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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 18:10
Neymar, star du foot et icône du marketing
Pierre Bienvault,
(La Croix)

 

L’attaquant brésilien, qui devrait quitter Barcelone pour le PSG, fait partie des meilleurs joueurs du monde. Un dribbleur de génie qui, avec 37 millions d’euros de revenus, déchaîne les passions sur le terrain et chez les sponsors.

Il semble qu’il reste encore quelques personnes en France qui ignorent encore tout de ce Brésilien de 25 ans répondant au doux nom de Neymar da Silva Santos Junior. Sans aucun doute des allergiques forcenés à la chose footballistique. Et qui, à moins d’aller vivre sur une île déserte à dix mille kilomètres de l’hexagone, vont souffrir dans les prochains jours, et même les prochains mois. Car les médias n’ont assurément pas fini de parler de Neymar et de son arrivée au Paris Saint-Germain (PSG). Un événement encore impensable il y a encore un mois. Car personne n’imaginait qu’un club français puisse convaincre l’un des trois meilleurs joueurs du monde (avec Messi et Ronaldo) à quitter le prestigieux FC Barcelone.

Un feuilleton qui a duré un mois

Même si cela n’est pas officiel, l’affaire semble en bonne voie. Mercredi 2 août, la star brésilienne a dit adieu à ses coéquipiers du Barça, mettant fin à un feuilleton qui, depuis un mois, tenait en haleine les gazettes sportives aussi bien espagnoles, françaises que brésiliennes. Pendant tout le mois de juillet, le moindre mouvement de tong de l’attaquant brésilien, des États-Unis à la Chine en passant par Dubaï, a été scruté quasiment heure par heure. Aujourd’hui, Neymar a donc tranché en faveur de Paris. L’histoire d’un footballeur surdoué qui, désireux d’être calife à la place du calife, a donc préféré être numéro 1 à Paris plutôt qu’éternel numéro 2 derrière l’Argentin Lionel Messi.

« Un excellent dribbleur qui sait jouer collectif »

Neymar, c’est d’abord un gamin amoureux du ballon. Et qui, une fois sur un terrain, a bien du mal à le lâcher. Le premier de la classe qui n’aime rien tant que faire gagner son équipe à lui tout seul. « C’est d’abord un excellent dribbleur. Une qualité dont il a parfois tendance à abuser. Parfois, il continue de dribbler alors qu’il serait préférable de donner son ballon à un coéquipier, mieux placé », analyse Raynald Denoueix, ancien entraîneur de l’équipe de Nantes et très bon connaisseur du Barça. Mais en rejoignant Barcelone en 2013, Neymar a aussi prouvé qu’il était capable d’être moins individualiste que dans l’équipe du Brésil. « Au Barça, il a su jouer de manière collective, en se mettant au service de Lionel Messi et de Luis Suarez. C’est la marque des grands joueurs que d’avoir l’intelligence de comprendre que, dans le domaine du foot, c’est toujours le collectif qui prime et fait gagner des titres », poursuit Raynald Denoueix.

Le plus gros transfert de l’histoire du football

Une façon de dire que, même avec son immense talent, Neymar ne parviendra pas à lui seul à faire gagner au PSG la Ligue des Champions, cette compétition européenne que le club français rêve de remporter grâce à la montagne d’argent apporté par le Qatar. Pour attirer Neymar, le PSG n’a en effet pas cassé sa tirelire.

Il a fait sauter le coffre-fort en s’engageant à verser 222 millions à Barcelone, puis sans doute 30 millions d’euros par an au joueur (Net de tous impôts). « Il s’agit bien sûr de sommes considérables.

Jusque-là, le plus gros transfert de l’histoire du football était celui de Paul Pogba pour Manchester United (105 millions d’euros) », souligne Raffaele Poli, responsable de l’observatoire du football au Centre International d’Étude du Sport (CIES), à Neuchâtel, en Suisse. « Mais je pense que le PSG n’a pas surpayé le joueur, ajoute-il. Neymar est l’un des trois meilleurs joueurs du monde et il est plus jeune que Messi et Ronaldo. Sa côte est donc plus élevée. Et en termes de marketing, Neymar est un investissement qui va faire gagner au PSG une notoriété immense dans le monde entier. Aujourd’hui, le PSG a 5 millions d’abonnés sur son compte Twitter, Neymar 30 millions ».

Une icône publicitaire

Car Neymar n’est pas seulement un footballeur. C’est une icône publicitaire, qui fait tourner la tête de nombre de sponsors. Un exemple parmi d’autres ? Comme l’a révélé Médiapart, le Brésilien a touché 46 500 € de Panini, juste pour apposer sa signature sur 600 vignettes du célèbre album. Au total, ses revenus annuels sont estimés à 37 millions de dollars par Forbes, qui le présente comme le seul footballeur à gagner plus d’argent avec les contrats de sponsoring qu’avec son salaire. En 2014, plusieurs grandes marques, en particulier Panasonic, avaient payé des pages entières dans les journaux locaux pour soutenir l’attaquant brésilien, obligé de quitter la compétition avant la demi-finale après une grave blessure suite à un choc avec un joueur colombien.

Une idole au Brésil

Une fracture de la troisième vertèbre lombaire qui avait bouleversé tout le Brésil où le joueur est considéré comme une idole. Une vraie télénovela. « Ton visage plein de douleur (…) a blessé mon cœur et celui de tous les Brésiliens et Brésiliennes », lui avait alors écrit la présidente d’alors, Dilma Rousseff. Tandis que le joueur colombien, à l’origine de cette « tragédie » nationale, avait été contraint de lui envoyer une lettre d’excuses après avoir reçu des menaces de mort.

À Barcelone, des affiches pour le traiter de « mercenaire »

Une star du ballon, au tempérament parfois encore un peu immature, capable d’insulter les arbitres ou des adversaires. Ou de faire volontiers la fête en dehors du terrain, comme l’ont souvent déploré les dirigeants du Barça. À mots couverts et choisis car, dans le milieu du foot, les dirigeants cravatés n’élèvent jamais la voix pour gronder les stars du ballon. Enfin, tant qu’elles font partie de l’équipe. Car depuis qu’il a fait ses adieux au Barça, ce mercredi 2 août, Neymar a cessé de faire chavirer les cœurs de la Catalogne. Près du stade d’entraînement, on a ainsi vu fleurir ces dernières heures des petites affiches pour traiter de « mercenaire » et de « traître » l’attaquant jusque-là tant adulé.

Pierre Bienvault

 

Published by Un Sage