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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 14:30

Cent jours après l’élection de son mari, Brigitte Macron a accordé sa toute première interview en tant qu’épouse du président de la République. Un entretien très attendu dans lequel elle n’a pas hésité à commenter plusieurs sujets, même ceux qui fâchent

Brigitte Macron a accordé sa toute première interview en tant qu’épouse du président de la République. Pile cent jours après l’élection de son mari, l’ancienne professeure de Français s’est en effet confiée à Elle. L’entretien paraîtra dans le numéro de vendredi mais la rédaction du magazine a d’ores et déjà dévoilé quelques-unes de ses confidences.

"Appelez-moi Brigitte !"

"Ce qui est important, c’est que tout soit très clair : comme toutes celles qui m’ont précédée, j’assumerai mon rôle public, mais les Français sauront désormais quels moyens sont mis à ma disposition. Sur le site de l’Elysée, seront mis en ligne mes rendez-vous, mes engagements, afin que les Français sachent exactement ce que je fais", a ainsi expliqué Brigitte Macron. Des précisons qui arrivent une semaine après que l’Elysée a annoncé qu’il n’y aurait pas de statut officiel de Première dame mais plutôt une "charte de transparence". Quant au terme même de Première dame, Brigitte Macron le rejette en bloc : "C’est la traduction d’une expression américaine, une périphrase dans laquelle rien ne me plaît". Et celle-ci d’ajouter : "Appelez-moi Brigitte !".

"Si je sens un jour que ma présence est compliquée pour sa présidence, je m’effacerai"

Soucieuse de ne pas faire de vagues, ni d’ombre à son mari, elle a également insisté sur le fait qu’elle resterait très discrète. "Si je sens un jour que ma présence est compliquée pour sa présidence, je m’effacerai", a-t-elle prévenu avant d’évoquer les combats qu’elle compte mener : "Il est important de lutter contre les exclusions, notamment ce qui touche au handicap, à l’éducation et à la maladie".

"Le seul défait d’Emmanuel c’est…"

Enfin, Brigitte Macron a abordé son couple. Un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et a donné lieu à de nombreuses critiques, notamment sur leur différence d’âge et leur rencontre alors que le président était encore lycéen. "Quand je lis des choses sur notre couple, j’ai toujours l’impression de lire l’histoire de quelqu’un d’autre (…) Si je n’avais pas fait ce choix, je serais passée à côté de ma vie. Le seul défaut d’Emmanuel, c’est d’être plus jeune que moi".

Puis, elle est revenue sur la victoire de son mari en mai dernier. "Avec Emmanuel, je suis tellement habituée à ce qu'il m'arrive des choses extraordinaires que je me demande toujours quelle va être la prochaine aventure. Et cela dure depuis vingt ans, confie-t-elle avec tendresse. En fin de compte, je n'ai été vraiment déconcertée qu'un soir, celui du second tour de l'élection. Beaucoup ont cru qu'après le premier tour nous pensions que c'était gagné. À tort. Jamais,

*********************

Les Macrons commencent à nous les casser sérieusement, en plastronnant sur la Une de tous les journaux "peopel "Ce n'est pas avec ce genre de "Com",qui ne peut que plaire à certains "illettrés"qui se gobergent et rafolent de cette littérature que notre pays sortira de la"merde".

C'est loin d'être sérieux et digne d'un chef d"état !!

 

Published by Un Sage
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 14:03
Ce qu’il faut à la droite, c’est un souffle libéral !
par
Gilles Lorenzen

Meeting de François Fillon à Montpellier, avril 2017. SIPA. 00802462_000003

Force est de constater que la droite a fait fausse route. C’est un fait, dont il faut tirer les leçons. Les conservatismes se sont essoufflés. Nous avons échoué à mobiliser largement et l’abstention en est l’illustration la plus significative. Seulement 9% des jeunes ont voté pour la droite à la présidentielle. Nous devons retrouver le chemin de la liberté, dans le respect des autres, vertu cardinale de notre engagement. Ce sera la condition pour reconstruire le projet politique de la droite et du centre autour de la jeunesse et des forces vives qui souhaitent entreprendre pour leur pays.

Nous sommes convaincus que la grande erreur commise au cours de ces dernières années, c’est d’avoir cru en l’État interventionniste pour tous, en tout, et partout. Une réduction de son rôle s’impose. Pour retrouver la confiance, nous souhaitons que la jeunesse retrouve les chemins de son indépendance. Les progrès du numérique et « l’ubérisation » de notre économie offrent de nouvelles opportunités et d’infinies possibilités pour s’accomplir. La question n’est pas de savoir si cela est bon ou mauvais. Nous sommes une génération pour laquelle le travail indépendant va être une réalité. Faisons de cette réalité une chance ! Nous assistons certes à la fin d’un monde mais à nous d’inventer et de définir les règles du prochain.

Accompagner la révolution numérique

Le projet de la droite doit être construit sur les réalités qui traversent notre pays et le quotidien de ses habitants. Les étudiants et les jeunes actifs le savent : les trajectoires professionnelles ne sont plus aussi linéaires qu’autrefois. L’essor du numérique bouleverse le travail et change en profondeur nos modes de vie. Nous sommes pourtant peu préparés au renouveau du marché de l’emploi. La formation est la clé de l’adaptation à ce nouveau monde.

Nous connaissons une révolution du travail, rapide et innovante, plus importante encore que la révolution industrielle, capable de renverser la spirale infernale du chômage des jeunes si nous nous adaptons au lieu de combattre des changements irréversibles. Il s’agit d’encourager les jeunes à entreprendre partout, sur tous les territoires, et de leur assurer les conditions du succès. La lutte contre les « zones blanches » doit être prioritaire : l’innovation et les savoir-faire ne sont pas le monopole des villes. Nos villages et nos campagnes renferment des talents, des volontés et des besoins que le numérique peut révéler à la condition d’un réseau internet de qualité. Les nouvelles formes de travail, pour qu’elles soient une chance, doivent être encouragées et facilitées. Chaque jeune de 16 ans, familier du numérique, devrait bénéficier d’un passeport numérique d’activité, comportant entre autres un numéro SIRET, pour pouvoir entreprendre librement et mettre à profit ses compétences. Ce serait encourager l’innovation dans chaque foyer. Ce serait surtout faire confiance aux forces créatrices de notre jeunesse.

« L’Etat est plus souvent un problème qu’une solution »

Avant de demander la confiance des Français il est nécessaire que leurs représentants aient une confiance réciproque et croient en nous. En renforçant la mainmise de l’État, en éloignant les citoyens des décisions politiques, nous avons éloigné des urnes celles et ceux qui souhaitent la réussite de la France. Pire, une des grandes erreurs de nos aînés ces dernières années est d’avoir laissé croître le « politiquement correct », d’avoir laissé la liberté d’expression se réduire petit à petit, faisant ainsi le jeu des extrêmes. C’est là le grand enjeu pour la droite française que d’embrasser un nouveau souffle, le souffle libéral, qui saura libérer les énergies, les idées, les esprits.

Il n’est rien de plus respectable que l’ambition, chez des hommes et des femmes de notre pays, à vouloir améliorer comme ils l’entendent leur niveau de vie et la prospérité des leurs. Il n’est rien de plus respectable chez les jeunes que de vouloir défendre leurs convictions. Se donner les moyens de la réussite, et en être justement récompensé, est une aspiration que nous avons en commun. Cet horizon est autrement plus stimulant qu’aucun autre. Nous nous proposons d’en être l’écho au sein de notre famille politique avec DroiteLib et aux côtés de Virginie Calmels.

L’État est bien plus souvent un problème qu’une solution, si ce n’est en matière régalienne où il doit être renforcé. Gauche comme droite portent le lourd bilan de l’étatisme français qui n’a su que gangrener notre pays d’un technocratisme et d’une bureaucratie paralysante, sans toutefois être capable d’améliorer notre sécurité. Un sursaut est possible ! Notre différence avec le mouvement En Marche est claire : nous ne croyons pas en un modèle démocratique fait de toutes les compromissions. Nous croyons au progrès mais nous ne croyons pas au multiculturalisme à la canadienne. Nous portons un vent d’optimisme, mais nous ne sommes pas naïfs face aux dangers de l’islamisme radical. Nous défendons la liberté d’entreprise, mais pas seulement au profit des grands groupes. Nous valorisons les compétences, mais pas au profit de la technocratie. Nous nous battons pour la réussite de chacun, mais ne pensons pas que certains sont tout et d’autres rien.

« A vouloir trop intervenir, l’Etat sacrifie l’émancipation et la réussite de tous »

En matière de finance publique, l’exécutif n’est pas à la hauteur du dérapage de nos finances publiques. La dette va atteindre 100% du PIB. Le gouvernement est en marche… au pas lent. In fine, il a pris la décision de laisser le robinet ouvert. Il devient pourtant urgent de changer nos pratiques économiques. Financer l’État par la dette est un compte d’apothicaire bien connu des professionnels du court terme. C’est en réalité faire peser sur chaque nouvelle naissance plus de 32.000 euros de dette. Est-ce l’avenir que nous souhaitons pour celles et ceux qui viendront après nous ? Nos enfants méritent-ils une existence à crédit ? Demander à l’individu de ne pas vivre au-dessus de ses moyens est indécent pour un État qui se sert du contribuable pour racheter ses fautes financières. La dépense publique doit être très largement réduite et avec elle le périmètre de l’État. L’essentiel de son effort doit être redonné aux missions régaliennes. Il ne s’agit plus d’idéologie. Il ne s’agit plus de responsabilité. Il s’agit d’une nécessaire urgence pour éviter la débâcle. Se contenter d’un déficit budgétaire inférieur à 3% n’est pas suffisant. Pour notre budget public, nous nous devons de nettoyer les écuries d’Augias.

Aujourd’hui, entre les discours identitaires et le chant des marcheurs, beaucoup doutent d’une renaissance de la droite. La ligne politique à adopter doit être celle de la liberté pour se différencier de tous les dirigismes. Celle d’une droite construite autour d’un axe clair : un État fort au niveau régalien et un recul de l’État en matière économique. Abandonnons cette tradition étatiste, qu’elle soit socialiste, nationaliste, ou en marche, et qui étouffe notre quotidien, spécialement celui des plus démunis. Restreindre l’État, c’est renforcer son rôle de facilitateur et proposer ce qui n’a jamais été fait dans un pays comme le nôtre, dominé par l’esprit jacobin. Aux adversaires du libéralisme, empruntons à Friedrich Hayek la formule : « nous disons qu’en dernier ressort, la société de libre concurrence recourt à l’huissier, mais l’économie dirigée, au bourreau. L’État, à vouloir trop protéger, condamne chacun à l’assistanat et à la punition. L’État, à vouloir trop intervenir, sacrifie l’émancipation et la réussite de tous. Un État toujours plus présent nous apparaît incompatible avec la liberté de chacun et chacune d’entre nous ». Et pour ceux qui pensent que libéralisme rime avec individualisme et égoïsme, citons une nouvelle fois Hayek : « Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de manière égale et tenter de les rendre égaux. La première est une condition pour une société libre alors que la seconde n’est qu’une nouvelle forme de servitude ». 

Liberté, liberté, liberté

La droite a l’opportunité de surmonter ses doutes en se dotant d’un projet résolument différent, audacieux et libéral. Les Français attendent aujourd’hui une voix forte et une volonté de faire ce qui doit être fait. Ils craignent qu’un avenir libre et prospère reste lettre morte pour eux alors que l’État s’engraisse et s’immisce dans leur quotidien. Ne les décevons plus. La droite de demain est celle d’hommes et de femmes qui veulent prendre leur destin en main. Elle est celle d’une nouvelle génération, plus moderne et à l’écoute du peuple. Elle est celle de la confiance accordée à la jeunesse et à ses talents. Elle est celle d’une société ouverte, innovante, humaine et indépendante. Celle d’une société qui croit en l’avenir, mais ne veut pas pour autant abattre son passé, sa culture, ses racines. La reconstruction de la droite française se fera avec les amoureux de la liberté.

 

Published by Un Sage
17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 17:43

 

Le charme des débuts n'opère plus
par

Qu’a-t-il donc fait, cet Aiglon à peine sorti du nid ? Des pas millimétrés dans la Cour du Louvre imprimant leurs semelles grises sur nos écrans. Une marche lente, serré dans un manteau (dont on n’a pas noté l’étrangeté), un air d’acteur concentré, le visage hiératique, le regard en lame de couteau fixé sur un point hors champ, le profil de médaille, avant l’éclatement des bras dans L’hymne à la joie, le baiser à l’enfant, le gendre à casquette, Marianne chantant à pleins poumons La Marseillaise, le choeur derrière, beaux-frères et belles sœurs, la famille française pour tous. Quelques drapeaux se sont agités dans cette nuit mémorable où s’est offert le corps du Roi à la France, dans une mise en scène grandiose.

De Poutine à Trump

A Versailles, il a reçu le tsar de toutes les Russies. Promenade à pas lents dans la Cour, devant le grand bassin. Tête à tête dans le salon, propos audacieux. Sourire énigmatique du Tartare reparti le soir dans sa Grande Russie, et tout le monde de crier : « Miracle ! Apothéose ! ».

Il a reçu le grand Donald sans sa casquette. Il a descendu les Champs Elysées, dans un tank. Il a déposé la gerbe sur la tombe du soldat inconnu avec la gravité requise. Il y a eu la poignée de main à Donald, appuyée, franche, virile, retransmise en boucle sur les écrans du monde entier. Une poignée de main historique filmée au ralenti et décryptée. Car une poignée de main en dit plus long que tout discours.

Il y a eu le speech en anglais. L’Aigle, en effet, parle très bien l’anglais : le Wall Street English vanté par les affiches de métro. On a parlé climat. De retour dans sa Blanche Maison, le Yankee a tweeté dans le monde entier qu’il avait été très bien traité par le winner. Les liens étaient retissés en France et Etats-Unis au nom de la fraternité qui nous unit : révolution, Notre-Dame (qui va être restaurée par des Amerloques), art de la cuisine, meilleure que les fast food. Vue sur Tour Eiffel, bateau mouche. Bisous des premières dames. Dans son salon ovale, le Président n’est pas revenu sur son désaccord sur le climat. La Conférence de Paris, il s’en tape.

Premier baiser avec Angela

En revanche, pour la Libye, l’Aigle fait du bon boulot. Glissons, mortels.

Pour l’Allemagne, n’en parlons pas ou plutôt si. A peine élu, ce fut nach Berlin ! Mon premier baiser fut pour vous. Lune de miel renouée. Jeu de portières. Veston qu’on croise et décroise. Angela en rose framboise. Bisous. Pas de ballets de pied comme avec l’autre. Ligne droite. Accord parfait. On s’alignera sur l’Allemagne : promis.

Bref, les premiers pas sur « la scène internationale » qui se doivent d’être décisifs l’ont été. Le speech en anglais  a prouvé d’ailleurs que la France entend être la tête du Nouveau Monde Libre. Visites et coups de téléphone partout sur la planète. Sur une carte du monde, les points lumineux se sont allumés pour montrer les villes où le Président avait téléphoné. Comme dans un épisode de Maigret avec le regretté Bruno Crémer.

Le très sérieux Washington Post prétend que l’Aigle avait fait remonter la France de la dernière place à la première sur l’échelle de l’influence diplomatique : du jamais vu.

Une com’ millimétrée

A l’intérieur, Macron a toisé un général et lui a dit : je suis le chef. Et le Général lui a tiré sa casquette..Il  a fait une loi importante sur la moralisation de la vie publique et l’A.P.L. etc. Le « etc » est important. Les journalistes disent deux mots puis « etc. » : tout est dit.

Question com’ justement : celle de l’Elysée est millimétrée. Maîtrisée. Pauvre. Non, rare. La consigne est stricte : ne pas parler à tort et à travers. Ne pas hésiter à ne pas parler du tout. Les journalistes en ont gros sur le cœur. Ils ont fait le Chœur et maintenant nada.

La Cour, maintenant. Une ancienne dame d’un parti ancien a salué « la fraîcheur » des députés. Va pour Rungis ! En attendant tout le monde a pris des vacances. C’est préférable.

Bas dans les sondages

Ne dit-on pas que son cap est un peu flou ? En témoigneraient les projets contradictoires du « pass culture » de 500 euros (les mots français manquent) et la réduction de 5 euros pour l’APL. Et cette « loi sur les ordonnances » qui manquerait de visibilité…

Alors, qu’a-t-il fait pour être si bas dans les sondages ? Même l’autre n’était pas aussi bas après 90 jours. On évoque la versatilité des Français : l’exception française. On se demande à quel homme d’Etat on pourrait le comparer, lui, l’Aigle. Un expert a trouvé : Mendès France. En effet, c’est tout lui, Mendès France. Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?

On a parlé de révolution. Et quelle révolution ! On n’avait jamais vu ça en France. Ce renouvellement, cette vague « rafraîchissante » à l’Assemblée nationale après les vieux fauteuils où l’on roupillait. Les partis anéantis. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. A part à la gauche extrême, un agitateur débraillé, au verbe haut, qui déballe sa marchandise. Plus de partis, qu’on vous dit. Plus rien à part lui.

Où est le ministre craquant d’antan?

Ce que voit, en revanche, et dit la ménagère versaillaise de 50 ans qui aimait rêver et avait voté pour lui parce qu’il était B.C.B.G. mignon tout plein, moral et tout, transgressif juste à point : « Où est-il le ministre craquant d’antan ? Le regard revolver de velours ? Où est-il le Messie des meetings où je pointais mes doigts en l’air en me déhanchant ? Rendez-moi mon hystérie ! » L’inquiétante étrangeté de l’être. Ou son insignifiance…

En définitive, on ne sait toujours pas, au bout de ces Cent Jours symboliques, si ça va bien en France ou pas. Avec cette manie de vivre avec un thermomètre sous le bras, on n’arrive plus à voir si on a la fièvre ou pas. De toute manière, tout change et ça recommence. Un vrai guépard, cet Aigle. Ce qui est sûr, c’est que si la vague déferlante ne porte plus le navire, ce ne sera plus l’Aigle mais l’Albatros. Des abîmes resurgiront le rouge et le bleu dans le blanc de l’écume. En attendant Avanti !

C’était, ce week-end, à une émission de la télévision : le club où se réunissent des experts. On parlait des Cent Jours. Ceux de Napoléon ? Roosevelt ? That is the question.

 

 

 

 

 

- 17 août 2017

 

Published by Un Sage
16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 15:29
Entretien avec le général Dominique Trinquand
par
Daoud Boughezala
Opération Sentinelle, missions de l’armée, budget de la défense, renseignement et task force elyséenne : le général Dominique Trinquand fait le point sur le dispositif antiterroriste, quelques jours après l’attentat contre des militaires à Levallois-Perret

 

Daoud Boughezala. Depuis l’attaque contre les militaires à Levallois, on entend beaucoup d’experts de la chose militaire nous dire que l’opération Sentinelle est un paratonnerre qui attire la foudre. Partagez-vous ce jugement ?

Dominique Trinquand. J’ai été le premier à employer cette expression, qu’il faut d’ailleurs comprendre dans sa véritable acception. Si je parle de paratonnerre, c’est que l’opération Sentinelle remplit sa mission si elle est attaquée puisque les civils ne sont pas attaqués. Les militaires étant entraînés et équipés pour se défendre, ils peuvent répondre à une menace terroriste, ce qui n’est naturellement pas le cas des civils. Ils remplissent donc par là une mission de protection des civils.

Autrement dit, l’opération Sentinelle n’est pas si inefficace qu’on le dit…

Pour évaluer l’opération Sentinelle, il faut considérer deux points. Premier point, la charge qu’elle représente pour les armées et la capacité des armées à supporter ces charges pendant une durée importante. Second point, l’efficacité elle-même du dispositif, qui mobilise non seulement des soldats mais aussi des forces de police et de gendarmerie déployées pour assurer les mêmes fonctions. Ces quelque 7000 militaires déployés quotidiennement représentent une charge importante pour les armées. Enfin, le rapport coût-efficacité de Sentinelle peut être amélioré car on peut s’interroger sur la nécessité d’un si grand nombre de patrouilles.

Certaines missions pourraient être déléguées au secteur privé comme le filtrage à l’entrée de certains édifices

Mais puisque la menace terroriste se veut omniprésente et difficile à localiser, comment identifier des priorités ? L’église de Saint-Etienne-du-Rouvray n’avait a priori rien d’une cible prioritaire…

L’analyse du renseignement a deux objets :

  • identifier les menaces et les protagonistes qui pourraient être amenés à commettre des attentats
  • identifier les endroits les plus susceptibles de subir des attentats.

En reliant ces informations, l’opération Sentinelle devrait s’organiser selon cette analyse, au lieu de se contenter de déployer 7000 hommes parce qu’on l’a annoncé.

Un certain nombre de choses doivent être revues à l’intérieur du dispositif. Par exemple, certaines missions pourraient être déléguées au secteur privé comme le filtrage à l’entrée de certains édifices. Autre point important, l’utilisation des réserves de l’armée, dont les missions ne sont pas bien définies. En tant qu’habitants du cru, les réservistes connaissent bien les terrains sur lesquels ils sont affectés. On devrait également renforcer la fonction territoriale de la police de manière à avoir plus de police de proximité. De manière générale, la lutte antiterroriste repose sur l’anticipation et le renseignement.

L’armée n’intervient qu’en dernier recours.

Dans ce schéma, quel rôle assigner à la gendarmerie ?

La gendarmerie a une mission complémentaire de la police, en particulier dans la couverture du territoire français. En revanche, les forces d’interventions antiterroristes pourraient être réorganisées autour du GIGN.

Quant à l’armée française, largement redéployée sur le territoire national depuis les attentats de 2015, a-t-elle vocation à accomplir des missions de police ?

Gardons à l’esprit que l’armée n’intervient qu’ultima ratio, c’est-à-dire seulement en dernier recours, aussi bien sur les inondations et feux de forêt que sur le terrorisme. Ce dernier est à la fois mondial et présent sur le territoire national. Par leur entraînement et leur armement, les armées sont les mieux à même d’intervenir à l’extérieur du territoire national et les forces de sécurité sur le territoire national. Mais cela n’l’intervention des forces armées sur le territoire national, en renforcement quand la menace dépasse les capacités des forces de sécurité.

Les 850 millions de coupes budgétaires ne touchent pas les opérations en cours

Parmi les critiques adressées à l’actuelle politique de défense par rapport aux coupes budgétaires, on entend nombre de politiques exiger la réallocation vers l’opération Sentinelle des 850 millions d’euros coupés des budgets d’équipements. Ne mélangent-ils pas les chiffres ?  

Si. Il faut partir d’un principe de base : les fonctions régaliennes de l’Etat doivent être prioritaires. Dans les dernières déclarations du président de la République, il y a deux sujets : le budget 2017 qui doit éponger une dette de 4,5 milliards pour faire passer la France sous les 3 % de déficit budgétaire. C’est une priorité stratégique pour le président. Il considère que lorsqu’on sera passé en dessous des 3%, il pourra se retourner vers l’Europe pour lui demander de faire un effort, notamment dans l’appréciation des moyens mis par la France pour assurer la défense européenne. Il a donc demandé à tout le monde, de mettre au pot. Pour la Défense, il s’agit de 850 millions. Mais ces 850 millions ne touchent pas les opérations en cours ; la manière la plus simple d’économiser est de toucher aux équipements, ce qui est toujours dommageable. Simplement, le chef de l’Etat a promis à partir de 2018 une hausse des dépenses, pour à l’horizon 2025, avoir un budget d’environ 50 milliards alors qu’il plafonne aujourd’hui à 32,4 milliards. Ce serait une augmentation significative.

Le président considère que lorsqu’on sera passé en dessous des 3% de déficit, il pourra se retourner vers l’Europe pour lui demander de faire un effort

Au-delà de l’aspect quantitatif, on a du mal à cerner notre stratégie globale de défense. Quelle est-elle ?  

Le livre blanc du quinquennat précédent avait brossé un certain nombre d’éléments qui sont aujourd’hui totalement dépassées. Toute l’évaluation était passée à la moulinette du budget et avait été faussée après les attentats de 2015. Le nouveau président de la République a décidé non pas d’un livre blanc mais une revue stratégique dont les conclusions seront rendues au mois de décembre 2017. Il s’agit d’adapter rapidement les objectifs de la France à la menace, ce qui va permettre de définir une stratégie et d’établir une loi de programmation 2019-2025 qui sera votée avant l’été 2018. Les finances 2018 rentrent elles dans l’ancienne loi de programmation. Voilà l’articulation globale.

On doit absolument actualiser ce que doit faire la défense car, pour l’instant, on fait du bricolage !

Certes, mais pour quoi faire ?

On doit absolument actualiser ce que doit faire la défense, compte tenu des menaces actuelles car pour l’instant, on fait du bricolage ! Par exemple, selon le dernier livre blanc, les armées devaient pouvoir intervenir sur trois théâtres différents. Or, l’année dernière, elles étaient encore sur cinq théâtres différents ! Comme l’a dit le général de Villiers, lors de son audition auprès de la commission de la défense: si on doit diminuer les moyens, on devra diminuer les missions. Pour ce qui concerne l’opération Sentinelle, le président de la République a d’ailleurs demandé au général Lecointre, nouveau chef d’état-major, de lui présenter une évolution des dispositifs pour le mois d’octobre.

Afin de mieux coordonner l’analyse du risque terroriste, Emmanuel Macron a mis en place une « task force » élyséenne. Qu’en pensez-vous ?

Améliorer le système de coordination et d’exploitation du renseignement est toujours une bonne chose. Le premier effet de création de cette cellule est de marquer l’intérêt que le président porte à la lutte contre le terrorisme. Il sera intéressant de voir quelle a été l’action de cette task force sur l’affaire de Levallois. La remontée du renseignement et son exploitation ont assez bien fonctionné. L’assaillant a été arrêté, repéré et même s’il a eu le temps de faire son coup, il est aujourd’hui entre les mains de la justice (à l’hôpital car blessé). Il serait intéressant d’évaluer la valeur ajoutée de la task force dans cette opération.

Published by Un Sage
15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 18:21
Parfois abjecte mais toujours dynamique, paradoxale Amérique
par
Professeur honoraire des universités

Les Etats-Unis sont un pays étrange. Commençons par la nourriture. Tout y est abominablement mauvais. Les fruits n’ont aucun goût, on peine à distinguer un melon pas mur d’une mangue pas fraîche, croquante comme des radis trop mous. Le raisin est servi égrené, dur, homogène, les fraises sont creuses pour les rendre plus grosses… Ne parlons pas du café que l’on a du mal à distinguer du thé… ou de l’eau de vaisselle. En fait, le plus extraordinaire, c’est que ce n’est pas mauvais pour une raison naturelle: c’est rendu mauvais par toute une industrie dont c’est la raison d’être.

Un collègue canadien me faisait remarquer qu’un Américain (nous étions au Maroc dans la région des cerisiers et j’offrais à la ronde des cerises en vrac franchement cueillies) n’acceptera pas de la nourriture qui ne sorte pas d’une usine… Et cette industrie a pour mission implicite d’empoisonner son propre peuple qui multiplie les pathologies liées à la malbouffe dont la plus visible est l’obésité. Tout cela lié à un système de santé aberrant qui coûte près de 20% du PIB (contre 8 à 10% en France) pour une espérance de vie de l’Américain de 5 ans inférieure à la France. La différence vient des coûts administratifs liés aux contentieux avec les compagnies d’assurance privées…

Le pays où les ignares deviennent présidents

Les États-Unis ont hérité d’une belle langue, l’anglais, la langue de Shakespeare, langue de théâtre et de poésie. Ils en ont fait un sabir horrible qu’ils mâchouillent avec une voix de Donald Duck. Les villes sont laides, se ressemblent toutes, la nature (magnifique à l’intérieur du pays) n’est gérée que si c’est une occasion de business ou d’exploit sportif. Aux États-Unis, on est obèse ou on veut grimper à l’Everest parce qu’on peut se le payer. On voit ces Américains dans nos Alpes venir « faire le Mont Blanc » parce que « I can pay for that » quand bien même ils n’ont aucune compétence alpine. On les reconnait de loin à leur matériel flambant neuf qu’ils ne savent pas utiliser… et on se tient à l’écart, c’est plus prudent.

En fait, tout est vulgaire dans ce pays. Du christianisme il ne reste qu’une bigoterie et Luther, qui a combattu le rachat par les œuvres, serait épouvanté par l’utilitarisme des pratiques de la myriade d’églises protestantes. La bureaucratie est omniprésente, l’obsession du due process fait que tout fait l’objet d’une procédure inélastique appliqué par tout employé qui « fait son job » en mettant un point d’honneur à rejeter toute intelligence de situation, et qui peut vous pourrir la vie si, pour une raison que vous ne comprendrez pas, vous avez le malheur de passer pour un asshole à ses yeux. On a en tête les mésaventures des petites françaises parties comme jeunes filles au pair qui se retrouvent menottées et incarcérées pour travail illégal… Passons sur l’inculture abyssale de l’Américain moyen (et même élevé: on se rappelle G.W. Bush!), dont 50% n’ont pas de passeport et ne sont jamais sortis du pays, sur le caractère fondamentalement belliciste de ce pays qui bombarde à tire-larigot tout pays qu’il n’estime pas « démocratique »… et qui contrarie sa politique de puissance.

Remise en question permanente

Alors pourquoi cette réussite économique? Il faut saluer ici l’ouvrage de David Fayon Made in Silicon Valley dont je recommande chaudement la lecture pour comprendre le dynamisme américain. Ce n’est pas un livre américanolâtre à la Servan Schreiber. David est un acteur reconnu du monde de l’intelligence économique qui vit et prépare sa thèse en Californie, il a interrogé plusieurs dizaines d’entrepreneurs français et américains et des chercheurs, dont votre serviteur. Il nous dresse un tableau précis de ce qu’est être entrepreneur aux Etats-Unis, l’état d’esprit, les conditions pour entreprendre, bref, ce que l’on appelle en économie institutionnelle un milieu innovateur pour comprendre comment un ensemble de facteurs rendent possibles l’émergence de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft dont la capitalisation boursière dépasse le PIB de la France) dont David Fayon nous présente la stratégie de croissance ?

Ces entreprises sont conçues comme des écosystèmes capables de se reproduire et d’évoluer. Le cas d’Apple est le plus connu avec une architecture cœur, l’Iphone, autour de laquelle viennent se greffer des concepteurs d’applications qui payent une redevance. Chaque appli créée renforce l’attractivité d’Apple. Stratégie copiée par Samsung mais qui ne dispose pas de son propre système d’exploitation et qui est donc tributaire des stratégies de mise à jour d’Android. L’innovation est permanente sachant que se croire parvenu au sommet de l’affiche est mortel comme ce fut le cas pour Nokia qui ne vit pas venir le smartphone.

L’échec n’est pas une faute mais un atout pour demain

David prend pour référence le milieu de l’innovation numérique de la Silicon Valley mais sans ignorer et faire la différence avec la côte Est, avec des comparaisons très étayées et pertinentes avec d’autres pays comme le Japon (dont la France est beaucoup plus proche culturellement pour le style de management et de décision). Il identifie des facteurs de succès que j’ai pu moi-même constater durant mes années passées comme associé d’une firme québécoise de consultation. Les Québecois sont des êtres hybrides, des Américains qui parlent français et qui sont cultivés. Mais on y retrouve les mêmes traits qui sont absents chez nous: soutien à l’initiative, à l’innovation, à la prise de risque quand, dans nos grandes écoles et nos formations au management, on nous apprend la « prudence », la peur de l’échec et la gestion des carrières, la plus linéaire possible. L’échec n’est pas une faute mais une erreur pourvoyeuse d’informations pour un succès futur. Tout notre système est anti innovation et prise d’initiative, quand bien même il se complait, par aplaventrisme, dans une adoration de l’Amérique – à laquelle, en fait, il ne comprend rien – et au dénigrement de soi.

Il y a une dizaine d’années, quand à 50 ans passés, vendant les parts de mon entreprise, je me lançais dans une nouvelle carrière de professeur, je soutenais ma HDR devant un jury international. Les Européens soulignaient l’originalité de ma démarche de multiplier les parcours professionnels et de m’engager dans une carrière académique, alors que les professeurs québécois soulignaient qu’en Amérique du Nord cela était loué et encouragé, et bien normal. Nos « élites » qui vénèrent le libéralisme le vénèrent comme elles ont vénéré le marxisme: une logique déductive, qui prétend tout concevoir parfaitement par la théorie avant de passer à la pratique, rejetant le tâtonnement empirique par essais et erreurs – qui sait différencier l’erreur de la faute – qui est à la base de l’innovation. Cette innovation doit trouver facilement des financements à risque, ce qu’elle ne trouve pas en France, je l’ai vu durant mes années à Bercy dont la politique en pratique se résume à envoyer les jeunes entreprises innovantes dans les bras de capitaux américains ou quataris.

Un Etat très impliqué

S’y ajoute la politique publique qui, contrairement au crédo partagé par nos supposées élites, est très active. En complément de la lecture du livre de David, je recommande à nouveau celle de Mariana Mazzucato The Entrepreneurial State qui décrit l’interventionnisme extrême de l’Etat américain en faveur de ses entreprises, allant du protectionnisme direct et indirect aux aides financières massives. De quoi déclencher une crise cardiaque à un commissaire européen. La traduction en français de ce livre indispensable m’a été refusée par les PUF au motif qu’il défend une conception dépassée de l’économie… On sait à qui, malheureusement, appartiennent désormais les PUF.

 

 

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 17:17

Le JDD et La Provence ont retrouvé le couple Macron en vacances

 Emmanuel Macron, dont l'Elysée se refuse à indiquer le lieu de villégiature, passe ses premières vacances d'été présidentielles à Marseille en compagnie de son épouse Brigitte, indiquent le JDD et La Provence dimanche 13 août.

Le couple présidentiel séjourne "dans une résidence dotée d'une grande piscine, discrètement blottie au bout d'une impasse sur les hauteurs de la ville", précise le journal dominical.

 Le secret, gardé minutieusement par l'Élysée, n'aura pas tenu bien longtemps. Selon le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron passe ses premières vacances d'été présidentielles dans la cité phocéenne en compagnie de son épouse Brigitte.

L'Élysée gardait scrupuleusement le silence. Mais cela n'a pas suffi pour que le secret ne soit éventé. Emmanuel Macron et son épouse ont finalement choisi la ville de Marseille pour passer leurs premières vacances d'été présidentielles.

Selon le Journal du Dimanche (JDD)le couple, qui serait arrivé le 10 août dans la cité phocéenne, a opté pour la résidence privée du préfet de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Stéphane Bouillon.

La propriété, installée sur les hauteurs du Roucas Blanc, dans le VIIe arrondissement de la ville, possède un parc de plusieurs hectares et une grande piscine.

L'Élysée s'est de son côté refusé à confirmer l'information de l'hebdomadaire, répétant que le chef de l'État passait ses vacances «en France» et qu'il restait «mobilisable à tout moment», sans plus de précisions sur la durée et le lieu de cette villégiature.

Après avoir été vus vendredi midi, sur la plage du Prado, Emmanuel et Brigitte Macron se sont rendus au château de la Buzine, lieu emblématique du film Le Château de ma mère immortalisé par Marcel Pagnol, pour visiter l'exposition consacrée à Jean-Paul Belmondo. «Ils sont arrivés à 18h30.

Château de la Buzine

Personne n'a été prévenu, c'était une visite surprise. Ils voulaient faire une visite privée, raconte sur France Bleu Provence la directrice du château, Valérie Fédèle-Cahue. Ils ont beaucoup apprécié les lieux et se sont aussi promenés dans le parc. Le couple nous a dit qu'il était féru de littérature, ils ont voulu marcher sur les pas du petit Pagnol. Ils étaient très décontractés, très abordables. Ils étaient comme M. et Mme tout le monde venus profiter de quelques jours de repos pour découvrir Marseille», a-t-elle ajouté.

Sur le chemin du retour vers leur résidence d'été, le Président et son épouse ont fait un détour au belvédère d'Allauch (Bouches-du-Rhône) pour admirer quelques minutes le panorama sous un éblouissant coucher de soleil. «On a vu arrivés cinq policiers en civil. Puis une femme qui ressemblait à Brigitte Macron. On a compris que c'était le couple présidentiel quand on a vu arriver à son tour Emmanuel Macron, en jean et baskets», raconte une étudiante témoin de la scène dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Selon le journal La Provence, le couple devrait poursuivre son séjour dans la cité phocéenne jusqu'au 20 août. L'Élysée n'a pas souhaité confirmer cette date, mais a souligné qu'Emmanuel Macron est attendu en Europe de l'Est à partir du 23 août. .Jusqu'au 25 août, le chef de l'État doit se rendre en Autriche, en Roumanie et en Bulgarie afin de renforcer les liens avec ces pays. Après une pause estivale d'une quinzaine de jours, l'exécutif se retrouvera pour un séminaire gouvernemental lundi 28 août avant un Conseil des ministres de rentrée, le 30.

Critiqué pour avoir pris des vacances trop longues (19 jours) en 2012, son prédécesseur François Hollande avait réduit drastiquement ses congés les étés suivants (entre 7 et 10 jours de 2013 à 2016), raccourcissant également les vacances des ministres. Les précédents présidents, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, prenaient quant à eux autour de 20 jours.

 

 

 

 

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 10:40

Macron : PMA, osera, osera pas ?


Catherine Rouvier

L’Assemblée nationale nouvelle a eu une fin d’année (scolaire) turbulente. On a évité les lancers de polochon, mais pas les jouets de bac à sable, les cris, les claquements de pupitre, les claquages de porte des départs en fanfare, et les pions , pardon les administrateurs de l’Assemblée , ont eu bien du mal à rétablir l’ordre. Dans cet hémicycle en forme de théâtre antique, ils ont même dû jouer les souffleurs et dicter aux acteurs – frais émoulus de l’école de la rue plus que du conservatoire de la rue Blanche ,leurs principales répliques.

Enfin, une fois passé le pensum de la loi « confiance » dans une moralisation de la vie publique qui a tourné un peu à la tragi-comédie version Aristophane, le but réel de la session extraordinaire a été atteint : l’habilitation du gouvernement pour prendre des ordonnances a été votée. Alors plus belle la vie, l’école est finie.

La guerre de la rentrée aura-t-elle lieu?

Mais il y aura des devoirs de vacances. Pour les députés de la majorité car leur incompétence a défrayé la chronique et ils doivent apprendre par cœur, a dit le président, la Constitution, le règlement de l’Assemblée, celui des Commissions…

Pour l’opposition aussi. Pour la gauche, on est déjà fixé. Il faut préparer la grande manif’ du 12 septembre, décrétée par la CGT. Un voyant a prévu l’apocalypse pour ce jour-là. Mais Jean-Luc Mélenchon tient à ses congés payés, déjà entamés de neuf jours par la session extraordinaire. Alors, pas de panique, il prend ses vacances, apocalypse ou pas…

A droite enfin, on fabrique déjà les panneaux : « La PMA pour tous ne passera pas par moi », « Ni GPA ni PMA, l’enfant n’est pas une marchandise ».

PMA, te revoilà!

Car, au mois de juin, le Comité d’éthique a rendu un avis favorable à l’extension de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, et la Cour de Cassation a reconnu que l’enfant né d’un des deux parents par GPA à l’étranger pouvait être adopté par le conjoint homme ou femme et donc avoir en France ce fameux statut d’enfant né par GPA dont les enfants français ne peuvent  bénéficier légalement.

Du coup, la « France bien élevée », partie goûter l’eau des plages ensoleillées une fois les fêtes d’école terminées, a dû préparer ses arguments. D’autant que l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, ressuscitée de ses cendres, avait enfourché son vélo et était venue les titiller sur les plateaux télé en se réclamant de Simone Veil, récemment disparue, pour encenser « sa » loi et plaider la PMA « pour toutes »…

 « Simone Veil a bien dit que l’avortement était un drame, une solution de dernier recours et qu’il fallait mettre des conditions strictes, d’entretien préalable, de délai de réflexion, et que dissuader la femme d’avorter devait rester possible » avaient alors fait remarquer, en substance, La Manif Pour Tous, Sens commun, Avenir pour tous et autres Veilleurs, en postant sur les réseaux sociaux l’intégrale du discours fait par la ministre de la Santé devant les chambres au moment du vote de la loi sur l’avortement en 1975.

Manif pour tous, saison 2?

Reprendre tout ça, le mettre en forme, lancer les mots d’ordre, demander les autorisations de manifs… Entre deux châteaux de sable, un mariage au vrai château voisin, et l’achat de chouquettes pour le goûter, ça s’agite, ça cogite, ça complote.

Du coup, Emmanuel Macron hésite. Après les banderilles de la réduction des APL, est-il utile de porter le coup d’épée frontal, entre les deux yeux : l’extension de la PMA ?

Quand il avait lancé cette promesse de campagne, il avait seulement eu envie d’être gentil, d’accorder aux femmes, seules ou s’aimant entre elles, la satisfaction de leur désir d’avoir un bébé – chose petite, mignonne, facile à porter, qui attire la sympathie et les gouzi-gouzi – sans avoir d’homme, chose grande, encombrante, éructante, ronflante…

Le mauvais rêve du président Macron

Il voulait du reste le faire très vite, dès le début de son mandat. Mais la nuit précédant son discours devant le Congrès de Versailles, il avait fait un mauvais rêve. Il était entouré d’une bande de jeunes et leur vantait son projet de PMA « pour toutes » :

  • « Alors les jeunes, il est cool, mon projet, non ? »
  • « C’est cool, ouais, mais pas pour l’enfant. Tu as vu sur Twitter le témoignage de ce jeune homme inséminé qui dit qu’il traine ça comme un boulet ? C’est grave pas cool en fait. L’IVG c’était  « pas d’enfant, à aucun prix », et la PMA c’est « un enfant à tout prix ». C’est la même logique : la chosification de l’être humain,  sa marchandisation, l’égoïsme, le fric roi… Et puis l’enfant tu y penses ? Un petit garçon élevé par deux gonzesses, comment apprendra-t-il à chasser, jouer au foot, et s’initier à la guerre par des jeux-vidéos ? Elles  seront forcément vegan, et leur diront « caca c’est pas beau, c’est violent, range-moi ça. »

Alors là, il sait quoi répondre:

  • « Tu vis au Moyen-âge, toi ! Les petits garçons n’ont pas à apprendre la guerre ou la chasse plus que les filles aujourd’hui. Et si le petit garçon s’identifie à sa mère, il pourra être « trans » dès qu’il voudra. Et du reste comme on est tous « bi »… »
  • « Des blagues, tout ça ! Tous « bi », vraiment ? Si elles étaient « bi », les lesbiennes feraient un môme avec un homme. Là c’est total, dé No sex. Même pas une fois pour faire l’enfant… Et puis… quand un couple est stérile, il y a une pathologie. Donc c’est remboursé par la Sécurité sociale. Normal. Mais là… l’offrir à des femmes qui n’ont aucune pathologie… Ou alors lesbienne, c’est une pathologie ? »
  • « Ecoutez… on peut voir les choses autrement : le Comité d’éthique a découvert une autre forme de stérilité, une « stérilité sociale », résultant du choix homosexuel, qui étant source de souffrance mérite d’être soignée et indemnisée.»
  • « Haha, pensée complexe ! N’importe quoi ! Il y a ou il n’y a pas stérilité. Alors si la lesbienne est infertile, ok, mais sinon… où est la fameuse égalité si un couple hétéro ne peut choisir une insémination même s’il est fertile, alors qu’une femme homosexuelle ou célibataire le peut ? »

Et en même temps…

Ca ne peut plus durer. Le président sent la moutarde qui lui monte au nez. Il se fâche : « C’est cette discussion qui est stérile ! Je suis votre président. Ma décision est prise. Le Comité d’éthique a rendu un avis positif, ma majorité le votera, point barre ».

Les jeunes, interloqués, partent un à un, déçus. L’un d’eux lance à la cantonade : « Ok, alors tous dans la rue ! Défais les valises, Liliane, on reste à Paris ! »

Le président, mal réveillé de ce cauchemar aux couleurs de de manif pour tous, a finalement décidé de censurer les passages qui dans son discours du lendemain à Versailles traitaient clairement du sujet. Certes, il a évoqué la « liberté d’essayer, de se tromper, d’essayer encore », mais bien malin  qui y verrait  un lien avec la PMA !

Quant au Premier ministre, dans son discours de politique générale, à part la petite phrase « la Sécurité sociale est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas » qu’on pourrait, en tirant bien les cheveux, relier à la « stérilité sociale », on n’a rien entendu…

Et finalement, le 17 Juillet, Lily Marlene Schiappa, la fringante ministre de l’égalité hommes/femmes, entre un coup de gueule contre l’épisiotomie et le lancement de la lutte contre l’écartement des jambes des hommes dans le métro, l’a confirmé. La PMA, on y touchera au moment de la révision des lois de bioéthique. Donc pas avant 2018…

« Liliane, fais les valises, on part en vacances »

 

 

Published by Un Sage
13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 10:00

par

Bernard Swysen

 

« Des anti-immigrés se ridiculisent en confondant des sièges de bus avec des femmes en burqa. » (Huffington Post)

« Des nationalistes norvégiens prennent ces sièges de bus pour des femmes en burqa. » (Midi Libre)

« En Norvège, un groupe xénophobe confond des sièges de bus vides avec des femmes en burqa. » (Le Monde)

« Des islamophobes norvégiens ont confondu des sièges de bus vides avec des femmes en burqa. » (Mashable – avec France 24)

« Des xénophobes prennent des sièges de bus pour des femmes en burqa. » (BFM TV)

« Norvège : quand des internautes xénophobes confondent burqas et sièges de bus. » (Le Point)

« Des extrémistes confondent des sièges de bus et des femmes en burqa. » (TVA Nouvelles)

Etc., etc.

Les articles parlant de la farce qu’un certain Johan Slattavik a faite en publiant une photo de siège de bus, demandant aux gens ce qu’ils en pensaient afin de pouvoir ensuite, dans un grand élan de pédagogie moralisatrice, dénoncer « le racisme aveugle et la xénophobie », se lisent un peu partout sur la planète. On rit beaucoup. Confondre des sièges de bus avec des femmes en burqa, faut vraiment être con comme un raciste !

Aux islamistes, les médias reconnaissants?

Peut-être ! Mais n’est-ce pas là une façon de plus d’absoudre le principe de cette prison mobile synthétique ? Sont-ce vraiment ceux qui la vomissent, même abusés par une photo, qui sont condamnables, ou ceux qui obligent leurs femmes à la porter ? La réponse se retrouve dans les titres: anti-immigrés, nationalistes, xénophobes, islamophobes, extrémistes,…

Le débat une fois de plus est biaisé, et à lire cette multitude d’éditoriaux, on comprend que non, le problème n’est plus de cacher une femme au regard des hommes, le problème est de rejeter ce sépulcral déguisement. Mieux, dénoncer le port de cette bâche infamante est devenu un acte de xénophobie. A bon entendeur !

Et tant pis pour celles qui, forcées ou non, continueront d’étouffer sous cette sinistre tente noire dont le seul objectif est de soustraire au regard de l’humanité masculine leur corps impur, parce que tout simplement féminin !

 

Published by Un Sage
12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 10:25
Y a un truc!
Auteur
Marc Nacht
Psychanalyste et écrivain

Emmanuel Macron au salon Viva Technology à Paris, juin 2017. SIPA. 00811228_000010

Les grenouilles françaises veulent un roi. Macron en a fourni l’image. Cette image, véritable cache-pouvoir « jupitérien », a recouvert tout le champ politique. Il est parvenu à gommer les anciens élus de la République. Le virtuel de l’engouement transférentiel dit En marche ! l’a emporté sur toutes les fidélités. Oublié, jeté au panier le travail des élus d’hier, pas tous des salauds, au service de leurs administrés; déniée la cour qui leur fut faite pour obtenir tel ou tel avantage.

« Faute de pouvoir s’inscrire dans une génération, Macron en invente une »

Emmanuel Macron exerce la fascination d’un magicien. Il suggère plus qu’il ne dit, et active les désirs inconscients d’une foule avide de l’éveil de la Belle au Bois dormant. Tout ce qui était vient d’une mauvaise mère, la fée Carabosse, responsable du long sommeil de la République.

Paul Thibaud, dans le dernier numéro de Causeur, a déployé ce qui dans les discours de Macron tuait le temps de l’Histoire, « une position non pas hors sol mais anhistorique » notamment sur la colonisation, sur la culture. « Faute de pouvoir s’inscrire dans une génération, écrit-il, Macron en invente une ». C’est probablement, en effet, ce qui a fait son succès, car il active ainsi le rêve régressif d’un présent éternel associé à une toute puissance. Il suffirait à chacun d’empiler les briques de n’importe quel savoir-faire pour, tel les artisans de la tour de Babel, gagner le ciel. Tout comme dans la Babel biblique, l’ambition se conjugue avec une langue unique et réduite à l’efficacité des gestes. On connait la suite.

Majax Macron

Le tour de passe-passe du magicien est rendu opérant pour la raison qu’il se produit au sein d’une population qui, depuis des lustres (1968), se trouve en rupture générationnelle. Rupture assimilée au « progrès » et à la liberté.

Mais cette rupture générationnelle qui abolit le temps de l’Histoire (sans pour autant trouver compensation dans la consommation toujours plus envahissante d’objets) ne se fait pas sans quelque nostalgie de la transcendance d’une Loi représentée par le pouvoir politique. La stature inspirée du chef providentiel, du sauveur de la nation. Et quel chef serait-il plus à-même qu’un roi pour recouvrer ce rêve que la censure idéologique a plongé dans l’oubli ?

Macron, paradant dans la cour du Louvre en enfant roi, aurait réveillé ce désir insu. Il suffit qu’il le soit pour qu’une majorité stupéfiée se réfugie dans le silence, peut-être plus encore que dans une abstention critique. Il suffit qu’il le soit pour qu’une nouvelle horde de bien-pensants s’agenouille devant la fée Mélusine prometteuse de nouvelles naissances. Le reste est littérature, c’est-à-dire, bien paradoxalement, la réalité des moyens économiques, celle des conflits sociaux et celle du cancer islamiste, pourvoyeur de terroristes, qui ronge les « territoires perdus de la République ».

 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 10:20
La com’ chancelante du président Macron
par
Arnaud Benedetti
Professeur-associé à la Sorbonne.Il a publié "La fin de la com'" (Les éditions du Cerf).

L'accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée a ceci de stimulant pour ceux qui s’intéressent aux enjeux de communication qu’elle permet de réinstaller ces derniers au cœur d’une réflexion plus globale.

Chacun s’accorde à reconnaître que la com’ a non seulement joué un rôle essentiel dans la réussite électorale du tout nouveau président mais qu’elle continue à servir de carburant à sa conception de l’exercice du pouvoir. D’aucuns louent son talent de communicant quand d’autres n’y voient qu’une énième entreprise de manipulation des opinions et des esprits, inhérente au tropisme de politiques plus enclins à défendre une certaine organisation de la cité qu’à réformer celle-ci.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est bien le statut de cet objet omniprésent qu’est la communication qui est interrogé, soit au travers d’une surestimation de son efficience sociale, soit au prisme de sa toxicité idéologique.

Communication, l’autre nom de la propagande?

Or ces deux approches, aussi antithétiques qu’elles puissent paraître, n’en puisent pas moins à la même source, celle d’une communication appréhendée par le seul biais instrumental. Encore une fois, portée par l’ombre de sa professionnalisation, la communication en est réduite à une technique, un véhicule dont l’objectif consiste à acheminer un message et à assurer non seulement sa remise mais son adoption par les récepteurs. De ce point de vue rien sur le fond ne distinguerait communication et propagande, la première n’étant qu’une forme édulcorée de la seconde dans la mesure où elle opérerait prioritairement dans une société ouverte et pluraliste quand sa sœur jumelle serait exclusivement l’apanage des sociétés fermées et totalitaires. Confinée à sa seule fonctionnalité, délaissant ses racines anthropologiques qui en font pourtant un processus fondateur de la société, la communication en est ainsi réduite à cet appendice parfois incompris, souvent méprisé que l’on appelle la com’ pour caractériser tout un ensemble de métiers et de savoir-faire qui ont investi les différents secteurs de nos sociétés depuis maintenant près d’un siècle.

Macron le story-teller

Par l’usage intensif qu’il en fait, le macronisme réactive un imaginaire de la communication tout à la fois sulfureux et appauvrissant, levier de toutes les entreprises de domination et de domestication, bien plus que projet d’émancipation et de partage. Story-teller de son mandat, Emmanuel Macron préjuge ainsi de la malléabilité intrinsèque des opinions, de la plasticité des récepteurs dont il fait peu cas de l’aptitude à discriminer et à discerner. Le blitzkrieg communicationnel qu’il a produit et conduit dans sa conquête du pouvoir le renforce sans aucun doute dans cette conviction qui a force de foi dans sa bonne et belle étoile communicante. Il en oublierait aussi l’heureuse providence qui a enfanté son assomption élyséenne, c’est-à-dire l’explosion sur elle-même des vieilles offres politiques dont il fut bien plus l’allumette que la poudre et la mèche. Sans cet effondrement du duopole de gouvernement, usé par deux quinquennats d’espoirs déçus sur l’autel du realpolitik à la godille de ses prédécesseurs, la com’ de conquête n’eut sans doute pas brisé avec autant d’allégresse les murailles lézardées des forteresses partisanes de la Vème République.

La légende d’un Prince de la communication

Pour autant, c’est bien cette disposition communicante, polie avec une sophistication de tous les instants, qui s’est imposée comme la marque de fabrique du tout nouveau pouvoir. Ce dernier contribue ainsi à inventer subliminalement la légende d’un Prince de la communication, orfèvre en symboles et autres récits qui permettraient au bon peuple de France de se retrouver enfin gouverné par un souverain quasi-thaumaturge. L’enfant-roi nous insufflerait des raisons à nouveau de ne pas désespérer du politique…

A la version rose s’oppose une narration plus obscure qui voit dans l’œuvre aussi soudaine que déroutante du jeune prodige la continuation exacerbée, à peine dissimulée, d’une com’ propagandiste qui, tel le joueur de flûte de Hamelin, envoûte de sa mélodie le peuple-enfant que nous sommes… La représentation maudite de cette com’ un tantinet cynique prend tout son sens lorsqu’une jeune novice du staff communicant du président avoue avec une candeur qui le dispute à l’arrogance qu’elle n’hésite pas à mentir aux journalistes…

L’art du mensonge cash

Le pire du spin doctor peut dés lors donner libre cours à toutes les rumeurs, à  toutes les certifications douteuses d’une pseudo-réalité, à toutes les figures avariées des sous-séries les plus éculées qui circulent sous nos écrans au gré des saisons… Au moins le machiavélisme avait l’intelligence pudique de dissimuler ses ruses. Au moins les spins doctors de la guerre en Irak, à l’instar d’Alastair Campbell auprès de Blair, feignaient de croire à leurs calembredaines…

La génération post-2000, dont le chef de l’Etat est aussi le modèle et le héraut, a de son côté le mérite de la franchise du mensonge-cash ! Cajolée ou houspillée, la communication politique des nouvelles élites macronistes pourvoit tout autant en verticalité qu’elle s’y fourvoie non sans une certaine forme de naïveté. Elle reproduit de la sorte tous les présupposés des politiciens, mais aussi de bien des dirigeants, qui s’imaginent que le schéma communicant n’est autre que celui qui va de l’émetteur au récepteur. À ce jeu, la communication n’est qu’une fonctionnalité parmi d’autres.

Le macronisme évite l’altérité

La recherche de l’efficience et du profit relationnel constitue son horizon immédiat sans souci de préoccupation éthique. Cette instrumentalisation d’un acte aussi trivial en apparence que celui de communiquer, mais en réalité si hautement complexe, sous-estime l’extraordinaire résilience des opinions, y compris quand ces dernières sont confrontées à des phénomènes propagandistes. En fondant sa présence au monde sur la seule com’, le macronisme oublie que la communication va au-delà d’un simple savoir-faire. Elle exige tout d’abord l’acceptation du débat avec la réalité et ses aspérités – ce qu’exclut la politique de com’ du jeune président qui se refuse à une confrontation à l’altérité autre que scénographiée; elle vise surtout implicitement plus haut dans une quête quasi-existentielle du partage, de la médiation, de l’échange… L’enjeu de la communication n’est pas tant de mettre en scène, d’exprimer que de tenir compte des dissonances et des « parties prenantes » pour reprendre l’un des principes fondateurs des pratiques de ce que l’on appelle aujourd’hui la « responsabilité sociale d’entreprise ».

Le nouveau monde parodie l’ancien

Or le logiciel communicant du jeune président, inspiré de la com’ corporate cadenassée des grandes marques, double cette prédisposition au management pyramidal d’un usage des ressources les plus absolutistes de la Vème République (réaffirmation du domaine réservé comme dans le conflit l’opposant à l’ancien chef d’état-major, recours aux ordonnances pour légiférer, etc.). Tout se passe comme si le « nouveau monde » proclamé, peu soucieux des caractéristiques d’une époque où la négociation en continu fait office de principe régulateur des sociétés, se nourrissait des aliments de l’ancien monde innervé par la hiérarchie, le formalisme autoritaire, et un zeste de mépris pour ceux qui ne sont que minoritaires comme l’atteste le traitement dont les oppositions parlementaires sont l’objet au sein de l’hémicycle.

Le monde selon Macron est fait de peu de dialogues et de beaucoup de monologues. C’est ainsi qu’il faut lire la suppression, entre autres, du traditionnel entretien télévisé du 14 juillet. C’est ainsi qu’il convient aussi d’interpréter la procédure des ordonnances pour refondre dans la douleur de l’urgence un code du travail fruit de décennies de discussions.

L’Elysée se fait forteresse

Dans des temps où tout pousse à l’horizontalité communicante, réseaux sociaux et Internet obligent, la com’ verticale a tout de la restauration d’un ancien régime. Communication et injonction sont au cœur des contradictions de cette nouvelle majorité. Or on ne communique, pas plus que l’on gouverne, par injonction. Ce paradoxe vient troubler l’horlogerie jusque-là minutieusement réglée du monarque qui, en son palais, engrange au cœur de la torpeur estivale les premières courbes de défiance sondagière. À contretemps de la sensibilité de l’époque, à contre-sens de ce que cette même époque projette de demande de reconnaissances à travers l’appel à communiquer, le château se fait forteresse au risque d’être incompris et de transformer la parole prétendument jupiterienne en un soliloque exaspérant et inaudible. Après le temps de la com’ louée, vénérée, glorifiée, viendrait celui, plus amer et plus orageux, de l’incommunication. L’épreuve du pouvoir en quelque sorte.

 

 

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