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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 17:16

Les gardes du corps d’Emmanuel Macron en verrait de toutes les couleurs avec le nouveau président de la République.

Bien entouré par ses gardes du corps

Emmanuel Macron, un président difficile à protéger. C’est en effet ce que révèle L’Express dans son dernier numéro consacré à la vie du nouveau chef de l’Etat à l’Elysée. Au fil des pages, on apprend ainsi qu’il donne du fil à retordre à ses gardes du corps. "Il veut pouvoir traverser la rue et aller voir les gens sur les trottoirs d’en face, écrit l’hebdomadaire qui cite une source interne au Palais. Et s’il y a une manifestation, il veut se porter au-devant des participants". Un véritable "cauchemar" pour le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) qui "veille jour et nuit sur le couple présidentiel et ses proches", souligne encore L’Express.

"Si vous écoutez les mecs de la sécurité vous finissez comme Hollande"

Une attitude qui trouverait son origine dans la volonté d’Emmanuel Macron de se démarquer de son prédécesseur. "Si vous écoutez les mecs de la sécurité vous finissez comme Hollande : peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort", avait-il lâché dans le reportage "Les coulisses d’une victoire", diffusé en mai dernier sur TF1.

Emmanuel et Brigitte Macron : qui sont les hommes qui les protègent ?

Le couple présidentiel est protégé par le GSPR, le Groupe de Sécurité de la présidence de la République. Planet a voulu en savoir plus sur cette unité très

Discrets, efficaces, adaptables… Vous ne les voyez que très rarement et pourtant ils sont en permanence sur leurs gardes pour assurer la sécurité du président et de son entourage. Ces hommes, ce sont les hommes du GSPR, le groupe de sécurité de la présidence de la république, une unité créée sous François Mitterrand en 1982 par le colonel de gendarmerie Christian Prouteau. La mise en œuvre de cette unité a par ailleurs été assurée par Alain Le Caro, auteur notamment de Les Mousquetaires du président.

Aujourd’hui le GSPR est constitué d’une soixantaine d’hommes pour moitié venant de la gendarmerie et pour moitié de la police. Cela n’a pas toujours été le cas. D’abord uniquement composé de gendarmes, en 1995 l’unité devient mixte, et ce, jusqu’au quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ce dernier souhaitera ne s’entourer que de policiers. Après lui François Hollande, a réintégré les gendarmes et Emmanuel Macron les a maintenus. Pourquoi avoir d’abord fait appel à des gendarmes ? A l’époque François Mitterrand ne faisait pas confiance à la police.

"A l‘époque le président se méfiait beaucoup des structures en place. Il n’avait pas confiance dans les politiques de droite et la police était supposéement plus de droite que de gauche. Il ne faisait pas non plus vraiment confiance aux services de renseignement qui étaient encore dans un contexte de droite puisqu’on sortait de De Gaulle, de Pompidou...", explique Alain Le Caro.

Le commandement du GSPR sous la présidence d’Emmanuel Macron est assuré par le commandant Lavergne, il a succédé à la commissaire Sophie Hatt. Par ailleurs, sous la précédente présidence, le budget de l'unité était d'environ 8 millions d'euros, précise BFM.

Comment sont choisis les hommes ?

Pour des "raisons de sécurité", l’Elysée n’a pas souhaité donner suite à nos questions, en revanche, Alain Le Caro, ancien patron du GIGN et du GSPR, a accepté de nous dévoiler l’envers du décor du côté des hommes de la gendarmerie. Il y a plusieurs phases de sélection. La première phase se fait sur la base du volontariat où se présentent généralement 150-200 personnes. Elles effectuent ensuite un stage de quatre mois qui permettront de les orienter vers l’intervention, le GIGN, le GSPR ou d’autres spécialités de la gendarmerie.

Une fois les hommes et femmes sélectionnés, ils sont formés purement pour le GSPR. "C’est là où on développe l’organisation interne, sur la façon dont on prépare les missions en France à l’étranger. Et puis bien sûr toute la partie plus privée qui, là, ouvre à d’autres moyens et à d’autres façons d‘agir. On n’opère pas de la même façon quand on est dans le privé ou quand on est dans les voyages officiels." Le GSPR a en charge la sécurité du président et de la première dame, lors de tous leurs déplacements, officiels, privés, en France ou à l'étranger.

Savoir garder des secrets

Être en contact avec le président et son entourage, c’est aussi être témoin de leurs secrets. Avant d’être une affaire de sécurité, c’est donc aussi une affaire humaine et de confiance qui se joue entre le chef de l’Etat et le GSPR. C’est ce qu’a découvert Alain Le Caro dès le début, que ce soit avec l’existence de Mazarine Pingeot puis la maladie de François Mitterrand :

"Très vite on s’est aperçu que la mission était plus large que prévue. Elle s’est étendue à la vie privée du président, et donc la vie privée, ‘’privée’’, celle qui n’était pas connue. On devait protéger les personnes qui faisaient partie de cette vie privée privée, et les personnes qui entouraient ce secret, explique-t-il. (...) Sous François Mitterrand le deuxième secret d’Etat, c’était la maladie du président. Il fallait accompagner le président dans sa vie privée mais aussi face à la problématique qui était celle du secret de sa maladie, avec sa douleur et ses souffrances et aussi face à la mort. Là, les gendarmes ne sont pas seulement restés des gardes mais sont aussi devenus des accompagnateurs du président et de ses proches. Ce sont des histoiresprofondément humaines."

Comme le précise Alain Le Caro l'une des qualités essentielle, c'est la capacité des agents à s'adapter, au président comme à la première dame. "Il y a une sécurité adaptée et appropriée à chacune des deux personnalités, lorsqu’elles sont chacune de leur côté, en privé comme en public, et puis lorsqu’elles sont ensemble. Il faut savoir s’adapter à l’environnement et à la nature de la mission dans son cadre privé ou super privé. Tout en conservant la même efficacité", ajoute-t-il.

Enfin, outre les qualités techniques demandées aux hommes, c’est aussi leur personnalité qui est testée. Dans ce domaine, un impératif : être authentique. C'est comme cela que s'établit un lien de confiance entre les hommes et le président. "On demande à nos hommes d‘être profondément authentiques, de ne pas jouer un rôle, d’être vrais, quelles que soient les personnalités auxquelles ils ont affaire. Les liens qui s’établissent sont des liens d’être à être, beaucoup plus que de rôles joués entre un président et ses gardes. C’est la confiance qui s’établit dans l’authenticite", précise Alain le Caro.

 

Published by Un Sage