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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:50
Le surprenant mot de Trump dans le livre d'or du mémorial de la Shoah
La légèreté du message du président américain a consterné de nombreuses personnes. Et elle nourrit la comparaison avec son prédécesseur Barack Obama.

La visite de Donald Trump au mémorial de la Shoah, à Jérusalem, mardi 23 mai, avait plutôt bien commencé. Dans un discours empreint de solennité, le président américain a d'abord rendu hommage aux six millions de juifs tués par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. « Les mots ne pourront jamais décrire les profondeurs insondables de ce mal ni l'étendue de la douleur et de la dévastation. Ce sont les heures les plus sombres de l'Histoire », a-t-il déclaré au micro dans une brève allocution.

Un discours qui tranche avec le mot laissé par Donald Trump sur le livre d'or de Yad Vashem, une tradition pour les chefs d'État en visite officielle. « C'est un grand honneur d'être ici avec tous mes amis. Tellement incroyable, je n'oublierai jamais ! » a écrit le président américain. Juste quatre (maigres) lignes qu'on croirait sorties d'une enquête de satisfaction d'un séjour « all inclusive » dans un hôtel de station balnéaire. Également paraphé par sa femme Melania Trump, le mot au style qui détonne pour le moins dans un lieu si chargé d'histoire montre une nouvelle fois la différence de style du nouveau président avec son prédécesseur, Barack Obama. Et la comparaison ne devrait sans doute pas plaire à Donald Trump.

Consternation sur les réseaux sociaux

En 2008, Obama avait lui aussi fait le voyage jusqu'en Israël, au mémorial de la Shoah, où son texte écrit dans le livre d'or avait une tout autre portée. « Je suis reconnaissant à Yad Vashem et à tous les responsables de cette institution remarquable. À un moment de grand péril et de promesses, de guerre et de lutte, nous sommes bénis d'avoir un rappel si puissant du potentiel de l'homme à faire le mal, mais aussi notre capacité à nous relever de la tragédie et à refaire notre monde. Laissez nos enfants venir ici et apprendre cette histoire, afin qu'ils puissent ajouter leur voix pour proclamer plus jamais », témoigne Barack Obama.

Sur les réseaux sociaux, la comparaison entre les deux textes a été largement relayée. Certains internautes ont déploré le manque de profondeur dans le message de Donald Trump. Qui laisse une trace inattendue dans l'Histoire.

Published by Un Sage
27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:25
 
Comme Fillon, le ministre n’a rien fait d’illégal
est avocat.

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Richard Ferrand à l'Elysée, mai 2017. SIPA. 00808190_000021

Après avoir été l’instrument – a priori conscient- du déclenchement de l’opération médiatico-judiciaire organisée pour fausser l’élection présidentielle en faisant battre François Fillon et élire Emmanuel Macron, voici que le Canard enchaîné veut restaurer une impartialité méchamment écornée. En mettant en cause le député socialiste apostat, soutien de première ligne d’Emmanuel Macron, Richard Ferrand. J’ai pu constater que le nouveau ministre de la Cohésion des Territoires n’hésitait pas, pour contrer ceux qui s’exprimaient contre Macron sur les réseaux, à fouiller les poubelles du Net et à recourir à la menace. On aurait donc tendance à considérer que ce qui lui arrive est bien fait pour sa pomme. Le problème c’est que, comme d’habitude, le palmipède, profitant de l’aspect technique des choses, présente comme des illégalités grossières et immorales, des comportements qui non seulement n’ont rien de répréhensibles mais ne sont en plus ni inhabituels ni immoraux. Richard Ferrand va probablement avoir droit à une petite fête, il va voir que ce n’est pas rigolo. Si j’étais François Fillon, je me fendrais d’un petit mot personnel de soutien, genre « bienvenue au club »…

La morale du Canard l’interdit, pas la loi

Essayons de comprendre à partir des informations présentes dans la presse. Richard Ferrand dirigeait une mutuelle (qu’il avait redressée) et celle-ci recherchait un petit local à louer pour y installer une antenne. La mutuelle n’étant pas une personne morale de droit public, il n’y avait donc pas de procédure formalisée de mise en concurrence. Sa compagne par ailleurs avocate disposait d’une promesse de vente sur un local qui pouvait faire l’affaire. Parmi trois offres dont la mutuelle avait été destinataire, celle de la compagne de Ferrand était la moins chère (travaux compris). Elle a donc été choisie et, munie du bail signé avec la mutuelle, ladite compagne a pu lever son option d’achat du local et le faire financer par la banque. Présenter comme anormal le fait que la société civile immobilière n’ait pas encore été constituée au moment de l’offre à la mutuelle est simplement ridicule. Pourquoi le faire, alors que le choix de la mutuelle n’était pas acquis ? J’ai vu dans ma carrière des dizaines de fois, des promesses de vente signées avec des Sociétés civiles immobilières (SCI) non encore constituées. C’est l’obtention du financement bancaire postérieur à la signature de la promesse de vente qui impose de créer vraiment la SCI, permettant ainsi de passer à la signature de l’acte notarié d’acquisition de l’immeuble, conditions de son opposabilité aux tiers. Et il n’est pas interdit de louer des biens futurs (à la mutuelle en la circonstance), c’est-à-dire avant de les avoir acquis définitivement. Et de le faire au nom d’une SCI en cours de constitution.

Le Canard nous dit que les membres du conseil d’administration qui ont pris la décision n’auraient pas été au courant de ce que cette SCI appartenait à la compagne de Richard Ferrand. C’est difficile à croire, puisque celle-ci était la gérante et avait donc dû signer tous les documents permettant de faire son offre. Ce qui devait figurer dans le dossier remis aux membres du conseil d’administration chargés de choisir.

Tout ceci est un peu léger

Bon, tout ceci est un peu léger (sauf informations complémentaires), et le Canard se sent un peu obligé de saler la soupe. Il se trouve que la compagne de Richard Ferrand est avocate et on nous apprend que ladite mutuelle lui a confié quelques dossiers contentieux… Horreur et putréfaction ! Le choix de l’avocat est libre (liberté garantie par la loi), mais pas pour tout le monde. Pour les moralistes médiatiques, il vaut mieux prendre quelqu’un d’incompétent plutôt que de s’adresser à celui ou celle avec lequel on pourrait avoir des liens de famille. N’importe quoi.

Et ça continue, vous vous rendez compte, la mutuelle a, « sans tambour ni trompette » nous dit le journal, gardé cette avocate, même après le départ de Ferrand. Et alors ? C’est peut-être parce qu’elle était efficace ?

Et pour finir de porter l’estocade, Richard Ferrand a employé quelques mois son fils comme attaché parlementaire ! Comme les deux tiers du Parlement français, ce qui est parfaitement licite mais qu’à cela ne tienne, après l’affaire Fillon c’est devenu un crime relevant de la cour d’assises.

Il y aura mille raisons de combattre ce nouveau pouvoir, et de continuer à dénoncer les circonstances dans lesquelles l’élection présidentielle de 2017 a été faussée, mais ce populisme médiatico-judiciaire est la pire des méthodes.

**************

Que dit l'article du Canard enchaîné ?

Mardi 23 mai, l'impertinent volatile fait frémir les rédactions avec une enquête évoquant les affaires immobilières du couple Ferrand, du temps où le ministre de la Cohésion des Territoires était le directeur général des Mutuelles de Bretagne (de 1993 à 2012). Début 2011, le conseil d'administration de cet organisme choisit, parmi trois offres, un espace de 379m², pour y installer un nouveau centre de soins. Le local en question, loué 42.000 euros par an, est proposé par la Saca, une société civile immobilière sans statut légal, gérée par Sandrine Doucen, compagne de Richard Ferrand. Originalité : la SCI n'en est pas encore propriétaire. Ce n'est qu'après avoir remporté l'appel d'offres que la structure se constitue et fait l'achat du bâtiment, financé intégralement par prêt(sans intérêts) pour une somme de 402.000 euros.

Grâce au montage, totalement légal rappelle le Canard, Sandrine Doucen pourra rembourser son emprunt en moins de 10 ans et voir les locaux intégralement rénovés, aux frais de la Mutuelle, pour un montant de 184.000 euros.

Cerise sur le gâteau
C'est l'autre révélation du Canard enchaîné sur Richard Ferrand. Outre une affaire immobilière, l'hebdomadaire révèle, mercredi 24 mai, que le ministre de la Cohésion des territoires a employé son fils comme collaborateur parlementaire en 2014. Un travail qui, quelques semaines après l'affaire Penelope Fillon, jette la suspicion sur le député du Finistère. Il n'y a cependant rien d'illégal a priori : un député peut tout à fait embaucher un proche, à condition que le travail soit bien réel.
Contacté par franceinfo, le cabinet du ministre confirme que le jeune homme a travaillé pour son père du 13 janvier au 16 mai 2014, mais dément tout emploi fictif. "Richard Ferrand avait plein de boulot à faire à sa permanence, des choses qu’il n'avait pas eu le temps de faire, comme développer sa lettre de député. Il a demandé à son fils de l’aider à une période où ce dernier n'avait pas de travail", indique-t-on.

Près de 6 800 euros en quatre mois

Des échanges d'e-mails avec les collaborateurs de son père, que franceinfo a pu consulter, semblent attester qu'Emile Ferrand, 23 ans à l'époque, s'est occupé de rédiger la lettre d'information bimestrielle du député, de mettre à jour son blog ou son compte Facebook ou même de réserver des trains. Un travail nécessitant un ensemble de compétences difficile à trouver dans la région, assure le cabinet : "Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet."

Pour ces tâches, le fils de Richard Ferrand a perçu les salaires suivants : 776,03 euros net en janvier pour 27 heures par semaine, 1 266,16 euros net en février, mars, avril pour 35 heures par semaine et 2 222 euros en mai. Ce dernier montant, plus élevé, s'explique par le solde de tout compte : congés, prime de précarité, 13e mois. Au total, Emile Ferrand a donc touché 6 796,51 euros nets, soit 1 699,13 euros par mois en moyenne. "Rien de mirobolant", estime le cabinet du ministre.

Tout est légal ,Ferrand est "sans peur et sans reproche", étant de "gôche"!!

 

 

 

Published by Un Sage
25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 16:45
 
Le tube de l'été dans le cabinet de #Ferrand en hommage au Centre-Bretagne et aux bretons : "Becassine c'est une crétine"
Le tube de l'été dans le cabinet de #Ferrand en hommage au Centre-Bretagne et aux bretons : "Becassine c'est une crétine"Le tube de l'été dans le cabinet de #Ferrand en hommage au Centre-Bretagne et aux bretons : "Becassine c'est une crétine"Le tube de l'été dans le cabinet de #Ferrand en hommage au Centre-Bretagne et aux bretons : "Becassine c'est une crétine"Le tube de l'été dans le cabinet de #Ferrand en hommage au Centre-Bretagne et aux bretons : "Becassine c'est une crétine"
Le tube de l'été dans le cabinet de Ferrand en hommage au Centre-Bretagne et aux bretons 
"Becassine
c'est une crétine"

 
"Pas simple de trouver un jeune qui sait lire et écrire en Centre-Bretagne" ?
La petite phrase du camp Ferrand qui passe mal
 
DirectLCI 24 mai 21:12Justine Faure
EXPLICATIONS - Pour justifier l'embauche du fils de Richard Ferrand par ce dernier à l'Assemblée, le cabinet du ministre de la Cohésion des Territoires aurait avancé l'idée qu'il est difficile de trouver des jeunes sachant lire et écrire "correctement" en Centre-Bretagne. Sur LCI, Florian Philippot a réclamé la démission du ministre. Dans la soirée, Richard Ferrand a fermement condamné les propos qu'aurait tenus l'un des membres de son équipe.
"Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet." Ces propos, visibles sur le site de franceinfo et sourcés du cabinet du ministre de la Cohésion des Territoires, sont censés justifier l'emploi du fils de Richard Ferrand par ce dernier comme assistant parlementaire. Plutôt peu sympathiques envers les jeunes du Centre-Bretagne, ils n'en finissent pas de faire polémique. Au point que ce mercredi soir sur son blog, Richard Ferrand condamne ces "propos honteux". "Je condamne fermement les propos honteux parus dans un article publié par France Télévisions et qui sont attribués à un membre de mon cabinet. Je m’attache personnellement à vérifier l’exactitude de la citation. Si un membre de mon équipe a effectivement employé de tels mots, des sanctions seront prises immédiatement."
Une justification "aberrante" et "insultante" selon Philippot
Un peu plus tôt, sur le plateau de LCI, Florian Philippot, vice-président du FN, avait demandé la démission du ministre suite aux propos rapportés sur franceinfo. "Il ne peut pas rester au gouvernement", a commencé le vice-président du Front national, interrogé sur cette affaire par Yves Calvi. "On a appris qu’il avait employé son fils, ce qui n’est pas illégal, encore une fois, mais la justification qu’il a apportée est tellement aberrante et insultante pour les Bretons" a continué Florian Philippot avant de citer la phrase disponible dans l'article de franceinfo. "Ce genre de propos n’est pas acceptable, surtout pas dans la bouche d’un ministre" a-t-il déclaré. "Oui, je pense que ça justifie une démission."
Des propos démentis à LCI par la conseillère en communication de Richard Ferrand
Avant même que Richard Ferrand condamne les propos sur son blog, sa conseillère en communication, contactée par nos soins, nous les avaient démentis. "Aucune personne habilitée à porter la parole du ministre n'a tenu ces propos. Richard Ferrand est élu en Bretagne depuis plus de vingt ans, il sait que cela est tout à fait faux. Je condamne ces propos et je démens qu'ils représentent la position officielle du ministre."
 
En attendant, sur Twitter, le mal est fait ; en attestent les tweets !!
Qui croire!!
 
Published by Un Sage
25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 14:57
Avec lui, le pragmatisme l’emporte sur l’idéologie
Auteur
Alain Nueil
Romancier

Emmanuel Macron lors de son premier conseil des ministres, Paris, 18 mai 2017. SIPA. 00807142_000015

Il n’y a aucune honte à reconnaître qu’on s’est trompé. C’est au contraire une preuve de noblesse morale et intellectuelle. Pourquoi les exemples d’un tel aveu sont-ils si rares ? Pourquoi Lionel Jospin et tous les perroquets bien-pensants qui ont caqueté pendant des années que les musulmans s’intégreraient à la France aussi facilement que les Polonais-Italiens-Portugais-Espagnols n’ont-ils jamais reconnu leur erreur ? En fouillant ma mémoire, je ne trouve que de bien pauvres exemples. Les soldats anglais se seraient exclamé : « nous avons brûlé une sainte ! » en voyant Jeanne d’Arc partir en fumée. C’était des soldats, non des juges ou des chefs. L’Eglise catholique a réhabilité Galilée, a demandé pardon d’avoir accusé les Juifs de déicide. C’était des siècles plus tard. Louis XIV a reconnu devant son arrière-petit-fils le futur Louis XV qu’il avait trop aimé la guerre, ce qui nous a valu un XVIIIe siècle prospère et paisible. C’était un roi mourant, qui s’apprêtait à passer un sale quart d’heure au tribunal divin et s’exerçait à la confession.

Dès qu’on possède un magistère, qu’il soit intellectuel, moral ou politique, avouer une erreur de jugement est difficile, voire impossible. Le public va dire : puisque Lionel Jospin reconnaît qu’il s’est trompé lourdement sur l’immigration musulmane, il peut se tromper dans tout autre jugement ou décision politique. Ne votons plus jamais pour lui. Avouer son erreur, c’est beau, mais cela vous décrédibilise. Moi qui n’ai aucun magistère d’aucune sorte, je peux donc le dire d’un cœur léger : je me suis trompé sur Emmanuel Macron.

Il n’y a aucune honte à reconnaître l’apparition d’un homme exceptionnel

Celui-ci savait très bien que les qualités à mettre en œuvre pour être élu président de la République ne sont pas les mêmes que celles qu’il faut montrer une fois au pouvoir. J’ai raillé le Macron télévangéliste et le fameux « je vous aime farouchement », et j’avais tort. Il fallait du fusionnel et de l’affectif à un peuple brisé par le chômage de masse (angoisse avouée et clamée) et par la perspective de plus en plus évidente de son remplacement ethnique (angoisse tue, refoulée, et d’autant plus cruelle qu’il est interdit de la dire). Le ni droite ni gauche me laissait sceptique. Droite ou gauche, c’est une réalité politique aussi inchangeable que chaud ou froid sur le thermomètre et qui apparaît à propos de n’importe quel sujet. Surpopulation des prisons : la droite conseille de construire de nouveaux établissements pénitentiaires, la gauche préfère lâcher les détenus dans la nature, avec aux poignets de beaux bracelets qu’on pourrait faire dessiner par Rolex.

J’avais tort : laisser cette réalité au second plan est une excellente idée. J’ai horreur de l’appellation journalistique de « peuple de gauche », bêtement imitée par « peuple de droite ». Ces expressions devraient être criminalisées, puisque selon la Constitution, il n’y a qu’un peuple français. Les partisans de Marine Le Pen ont répété qu’on avait essayé la droite sans succès, qu’on avait essayé la gauche encore plus piteusement, et qu’il ne restait donc qu’à essayer le Front national. Le génie macronien a consisté à remplacer le « ni droite ni gauche » par le « et droite et gauche », ce que démontre très bien la constitution du nouveau gouvernement.

Il n’y a aucune honte à reconnaître l’apparition d’un homme exceptionnel. Mais comme c’est douloureux, encore plus douloureux que reconnaître qu’on s’est trompé… Là encore, peu d’exemples. Antoine conscient qu’Octave est plus fort que lui et se faisant tuer par un soldat dans le désert égyptien, Salieri conscient que Mozart est un génie musical d’une toute autre envergure que lui-même et favorisant sa réussite, malgré la légende répandue par Pouchkine. Talleyrand conscient de la grandeur de Bonaparte et se ralliant à lui. Voler au secours du succès, ce n’est pas forcément de l’opportunisme, c’est aussi de la lucidité. L’esprit français est volontiers mordant et moqueur, il a du mal à reconnaître les personnalités supérieures. Les humoristes vont avoir du mal à se moquer d’Emmanuel Macron : il est beau, il est intelligent, il est énergique. Heureusement qu’il y a Brigitte, sinon ils ne tarderaient pas à mourir de faim. De plus, Macron a eu la chance d’avoir un mentor tout-à-fait exceptionnel : François Hollande. Sur tous sujets, il suffit de prendre le contre-pied total de ce que faisait l’ex-président pour trouver la bonne décision. Les ministres de l’un se répandaient en bavardages sur le dernier Conseil, les ministres de l’autre se taisent. Quand je veux rire, je me repasse dans la tête la désopilante phrase qu’on trouve dans Davet et Lhomme : « Emmanuel Macron, c’est moi ». La fée Carabosse se regarde au miroir et elle y voit la Joconde.

Il apprend vite

Mais il y a encore plus intéressant : l’oiseau Macron paré de son plumage éclatant annonce la fin du politiquement correct aussi sûrement que la colombe et son brin d’olivier au bec annonçaient la fin du Déluge. Le pragmatisme est le plus sûr meurtrier de l’idéologie. L’idéologie nous ordonne d’accueillir les migrants et de les répartir dans toute la France pour que les villages les plus reculés jouissent enfin des joies du vivre-ensemble. Le pragmatisme nous dit que ça coûtera cher, que ça créera des tensions avec les derniers carrés d’indigènes. Il est plus pragmatique d’arrêter les bateaux dans le détroit de Sicile et de les ramener à bon port en Libye, comme font les Australiens pour les migrants venus d’Indonésie.

Le premier travail du gouvernement Philippe sera de dégonfler les très laides baudruches que la CGT promène dans toutes ses manifs, ces gros ballons gonflables qui exhibent l’immobilisme encombrant de cette organisation vouée à la continuation du chômage de masse. Mais la question identitaire se posera un jour ou l’autre à la brillante équipe du président Macron. Alors le pragmatisme soufflera à l’oreille de nos nouveaux dirigeants des paroles que l’idéologie interdisait totalement, des mots frappés de malédiction lorsque régnait la gauche ou la droite sous influence, des paroles secrètes et tabou comme « fin du regroupement familial » ou « fin du droit du sol » (il serait fort pragmatique de le supprimer d’abord à Mayotte et en Guyane, les juristes trouveraient bien un moyen), ou même qui sait « suspension provisoire des accords de Schengen », ces mots terribles qu’on ne chuchote que sur l’oreiller.

Il y a parmi les critiques les plus virulents d’Emmanuel Macron des hommes que j’admire, comme Ivan Rioufol ou Alain Finkielkraut. Mais je crois qu’ils se trompent en imaginant l’homme d’Etat figé dans les postures qu’a prises pour être élu le petit arriviste rusé. La colonisation française a, paraît-il, été un « crime contre l’humanité », mais les descendants des victimes venues en France ne sont guère représentées au nouveau gouvernement. C’est qu’il apprend vite, le petit Emmanuel, il ira loin si les cochons ne le mangent pas. Le 7 mai au soir dans la cour du Louvre, il a chanté la Marseillaise en posant la main droite sur le cœur, un ami charitable a dû lui souffler que c’était là un geste purement américain et il n’a plus jamais refait cette erreur.

Le rideau tombe sur la tragi-comédie de cette élection présidentielle de 2017 qui nous aura fait passer par toute la gamme des émotions les plus fortes. Applaudissons sans rancœur et sans rancune le jeune premier, il s’en est bien tiré.

Published by Un Sage
23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 16:50
Trump réconcilie l’Amérique avec les Saoudiens
… et vise l’Iran
Hadrien Desuin
est expert en géo-stratégie, sécurité et défense.
Publié le 22 mai 2017 / Monde
Contre toute attente, Donald Trump renoue avec l'un des fondamentaux de la politique américaine au Moyen-Orient depuis l'après-guerre : l'alliance avec l'Arabie Saoudite. Avec l'Iran dans le viseur, et des contrats plein les poches.

Donald Trump et le roi d'Arabie, mai 2017. Sipa. Numéro de reportage : AP22055424_000056.

Quand Donald Trump fait de la politique étrangère, le tableau contraste avec le portrait dressé chaque jour par les médias de Washington. À condition de ne pas avoir l’audace de s’afficher avec un russe. Agent dormant du Kremlin quand il réside à la Maison-Blanche, Trump est un héros du monde libre lorsqu’il partage son dessert avec le président chinois. A Mar-a-Lago, sa villa de Floride, il révèle à son homologue chinois, en direct et en exclusivité, sa décision de frapper l’armée syrienne. C’est un coup magistral. Une intimidation géniale. Il évoque une menace d’attentat de l’État islamique avec Sergueï Lavrov, c’est un crime de haute trahison, un geste irresponsable. Tout proche de la destitution un jour, Donald Trump est l’indispensable gendarme du monde le lendemain.

L’Arabie délaisse la France pour les USA

Lorsqu’il se déplace dans le Golfe c’est plutôt la vision sympathique du président américain qui apparaît. Jackpot pour Trump en Arabie Saoudite titre Le Point. Ivanka Trump souligne des progrès encourageants répond Ouest France. “Comment Trump veut mobiliser les religions du monde contre l’intolérance” décrypte La Croix. Donald Trump accueilli en héros en Arabie Saoudite conclut Le Figaro. 120 jours après son investiture, le premier voyage à l’étranger du président américain a été réservé à Ryad. Il est vrai que, contrairement aux alliés européens, le pays ne lésine pas sur la dépense militaire. Plus de 350 milliards de dollars de contrats promis aux industriels de la défense américains. Voilà de quoi modérer les propos de campagne du candidat républicain sur l’islam. Les promesses de ventes faites l’année dernière à François Hollande sont déjà oubliées. Comme la tempête d’indignation consécutive au muslim ban (décret qui épargnait déjà les Saoudiens…).

Trump parodie Obama

Jusqu’à présent, les présidents américains réservaient leurs premières visites officielles au Canada, au Mexique ou au Japon. Et puis c’était la première tournée européenne. Donald Trump qui se contrefiche des usages, vient saluer le noyau du wahhabisme avant de se rendre à Jérusalem et au Vatican. Il a évoqué devant le roi d’Arabie “les valeurs communes” à l’islam et à l’Amérique. Un syncrétisme troublant. Le combat du bien contre le mal, de la justice contre le terrorisme. Ça ne vous rappelle rien? Certes, Donald Trump a mis en garde contre l’extrémisme musulman, surtout quand il est iranien (ou yéménite). On était à peu de chose près dans l’épure du fameux discours au Caire de Barack Obama en 2009. Il n’y a pas de guerre de religion ou de civilisation. Seulement une guerre des modérés contre les extrémistes. Pour qui se souvient des louanges qui ont accompagné le discours “du premier président noir de l’Histoire des Etats-Unis” dans la capitale égyptienne, la faible audience de Donald Trump est évidente.

Schizophrénie américaine

Quoi qu’il en soit, le Donald s’inscrit dans la lignée de ses illustres prédécesseurs. Il les restaure même. Obama avait remis en cause l’alliance américano-saoudienne scellée par Roosevelt et Ibn Saoud sur le pont de l’USS Quincy. Les saoudiens et les israéliens s’étaient beaucoup inquiétés des négociations sur le nucléaire iranien. Trump aussi. Il n’a d’ailleurs pas félicité le “modéré” Rohani pour sa réélection à la présidence. Bien au contraire. Il organise sa venue à Ryad au lendemain de sa victoire. La coïncidence a de quoi troubler. Les premiers contacts avec le Prince héritier Ben Salman et le Président avaient été très bons. Ils vont sans doute le rester.

Généraux, diplomates et autres faucons du Sénat sont rassurés. Donald Trump poursuit la politique schizophrène des Etats-Unis: prêche des valeurs américaines au Moyen-Orient d’un côté et union sacrée militaro-industrielle avec le régime le plus rétrograde de la région de l’autre. Pour exhorter à un islam modéré, un premier voyage à Ryad, la capitale mondiale du salafisme, n’est pas crédible.

 

 

Published by Un Sage
23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 16:49

 

DIPLOMATIE - Emmanuel Macron poursuit ses rencontres avec les grands dirigeants de la planète. Il recevra lundi 29 mai son homologue russe Vladimir Poutine et, compte tenu de la méfiance qui s'est installée entre la Russie et la France, il fallait trouver un lieu emblématique. Ce sera le Grand Trianon à Versailles.

Pourquoi diable avoir choisi Versailles pour la première venue du président russe en France depuis l'entrée en fonctions d'Emmanuel Macron ? Des envies de grandeur de la part du chef de l'Etat ? Que nenni. Vu la tiédeur des relations entre Paris et Moscou, il fallait juste trouver le bon prétexte pour qu'Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se rencontrent. C'est chose faite : l'Elysée a précisé ce lundi que les deux hommes inaugureront ensemble l'exposition de l'Ermitage au Grand Trianon de Versailles sur la première visite de Pierre Ier en France en 1717, marquant 300 ans de relations diplomatiques entre les deux pays.

Il faut dire qu'Emmanuel Macron s'était distingué pendant la campagne présidentielle par une posture nettement plus ferme vis-à-vis de la Russie - qui appuie militairement le régime de Bachar al Assad en Syrie et est accusée de soutenir les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine - que ses principaux concurrents. Une réserve renforcée par les cyberattaques imputées à la Russie dont son équipe d'En Marche! a été la cible.

La Syrie au cœur des discussions

Dans un entretien au magazine Challenges, publié jeudi 18 mai, l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, souhaitait qu'"il fasse preuve d'une plus grande autonomie de décision que François Hollande". Vladimir Poutine et Emmanuel Macron doivent "surmonter la méfiance réciproque qui s'est installée ces dernières années", ajoutait le diplomate, qui avait marqué sa préférence pour le candidat de la droite, François Fillon, durant la campagne. "La Russie est prête à faire le premier pas avec le nouveau président français."

Les deux présidents s'entretiendront en particulier de la Syrie, de l'Ukraine et des "efforts pour combattre le terrorisme", a précisé la présidence russe. Lors d'un entretien téléphonique jeudi 18 mai, ils étaient convenus de poursuivre le dialogue sur la Syrie, l'Ukraine et les relations bilatérales, en particulier dans les domaines de la sécurité, l'économie et la culture.

La rédaction de LCI

 

Published by Un Sage
23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 16:27
La Chapelle: circulez, pour Libé y a rien à voir!
Benoît Rayski
Journaliste et essayiste

Il y a une pétition signée par 1500 personnes. Elle dit, cette pétition, que le quartier de La Chapelle est devenu une « no go zone » pour les femmes, qu’elles y sont régulièrement agressées sexuellement, verbalement et physiquement. Que les agresseurs sont des migrants. Que les femmes ont peur, qu’elles font un détour pour éviter le quartier. 1500 personnes… 1500 racistes, fascistes et colonialistes, c’est sûr !

L’information a été donnée dans un article par Le Parisien. Un autre journal – Libération – s’en est ému à son tour. Et comprenant qu’il s’agissait d’un terrain miné, Libé a envoyé sur place un démineur. Un démineur, ça démine.
Un métier délicat, difficile et dangereux. Il s’en est tiré avec les honneurs. Le titre de
l’article dit qu’il s’agit d’un « quartier populaire et métissé ». Ça c’est bien. Quant au ras-le-bol des habitants, et surtout des habitantes, il est qualifié d’ « un peu caricatural ». Et ça, c’est très bien.

Attention terrain miné!

N’écoutant que son sens du devoir, le démineur a continué courageusement son travail de déminage. Pourquoi irait-il interviewer une (un) des 1500 pétitionnaires ? Une femme qui a subi des attouchements et qui s’est entendu dire « on va te baiser sale pute » ne peut évidemment pas être objective. Peut-être même que derrière elle, se profile l’ombre glauque du fascisme ? Il en a quand même – pour le principe – interrogé une ou deux qui se plaignent. Et aussitôt ces mines mises à jour, il les a rapidement enfouies sous terre.

Car le démineur cherche autre chose. Et quand on sait ce qu’on veut trouver on trouve. Fanny, décrite comme étant « de sensibilité féministe forte » : « j’habite le quartier depuis sept ans et je n’ai jamais été embêtée » ! Et elle ajoute que la pétition est « bourrée de trucs faux ». Les autres, celles qui ont été embêtées, sont certainement des salopes et des allumeuses.

Parole sera donnée aussi à Jean-Raphaël qui tient à dire que le harcèlement de rue est « également le fait d’hommes blancs et français ». Et pour faire bonne mesure, le démineur dénoncera « la récupération politicienne » de Valérie Pécresse qui s’est rendue sur place. Mobilisés par des associations d’aide aux migrants, une vingtaine de militantes et de militants antiracistes ont crié « le sexisme n’a ni race ni religion ». Ah si c’était Anne Hidalgo qui était venue… Mission déminage accomplie.

PS : dernières nouvelles de l’opération déminage. Caroline de Haas, fondatrice d’Osez le féminisme !, suggère « qu’on élargisse les trottoirs » dans le quartier de La Chapelle. Comme ça les dames et demoiselles du quartier n’auront pas à frôler les malheureux migrants.

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 15:16

Ne pas boire, ne pas fumer, ne pas trop manger, faire du sport... Et si on cessait de nous assommer avec ces injonctions à mener une vie saine ! 

Laurent Chambaud, médecin et inspecteur général des affaires sociales, est directeur de l'École des hautes études en santé publique (EHESP) – USPC.

Publié le 22/05/2017 à 14:45 | Le Point.fr

La première goutte d'alcool comporte des risques pour la santé et il ne faut pas en boire plus de dix verres par semaine, ont affirmé conjointement Santé publique France et l'Institut national du cancer, le 4 mai. Moins de sucre, moins de charcuterie et plus de légumes dans notre alimentation, avait recommandé un peu avant l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Les prescriptions venant des autorités publiques pleuvent sur les individus sous forme d'interdits ou de bons comportements à adopter impérativement s'ils sont décidés à rester en bonne santé. Aussi le mot « prévention » est synonyme, dans l'esprit de beaucoup, de privation, de restriction et d'obligation. Un constat que je dresse dans La Santé publique en question(s), livre publié aux Presses de l'École des hautes études en santé publique (EHESP). On peut penser que l'accumulation des messages d'alerte finit, à la longue, par devenir contre-productive. Voire même oppressante, donc nocive pour la santé ! Plutôt que de bannir le plaisir de nos vies, ne pourrait-on pas imaginer une autre façon de préserver notre bien-être ?

La multiplication des injonctions

Résumons. Il ne faut pas : fumer (ni tabac ni cannabis), boire de l'alcool (même en petite quantité), se droguer avec des produits de synthèse, faire l'amour sans préservatif si on ne connaît pas son ou sa partenaire depuis longtemps, manger trop sucré, trop gras, trop salé, se rendre dans des lieux trop bruyants, prendre le volant si on a bu ou pris de la drogue.

À l'inverse, il faut : faire de l'exercice régulièrement, manger des fruits et légumes (au moins cinq, si ce n'est plus, par jour), limiter notre consommation de viande rouge et de charcuterie, porter un masque en cas de symptômes grippaux, mettre la ceinture de sécurité et vérifier que tout le monde l'a mise avant de prendre la voiture, respecter les limitations de vitesse sur la route, mettre un casque si l'on se déplace à vélo et des bouchons d'oreille si l'on va à un concert de rock, dans une discothèque ou à une fête improvisée. À force, des risques identifiés isolément peuvent se combiner pour se transformer en injonctions paradoxales créant des problèmes insolubles. Ainsi, pour faire de l'exercice et respirer de l'air sain, il serait bon de se promener en forêt. Oui, mais les forêts sont infestées de tiques et on risque d'y attraper la maladie de Lyme…

Nous pouvons désormais compter le nombre de pas que nous faisons chaque jour

Les campagnes sont souvent alarmistes, parfois volontairement choquantes, comme les images sur les paquets de cigarettes (par exemple, le pied d'un cadavre à la morgue) ou certaines vidéos-chocs de la prévention routière. Plus rarement, elles utilisent des ressorts positifs, comme la campagne de 2014 contre les accidents de la route. Intitulée « On a tous une bonne raison de rester vivants », elle met en scène les relations entre parents et enfants – ou celles de couple ,qui méritent d'être préservées.

Mais ce n'est pas tout. En plus des autorités publiques, les magazines et les sites internet prodiguent eux-mêmes d'innombrables conseils visant à aider chacun dans sa quête d'une santé et d'une jeunesse éternelle, nouveau Graal des sociétés modernes. Ainsi, il vaudrait mieux éviter le lait, manger sans gluten, consommer des oméga 3 plutôt que des oméga 6, se tenir à distance de toute onde radio-électrique, ne pas réutiliser une bouteille en plastique pour boire. Chaque jour apporte son « conseil santé », souvent étayé par un médecin aux titres universitaires variés et, parfois, fantaisistes.

Les outils introduits par les nouvelles technologies accentuent l'effet d'injonction. Nous pouvons désormais compter le nombre de pas que nous faisons chaque jour. Il faudrait en faire beaucoup, sans qu'on sache précisément combien… car les préconisations varient. Le site d'un hôpital suisse spécialisé dans l'obésité recommande 30 minutes de marche au quotidien, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) met la barre un peu moins haut, conseillant 150 minutes d'activité d'endurance d'intensité modérée sur la semaine (une vingtaine de minutes par jour en moyenne) pour les adultes jusqu'à 65 ans. Des applications pour téléphone permettent déjà d'analyser de façon « scientifique » la manière dont nous nous alimentons et corrigent notre régime. Notre manière de conduire sera bientôt analysée en temps réel. Chaque risque pourra donc être combattu à l'aide d'une application censée nous aider à adapter notre comportement.

Des êtres rationnels, nous ?

Ainsi, on pourrait croire que plus les connaissances scientifiques progressent, plus nous sommes à même d'adopter des comportements propices à une vie saine. Ce raisonnement repose sur l'idée que nous serions des êtres rationnels. Et que si nous adoptons des stratégies de fuite ou de déni par rapport à ces informations, c'est que nous ne serions pas assez armés psychologiquement, culturellement ou socialement. Or, nous ne sommes pas – ou du moins pas entièrement – des êtres rationnels. Il existe une autre manière de voir l'éducation à la santé, différente d'une vision moralisatrice et normalisatrice où les experts, sur la base d'études épidémiologiques, mais aussi de leurs propres valeurs, décident de ce qui est bon ou mauvais pour la population, tentant d'influer sur ses comportements pour renforcer les uns et éradiquer les autres. Cette approche différente vise, dans ses principes, à l'autonomie et au renforcement des capacités des individus, leur « empowerment » pour reprendre un terme

Réinventer la prévention, c'est d'abord réintroduire la notion de plaisir dans les messages de santé publique. La récente campagne « Moi(s) sans tabac » est une bonne illustration de cette approche, car elle a joué avant tout sur l'émulation collective et le renforcement positif autour de l'engagement pris par l'ex-fumeur. De nouveaux travaux de recherche seront nécessaires pour répondre à de nombreuses interrogations. Par exemple, le plaisir dans la vie est-il le préalable à des comportements favorables à la santé, ou est-ce l'inverse ? Et comment atteindre les jeunes, pour qui transgresser les règles fait partie de leur construction en tant qu'adultes ?

Ouvrir le débat

Il est temps, aussi, de s'éloigner des clichés en renonçant définitivement aux messages caricaturant le « déviant » – celui qui adopte des comportements malsains – en individu repoussant, isolé, malheureux. Celui qui adopte la bonne attitude étant peint en individu épanoui, beau, heureux et socialement bien intégré. Réinventer la prévention, c'est aussi et surtout tenir compte de l'environnement dans lequel chacun vit. Certes, l'individu dispose de son libre arbitre, mais on oublie un peu trop vite que le contexte influence aussi nos comportements. Le surpoids ne se présente pas de manière homogène selon les niveaux socio-économiques ou selon les régions. Le fait de fumer ou de boire de l'alcool correspond, en partie, à un processus de reconnaissance sociale. Et ce ne sont que deux exemples.

Ainsi la prévention doit devenir un objet de débat et de construction collective impliquant les citoyens. Cela implique que les experts mettent à disposition de tous leurs connaissances sur un sujet, mais aussi leurs interrogations. Faut-il faire 20 ou 30 minutes de marche par jour pour observer un effet bénéfique sur notre santé ? Ouvrons le débat ! Les experts doivent expliciter les changements de comportements qu'ils estiment bénéfiques tout en acceptant de les remettre en question. Un objectif de réduction de la consommation d'alcool, par exemple, ne sera sans doute pas perçu de la même façon dans une région non vinicole et une région vinicole, ou encore dans un territoire ultramarin de production de rhum.

Les interventions de santé publique doivent être imaginées avec les personnes concernées. Ceux qui les conçoivent doivent écouter leur vécu par rapport à la santé, respecter leur culture tout en interrogeant leurs valeurs. On peut se demander, par exemple, si des actions de prévention du sida ou des infections transmises sexuellement doivent se limiter à la promotion de l'abstinence chez les jeunes ou de la fidélité dans le mariage pour ne pas entrer en conflit avec des autorités religieuses, comme ce fut le cas dans certains pays.

Des initiatives à penser au niveau local

Pour cela, le niveau local doit devenir prédominant dans la réflexion, les niveaux régional et national venant seulement donner l'impulsion ou renforcer des stratégies locales. Car c'est à cette échelle que l'on pourra utiliser au mieux les outils de débat public et d'engagement citoyen. Laissons donc les initiatives se créer. Accompagnons les habitants en mettant à leur disposition les données scientifiques sur les sujets qu'ils décident eux-mêmes d'aborder, en fournissant les méthodes permettant de mesurer les résultats, en installant au niveau européen, national ou régional les conditions pour que ces actions puissent se développer. Le réseau français des Villes-Santé soutenu par l'OMS offre un tel cadre, fédérant plus de 80 communes de toutes tailles et de bords politiques différents, d'Amiens à Fort-de-France, de Rennes à Calais ou Béthune, en passant par Paris, Lyon ou Marseille.

Sur l'alcool, l'alimentation ou la sexualité, les règles édictées par des autorités sanitaires qui se contredisent parfois entre elles finissent par paralyser les individus. Elles dessinent dans nos têtes une cartographie infernale représentant mille dangers qui nous guettent à chaque instant. Il est temps d'imaginer une prévention sur mesure pour chacun, mais aussi de reconnaître tous les facteurs qui façonnent collectivement nos comportements. Pour retrouver le plaisir de vivre en bonne santé, et d'un bien-être collectif.

*Laurent Chambaud, médecin et inspecteur général des affaires sociales, est directeur de l'École des hautes études en santé publique (EHESP) – USPC.

 

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 17:30
 (rédacteur en chef de Causeur).

 

Marine Le Pen. Sipa. Numéro de reportage : 00805313_000007.
Que s’est-il passé ? Tout au long de la campagne, à l’exception d’une brève accalmie entre les deux tours, Marine Le Pen est allée de déconvenue en semi-échec, à l’image de son score de second tour, 34%, à comparer aux 18% de son père en 2002 mais loin des quatre électeurs sur dix que lui prédisaient les enquêtes d’opinion. « Quatre candidats à 20%, c’est du jamais vu. Tout le monde a triangulé tout le monde. Macron a piqué l’antisystème, Mélenchon le social et Fillon le conservateur. », soupire un proche de Marion Le Pen déçu du résultat final.
 
Zemmour porte l’estocade
Malgré deux beaux coups de com’, lorsqu’elle a refusé de porter le voile devant le grand mufti libanais et qu’elle a consolé les ouvriers de Whirlpool, Marine Le Pen n’aura jamais su retourner durablement la tendance en sa faveur. Outre des décennies d’antilepénisme médiatique, les explications ne manquent pas. Il y a d’abord ce qui relève de l’évidence : par sa prestation désastreuse lors du débat d’entre-deux-tours, Marine Le Pen s’est aliéné des millions d’électeurs accablés par son impréparation économique et ses banderilles ad hominem contre Macron.
Sitôt le résultat connu, les augures se sont empressés d’interpréter cette contre-performance. Eric Zemmour, fidèle à ses amitiés buissonnières, dénonce le « fiasco intégral » d’une campagne mariniste menée à contre-courant : des débats à n’en plus finir sur l’euro et le remboursement des lunettes de vue, mais pas un mot plus haut que l’autre sur l’immigration massive et son corollaire islamiste. A se tordre de rage : à force d’invoquer le ni droite ni gauche, la présidente du Front national a perdu sur tous les tableaux. Pensant séduire l’électorat mélenchoniste par sa forfanterie dégagiste, Marine Le Pen ne s’est finalement agrégée que 7% des électeurs de la France insoumise, contre 20% des fillonistes. Le tout assorti d’une performance calamiteuse chez les retraités, apeurés par la sortie de l’euro et la perspective de perdre leurs bas de laine.
 
L’impossible union des droites?
C’est dire si Marine Le Pen aurait réussi à mordre sur Les Républicains moyens un discours oubliant l’euro et franchement ancré à droite, en tenant une ligne plus identitaire et moins marxisante, plaident les tenants de l’alliance des droites. Un proche de Marion Le Pen-Maréchal concède que « la droite catho continue pour moitié de préférer réparer la toiture de son manoir, donc de conserver l’euro, que de régler les problèmes identitaires. » Dans le même registre, le soir du premier tour, Paul-Marie Coûteaux me glissait dans l’oreille que Marine Le Pen perdrait à droite ce qu’elle ne gagnerait jamais à gauche, ne pouvant espérer atteindre les 40% que par des appels du pied aux Républicains. Patatras, la prophétie s’est réalisée.

Mais faut-il pour autant donner raison au club de l’Horloge, où Alain Juppé siégeait naguère aux côtés d’un certain Henry de Lesquen, rêvant jadis de fusionner UDR, RPR et FN ? Aujourd’hui, dans l’esprit du maire de Béziers et de quelques autres, il est question de récupérer la frange nationale-bonapartiste des Républicains pour élargir le socle électoral du Front et enfin percer le plafond de verre. Pas évident. Deux secondes et demi après l’annonce de son élimination, François Fillon, bientôt suivi par les caciques LR, a appelé à voter Emmanuel Macron, non sans charger son fidèle allié Sens commun de tous les maux de la terre. Adieu veaux, vaches, cochons et couvées cathos ! Si « droite des valeurs » il y a à LR, il faut la chercher loin, peut-être du côté de Thierry Mariani et de quelques autres élus méridionaux excédés par la dérive centriste de leur parti, prétendent certains. A voir. L’acte de bravoure des Wauquiez et Mariani s’est borné à prôner l’abstention. En l’occurrence, son crypto-mélenchonisme économique a servi de repoussoir.

Misère de l’économisme

Admirateur de Patrick Buisson, le brillant essayiste François Bousquet fustige à raison « l’économisme » échevelé qui a fait capoter les campagnes de Fillon et Le Pen. Ordolibéral pour l’un, étatiste forcenée pour l’autre. Avec une grande absente : la France, à la fois dans ses grands desseins et ses petits tracas quotidiens, sur lesquels le Front national a longtemps fait son beurre. Comme l’expliquait Bousquet à nos confrères de TV Libertés, l’épouvantail du « banquier Rothschild » n’évoque pas grand-chose aux relégués de la France périphérique bien plus sensibles aux nuisances de leurs voisins « cas soces » vivant des aides sociales. Là-dessus, pas un mot des cadres frontistes, qui lorgnent le quart-monde. La doctrine Buisson consiste à fusionner électorats conservateur et populaire autour des questions morales et identitaires, comme Sarkozy y parvint en 2007 et dans une moindre mesure en 2012. Pour l’heure, le Front national ne s’y essaie pas, sauf peut-être dans quelques fiefs du Midi que ses maires gèrent tant bien que mal.

Pour résumer, deux grandes options stratégiques s’opposent au sein du Front. L’aile économiste, qui a longtemps tenu la barre, s’inspire des travaux de Jacques Sapir sur la fin de l’euro et le souverainisme. Entre les deux tours, l’économiste n’en démordait pas : « Marine Le Pen a fait une campagne de second tour relativement consensuelle dès le premier. Elle a perdu sur ses franges radicales. Cette stratégie risquée a failli buter sur la remontée de Mélenchon mais anticipait le duel avec Macron, ligne contre ligne sur l’économie. » Mais n’est pas Florian Philippot qui veut. Sans vouloir enfoncer le couteau dans la plaie sur le terrain de l’incompétence, force est d’admettre que le passif du FN et son image faussent l’affrontement. Bien que Marine Le Pen et Emmanuel Macron aient surjoué le clivage société ouverte vs. enracinement, multiculturalisme vs. républicanisme, libéralisme vs. dirigisme économique, nombre de souverainistes en accord avec le programme du Front ont préféré aller à la pêche. « Marine ne rêvait que du second tour contre le “petit trader” Macron », me confirme un conseiller de Marion Le Pen… mais la sauce n’a pas pris. Jusque chez les électeurs de Nicolas Dupont-Aignan, pourtant rallié entre les deux tours au prix d’un reniement sur l’euro. La stratégie ultra-économiste du FN mariniste a donc tout d’une impasse.

Hénin-Beaumont n’est pas la France

A l’appui de la stratégie Philippot, Jacques Sapir sort les cartes électorales qui « confortent Guilluy. Toutes les régions d’anciennes industries, en pleine crise industrielles, ont basculé en faveur de Marine Le Pen. Inversement, Macron a marché dans des villes moyennes très connectées au reste du monde, comme Blois, et sur le littoral Atlantique, qui emploient une main d’œuvre immigrée non-négligeable. » A la division de la France en deux suivant une ligne est-ouest, se superposent d’autres clivages culturels et géographiques. Ainsi l’échelon stratosphérique de Christophe Guilluy ne dit pas tout des fractures françaises, autant économiques que culturelles et identitaires.

Toute une frange des électeurs urbains d’En marche !, plus ou moins aisés et employés du secteur privé, n’ont rien contre l’enracinement et une dose de conservatisme moral. Mais la diabolisation pavlovienne du « banquier Macron » a paradoxalement servi le nouveau chef de l’Etat en rangeant Marine Le Pen du côté des perdants systématiques de la mondialisation. Au cours des débats de premier tour, Marine Le Pen n’a pu donner de définition positive de la France, là où Macron rivalisait d’optimisme, d’espérance et proclamait sa foi – certes naïve – dans le Progrès. Pour élargir sa base, encore faut-il prendre conscience qu’Hénin-Beaumont n’est pas la France. « Il faut parler aux urbains, faire monter une nouvelle génération qui tient un discours positif et audacieux », préconise un quadra ex-mégrétiste. En bref, plutôt que de rejouer Fort Chabrol, lancer un long travail de fond pour renouer avec ce que le néo-fasciste Giorgio Almirante appelait la « nostalgie de l’avenir ». « Dans le futur, le camp dit des « patriotes » se doit de porter une vision de la France de demain et non plus se contenter de pleurer celle qui a disparu », souhaite un élu frontiste de l’Ouest qui se dit « républicain et libéral ». En privé, ce cadre appelle son parti à une vaste autocritique : « le FN a parfois laissé la sensation d’un parti déconnecté, uniquement focalisé sur sa communication », réduisant la stratégie au marketing électoral. Le tout à l’image des tweets navrants de Jean Messiha, énarque d’origine égyptienne auto-enfermé dans son emploi victimaire de Taubira frontiste criant au racisme à la moindre critique.

 

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 17:29
La droite paye ses mauvaises politiques économiques
Marc Crapez
Politologue et chroniqueur.

François Fillon n’a pas été un mauvais Premier ministre. Auparavant, il avait même été un bon ministre des Affaires sociales. Une belle carrière, un beau parcours, dans la meilleure tradition de la droite française. L’ennui c’est qu’il n’a été ni un grand Premier ministre ni le bon chef de parti qui aurait conduit ses troupes à la victoire et à la gloire.

Des 34% d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle dont il jouissait en décembre, il a perdu la moitié en l’espace de deux mois. Dans l’esprit de beaucoup de Français, il y a eu emploi fictif et sans-gêne avec les deniers publics de la part de quelqu’un qui prenait des postures éthiques et conseillait aux autres de se serrer la ceinture.

La droite n’a pas le droit de creuser la dette

Mais l’essentiel est ailleurs. François Fillon a écrit en 2006 un livre intitulé La France peut supporter la vérité. Mais la vérité, c’est qu’il a largement contribué à couler la droite, tant en 2017 qu’en 2012. Il y a cinq ans, en effet, la gauche a gagné parce que ses jeunes loups ont martelé indéfiniment un argument massue qui mettait la droite en porte-à-faux avec ses valeurs : la dette de la France s’est considérablement accrue, et comparativement beaucoup plus que dans les autres pays, invoquer la crise de 2008 n’est donc pas une excuse.

Critique dévastatrice que celle d’une droite mauvaise gestionnaire, creusant les déficits. Un paradoxe et un camouflet gravissime. Historiquement, ce n’était arrivé qu’une seule fois. Léon Blum l’avait reproché au Bloc national, fustigeant, en octobre 1924, une droite dilapidant la richesse nationale et « l’impéritie » d’une dette publique portée à 400 milliards de francs. Par la suite, la droite avait amplement fait ses preuves. Raymond Poincaré, en 1928, et Antoine Pinay, en 1959, avaient restauré le franc, jugulé les déficits et « restreint les dépenses », selon la formule de Raymond Barre.

L’exemple anglais

La voix officielle de l’UMP avait beau scander que c’était la faute à la crise, ce creusement de la dette portait un coup au moral. Surtout qu’avant même le krach d’octobre 2008, le tandem Sarkozy-Fillon avait raté ses 100 jours, ce laps de temps où « tout devient possible ». Fillon le reconnut d’ailleurs par la suite : « on a merdé ». C’est exact, mais reste à savoir en quoi exactement. En fait, l’échec de la droite vient de la nullité de ses ministres des Finances.

En effet, la fameuse baisse des prélèvements obligatoires, qui leur est chère, est une impulsion qui se heurtent aux anticipations des acteurs : beaucoup saisissent la baisse des charges comme un ballon d’oxygène, ou un effet d’aubaine, sans jouer le jeu, gageant que l’Etat ne va pas tarder à reprendre, d’une main, ce qu’il vient d’offrir de l’autre. En Angleterre aussi, il y a eu des Premiers ministres velléitaires et dépourvus d’esprit de suite. Le succès de Margaret Thatcher fut d’annoncer qu’elle mènerait son action jusqu’au bout sans changer de politique, afin d’infléchir les anticipations des agents économiques. A ceux qui, en octobre 1980, la pressaient de changer sa politique économique devant le fort taux de chômage, la « Dame de fer » répondait : « je n’ai qu’une chose à dire : la dame n’est pas du genre à faire marche arrière. »

 

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