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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 16:19

On dit que dans chaque homme il y a un cochon qui sommeille

Chez certains il se réveille

La libido ne fait pas dodo!!

L'affaire Weistein attise les déballages

L'écrivaine Ariane Fornia, fille de l'ex-ministre sarkozyste Eric Besson, accuse dans un article de L'Express jeudi l'ancien ministre socialiste et membre du Conseil constitutionnel Pierre Joxe de l'avoir agressée sexuellement au printemps 2010, un "mauvais canular" selon celui-ci.

Dans un post intitulé "#moiaussi: pour que la honte change de camp" publié sur son blog, Mme Fornia raconte plusieurs agressions sexuelles dont elle dit avoir été la victime, à treize ans puis à dix-neuf ans.

"La troisième agression, ou comment j’ai été agressée par un ancien ministre, n’est pas la +pire+, mais celle qui m’a intellectuellement le plus ébranlée", poursuit-elle.

Ariane Fornia affirme que cette agression a eu lieu l'un des soirs où elle avait coutume d'accompagner à l'opéra son père Eric Besson, alors ministre de l'Immigration, arrivé plus tard.

"Un vieux monsieur à l’air éminemment respectable s’assoit donc à ma droite. Son épouse est à sa droite à lui. J’insiste. Son épouse est là. La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse. Je me dis qu’il doit être très âgé, perturbé. Je le repousse gentiment. Il recommence. Rebelote. Une troisième fois", affirme-t-elle.

Elle poursuit: "Il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l’intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J’enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d’indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C’est un combat silencieux, grotesque, en plein Opéra Bastille" poursuit-elle.

Après avoir désigné sur son blog "un ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche, décoré de l’Ordre national du mérite et de plusieurs autres Ordres européens. Une statue vivante", Mme Fornia a affirmé à L'Express que son agresseur était Pierre Joxe.

"Je ne voulais pas qu'on commence à soupçonner tous les anciens ministres de François Mitterrand" justifie-t-elle.

Le récit a été confirmé à L'Express par Eric Besson: "J'étais fou de rage, absolument fou de rage. J'ai envisagé d'aller attendre Joxe en bas de chez lui pour lui casser la gueule, et puis j'ai entendu les inquiétudes de ma fille, dans une situation qui était

M. Joxe, qui n'a pas pu être contacté par l'AFP, a déclaré à L'Express qu'il s'agissait sans doute d'un "mauvais canular" : "J'aurais eu des gestes déplacés, moi ? Vous plaisantez, sans doute ?"

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Affaire Gilbert Rozon : M6 suspend "La France a un incroyable talent"

Le juré de l'émission phare de la chaîne est accusé par neuf femmes de harcèlement, attouchements et viol. Une affaire qui embarrasse la chaîne.

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Le béarnais jean Lassale,  Denis Baupin, Christophe Arend, Gilbert Cuzou;,Georges Tron etc ,sont dans le collimateur de la justice pour des faits similaires

 

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Sale histoire pour le maire de Cluses

Le Dauphiné libéré

Depuis mercredi matin, le maire de Cluses, Jean-Louis Mivel, 52 ans,était étrangement introuvable. Son absence à plusieurs réunions et événements officiels a même intrigué plusieurs élus locaux s’étonnant de son absence  inexpliquée au conseil communautaire privé mercredi soir.

La raison de cette absence s’est vite répandue dans la vallée de l’Arve. L’élu était en garde à vue au commissariat d’Annecy. D’après nos informations, le maire de Cluses, également vice-président du conseil départemental, a été interrogé pendant 36 heures dans les locaux de la police judiciaire des Savoie, à Annecy, dans le cadre d’une enquête sur une affaire de mœurs impliquant des mineurs. Son bureau de la mairie de Cluses aurait également été perquisitionné.

À l’issue de sa garde à vue, Jean-Louis Mivel a été relâché et laissé en liberté jeudi soir. Contacté, le parquet d’Annecy s’est refusé à tout commentaire. « Dès que j’ai été saisie de l’affaire, il y a plusieurs semaines, une information judiciaire a été ouverte et un juge d’instruction a été nommé », a simplement indiqué la procureur d’Annecy Véronique Denizot, rappelant l’importance de la présomption d‘innocence dans ce type de dossier.

Toujours d’après nos informations, Jean-Louis Mivel devrait être convoqué rapidement (sous quinze jours) devant le juge d’instruction en vue de sa mise en examen. Le magistrat instructeur s’est laissé quelques jours pour approfondir le dossier et décider des chefs d’inculpation et des éventuelles circonstances aggravantes. La remise en liberté du maire de Cluses indique en tout cas que la justice ne redoute pas un renouvellement des faits ou une éventuelle fuite d’ici-là.

Aucune communication n’a été faite quant à la gravité des faits qui pourraient être reprochés à l’élu, mais sa qualité d’ex-président de l’entraide internationale des Scouts de Cluses et d’ex-directeur adjoint du prestigieux lycée catholique Saint-Michel à Annecy donne évidemment un caractère très sensible à ce dossier.

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  • Les violences sexuelles portent atteinte aux droits fondamentaux de la personne notamment à son intégrité physique et psychologique.
    Elles sont l’expression de la volonté de pouvoir de l’auteur qui veut assujettir la victime. 
    Le responsable de l’agression sexuelle est l’auteur quelles que soient les circonstances de la violence sexuelle.

    Les conséquences pour les victimes quelle que soit la forme de la violence sexuelle sont importantes, nombreuses et durables, notamment anxiété, trouble du sommeil et/ou de l’alimentation, peurs intenses, la culpabilité, dépression, isolement, conduites à risque ou agressives… Ces manifestations sont propres à chaque victime et sont variables dans le temps. La victime doit être aidée et accompagnée.

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    Comment définit-on le harcèlement sexuel ?

    D’après le Code pénal (article 222-33), le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

    Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d’user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers.

    Ces faits sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. Ces peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque les faits sont commis : par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ; sur un mineur de quinze ans ; sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ; sur une personne dont la particulière vulnérabilité ou dépendance résultant de la précarité de sa situation économique ou sociale est apparente ou connue de leur auteur ; par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice.

    Qu’est-ce qui le différencie d’une agression sexuelle ?

    Une agression sexuelle est, quant à elle, un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique, et à la sécurité de la personne.

    Cette définition s’applique peu importe l’âge, le sexe, la culture, l’origine, l’état civil, la religion et l’orientation sexuelle de la victime ou de l’agresseur sexuel ; le type de geste à caractère sexuel posé ; le lieu ou le milieu de vie dans lequel le geste à caractère sexuel a été fait ; les liens qui existent entre la victime et l’agresseur sexuel.

    Et le viol ?

    La loi distingue le viol (lorsqu’il y a pénétration, de quelque type que ce soit), qui est un crime, des autres agressions sexuelles (lorsqu’il n’y a pas de pénétration).

    Le délai de prescription dans le cadre d’un viol est de 10 ans, et jusqu’à 20 ans après la majorité pour une victime mineure au moment des faits.

    Le viol est puni de quinze ans d’emprisonnement, et jusqu’à vingt ans en cas de circonstances aggravantes, comme lorsque les faits sont commis par le conjoint de la victime, sur un mineur de 15 ans ou sur une personne vulnérable.

    Violences faites aux femmes

    Selon les chiffres publiés par l’observatoire national des violences faites aux femmes, une femme meurt tous les 3 jours (et un homme tous les quinze jours) en France, sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint.

    On estime que 223 000 femmes sont victimes de violences de la part de leur conjoint ou de leur ex chaque année en France.

    84 000 femmes de 18-75 ans sont victimes chaque année de viols ou tentatives de viol. Des chiffres certainement sous-estimés selon les spécialistes.

     


     

     

     

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Published by Un Sage
20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 15:24

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Deux étudiants en informatique marchent le long de leur campus lorsque l'un des deux dit à l'autre, admiratif :- Où est-ce que tu as trouvé ce vélo ?Le second lui répond :- Ben en fait, alors que je marchais, hier, et que j'étais dans mes pensées, je croise une super nana en vélo qui s'arrête devant moi, pose son vélo par terre, se déshabille entièrement et me dit :- Prends ce que tu veux !Le premier opine et lui dit :- Tu as raison, les vêtements auraient certainement été trop serrés.

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Une femme rencontre un très bel homme dans un bar.Ils parlent, ils se plaisent, ils partent ensemble. Ils arrivent chez lui, et il lui fait visiter son appartement. Elle remarque que sa chambre est remplie de petits nounours.Une centaine de petites peluches sur des étagères qui font toute la largeur du mur. Les petits oursons sur l'étagère du bas, les ours moyens, bien rangés, sur l'étagère du milieu, et les très grandes peluches sur l'étagère du haut.La femme est surprise de voir que cet homme, viril, a une aussi grande collection d'ours en peluche ; elle ne montre pas son étonnement, mais elle est émue par la sensibilité de cet homme. Elle se retourne vers lui ... Ils s'embrassent ... Ils s'arrachent leurs vêtements et font l'amour passionnément. Après une nuit intense en ébats et en émotions, ils restent couchés là avec l'esprit un peu dans le brouillard. La femme se retourne dans le lit et lui demande en souriant :- Alors, heureux ?Et l'homme lui répond :- Oui, ça peut aller ... tu peux choisir un lot sur l'étagère du bas

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Un homme surprend sa femme au lit au lit avec un nain.- Qu'est-ce que tu fais ? Tu m'avais promis de plus me tromper !- Exact ! Comme tu peux le constater, je diminue la dose...

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Une jeune nonne fait du stop et monte dans un camion. Le chauffeur tente sa chance auprès de la nonne qui parait intéressée par la chose.Le camion est alors garé sur un parking, et le couple fait son affaire sur la couchette.Les galipettes terminées, ils reprennent la route, et arrivant dans un village, la nonne demande au routier de s'arrêter car elle veut se confesser. Revenant au camion au bout d'un quart d'heure, le chauffeur lui demande :- Qu'est-ce que vous avez dit au bon Dieu ?- Que nous avions fait l'amour deux fois.- Mais on ne l'a fait qu'une seule fois !Et la nonne lui répond alors :- On ne va pas se quitter comme ça...

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La nouvelle institutrice a envie d'inculquer des notions de psychologie à ses élèves.Elle s'adresse à la classe en ces termes:- Que celui qui a l'impression d'être stupide par moment se lève !Après une bonne dizaine de secondes, Toto se lève... de mauvaise grâce.

L'institutrice:- Alors comme ça Toto, tu penses que de temps en temps tu peux être stupide ?- Non m'dame, mais ça me faisait de la peine de vous voir toute seule debout

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Un facteur fait sa tournée du matin en vélo et apporte une lettre à une belle femme blonde. Il sonne à la porte et dit à la charmante dame :- Bonjour, voici une lettre pour vous, elle arrive de loin par avion.- Vous n'êtes qu'un menteur monsieur, je vous ai vu arriver dans la rue avec votre vélo...
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Un homme et sa femme sont en train de dîner dans un restaurant très chic. Une superbe jeune femme arrive dans le restaurant, va directement vers l'homme et lui donne un long et doux baiser. Elle lui dit qu'elle le verra un peu plus tard et quitte le restaurant.Sa femme, énervée, le regarde et lui demande:- "Veux-tu bien me dire qui c'était ?"- "Qui, elle ?", répond le mari, "mais c'est ma maîtresse !"- "Et bien, j'aurai tout vu", lui répond la femme, "je demande le divorce!"- "Ecoute, je comprends ta réaction", commence le mari, "mais il faut que tu réalises que si nous divorçons, tu n'auras plus de voyages, plus de courses dans les boutiques à Paris, plus de vacances d'hiver sur les plages de la Barbade, plus d'été dans les Montagnes Rocheuses, plus de Porsche et de Jaguar, plus de club de yachting et de polo... Mais c'est ta décision et je la respecte."

Au même moment, un ami du couple entre dans le restaurant avec une superbe femme au bras.- "Qui est cette femme avec Jacques ?" demande la femme.- "C'est sa maîtresse" répond le mari.La femme répond alors : "La nôtre est plus jolie !"

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L'archevêque doit engager un nouveau jardinier. Le bedeau aimerait bien donner la place à son copain Ahmed, qui est au chômage, mais il sait que l'archevêque est très strict sur un point : tout le personnel doit être catholique. Alors le bedeau a une idée.-Ahmed, on va dire que tu t'es converti il y a plusieurs années à la religion catholique.-Ti gentil, mais ci pas possible ! Moi, ji connais rien à ta religion catholique...-Ne t'inquiète pas, Ahmed. Pour vérifier qu'un employé est un bon chrétien, Monseigneur pose toujours les mêmes questions. Il va te demander qui était la mère de Jésus, tu répondras : Marie. Qui était le père de Jésus, tu répondras : Joseph. Comment est mort Jésus, tu répondras : sur la croix.-Arrête, ji m'rapellerai jamais tout ça !-Je te le répète, ne t'inquiète pas, j'ai pensé à tout. Je marquerai les réponses sur ta tondeuse à gazon, tu n'auras qu'à les lire.Ahmed est engagé. Et le premier jour, alors qu'il tond la pelouse, l'archevêque s'approche de lui :-Ah ! Vous êtes le nouveau jardinier. Comment vous appelez-vous ?-Ahmed, m'sieur Monseigneur.-Mais...vous n'êtes pas catholique ?-Si, m'sieur Monseigneur. J'i m'suis converti.-Comme c'est beau ! Voyons si vous êtes un bon chrétien. Savez-vous comment s'appelait la mère de Jésus ?Ahmed se penche sur sa tondeuse.-Marie.-Et le père de Jésus ?Ahmed se repenche sur sa tondeuse.-Joseph.-Très bien. Et comment Jésus est-il mort ?Nouveau coup d'œil sur l'engin.-Sur la croix.-Parfait !L'archevêque s'éloigne, satisfait. Et puis, pour être vraiment certain que ce musulman est devenu un bon chrétien, il revient sur ses pas.-Pourriez-vous également me dire les noms des deux larrons qui étaient de chaque côté de Jésus sur la croix ?Ahmed se penche sur sa tondeuse et relève la tête avec un grand sourire.-Black et Decker

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Published by Un Sage
20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 11:30

 

 

Antidote

David Desgouilles

L' Invitée de L’Emission politique, Marine Le Pen n’a pas semblé plus assurée hier soir que lors de son débat raté de la présidentielle


Marine Le Pen était l’invitée de L’Emission politique, hier soir. Elle était attendue puisque c’était sa première grande émission depuis le fameux débat du second tour de l’élection présidentielle. Mais plus encore, la première après le départ de son stratège Florian Philippot. C’est d’abord sur l’euro, point d’achoppement avec ce dernier, qu’elle a été interrogée par François Lenglet. C’est peu dire qu’elle n’a pas été plus convaincante que face à Emmanuel Macron.

L’euro, monnaie gênante et trébuchante

Cette fois, ce n’est pas la distinction entre monnaie unique et monnaie commune, insuffisamment maîtrisée, qui l’a fait trébucher, mais le nouveau calendrier du FN, faisant de la souveraineté monétaire un aboutissement et non plus un préalable, laissant même entendre qu’une sortie de l’euro n’était plus obligatoire si on arrivait à réformer la gestion de la monnaie. Marine Le Pen favorable à la perspective de « l’euro sympa », c’était effectivement nouveau, mais on n’y croyait guère, pas davantage qu’elle-même à ce moment-là, d’ailleurs. Marine Le Pen sait très bien, pour l’avoir dit elle-même pendant deux campagnes présidentielles, que la monnaie est d’abord un outil politique et que sa gestion constitue une arme pour faire plier ceux qui refusent de rentrer dans le rang. Qu’on en parle aux Grecs qui ont été menacés par Mario Draghi de voir leurs banques privées de liquidités au plus fort de la crise de 2015.

Tout est à refaire

C’est ensuite Laurence Parisot qui est venu lui porter la contradiction sur le sujet du féminisme. C’est à ce moment-là que Marine Le Pen a été la plus à l’aise. Divine surprise pour la présidente du FN que cette invitée mystère : une ancienne présidente du Medef. Elle a ainsi pu développer la défense des petits et des sans-grades, au féminin. Un peu d’oxygène dans l’émission avant d’être confrontée à Gérald Darmanin qui lui a donné davantage de fil à retordre sur les questions fiscales.

Marine Le Pen ne semble pas avoir retrouvé la confiance et la sûreté qui étaient sa marque de fabrique il y a encore quelques mois. Le débat face à Emmanuel Macron pèse toujours et elle en est convenue elle-même, hier soir. Sa crédibilité en a souffert, en souffre toujours. Elle en paraît d’autant plus consciente que ce débat a été le point de départ du processus qui l’a amenée à se séparer de celui qui fut son stratège depuis 2009, pour se retrouver aujourd’hui isolée idéologiquement dans le parti qu’elle préside, et qui l’amène à dire et faire le contraire de ce qu’elle disait et faisait jusqu’au 3 mai dernier, sur les questions économiques.

Concurrents, un mot qui commence bien mal

Il ne sera pas facile de remonter la pente dans ces conditions, d’autant que Laurent Wauquiez vient aujourd’hui lui faire de la concurrence sur les questions identitaires, et que Florian Philippot développe sa petite entreprise, qu’on aurait tort de mésestimer.

Invité la veille chez Zemmour et Naulleau, il a fait preuve d’une efficacité d’autant plus grande qu’il est, au contraire de son ex-candidate, en total accord avec lui-même. S’il continue d’être considéré comme un bon client dans les médias audiovisuels, son nouveau parti pourrait se développer plus vite qu’on ne l’aurait cru. D’autant plus que la prochaine échéance électorale est européenne… Les divorces sont surprenants. C’est parfois celui dont on croit qu’il va souffrir le plus qui, contre toute attente, se libère, laissant l’autre bien plus malheureux que prévu.

 

 

Published by Un Sage
18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 17:12

Une nouvelle caserne pour les pompiers

La caserne actuelle

 Construite en 1958, avenue Charles de Gaule ,alors que les pompiers n'intervenaient que pour les incendies, appelés par la sirène basée dans la clocher, cette caserne ne convient pas du tout au "Centre de Secours "actuel qui est sollicité non seulement pour les incendies, mais pour tous les accidents de la vie quotidienne, autos, malaise cardiaque, sauvetage d’animaux etc.……..

L'effectif est en hausse,avec beaucoup de véhicules divers d'intervention.

8 SPP et une 60ène de SPV.  6 SP en garde postée la journée, qui réalisent environ 1400 interventions à l’année.

Ils défendent en 1er appel La Roche sur Foron et quelques communes avoisinantes soit à minima 11 000 habitants.

Avec des moyens importants qui n'ont plus la place pour se garer!

1 VL ; 1 VLCG ; 1 VLHR ; 1 VTP ; 1 VTU ; 2 VSAV ; 1 VSR Ra ; 1 FPTGP etc…….

Le nouveau bâtiment:

Il aura une surface de 11671 m² pour recevoir un effectif de 90 pompiers sur un terrain de  7.400 m² appartenant à la CCPR.

Ce terrain a été acquis par celle-ci en 2011 pour un montant de 178.254 € et mis à la disposition du SDIS74 (service d'incendie et de secours de Haute Savoie).

Le bâtiment comprendra:

Des locaux opérationnels (standard d'alerte, vestiaires, sanitaires, remise des véhicules)

Des locaux administratifs:7 chambres de garde, salles de réunions et de formation:

Des espaces de vie et de détente ; Restauration, remise en forme, foyer.

Le financement:

Le coût total du chantier a été estimé à 3,7 millions HT

Outre la mise à disposition du terrain, la collectivité participe à hauteur de 20%, soit 760.000€ HT , en assurant la viabilisation du terrain.

Le permis de construire a été déposé en septembre 2017 et devrait permettre le démarrage des travaux au printemps 2018 ,pour une durée de 18 mois.

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Vieux souvenir d'école

et

D'un stage chez les pompiers de Paris,caserne "Blanche"

La chanson fétiche de l'ENSBA ( Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts)

On ne connait pas l'auteur des paroles et de la musique. On sait seulement qu'elle est d'origine angevine

En 1885 l'élève angevin Defaye introduisit cette chanson à l'École nationale des beaux-arts de Paris

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On sait que chacun sur la terre
A son faible ou sa passion,
passion,
Le pompier n'est qu'un militaire
Et fier de sa position,
Position,
Le sapeur et sa barbe noire
Est orgueilleux de son bonnet
Le pompier maitre de sa gloire
Dans son casque et dans son plumet

Un casque est une coiffure
Qui sied à leur figure
Un casque de pompier
Ça fait presque guerrier
Ça leur donne des airs d'vainqueurs
Qui siéent pas mal à leur valeur
Sous ce casque brillant
Ils ont l'air épatant vraiment
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
La la la la la la

On dit quelquefois au village
Qu'un casque ça sert à rien du tout
Rien du tout,
Ça sert à donner du courage
À ceux qui n'en ont pas du tout,
Pas du tout,
De loin ça prend des airs fantasques
Et chacun dit en les voyant,
En les voyant,
Ah ç'qu'ils sont beaux avec leurs casques
Ça leur donne des p'tits airs épatants
Tant, tant, tant, tant.

Un casque est une coiffure
Qui sied à leur figure
Un casque de pompier
Ça fait presque guerrier
Ça leur donne des airs d'vainqueurs
Qui siéent pas mal à leur valeur
Sous ce casque brillant
Ils ont l'air épatant vraiment
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
La la la la la la

On nous raconte dans l'histoire
Que les Romains et les Gaulois,
Les Gaulois,
Ces fils chéris de la victoire
Portaient des casques autrefois,
Autrefois,
Le casque est donc un héritage
De tous ces guerriers valeureux,
Oui valeureux,
Et si nous l'avons en partage
C'est que nous sommes des pompiers comme eux
Ah, ah, ah, ah.

Un casque est une coiffure
Qui sied à leur figure
Un casque de pompier
Ça fait presque guerrier
Ça leur donne des airs d'vainqueurs
Qui siéent pas mal à leur valeur
Sous ce casque brillant
Ils ont l'air épatant vraiment
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
La la la la la la

Le jour zoù ç'qu'il y a la fête
Il endosse ses plus beaux habits,
Beaux habits,
Il met son casque sur la tête
Pour aller flâner dans l'pays,
Dans l'pays,
Puis à l'ombre de sa visière
Lorsqu'il rencontre un jeun'tendron,
Jeun'tendron,
Il lance une œillade incendiaire
Le pompier est tellement polisson,
Son, son, son, son.

Un casque est une coiffure
Qui sied à leur figure
Un casque de pompier
Ça fait presque guerrier
Ça leur donne des airs d'vainqueurs
Qui siéent pas mal à leur valeur
Sous ce casque brillant
Ils ont l'air épatant vraiment
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
La la la la la la

On sait que chacun sur la terre
A son faible ou sa passion,
Sa passion,
Le pompier n'est qu'un militaire
Et fier de sa position,
Position,
S'il porte un casque sur la nuque
C'est pas pour faire des embarras,
Embarras,
C'est pour garantir sa perruque
Quand bien même il n'en aurait pas,
Ah, ah, ah, ah.

Un casque est une coiffure
Qui sied à leur figure
Un casque de pompier
Ça fait presque guerrier
Ça leur donne des airs d'vainqueurs
Qui siéent pas mal à leur valeur
Sous ce casque brillant
Ils ont l'air épatant vraiment
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
Zim la boum la boum la la lère
Zim la boum la boum tra la la
La la la la la la

On dit qu'à la provinciale
Les vieux reviennent volontiers,
Volontiers,
Ils retrouvent à la générale
Toute l'ardeur de leurs cadets,
Leurs cadets,
Laissant au vestiaire leurs casques
Qui par moments seraient gênant,
Rait gênant,
De l'École ils refont les frasques
Car enfin ce n'est qu'une fois l'an,
Ah, ah, ah, ah.

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On rigole bien avec le pompiers

1934

Chanson écrite par Charlys et Couvé pour les paroles et Henry Himmel

pour la musique

Chez nous au village,
On est à la page
Car nous avons fondé
Une compagnie d'pompiers
Ils se présentèrent
Chez "Mossieu" le Maire
Qui fit un grand discours
Pour fêter ce beau jour

Refrain
Nous avons bien rigolé
La fanfare a défilé
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers
Au bistrot l'on a trinqué
Et la jeunesse a dansé
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers
Y avait l'instituteur
Le préfet, le facteur,
La femme au pharmacien
Qui dit du mal de ses voisins
Dans le pays tout entier
On a fait tous les cafés
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers.

Hier soir une Delage
Prit feu dans l'garage
Ne voyant pas la nuit
Leur pompe à incendie
Ils prirent sans méfiance
La pompe à essence
Pour arroser le feu
Ils firent la queue leu leu

Refrain
Nous avons bien rigolé
Tout le village à flambé
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers
Comme ils étaient affolés
On a fait un défilé
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers
Le capitaine avait
Requis tous les objets
Des plats, des vieux chapeaux
Pour faire la chaîne avec de l'eau
Enfin, ça s'est arrêté
Y avait plus rien à brûler
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers

Cette chaude alerte
Causa bien des pertes
Après les explosions
Ce fut l'inondation
Fallut à la nage
Traverser l'village
Oui, mais pour boire un coup
Y avait plus d'eau du tout

Refrain
Nous avons bien rigolé
On a failli se noyer
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers
Comme il restait un café
On y rentra pour sécher
Avec les pompom...
Avec les pompom...
Avec les pompiers
Nous n'avions plus beaucoup
Les yeux en face des trous
Et tout en nous tordant
Nous tordions aussi nos vêtements
En famille on est rentré
Mais tous les administrés
Avaient leur pompon
Avaient leur pompon
Avec les pompiers.

 

 


 

Published by Un Sage
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 18:01
L’école n’est pas une démocratie
Et ne doit surtout pas le devenir
par
Gérard Mamou
Depuis trois ou quatre décennies, nous assistons, assez impavides, dans les « cités », à l’extension continue de la délinquance, l’enrichissement par le trafic de drogue, la « révolte » destructrice, le rejet de toute autorité. Au refus des règles communes, s’ajoutent les pratiques agressives, dites ethniques ou communautaristes, les brutales incidences racistes et sexistes. Les plus atteintes des zones concernées sont en quasi-sécession par rapport à la République. A l’anomie, à la relégation sociale, au relativisme moral, à la disparition des repères, s’ajoute le repli des Institutions, jusqu’au relatif, certes, mais très sensible abandon de l’Etat. Qui entraîne l’extraordinaire affaiblissement du rôle de l’école comme moyen de promotion socio-professionnelle et culturelle – jusqu’à l’illettrisme, l’obscurantisme, la délinquance.

La lâcheté, mère de tous les maux

Personne de sérieux ne doute plus que de nombreux collèges et lycées de France soient atteints, et pour certains gangrenés, par ces facteurs négatifs et destructeurs, désormais indurés et difficiles à appréhender, portant ainsi politiques et personnels au découragement, au pessimisme et donc à une prudente abstention, sinon à des réactions inadaptées et contre-productives. Dans son livre magnifique, Prof, Sylvain Bonnet met notamment l’accent sur le caractère insupportable de la violence dans l’école, et sur la « lâcheté » de tous ceux qui l’admettent, la tolèrent, sinon la justifient pour de perverses raisons idéologiques.

Or, d’une manière générale, tout ce qui empêche tels et tels établissements scolaires de fonctionner normalement, en particulier la violence sous toutes ses formes, constitue l’injustice principale, et de loin, de notre système scolaire et même social. Dans ce contexte spécifique, la mise en œuvre stricto sensu de la disposition administrative majeure que constitue la « carte scolaire » soulève une immense question. Certes, la carte scolaire en soi, et dans une situation disons normale, constitue un instrument nécessaire de bonne gestion des effectifs scolaires. Mais dans les conditions actuelles, sa stricte application pour contraindre des milliers d’élèves, souvent les plus défavorisés, à la scolarisation dans des établissements parmi les plus touchés par ces maux, représente bien plus qu’une simple et banale iniquité : un grave scandale, fruit de l’impéritie, de la faiblesse – et au fond de l’indifférence pour la situation réelle de ces adolescents.

« Les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants »

Il apparaît, tout d’abord, intellectuellement invraisemblable que l’on continue aujourd’hui, contre les affirmations des enseignants les plus équilibrés et bienveillants et des véritables penseurs du sujet, progressistes et conservateurs confondus (Alain, Fernando Savater, Hannah Arendt…, sans même évoquer les fondateurs de notre école républicaine), à entretenir la confusion entre le pathologique autoritarisme et l’autorité sereine et désintéressée. « Que, dans ce monde de facilité et de gaspillage, l’école reste le seul lieu où il faille prendre de la peine, subir une discipline, essuyer des vexations, progresser pas à pas, vivre, comme on dit, « à la dure« , les enfants ne l’admettent pas parce qu’ils ne peuvent plus le comprendre. », relève Savater. De son côté, Hannah Arendt affirme avec force que « les enfants ne peuvent pas rejeter l’autorité des éducateurs comme s’ils se trouvaient opprimés par une majorité composée d’adultes – même si les méthodes modernes d’éducation ont effectivement essayé de mettre en pratique cette absurdité qui consiste à traiter les enfants comme une minorité opprimée qui a besoin de se libérer ! » Géniale pionnière dans ce champ, Arendt ajoute que « l’ambiguïté quant à l’actuelle disparition de l’autorité n’est pas possible. […] L’autorité a été abolie par les adultes, et cela ne peut signifier qu’une seule chose : que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants. »

Et c’est cette même réalité qui porte Savater à la conviction que « ce ne sont pas les enfants qui se rebellent contre l’autorité des éducateurs, ce sont les grands qui les y poussent, en les précédant dans cette rébellion. Et qui du coup se déchargent de l’obligation de leur opposer cette résistance cordiale mais ferme, patiente et complexe, qui doit les aider à grandir droit vers la liberté adulte. » Certes, c’est toute notre conception de l’autorité qui est à profondément repenser dans l’institution scolaire, l’autorité traditionnelle ne fonctionnant plus aujourd’hui de façon satisfaisante. Mais ce serait faire preuve d’un dangereux angélisme que de penser que nous pouvons, adultes, enfants et adolescents, nous dispenser d’un levier anthropologique aussi puissant que l’autorité. Cette vertu constitue le squelette de nos institutions : qu’on la brise, et c’est l’écroulement de toute notre vie sociale. Et quand l’Institution scolaire elle-même n’est plus convaincue de la légitimité et de la validité de ses propres valeurs, et des moyens de les faire vivre et respecter, comment ses serviteurs les plus loyaux et engagés pourraient-ils valablement les représenter et les assumer ?

Un cadre nécessaire

De son côté, le biologiste André Langaney, qui ne passe pas pour un esprit rétrograde, écrit ceci, qui est capital : « La contrepartie de l’indétermination [spécifiquement humaine] est très lourde […] : il faut, à toute population humaine, un cadre culturel et social assez strict pour assurer, sans faiblir, [des conditions d’existence] minimales. La rigidité des coutumes et de l’éducation est la contrepartie nécessaire de la souplesse du programme génétique et de l’adaptabilité des comportements. » Transposé de l’aspect biologique au plan éducatif, c’est très exactement le discours que tient Arendt lorsqu’elle affirme qu’on ne peut liquider la tradition et l’autorité dans l’école sans la vouer à disparaître.

Et d’ailleurs les enfants que l’autorité bienveillante a abandonnés ne peuvent plus la reconnaître nulle part, en auraient-ils un besoin éperdu, et serait-ce dans des maîtres de qualité. Fréquemment en révolte, toujours en souffrance, ils sont aussi de ceux qui grèvent le plus lourdement l’institution, comme le devenir de leurs camarades. Sylvain Bonnet n’hésite pas à affirmer qu’« un enfant en échec scolaire est, d’une certaine façon, un enfant battu. Continuellement repris, mal aimé, mais pas délaissé pour autant – ce qui eût constitué une contrepartie rendant la situation plus vivable -, il subit les vexations quotidiennes de celui qu’on dévalorise sans jamais le laisser en paix. Quoi d’étonnant à ce que certains finissent par devenir méchants ? ».

« Le facteur majeur de ségrégation scolaire et sociale n’est ni ethnique, ni socio-économique, mais socio-culturel »

Je reviens à la question qui me tient particulièrement à cœur : dans les conditions que nous venons de décrire, l’obligation en principe rigoureuse pour tous les élèves de se plier aux règles de la carte scolaire (on sait que certaines familles parviennent à s’en dégager…) revient à en condamner une part considérable à stagner dans des lieux débilitants, quand ce n’est pas à pâtir d’une délinquance tolérée et dans tous les cas à être privés du droit fondamental à bénéficier d’une instruction publique de bonne qualité leur garantissant un avenir digne.

L’administration semble se trouver ici à la croisée d’impératifs contradictoires : la générosité de l’égalité républicaine, l’impératif d’autorité et la nécessité d’une gestion nationale rationnelle des flux d’élèves. Mais en vérité ces trois obligations ne constituent qu’une unique responsabilité, fondamentale : celle de procurer à tous les enfants et adolescents, dans des conditions dignes, un enseignement de qualité. Ce qui implique que cette même administration s’en donne les moyens, largement moraux, en ce qu’ils relèvent du devoir d’état, de la bonté impersonnelle et du courage ! Cette tâche est d’autant plus instante et incontournable aujourd’hui pour l’Institution scolaire que son propre coût est notamment grevé par la difficile mais impérieuse nécessité d’intégrer des populations parfois fort éloignées de la culture française. Or, affirme Sylvain Bonnet, « il est essentiel de prendre en compte le fait qu’aujourd’hui le facteur majeur de ségrégation scolaire et sociale n’est ni ethnique, ni socio-économique, mais socio-culturel. Ce grave contresens provoque de profondes dérives dans l’enseignement proprement dit, qui prend ainsi des aspects extravagants et devient clairement contre-productif. » 

Condamnés par la carte scolaire

De sorte que si la mère Ecole promet, autorise, fait briller un avenir radieux accessible à tous, elle laisse finalement, dépassée par sa tâche, et généralement tétanisée par l’idéologie mortifère dominante, sa générosité se pervertir en laxisme. Et son autorité elle-même, comme l’affirme si bien Christophe Guilluy à propos précisément de la carte scolaire, se pervertit en « cynisme » autoritaristeCe qui explique que tant de chefs d’établissement aient le sentiment, entre amertume et refus de la résignation, de ramer à contre-courant, d’atténuer plutôt que de supprimer ces dysfonctionnements devenus quasiment structurels. Pour eux, c’est un crève-cœur que de devoir refuser d’inscrire dans leur établissement tel élève sérieux mais qui souffre de ne pouvoir travailler sérieusement dans l’établissement où il a été affecté ! Il y a là quelque chose d’inadmissible fonctionnellement, mais surtout d’insoutenable au plan moral et éthique.

Et faut-il vraiment expliquer aux analystes et « politiques » qui ne cessent de nous proposer des réformes déstructurantes de l’éducation que les plus graves victimes de ce désordre sont, dans le principe comme dans la réalité statistique, les enfants des familles les plus défavorisées socio-économiquement ? Fréquemment domiciliées dans les zones et quartiers les plus démunis, ces familles ne disposent pas des moyens culturels, financiers ou sociaux qui les rendraient capables de faire échapper leurs enfants à la carte scolaire, ce qui conduit dans un certain nombre de cas à leur condamnation scolaire pure et simple – c’est-à-dire bien souvent à une absence d’avenir. Est-il injustice plus insupportable ?

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 09:46

Gastronomie: les routiers sont sympas!

par

Emmanuel Tresmontant

Ambiance bonne franquette, fameux petits plats mijotés et addition indolore, les relais routiers défendent les meilleures traditions de la gastronomie populaire. Chichiteux s’abstenir.


« Salauds de pauvres ! » Un demi-siècle après, la fameuse tirade de Jean Gabin dans La Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara (1956), paraît prophétique, tant il est vrai que les obscurs bistrotiers auxquels elle était adressée, archétypes de cette « France moisie » que nos élites de droite et de gauche se sont ingéniées à détruire (et à remplacer) en toute bonne conscience, ont, de fait, complètement disparu de nos paysages urbains, ainsi que l’a bien montré le sociologue Pierre Boisard, spécialiste mondial du camembert1, dans son beau livre consacré à l’un des derniers vrais bistrots de la capitale : Le Martignac, rue de Grenelle, dans le VIIe (La Vie de bistrot, PUF, 2016).

Si le peuple a disparu, où est donc passée sa cuisine ? Étrangement, c’est la question que personne ne se pose dans « le milieu », les journalistes gastronomiques préférant cultiver le mythe d’une France « championne du monde de la bonne bouffe », alors que chacun sait que les auberges de campagne ne se fournissent plus que chez Metro et qu’y trouver une poule au pot digne de ce nom relève de la recherche ethnographique. Il est en fait devenu un tantinet réac de déplorer la raréfaction de ces lieux et de ces plats populaires, exactement comme il était franchouillard et populiste en 2001, aux yeux des Inrocks, sous la plume de Serge Kaganski, que le pauvre Jean-Pierre Jeunet fît un tableau idyllique et nostalgique de Montmartre dans Amélie Poulain au lieu de célébrer « la diversité » de Barbès comme il aurait dû le faire…

Nos derniers restaurants populaires

Avec le recul, il est frappant de voir à quel point, en gros, depuis L’Idéologie française de BHL (1981), les médias de gauche ont été mus par la haine et le mépris du populo, se faisant ainsi les complices et les alliés objectifs du capitalisme le plus agressif qui soit, en accord avec lui pour mettre au pas « la France moisie » (dixit Philippe Sollers) des petits commerçants et des patrons de bistrot (le Beauf de Cabu), des paysans, des flics et des curés. L’inénarrable Philippe Sollers (encore lui !) allant même, dans son aveuglement, jusqu’à ravaler les merveilleux vins de Bourgogne (trop typés « terroir » à son goût de Bordelais) au rang de vulgaires « vins de sauce » (du clos-vougeot à 180 euros la bouteille, moi, je veux bien en boire tous les jours !) au moment-même, coïncidence fabuleuse, où les gestionnaires américains des palaces parisiens décidaient de supprimer les postes de maîtres-sauciers dans leurs cuisines (alors que la sauce est le pilier de la cuisine française depuis Escoffier) afin de faire des économies au profit des sauces soja et ketchup… Autrefois, les chroniqueurs gastronomiques issus de la grande bourgeoisie (comme Curnonsky et Christian Millau) venaient s’encanailler dans des bistrots où ils retrouvaient avec plaisir le goût, l’odeur et la faconde du populo. Aujourd’hui, les « brèves de comptoir » appartiennent à notre patrimoine culturel et sont récitées au théâtre, comme si le peuple français était devenu un objet suffisamment éloigné dans le temps et l’espace pour être sympathique et acceptable.

Heureusement, il reste les routiers ! Nos derniers restaurants populaires. Jusque dans les années 1980, les camionneurs voyageaient avec le guide Michelin pour savoir où casser la croûte au bord de la route, mais comme ce guide a suivi le mouvement en se cantonnant à la gastronomie, ils se sont rabattus sur « leur guide », celui des Relais Routiers, créé en 1934, et qui ne recense pas moins de 1 000 adresses sur tout le territoire, dont 200 spécialement conseillées pour leur cuisine maison à prix imbattables (13 euros le menu en province). Fréquentés à l’origine uniquement par les chauffeurs, héros à la Zola, dont les camions Berliet, Renault et Willème étaient ouverts à tous les vents (car sans pare-brise) et dépourvus de radio et de couchette, ces établissements méconnus et méprisés font aujourd’hui l’objet d’un engouement extraordinaire de la part des touristes, mais aussi des locaux et même de certains gourmets qui y trouvent ce qui manque dans la plupart de nos restaurants aseptisés : l’accueil, la bonne humeur, le pince-fesse et la générosité !

« Termine ton andouille, Bernard ! »

En théorie, les relais routiers doivent pouvoir offrir le gîte et le couvert, ainsi que des places de parking pour les camions, avec un mécanicien à proximité capable de réparer les bielles coulées. Même si leurs conditions de vie n’ont plus rien à voir avec celles de leurs ancêtres, les routiers n’en demeurent pas moins confrontés à la solitude et à la pression de leurs employeurs. Ce dont ils ont besoin avant tout, c’est d’un peu de tendresse et d’humanité, comme l’atteste ce savoureux dialogue entendu au comptoir entre un chauffeur et la patronne : « Alors, chérie, ça te dirait de venir visiter ma cabine après le service ? – C’est ça, quand t’auras la gueule d’Harrison Ford, on en reparlera, en attendant, termine ton andouille, Bernard ! »

Ce qui est charmant, dans ces restaurants situés « à la marge », c’est qu’on y retrouve l’atmosphère des bistrots ouvriers d’antan, auxquels le grand sociologue Pierre Sansot a consacré des pages magnifiques dans Poétique de la ville (Payot, 2012), les présentant comme des lieux qui, apparus à une époque (le XIXe siècle) « où la répression contre les travailleurs fut la plus rude qui soit, résistent à l’inhumain ». Comme ces défunts bistrots (qui étaient ouverts toute la journée, du croissant du matin au cognac du soir), les routiers sont des lieux de fraternité, d’échange et d’égalité. On n’y va pas comme on va au restaurant. L’habitué s’empare du lieu, l’habite, feuillette le journal, touche le baby-foot, circule au milieu des tables, déplace des chaises, écarte le rideau pour aller faire un tour à la cuisine, blague avec ses copains, donne une bourrade dans le dos au nouveau venu. Bref, on y partage un destin commun. Et puis, quand même, on vient manger ! Les portions sont copieuses et la bouteille de vin posée sur la table, sans chichis. On mastique et on connaît la valeur d’un plat en sauce ; « un peu de pain pour saucer mon assiette, s’il vous plaît ! » Sans oublier que le spectacle est dans la salle, comme à Euroroute-Chez Paul, à Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, où les jolies serveuses, portant jupes et tabliers, font leur show pendant que le chef mitonne son suprême de volaille à l’angevine connu dans tout le département.

À L’Escale, à Déols, près de Châteauroux, c’est un monde en soi, inimaginable, le plus grand routier d’Europe avec 700 couverts tous les jours ! Tout ça vit et s’organise, dans une joyeuse et bruyante convivialité. Et la joue de bœuf braisée au vin comme la charlotte aux poires sont goûteuses à souhait.

« Le secret de ma forme, c’est la cuisine et l’atmosphère de la maison »

À Paris intramuros, les relais routiers sont au nombre de trois, dont l’un des plus anciens de France, Chez Léon, rue d’Isly, dans le VIIIe, fondé en 1937.

Aux Routiers, rue Max-Dormoy dans le XVIIIe, fait figure d’oasis, dans ce quartier plutôt glauque situé à deux pas de La Chapelle. Ses propriétaires, Bernard et Joëlle Dubreuil, présidèrent à ses destinées de 1958 à 2016, date depuis laquelle un nouveau patron, Régis Hélaine, s’est fait fort de perpétuer l’histoire de ce petit bijou aux murs tapissés de photos des années 1930. Les routiers garent leur camion près du périph et viennent y déjeuner quatre fois par semaine. Nous y avons rencontré une dame de 92 ans, habitante de l’immeuble, qui vient déjeuner et dîner chaque jour depuis quarante ans, en lisant son journal (sans lunettes) : « le secret de ma forme, c’est la cuisine et l’atmosphère de la maison », nous dit-elle en souriant.

Bien sûr, on n’est pas à l’hôtel Meurice et la cuisine n’est pas d’une délicatesse extrême, mais on y mange fort bien, qu’il s’agisse des frites maison faites à la minute, des rognons aux trompettes de la mort, de la tête de veau sauce gribiche, de la salade de figues au foie gras mi-cuit maison ou de l’andouillette faite main (en Vendée) à la sauce moutarde… Le chef est là depuis trente-six ans et les portions qu’il propose auraient convenu aux tontons flingueurs type Blier, Ventura et Francis Blanche. Le comptoir en étain date des années 1950, tout comme les jolis verres à vin sortis du grenier du patron où ils étaient emballés depuis la mort du général de Gaulle. Le sauvignon de Touraine bien frais de Jacky Marteau est délicieux. Menu à 24 euros. Que demande le peuple ?

Aux Routiers – 50bis, rue Max-Dormoy, 

Comme la lettre volée d’Edgar Poe, Les Marches est un trésor offert à la vue que personne ne remarque. Ce bistrot de 1904 est niché en plein XVIe arrondissement, face à la tour Eiffel, dans une petite rue calme qui jouxte le palais de Tokyo. Les routiers viennent s’y garer, à côté du potager et du poulailler qui appartiennent au restaurant. Il y a deux ans, la jeune (et charmante) Margot Dumant, 28 ans, tout droit sortie de l’école Ferrandi (surnommée « le Harvard de la gastronomie ») a repris cette adresse à laquelle elle insuffle toute sa passion. Les Marches, c’est d’abord une vraie ambiance parisienne, avec une clientèle très mixte (les bourgeois du XVIe et les cadres sup côtoyant les ouvriers qui travaillent au palais de Tokyo). Formule à 18 euros. Bière pression Paillette brassée en Normandie. La carte des vins a été faite avec soin, on y trouve les meilleurs vignerons de la vallée du Rhône (saint-joseph de François Villard et vacqueyras Le Sang des Cailloux). Frites fraîches, œufs en meurette, entrecôte aux cèpes frais, tête de veau, poulet rôti le dimanche (le restaurant étant ouvert sept jours sur sept !), baba au rhum. C’est bon, c’est simple et on se sent bien. Seul bémol : la maison voisine (superbe) a été rachetée par des Qataris. En dégustant le sancerre bien frais, on se dit : « Encore un que les Qataris n’auront pas. »

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 17:45

Quand Le Monde défend (discrètement) le pédagogisme à l’école

par

Jacques Billard

Que le journal Le Monde soit du côté du pédagogisme n’est un secret pour personne : l’école assure le bonheur des enfants, pas leur instruction. Mais comment défendre le pédagogisme sans en avoir l’air ? Comment attaquer sans porter de coup ? Comment « déplorer » l’absence de débat sans y entrer ? En tous ces domaines, Le Monde est devenu expert. Dénoncer, en gros titres « une guerre idéologique », c’est laisser entendre qu’on n’en est pas et renvoyer les lutteurs dos à dos tout en soutenant discrètement le lutteur pédagogiste.

En feignant l’impartialité…

Discrètement… Et pour cause ! Défendre le pédagogisme, c’est applaudir aux 150 000 élèves qui sortent tous les ans du système scolaire sans diplôme ni qualification. C’est approuver l’énorme pourcentage d’élèves qui éprouvent, à tous les niveaux, des difficultés de lecture. C’est se montrer satisfait de la régression du nombre des enfants de familles pauvres intégrant les grandes écoles ; c’est tenir pour négligeable la baisse de niveau scientifique constatée par les directeurs des grandes écoles d’ingénieur ; c’est estimer qu’avec la certification Voltaire on trouvera bien assez de cadres supérieurs sachant l’orthographe, etc.

Exemples. Les rythmes scolaires privent la majorité des enfants d’enseignements dont ils auraient pourtant besoin ? Mais non. Ils corrigent les inégalités. On supprime l’enseignement du latin ? Mais non, on offre les langues anciennes à tout le monde, etc. Le pédagogisme doit être défendu à l’intérieur même de sa dénonciation. Exemple : Michel Lussault, président heureusement démissionnaire du Conseil Supérieur des programmes. 1. Préciser discrètement qu’il est un universitaire « reconnu ». Il n’est pas nécessaire de dire par qui. 2. Annoncer qu’il n’est pas responsable du « milieu aquatique profond standardisé ». Alors que bien sûr, il l’est, au moins parce qu’il laisse passer cette formulation dans la rédaction des programmes. Il l’est parce qu’il faut donner aux programmes une allure scientifique et que dans une description scientifique un ballon n’est pas un ballon, mais un « référentiel bondissant ». Enfin quoi ! C’est bien un référentiel puisque tout le monde court après et il est évidemment bondissant, sinon il serait un boulet. C’est de la science ! Et voilà comment nos profs de gym se retrouvent dans la situation de Mme Jourdain, acte III, scène III.

Pédagogisme, histoire d’une illusion

Le pédagogisme n’est d’ailleurs pas un nom d’oiseau. C’est un mouvement dont on peut facilement retracer l’histoire :

– depuis l’école du « plus jamais ça » qui suit la guerre de 1914 : l’éducation bien conduite doit rendre les guerres impossibles ; ici, pédagogisme = utopie, mais on n’en est pas encore à l’enfant ignorant ;

– avec les mouvements pour l’école nouvelle, où le « faire » devient plus important que l’« apprendre » ; c’est l’importation en France du « learning by doing » de John Dewey, vers 1920 ; c’est Decroly, Montessori ; toutefois si le savoir est relativisé, il ne disparaît pas ; ici, pédagogisme = l’enfant heureux, mais pas encore l’enfant ignorant.

– avec, en 1937, la création du SGEN-CFDT, qui finira par militer activement pour la suppression des repères comme les notes, l’écriture des programmes en termes de compétences et non plus de notions, etc. Ici le pédagogisme se veut destructeur de l’école capitaliste et fait de la pédagogie un instrument de la lutte des classes.

Il faudrait ajouter la montée en puissance des associations, progressivement acceptées les bras ouverts par l’Éducation nationale, comme les CEMEA, le GFEN, ou le CRAP…

L’ordre moral contre Jules Ferry

Il faut noter que le pédagogisme ne s’appuie jamais sur une analyse critique des pratiques d’enseignement, mais seulement sur des dénonciations politico-morales au premier degré. Et si les intentions politiques (ou plutôt morales) sont exprimées, les orientations politiques « partisanes » sont toujours cachées de sorte que le pédagogisme est plutôt un mouvement politique sous couvert de pédagogie qu’un mouvement pour l’école. La pédagogie est un « idiot utile ». Objectivement, c’est un mouvement qui cherche à empêcher l’école d’enseigner (d’instruire) et à lui assigner l’unique tâche d’éduquer à l’indignation et à la justice égalitariste. En ce sens, les élèves n’ont aucun besoin d’avoir les moyens de se forger leurs propres idées, on leur révélera ce qu’est le Bien.

Alors Le Monde croit bien venu de suivre les manipulations historiques de certains « historiens » de l’école en avançant que Jules Ferry lui-même était déjà, en son temps, un pédagogiste. C’est évidemment on ne peut plus faux. On prête aux propos de Jules Ferry un sens contemporain totalement étranger à son époque. C’est de l’anachronisme, faute majeure des historiens amateurs.

Car à l’époque de Jules Ferry, la question ne se joue pas entre l’école qui instruit et l’école de l’enfant roi, mais entre une insupportable routine qui n’enseigne rien et un art d’enseigner, inspiré des philosophes (Kant ou Rousseau, par exemple) qu’on appelle « pédagogie ». On veut mettre fin à la méthode de la férule, qui est celle des petites écoles de l’Ancien Régime, avec ses sous-maîtres et lui substituer une école attentive aux enfants et qui se donne une obligation de résultat. « Faites comme vous voulez, disait-on aux instituteurs, mais de grâce, obtenez des résultats ». On n’impose aucune méthode. Et si les programmes sont obligatoires, la liberté pédagogique, elle, est totale. Elle doit l’être si on veut que les instituteurs soient responsables de leurs résultats.

De la libre réflexion des maîtres

Il fallait, à l’époque, lutter contre les habitudes laissées par les méthodes de l’enseignement individuel des « petites écoles » qui faisaient travailler un seul élève, appelé près du maître, laissant tous les autres sans activité réelle. Il fallait également combattre les « Frères ignorantins » et les sœurs de charité totalement incapables d’enseigner tant leur ignorance était grande mais qui s’occupaient si bien des enfants ! Il fallait freiner le développent des écoles mutuelles quasi militarisées où un maître enseignait à plusieurs centaines d’élèves par l’intermédiaire d’élèves-moniteurs. Il fallait combattre l’idée répandue que l’élève ne pouvait rien apprendre avant de savoir lire.

Ajoutons que dans les campagnes, la plupart des enfants étaient plus patoisants que francophones. Alors par une vaste campagne de formation professionnelle et de réunions sous forme de conférences pédagogiques, les principes d’une saine pédagogie ont été répandus. Jamais imposés. Toujours proposés à la libre réflexion des maîtres.

En 1880, donc avant les lois scolaires qui sont de 1882, les inspecteurs primaires, qui étaient soit des professeurs agrégés des grands lycées, soit des instituteurs chevronnés, parcouraient les campagnes, expliquant aux instituteurs que « la lecture bien enseignée, intelligemment enseignée serait à elle seule tout l’enseignement primaire. » On invente la lecture « expressive ». On répète que la lecture ne doit pas être « le fléau des enfants, ni la seule occupation qu’il faille leur imposer », qu’il faut leur donner « une foule de connaissances en rapport avec leurs besoins, à la portée de leur âge », qu’il est nécessaire de leur parler « sans cesse avec amitié et confiance. » Et surtout avec un langage soigné.

La pédagogie d’hier était loin de l’idéologie d’aujourd’hui

« Il faut faire parler les enfants, dit cet inspecteur primaire, assouplir leur voix, les habituer à se mettre à la place des acteurs figurant dans les morceaux qu’ils lisent. Il n’y a pas de meilleur moyen pour atteindre ce but, que de recourir aux exercices de récitation. Nous avons dans nos classes des intelligences vives qui se laissent promptement impressionner par une pensée, par un sentiment, par des organes vocaux d’une admirable flexibilité ; des enfants qui excellent à exprimer ce qu’ils comprennent et ce qu’ils sentent. Ayez un morceau de prose ou de poésie toutes les semaines ; faites-le lire à haute voix par le meilleur lecteur de la classe ; lisez-le vous-même après vous y être soigneusement préparés. L’enfant sentira et parlera convenablement comme vous ; l’oreille s’habituera aux sonorités, aux harmonies de notre admirable langue. Expliquez le sens des mots, des expressions qui, sans cela, passeraient incompris et donnez pleine satisfaction à la curiosité, au désir de connaître, d’apprendre, de savoir des enfants. Faites leur apprendre par cœur de jolis morceaux. La lecture gagnera beaucoup à cette innovation ; les enfants auront un rôle actif ; les familles apprécieront mieux la valeur de vos services et l’administration saura vous tenir compte de vos efforts et de vos succès. »On est loin du pédagogisme d’aujourd’hui.

Quant à la lecture, la méthode utilisée, mais non imposée, est syllabique. Elle n’est généralement pas contestée alors qu’on connaît bien la tendance des élèves à deviner le mot en entier sans le lire par les lettres dont il est écrit. On combat cette tendance. Mais on combat également la lecture mécanique de mots discontinus dépourvus de sens.

Il en va de même pour toutes les autres activités scolaires, calcul, histoire, géographie, travaux manuels, couture, agriculture, etc. On s’adresse d’abord à l’intelligence et dès qu’on s’est assuré que l’enfant a compris, on lui fait apprendre par cœur. Et surtout on insiste sur l’activité des élèves « qui ont trop souvent un rôle passif dans les leçons ». Il faut le solliciter sans cesse par des questionnements. Sans oublier que les élèves doivent être invités à répondre « par des phrases complètes » et non par des mono syllabes : « De quelle couleur est le cheval de Pierre ? » Réponse : « Le cheval de Pierre est noir ». Voilà bien une consigne aujourd’hui totalement oubliée.

La pensée autonome, pour quoi faire?

Même chose pour la discipline, qui n’est jamais la domination d’un enfant par le maître, mais la domination d’un enfant « par lui-même » : Il apprend à se tenir.

Encore ceci :

– une leçon n’est pas complète si elle ne comporte un résumé ;

–  « Il ne faut pas étudier une seule branche et devenir mathématicien, historien ou géographe, il faut se livrer à une culture générale. »

– le maître qui ne se livre pas à un travail personnel perd son savoir, prend graduellement le chemin de la routine et retourne à l’ignorance.

On le comprend maintenant, la question pédagogique qui se déploie à la fin du dix-neuvième siècle n’a rien à voir avec les conflits d’aujourd’hui. À l’époque de Jules Ferry, qu’il vaudrait mieux appeler époque Ferdinand Buisson, il s’agissait d’établir la pédagogie contre les inepties et la routine. Aujourd’hui, il s’agit de maintenir la pédagogie contre les partisans d’une école qui se borne à éduquer sans instruire. Ils n’auront pas de pensée autonome – qu’en feraient-ils ? Nous avons Le Monde –  mais au moins, ils ne se tromperont pas de poubelles en jetant leurs déchets.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 17:40

Un casse-tête pour la commune

Pour certains bâtiments

La mise aux normes d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite ,dans les bâtiments publics est bien engagée: (rampes intérieures et extérieures, toilettes, éclairage et sécurisation des escaliers)

Des travaux couteux pour la commune:

Dans les écoles Mallinjoud et du Bois des Chers les travaux sont terminés.

Les mêmes travaux seront exécutés dans les autres bâtiments, boulodrome, église, écoles, crèche, gymnase Labrunie, local de la Croix- Rouge, espace Caul-Futy, Château de l'Echelle, relais d'assistance maternelle

C'est une obligation légale

Les établissements ouverts au public (magasin, bureau, hôtel, etc.) doivent être accessibles aux personnes handicapées. Les établissements recevant du public (ERP) non conformes aux règles d'accessibilité sont tenus de s'inscrire à un Agenda d'Accessibilité Programmée (Ad'AP) qui permet d'engager les travaux nécessaires dans un délai limité.

Published by Un Sage
12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 17:30

Emmanuel Todd, envers et contre tous

Lisez "Où en sommes nous?" !

Emmanuel Todd est un savant. Mais comme dans le champ médiatique, il adore prendre à contre-pied, surprendre et provoquer, il est assimilé par les ignorants aux bateleurs qu’on y rencontre habituellement et dont la caricature absolue est bien sûr BHL, suivi de près par Cohn-Bendit et Attali. Il y a pourtant une énorme différence avec ceux-là, Emmanuel Todd sait de quoi il parle. Et il a envie de partager ce savoir. Alors il débarque parfois comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, armé de son système explicatif et muni de quelques expressions gaiement iconoclastes sur le « hollandisme révolutionnaire » et plus récemment sur le « surprenant crétinisme des élites éduquées ».

Lynchage médiatique

Je sais, partageant cette addiction, que la provocation est une drogue dure. Cela lui a peut-être joué un tour au printemps 2015 lorsqu’il a publié Qui est Charlie ?. N’ayant pas été Charlie, j’ai trouvé dans son livre un certain nombre de constatations et d’explications pour moi difficilement réfutables. Mais j’ai été moins surpris que lui, me semble-t-il, de la violence du lynchage médiatique et intellectuel dont il a été alors l’objet. Bien pire que celui qui avait frappé Régis Debray pour avoir émis des doutes sur le bien-fondé du pilonnage de la Serbie par l’OTAN. L’expression de « flash totalitaire » pour qualifier ce qui avait entouré le 11 janvier, avait fait jaser. Son exécution et les formes de celle-ci en ont pourtant constitué une preuve supplémentaire.

Il revient aujourd’hui avec un livre à la fois remarquable et indispensable, Où en sommes-nous ?. À ma grande surprise, il a fait l’objet d’un accueil médiatique favorable. En général sympathique, et parfois chaleureux, de la part des journalistes, et il a ainsi pu s’exprimer normalement. On lui a même fait des cadeaux, par exemple en le confrontant aux glapissements ineptes de faire-valoir involontaires, Daniel Cohn-Bendit et Frédéric Mitterrand, ou en recevant, avec Onfray et Finkielkraut, les insultes désinvoltes de Macron qui valaient compliments.

Les réseaux sociaux lui ont abondamment donné la parole au travers de vidéos souvent passionnantes. Mais je m’interroge sur le nombre de ceux qui avaient vraiment lu son livre parmi ceux qui l’ont interviewé… Au moment de rédiger cette chronique, j’ai essayé de voir s’il était possible de copier sur les voisins. Je n’ai pas trouvé grand-chose. Alors, quoique profane, je vais essayer tout seul d’inciter à la lecture de ce bouquin passionnant.

Il s’agit d’abord de la synthèse d’une vie de recherche, mise au service d’une lecture de l’Histoire humaine accompagnée de prudentes propositions prospectives. Emmanuel Todd s’engage assez tôt dans son ouvrage à décrire l’Histoire plutôt qu’à l’expliquer. Ce pari difficile, pour l’homme de passions et d’affects qu’il semble être, est à peu près tenu. Partant d’il y a 80 000 ans avec la sortie d’Afrique de Sapiens, il s’attache à décrire les mécanismes qui vont faire évoluer les sociétés dans leur organisation sociale et dans leur culture après la révolution néolithique. Dans son introduction il va nous fournir les outils de la compréhension et de la pertinence de sa démarche. J’en ai retenu personnellement trois.

Une longue histoire des systèmes familiaux

Tout d’abord, pour aborder cette analyse de l’évolution sociale et culturelle depuis la sédentarisation et l’invention de l’agriculture, Emmanuel Todd nous invite à nous représenter des sociétés superposant des couches conscientes, subconscientes et inconscientes. Comme Darwin nous l’a appris, le temps s’écoule toujours, mais pour l’auteur « le rythme du changement n’est pas le même pour tous. On peut dire en première approche que plus on s’enfonce dans les profondeurs inconscientes de la vie sociale, plus le temps s’écoule lentement, plus les formes durent ». Il a fallu 50 ans pour la globalisation économique que nous vivons, 500 ans pour l’alphabétisation de masse, 2500 ans pour assister à la plongée dans le subconscient des croyances religieuses, et 5000 ans pour l’inconscient familial. Cette vision donne une prégnance aux systèmes familiaux dans le fonctionnement de nos sociétés.

Et concernant ces systèmes familiaux, Emmanuel Todd nous dit ensuite : « depuis l’émergence d’Homo sapiens, la famille évolue du simple vers le complexe et non du complexe vers le simple. » Proposition contre-intuitive par rapport à la vision que nous pouvons avoir de l’unification planétaire que nous avons l’impression de vivre. Ce mode d’évolution n’implique pas un phénomène général d’entropie, mais plutôt de divergence. Enfin l’auteur dans son troisième chapitre, entend nous démontrer que Sapiens fonctionnait, avant la révolution néolithique, avec un système de « famille nucléaire absolue », ce qui va déboucher au fur et à mesure des chapitres sur quelques jolies surprises.

Feu sur les économistes!

Armé de ces outils, Emmanuel Todd va relire l’histoire de certaines régions et de certains pays à partir des corrélations et des causalités qu’il identifie grâce à eux. Nous emmenant dans une promenade à travers les époques, les régions et les religions, qui nous oblige à changer d’échelles et nous confronte à quelques révisions indispensables particulièrement troublantes. Je prendrai comme exemple le décollage éducatif de masse dont je voyais la cause dans la révolution industrielle, alors qu’il semble bien que ce soit le contraire. Et quelques jolies provocations rencontrées çà et là, comme la question du matriarcat qui vient, et la paix comme problème social… Je recommande particulièrement, culture d’origine oblige, le quatrième chapitre sur le judaïsme et le premier christianisme. Et les chapitres sur l’Allemagne qui donnent à ma germanophobie atavique un peu rustique une armature anthropologique bienvenue. Et de façon récurrente, et à notre grande joie, l’auteur tire à boulets rouges sur les économistes, ceux qui expliquent tout, se trompent toujours et ne prévoient rien.

Emmanuel Todd met le doigt sur la crise induite par ce qu’il appelle « la troisième révolution éducative ». Qu’il considère comme désormais une machine à fabriquer de  l’inégalité. Et, à partir d’un travail prospectif très convaincant, nous invite, nous Français, face à cette crise, à réfléchir à notre avenir et en particulier à nos rapports avec l’Europe allemande et le monde anglo-saxon. Je laisse au lecteur le plaisir de découvrir les conclusions avec une mention particulière pour la raison avancée de l’attitude des élites britanniques, qui au contraire des Françaises, ne méprisent pas leurs couches populaires.

Darwin sans Marx

Avant de conclure en recommandant la lecture de cet ouvrage important, je voudrais me permettre un remerciement. Lorsque l’on referme le livre, vient à l’esprit une question, paraphrase de celle posée par Napoléon à Laplace qui venait de lui remettre un traité de mécanique céleste : « je n’ai pas vu Dieu dans tout cela ». À Todd ce serait plutôt « je n’ai pas vu Marx dans tout cela ». J’imagine sa réponse symétrique de celle de Laplace : « je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ». Exit l’illusion économique.

En revanche, Darwin y est bien présent. La théorie de l’Évolution est le cadre épistémologique le plus puissant mis au point par l’intelligence humaine, et l’auteur nous le démontre une fois de plus. Qu’il en soit remercié.

 

 

Published by Un Sage
12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 17:00

Le Qatar en passe de prendre la tête de l’Unesco

par

Mezri Haddad

Lundi dernier, a démarré à l’Unesco l’interminable et rocambolesque élection du futur directeur général de cette vénérable institution onusienne dédiée, depuis novembre 1945, à l’éducation, à la science et à la culture. Sept candidats étaient en compétition : Audrey Azoulay pour la France, Mouchira Khattab pour l’Egypte, Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari pour le Qatar, Vera el-Khoury Lacoeuilhe pour le Liban, Qian Tang pour la Chine, Pham Sanh Chau pour le Vietnam et Polad Bülbüloglu pour l’Azerbaïdjan.

Le cheval de Troie de l’islamisme mondial

Comme c’était prévisible, aucun candidat n’a pu obtenir, des 58 Etats membres du Conseil exécutif, la majorité requise de trente voix pour passer du premier coup. Mais à l’étonnement général, le premier tour de ce scrutin a placé le candidat du Qatar à la tête des favoris (avec 19 voix), devant la candidate française (13 voix), la candidate égyptienne (11 voix), la candidate libanaise (6 voix), le candidat chinois (5 voix), le candidat vietnamien (2 voix) et le candidat d’Azerbaïdjan (2 voix). En d’autres termes, n’eut été la candidature surprise et in extremis d’Audrey Azoulay, le cheval de Troie de l’islamisme mondial aurait été élu dès le premier tour.

Une telle issue, si affligeante soit-elle pour tous ceux qui luttent contre l’obscurantisme et le terrorisme islamiste, aurait été l’aboutissement logique d’un dévoiement successif et d’une déliquescence morale, intellectuelle et politique qui a commencé voilà plus de quinze ans. Avec la « toyotisation » de l’Unesco sous le double mandat de Koïchiro Matsuura (1999-2009), qui a vidé l’institution onusienne de sa substance intellectuelle, voire de son âme philosophique, en la dirigeant comme l’on manage Toyota automobile, et après sa bureaucratisation stalinienne sous la mandature d’Irina Bokova (2009-2017), qui a méthodiquement suspendu l’élan réformateur d’Amadou-Mahtar M’Bow (1974-1987), inlassablement entretenu par son prédécesseur Federico Mayor (1987-1999), le naufrage du bateau ivre de l’Unesco sur les rives de Doha aurait été, en effet, un spectacle aussi « naturel » que l’organisation du Mondial de football 2022 !

Le Qatar est aux antipodes des valeurs prônées par l’Unesco

Mais l’Unesco n’est ni le Paris Saint-Germain, ni une FIFA qui se relève à peine d’une crise affectant son éthique, ni le comité international olympique, lui aussi tenté, à un moment, de confier ses jeux de 2024 à l’oligarchie gazière. Même si ces dix dernières années l’Unesco a fait sienne la devise « l’argent n’a pas d’odeur », notamment pour compenser le manque à gagner des cotisations américaines, et en dépit du fait que le candidat du Qatar promet de « sauver » l’Unesco, non guère par la force des idées ou la grandeur de la vision mais par la seule puissance de l’argent, les Etats-membres du Conseil exécutif doivent y réfléchir à deux reprises avant de déposer leurs bulletins « secrets ». Il y va de leur réputation ainsi que de la crédibilité de l’institution qu’ils représentent diplomatiquement faute d’en incarner la vocation originelle : « Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes ».

Par ses positions publiques autant que par ses actes, le régime qatari est aux antipodes des valeurs prônées par l’Unesco et de l’humanisme universel qui en constitue l’esprit. Par sa diplomatie secrète, par sa chaine de propagande islamiste Al-Jazeera, par les fatwas criminelles de son guide spirituel Youssef Qaradawi, par ses liens troubles avec le terrorisme en Libye, en Syrie, en Irak, en Egypte, en Mauritanie, au Soudan, au Gabon, au Sénégal, au Niger, au Tchad… l’émirat du Qatar n’a jamais contribué à « construire la paix dans l’esprit des hommes ». Il a plutôt semé la haine et propagé la discorde parmi les communautés religieuses ou ethniques au Moyen-Orient et en Afrique. Nul besoin d’étayer ici toutes les indications qui impliquent le régime qatari dans la métastase de l’islamisme radical aussi bien dans le monde arabe qu’en Occident, un islamisme dont l’éventail va des Frères musulmans jusqu’aux Talibans ou Daech, en passant par Al-Qaïda et ses nombreuses ramifications.

Diplomatie du carnet de chèque

Ultime injure ou stade suprême dans l’insolence, le candidat du Qatar à la direction générale de l’Unesco, qui est encore arrivé en tête, hier, au second tour devant Audrey Azoulay et Mouchira Khattab, n’est pas uniquement un cheval de Troie de la nébuleuse islamiste que son pays protège. Il est aussi un zélateur décomplexé de l’antisémitisme le plus abject. C’est le centre Simon Wiesenthal qui en a apporté les preuves il y a plus de deux ans, dans une vaine tentative d’alerter les plus hautes autorités de l’Unesco sur la candidature pour le moins sulfureuse de Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari, l’ancien ministre de la Culture de cet émirat pas comme les autres. Plutôt que de faire amende honorable, de se rétracter ou de présenter un autre candidat plus fréquentable, d’autant plus que le précédent créé par la candidature de l’Egyptien Farouk Hosni est encore dans les mémoires, le régime qatari s’est obstiné en croyant dur comme fer que par la seule force de l’argent, par sa diplomatie du carnet de chèque, il finirait pas imposer son candidat à la communauté internationale et pis encore, à la conscience universelle.

Depuis lundi, dans les coulisses labyrinthiques de l’Unesco, au milieu des manœuvres machiavéliques et des intrigues kafkaïennes, c’est ce scénario qui semble prendre forme, comme si l’apothéose du candidat qatari était une fatalité et comme si l’antisémitisme n’était plus qu’une banale opinion. Si, par caprice de l’histoire, par cupidité des Etats et par lâcheté des hommes, le Qatar venait à prendre la « Mecque » de la culture, cela signifierait que Qaradawi deviendrait le gardien du temple humaniste et les Frères musulmans la légion. Des alternatives honorables existent pourtant en la personne de Mouchira Khattab ou d’Audrey Azoulay.

La France et l’Egypte doivent s’entendre

Candidate féministe et esprit libre, la première représente un pays résolument opposé aux Frères musulmans et engagé dans la lutte contre le terrorisme global. Ce serait qui plus est un signe fort qu’on donnerait à un monde arabe qui attend depuis des lustres son tour d’accéder à une si prestigieuse fonction et qui ne peut en aucun cas se reconnaître dans la candidature du Qatari. Nonobstant certains stéréotypes, les arabes ne sont pas des islamistes, encore moins des antisémites.

Indépendante, au croisement du paradigme andalou et des Lumières, porteuse d’un projet régénérateur pour l’Unesco et compatible avec les aspirations du monde arabe et du continent africain, Audrey Azoulay saura, bien mieux que le candidat qatari, incarner le désir de liberté, de paix et de connaissance chez les arabes et chez les Africains. Pour éviter le pire, pour que l’Unesco ne troque pas son humanisme séculier contre l’islamisme « modéré », un accord tacite entre la France et l’Egypte, entre l’Orient et l’Occident s’impose comme une nécessité impérieuse.

En septembre 2009, sur l’antenne de France Inter, Elie Wiesel déclarait triomphalement : « l’Unesco vient d’échapper à un scandale, à un désastre moral. Farouk Hosni ne méritait pas ce travail ; il ne méritait pas cet honneur. Ce n’est pas quelqu’un, à mon avis, qui aurait dû même être candidat à ce poste ». En dira-t-on autant du candidat qatari dans les heures ou les jours qui viennent ?

 

 

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