la procréation assistée, voire, à terme, reconnaître la GPA. Cette démission collective ne fait ainsi que souligner ce qu’avait de contre-nature l’alliance de Bayrou avec Macron, des derniers représentants de la démocratie chrétienne avec les plus extrêmes des libertaires, déconstructeurs résolus de l’héritage occidental. Car s’ils ne sont plus vraiment démocrates (n’est-ce pas un des leurs Jean-Claude Juncker qui déclarait que le suffrage universel ne saurait prévaloir sur les traités européens ?), on suppose que les centristes sont encore un petit peu chrétiens.
Vers un abandon de la moralisation?
Un des grands bienfaits de cette démission pourrait être de nous épargner une loi sur la moralisation de la vie politique qui ne pourra qu’être parfaitement contre-productive. Non seulement parce que, à l’heure de ce que le regretté Guy Debord appelait la « société du spectacle », la plupart des lois, qui sont le plus souvent des lois de communication, ont l’effet d’aggraver les maux auxquels elles prétendent porter remède (l’Education nationale en offre un bel exemple)1. Et pour ce qui est d’une loi de pure communication, en voilà bien une ! Mais aussi parce que, sur ce genre de sujet, il s’agit de donner satisfaction à une opinion qui n’a qu’une compréhension très imparfaite, biaisée par une justice et des médias eux-mêmes loin d’avoir une perception exacte des questions morales et politiques. Non que la morale et la politique n’aient rien à voir ensemble, mais parce que juger de leurs relations exige un sens casuistique qu’ils n’ont pas forcément, ni eux, ni le grand public. Selon la cible qu’ils veulent atteindre, les médias feront facilement passer pour très grave ce qui ne l’est pas et pour bénin ce qui est très grave. Allez faire des lois avec ça !
Il existe d’autres erreurs de jugement répandues dans le public. Par exemple le cumul des mandats passe pour immoral : on oublie que la loi limite les cumuls de rémunération, et que donc on ne saurait faire grief à quelqu’un de vaillant de faire au même prix le travail de deux ou trois personnes. Ou encore que le « leadership », au centre de la vie politique, ne se divise pas. Le disperser conduit à diluer les responsabilités. Le cumul des mandats évite bien des réunions de coordination et fait donc gagner du temps. Le cumul ne préjuge pas non plus du tout de la qualité du travail. La complexité croissante des procédures l’a certes rendu difficile mais pas au bénéfice de l’efficacité : ces procédures que les élus ont eu tort d’instaurer leur font perdre un temps précieux et les privent de cette capacité si nécessaire de décoller du guidon pour réfléchir à ce qu’ils font.
Macron, une élection particulièrement immorale
Au demeurant, il serait paradoxal qu’une loi de moralisation de la vie publique émane d’un gouvernement issu d’une élection parmi les plus immorales qui aient été : tant l’instrumentalisation éhontée de la justice que la prise de parti à sens unique d’une presse, largement aux ordres des puissances financières, ont, seules, permis l’élection du nouveau président. Personne, ni juge, ni journaliste, ne s’est intéressé de près aux obscurités des déclarations de patrimoine de Macron ; le nouveau Premier ministre lui-même a pu se dispenser impunément de l’obligation de transparence comme député. Et ceux-là voudraient faire une loi de moralisation !
Tout est contre-productif dans le projet de loi annoncé : on veut interdire à un élu d’embaucher sa femme ou ses enfants, mais quid des maîtresses ou des compagnes ? Encore une discrimination au détriment des gens mariés ! La multiplication des contraintes (fiscalisation des indemnités, limitation des activités annexes, interdiction de plus de trois mandats successifs, manière de reconnaître que ce sont des prébendes ou des privilèges alors qu’il s’agit de fonctions utiles) et des contrôles de toutes sortes sur les élus éloignera un peu plus les gens de talent des responsabilités politiques et, au contraire, y attirera un peu plus les médiocres – et les aigrefins –, ce genre de lois a le même effet que les antibiotiques sur les bactéries : seules les plus résistantes, qui sont aussi les plus nocives, y survivent et prolifèrent.
Ces règles ne changeront pas la nature humaine et ce n’est pas en raison de tel ou tel abus ponctuel qu’il faut chambouler la loi. Renforcées, les règles n’en seront pas moins, n’en doutons pas, à leur tour, tournées. Français, encore un effort pour être vraiment libéraux, et cesser de vouloir tout réglementer au moindre écart ! Il parait que Macron, lui, est un libéral !
Si une seule loi de moralisation était nécessaire, cette loi devrait compléter le dispositif qui, depuis 1789 interdit à la justice d’interférer avec le processus politique et administratif. Les lois des 16 et 24 août 1789, du 16 fructidor an III, du 31 mars 1914 (article 110 du Code électoral), du 2 mars 1982 (sur les Chambres régionales des comptes), dont l’esprit est pourtant clair, n’ont pas suffi à empêcher la malheureuse affaire Fillon. Si l’on veut encore préserver une certaine idée de la République, il est urgent de compléter ce dispositif.
 
Published by Un Sage
21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 11:21

Canicule en France : quelles sont les conséquences économiques ?

En plus des conséquences sanitaires, les vagues de fortes chaleurs affectent également l’économie. La canicule de l’été 2003 aurait ainsi coûté au moins 15 milliards d’euros

Météo France. Cet épisode de très fortes chaleurs devrait durer au moins jusqu’à jeudi. S’il devait se prolonger, cela pourrait avoir des conséquences sur l’économie de l’Hexagone.

Un rapport du Sénat publié en 2004, "La France et les Français face à la canicule : les leçons d'une crise", faisant le bilan de la canicule de 2003 avait estimé les pertes entre 15 et 30 milliards d’euros. Un chiffre élevé lié à une situation exceptionnelle mais qui traduit le lien entre baisse de la croissance et canicule.

Aujourd’hui, environ 70% des entreprises sont jugées "météo-sensibles". Tous les secteurs ne sont cependant pas touchés de la même manière.

L’agriculture est la première victime, la sécheresse ayant des conséquences désastreuses sur les cultures des producteurs de blé, d’huile d’olive ou même de vin. Selon Europe 1, les cours du blé auraient subi une hausse de 6% sur les marchés parisiens dans les deux dernières semaines.

A l’inverse, les ventes de certains produits explosent en période de canicule

En période de canicule, le secteur de l’énergie est également concerné en raison de la hausse de la consommation d’électricité et donc de ses prix. Lorsqu’il fait chaud, les appareils électroménagers et électriques liés au froid, du réfrigérateur au climatiseur, sont en effet particulièrement sollicités. Un effet que le Sénait avait déjà observé en 2003.

Dans son rapport, il avait situé cette augmentation de la consommation entre 5 et 10%. A l'inverse, le document a noté une baisse de la consommation des ménages, notamment dans les achats pour l'habillement.

Rares exceptions, certains secteurs voient, au contraire, leurs chiffres d’affaires grimper en période de fortes chaleurs. C’est le cas des ventes de produits solaires, de glaces, d’eau minérale et autres boissons fraîches, comme le rapportait L’Obs en 2015. Mais d'une manière générale, la chaleur a des effets négatifs sur la productivité et le dynamisme économique, affectant les capacités de concentration des travailleurs.

Publié par Salomé Garganne le Mardi 20 Juin 2017

Choisir sa pub

 

Published by Un Sage
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 11:00


Martial Saddier,(un nom bien de chez nous) conserve son siège de député de la 3ème circonscription de Haute-Savoie
Ce dimanche 18 juin 2017, à l’occasion du 2ème tour des législatives, il a remporté son duel face au candidat (inconnu) de la République en Marche Guillaume Gibouin.
Martial Saddier (LR) l'emporte avec 51,5 % des voix face à Guillaume Gibouin (LREM-MODEM) qui obtient 48,5 % des suffrages.
Abstensions : 57,56%
Au premier tour, le candidat LREM était arrivé en tête avec 37,27 % des voix devant Martial Saddier (29,08 %).
Le deuxième tour semblait difficile pour remonter cet handicap et on ne donnait pas cher de sa peau !!
L'urne a eu un tout autre son de cloche avec une spectaculaire "Remontada"
La première réaction de Martial Saddier. A propos de la remobilisation en sa faveur :
"des gens m'ont dit; on n'a pas voté au 1er tour, t'es en difficulté, on va voter au 2e tour".
Message entendu par les gens sensés!!
****************
Les résultats du 1er tour
Jacques CAMBON : LA FRANCE INSOUMISE : 10,79 %
Évelyne HARLAY : SAVOIE FEDERALE : 0,98 %
Claude BOUTTAZ : MOUVEMENT CITOYEN DE SAVOIE:1,41 %
Annie COLLINET : EUROPE ECOLOGIE - LES VERTS : 5,64 %
Jean-Philippe DEPREZ : DIVERS DROITE : 1,49 %
Guillaume GIBOUIN:LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE: 37,27 %
Jacques MATTEÏ : LUTTE OUVRIERE : 0,62 %
Martial SADDIER : LES RÉPUBLICAINS : 29,08 %
Nathalie GENAN : FRONT NATIONAL : 11,91 %
Eric CHAMPLONG :UNION POPULAIRE REPUBLICAINE:0,81 %
*****************
Les Rochois au 2ème tour ont persisté et amplifié leur vote pour un inconnu ne résidant même pas dans la circonscription un "parachuté "domicilié à Bonne sur Menoge !!
(Bonne sur Menoge fait partie de la 4ème circonscription)
La politique n'a plus de frontière pour certains candidats et électeurs !!
"On ne vote pas pour quelqu'un mais contre quelqu'un"
 
Gibouin: 56,95%
Saddier :43,05 %
 
 
 

 
Published by Un Sage
19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 13:30
Ramadan: ces élèves qui jeûnent trop jeunes à l’école
La laïcité et la santé publique en péril
Auteur
Laurence David
est enseignante.

WIkipedia. Love Krittaya.

Juin, mois de chaleur accablante. 40 degrés dans les cours de récréation et 36 degrés dans les classes : Il est 15 heures. Ahmed a neuf ans. Il n’a rien mangé ni bu depuis le matin. Ahmed « veut être fort comme son papa, qui fait le Ramadan ». Ce jour là, il quittera l’école dans l’ambulance des pompiers. Voici un exemple d’une réalité soigneusement dissimulée derrière les murs des écoles de la République : de plus en plus d’enfants pratiquent le jeûne.

Des écoliers déshydratés

Or, selon le quatrième principe de la Déclaration des Droits de l’Enfant de 1959, « l’enfant a droit à une alimentation, à un logement, à des loisirs et à des soins médicaux adéquats. » Pourtant, nous laissons des enfants le ventre vide et déshydratés affronter des journées de classe. « Un enfant est en danger ou risque de l’être si sa santé, sa sécurité ou sa moralité ou son développement physique, affectif, intellectuel et social sont compromis. » nous explique le site Service-Public.fr pour définir les situations justifiant pour tout citoyen la nécessité d’un signalement à l’aide sociale à l’enfance. Etre contraint de ne pas boire par température caniculaire ne met-il donc pas en danger un enfant ?

Heureusement, le ministère de l’Education Nationale détaille clairement sur Eduscol le « circuit de transmission d’une situation d’enfant en danger ou en risque de danger. » De nombreux signalements ont donc dû arriver sur les bureaux des cadres de l’institution. Pourquoi ne se passe-t-il rien ?

La médiation, une soumission?

Il ne se passe rien, parce qu’à ne penser que « stigmatisation » et « islamophobie », on finit par ne plus penser du tout. Il ne se passe rien car une hiérarchie frileuse abandonne les directeurs d’école avec pour seule consigne le dialogue convivial avec les familles. Comme elle est lisse et propre, la co-éducation présentée sur le site Eduscol ! Un « guide à destination des parents d’élèves et des professionnels de l’éducation pour faciliter le dialogue, éviter les conflits et indiquer les médiations possibles » est fourni. Nul n’est besoin d’être un expert pour imaginer combien il sera difficile de tenir les deux premiers objectifs, en remettant en cause le choix de faire subir un jeûne à sa progéniture. Reste la médiation…

Parents d’élèves ou inspecteur d’académie

Deux solutions sont proposées. Faire appel aux délégués des parents d’élèves, ce qui permettra au directeur de débattre sereinement avec une dizaine de parents supplémentaires, forcément mesurés et conscients de la violence que constitue le jeûne du Ramadan pour un enfant. La seconde solution lui donnera l’occasion d’appeler à l’aide son inspecteur pour lui avouer son incapacité à « dialoguer et éviter les conflits » et partager sa joie de devoir ouvrir les yeux sur une pratique qui se répand et qu’il avait réussi à ne pas voir jusqu’à présent. Nul doute que l’individu sera enthousiasmé par l’idée de devoir informer sa propre hiérarchie que la circonscription dont il a la charge fait des vagues.

Les écoles bricolent

Alors ? Alors chacun bricole… Des enseignants suppriment les cours de sport, remettant en cause la laïcité en adaptant les enseignements à une pratique religieuse. D’autres appellent des parents qui répondent que c’est à l’école de s’adapter à leurs convictions et non l’inverse ou retirent simplement leur enfant de l’école pour un mois. Pendant ce temps, en France, des enfants restent sans boire ni manger, en activité dans nos écoles, par temps de canicule.

Pendant ce temps, des familles se confortent dans l’idée qu’elles peuvent se soustraire aux lois de la République.

Published by Un Sage