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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 11:09

Revenu universel

Quatre points pour bien comprendre le projet de Benoît Hamon

Le candidat à la primaire de la gauche Benoît Hamon, en tête du premier tour, a insisté pendant sa campagne sur l’instauration d’un revenu universel en France.

Mais en quoi consisterait ce dispositif : 

Le revenu universel, qu’est-ce que c’est ?

L’idée du revenu universel est de verser à tous les individus, sans exception, un revenu dit "de base". Une somme de plusieurs centaines d’euros - Benoît Hamon avance un montant de 750 euros - qui serait accordée à tous les Français sans condition de ressources. Il remplacerait ainsi les minima sociaux déjà existants.

Comment le mettre en place ?

L’ancien ministre propose plusieurs étapes dans la mise en place du revenu universel. Dans un premier temps, dès 2018, "le RSA sera augmenté de 10% à hauteur de 600 euros et versé automatiquement à tous les ayant-droits. La même année, un revenu d’existence sera versé à tous les jeunes de 18 à 25 ans quel que soit leur niveau de ressources", explique-t-il sur son site de campagne.

C’est ensuite, après une "grande conférence citoyenne", que le revenu universel pourra être lancé. Cette conférence "fixera le périmètre du revenu universel (montant, financement, articulation avec les autres allocations sociales, calendrier de mise en œuvre). Ce revenu sera ensuite étendu à l’ensemble de la population. A terme, il atteindra la somme de 750 euros", ajoute-t-il.

Et comment le financer ?

Nombreux sont les spécialistes à s’interroger sur la faisabilité d’un tel projet, notamment sur la question de son financement. Benoit Hamon, qui assure que celui-ci ne sera pas financé par l’Etat, propose plusieurs solutions pour cela :
- Individualisation de l’impôt sur le revenu (qui dégagerait 24 milliards d’euros) ;
- Lutte contre l’évasion fiscale (plus de 80 milliards à récupérer) ;
- Fusion de l’ISF, de la taxe foncière et des droits de succession ;
- Taxe sur les robots…
Les idées ne manquent pas.

Pourquoi ça fait polémique ?

Si les partisans de ce dispositif y voient l’accès à un revenu décent pour tous les Français, ses opposants craignent quant à eux que la mise en place d’un revenu universel incite ses bénéficiaires à ne plus travailler. Selon ces derniers, un tel montant favoriserait en effet l’oisiveté. Ce que démentent les personnes favorables au projet, selon lesquelles ce revenu permettrait au contraire aux chômeurs d'effectuer leur recherche d'emploi plus sereinement.

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Jusqu'ici, tout va bien…
LE BLOG D'ERIC VERHAEGHE
Pour un vrai revenu universel
ARTICLE ÉCRIT POUR LE FIGAROVOX.
Après la remise du rapport Sirugue, au Premier Ministre, l’idée d’un revenu universel a fait l’objet d’un regrettable recul qui risque d’en tuer dans l’oeuf toute la philosophie et tous les bienfaits. Cet épisode est dommageable, dans la mesure où le revenu universel pourrait contribuer à débloquer la société française et à responsabiliser des citoyens de plus en plus anesthésiés par un Etat étouffant et castrateur.
Le recul du rapport Sirugue:
Du revenu universel, le député Sirugue a malheureusement retenu une caricature qui le transforme en pire: le versement sans contrepartie d’une allocation à des jeunes désoeuvrés en âge de faire des études ou de travailler.

Bien entendu, ce n’est pas cela le revenu universel, et c’en est même le contraire. Jamais il ne s’est agi de mettre en oeuvre de puissants mécanismes de désincitation au travail, au nom d’une solidarité totalement
fantasmée.

"Avec le revenu universel on a plus besoin de bosser"

Pourquoi cette solidarité est-elle fantasmée et même malhonnête? Parce que la représentation d’une collectivité qui ne ferait rien pour ses jeunes ne correspond pas à la réalité française. Rappelons ici que la France est le pays de l’OCDE qui consacre le plus de moyens par élèves dans l’enseignement secondaire supérieur: près de 10.000 euros par an. Cette somme est maintenue à l’université.

Autrement dit, un jeune de 18 ans qui sort du lycée a, pendant son seul cycle « lycée », perçu une somme de 30.000 euros d’aide de l’Etat, sans compter les divers avantages fiscaux (rares il est vrai) dont ses parents ont pu bénéficier. Notons que le jeune qui bénéficie de cette aide ne paie aucun droit d’entrée au lycée, et un droit totalement symbolique à l’université, qui ressemble fortement à de la gratuité.

Si le jeune décroche et ne travaille plus, on peut invoquer beaucoup de motifs pour l’expliquer, notamment une incapacité des enseignants de l’Education Nationale à diffuser un rapport rationnel avec la société. À force de dénoncer les méfaits imaginaires d’un capitalisme forcené et de défendre une sorte d’anarchisme de droite où tout ordre collectif est maudit, ces enseignants déconstruisent patiemment le lien que la plupart des familles tentent de tisser entre leurs enfants et le corps social. Cette déconstruction est devenue un véritable problème collectif.

Mais soutenir que ces jeunes ne sont pas aidés, n’ont pas été aidés par la collectivité est aussi mensonger que de soutenir que la France, qui apporte l’aide médicale gratuite aux étrangers, est mauvaise hôtesse, ou que de soutenir que le libéralisme triomphe dans notre pays quand les dépenses publiques représentent beaucoup plus que la moitié de la richesse nationale. Une fois de plus, le coût du service public, l’effort qu’il représente pour la Nation, est passé sous silence.

C’est sur ce lamentable oubli qu’est construite l’idée purement électoraliste de verser un revenu aux jeunes « sous condition de ressources du ménage », dès 18 ans, qui constitue une sorte d’appel à ne pas travailler pour tous ceux qui hésiteraient entre se lever le matin pour préparer un diplôme et revenir tard de la Nuit Debout après avoir pleurniché sur la méchanceté du monde capitaliste.

Le revenu universel sera-t-il un instrument de domination pour l’Etat?

On comprend évidemment les logiques électoralistes qui ont présidé au rapport Sirugue à l’approche d’une année cruciale. L’idée de « réformer les minima sociaux » est habile. Elle permet de surfer sur la sympathie que le revenu universel inspire dans les mouvements de jeunes, tout en ciblant la mesure sur les participants habituels aux protestations fomentées par l’UNEF. On y trouve pêle-mêle les armées d’étudiants en psychologie promis au chômage, les fêtards, les redoublants, tous ceux qui ont compris que leur diplôme ne les mènera pas bien loin et que toute leur vie sera broyée par les lauréats des grandes écoles qui seront les rois du système.

Pour tous ceux-là, la promesse d’un revenu mensuel si leurs parents n’ont pas les moyens de les entretenir sonne comme un appel au calme. La mécanique est bien connue: la gauche au pouvoir ne veut plus changer le « système », elle veut juste le rendre supportable. Pour y parvenir, elle se contente de prélever sur les classes moyennes (ces délinquants qui paient l’impôt sur le revenu) la somme nécessaire à la paix sociale dans les quartiers difficiles.

Bien entendu, que ce confort low cost apporté dans les zones difficiles donne raison aux profiteurs et décourage l’élite des quartiers importe peu. Mettons les pieds dans le plat: la beurette qui veut réussir aujourd’hui est déjà obligée de porter le voile pour ne pas être insultée ou traitée des pires noms d’oiseaux par les fainéants qui campent à l’entrée de l’immeuble HLM. En suivant la logique de Christophe Sirugue, le fainéant n’aura même plus besoin de jouer les guetteurs pour le trafiquant de drogue local: l’Etat, selon une « créance non quérable », lui versera chaque mois sans effort ce que le dealer lui donne aujourd’hui en contrepartie d’un minimum de présence. La seule victime de ce système est la beurette voilée dont la démarche paraîtra encore plus absurde et téméraire.Le grand bénéficiaire du dispositif n’est autre que l’Etat. Certes, il ne sera pas plus capable qu’aujourd’hui de former les jeunes au monde du travail, de corriger les inégalités de naissance, de transmettre les valeurs démocratiques. Mais il aura acheté à grand prix le calme dans les quartiers pour que l’élite de ce pays continue à se gaver sans sortir de sa prison Je le confirme, le revenu universel n’a rien à voir avec cet achat de voix collectif.
Mais il aura acheté à grand prix le calme dans les quartiers pour que l’élite de ce pays continue à se gaver sans sortir de sa prison dorée.
Je le confirme, le revenu universel n’a rien à voir avec cet achat de voix collectif.
Le revenu universel doit reposer sur des contreparties
Expliquons maintenant ce que doit être un véritable revenu universel.
C’est d’abord la redistribution de la part de richesse nationale qui revient de droit aux citoyens. Il suffit de regarder la publicité que Coca-Cola viralise partout en ce moment: elle repose sur l’affichage des couleurs bleu-blanc-rouge. Est-il normal que des actionnaires américains s’enrichissent en utilisant la notoriété du drapeau français? Dans ce cas de figure, il est évident qu’une part des bénéfices de Coca-Cola doit revenir à tous les Français qui sont à l’origine de cette création de valeur. Le principe et la justification économique du revenu universel sont bien là.

Beaucoup de Français ont peur de ce revenu parce qu’ils craignent qu’il ne désincite au travail. La question est sérieuse et mérite d’être traitée sur le fond. Elle appelle deux arguments.

Le premier consiste évidemment à répéter que le revenu universel doit procéder d’une véritable solidarité en profitant à tout le monde et pas seulement aux passagers clandestins. Il doit donc être versé à tous les Français, quel que soit leur niveau de revenu, et pas seulement à ceux qui répondent aux « conditions de ressources », c’est-à-dire aux plus pauvres. C’est en le versant à tout le monde que ses effets de désincitation disparaîtront.

Evidemment, il est toujours possible de discuter d’une modulation de son montant selon la situation des bénéficiaires au regard de l’emploi. Mais cette modulation doit être marginale par rapport à son objet essentiel et principal.

L’autre argument porte sur les contreparties. La meilleure réponse qui puisse être apportée à la question est de préciser que le revenu universel doit être versé à pression fiscale constante. Autrement dit, le revenu universel ne peut venir en complément ou supplément des autres allocations, mais en remplacement.

Au coeur de cette question se pose évidemment le problème de la protection sociale. Le revenu universel ne doit venir en plus de la rémunération différée versée par la sécurité sociale, mais en remplacement de celle-ci. Sur ce point, la mécanique pourrait être très simple: le revenu universel remplacerait les cotisations sociales et permettrait à chaque Français de s’assurer au niveau de son choix auprès d’un opérateur qui lui apporterait les garanties dont il a besoin.

Autrement dit, l’obligation de s’assurer socialement demeurerait, mais le revenu universel viendrait en remplacement du monopole de la sécurité sociale. Une mécanique de versement direct du revenu à des organismes assureurs peut même être retenue pour éviter l’insolvabilité des assurés.

Il s’agit donc bien de responsabiliser chaque Français en les transformant en acteur de leur propre protection sociale. La mise en place du revenu universel se ferait donc à niveau fiscal inchangé, mais instaurerait une véritable solidarité.

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Avec le revenu universel on deviendra tous vieux
"On fera de vieux os"
Dixit HEnri Salavador

Carlos et Salvador 
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Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N'font pas de vieux os.
Ces gens qui cour’nt au grand galop
En auto, métro ou vélo
Vont-ils voir un film rigolo ?
Mais non, ils vont à leur boulot
Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N'font pas de vieux os.
Ils boss’nt onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand elles commencent
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot
Dire qu'il y a des gens en pagaille
Qui courent sans cesse après le travail
Moi le travail me court après
Il n'est pas près de m'rattraper.
Maint'nant dans le plus p'tit village
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort
Quand ils l'ont, eh bien, ils sont morts.
Homm’s d'affaires et meneurs de foule
Travaill’nt à en perdre la boule
Et meur’nt d'une maladie d’cœur
C'est très rare chez les pétanqueurs !

 

 

 

 

 

Published by Un Sage