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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 10:00

 

Harcèlement scolaire: l’école moderne est responsable
L’idéologie de la “bienveillance” a construit le phénomène
D 'après Samuel Piquet
Professeur

La deuxième journée nationale contre le harcèlement à l’école a eu lieu début novembre. Parents, professionnels et enfants étaient visés par cette nouvelle campagne. Mais, si l’initiative était louable et que certaines vidéo présentées à l’occasion n’ont pas manqué d’émouvoir et de susciter l’indignation, on est en droit de se demander si le ministère ne s’est pas, tout simplement, trompé de cible…

Les parents, déjà largement sensibilisés à cette pratique, sont ceux qui, en dépit de tout bon sens, accusent régulièrement les enseignants de harceler leurs enfants. Les enseignants font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose, délestés qu’ils sont depuis des années de toute autorité. Quant aux enfants, beaucoup y sont sensibles, beaucoup sauf les principaux intéressés… Comme j’ai moi-même pu le constater lors d’une séance vidéo organisée par mon collège pour tous les élèves de quatrième. Les sourires entendus et ricanements de certains caïds ne tournaient pas à la franche rigolade, mais seulement en raison de ma présence dans la salle.

Quand les bourreaux passent pour des victimes…

Comment s’en étonner quand un ministère se persuade que les dangers principaux qui guettent l’enfant à l’école sont l’humiliation (par les professeurs !) et l’ennui, auxquels il faut remédier grâce à la « pédagogie de la bienveillance ». On ne peut prôner sans cesse l’indulgence envers les bourreaux, les faire passer pour des victimes et espérer que disparaissent miraculeusement
ces brimades.

« Comment se fait-il que l’équipe éducative n’ait rien vu ? », entend-on régulièrement après un drame. Soit les adultes, qui n’ont plus aucun pouvoir depuis que l’école a décrété que la parole de l’élève valait autant que celle du professeur, ont tant d’autres choses à gérer qu’ils passent à côté. Soit, plus grave, la direction ferme les yeux ou minimise les actes de harcèlement et ne punit pas leurs auteurs à la mesure de leur comportement. Les exemples, hélas, sont légion. Un suffit à incarner le malaise : à Saint-Michel-sur-Orge dans l’Essonne, un établissement choisi pour lancer la précédente campagne contre le harcèlement n’a même pas respecté le protocole établi dans le cas de sa victime.

Certains se demandent aussi pourquoi les jeunes harcelés ne préviennent pas un adulte. Tout est fait pour les en dissuader. Dès leur plus jeune âge, on explique aux élèves qu’il ne faut pas « rapporter » – tout en leur interdisant de se faire justice eux-mêmes – certains allant même jusqu’à l’assimiler à de la « délation », mot que j’ai entendu de nombreuses fois dans les bouches des principaux/ proviseurs, de certains CPE, voire de certains collègues.

Les harceleurs ne sont quasiment jamais exclus

C’est oublier également que l’élève, qui ose raconter ce qu’il subit, prend le risque de voir ses brimades redoubler. De la part de ses autres camarades, prêts à toutes les compromissions pour ne pas passer pour des « balances » (des « poucaves ») et être du côté du plus fort – surtout dans une école qui a érigé le cancre en modèle (à Béziers, le harcelé s’est fait taper pendant l’intercours parce qu’il a répondu à une question posée par la prof et ce malgré tous les efforts qu’il faisait pour rester un élève moyen). Mais aussi de la part de la direction. Dans cette école qui a inversé toutes les valeurs, les harceleurs ne sont quasiment jamais exclus, on leur trouve toutes les circonstances atténuantes possibles et imaginables. C’est donc le plus souvent au harcelé de quitter l’école. Et tout le monde n’a pas nécessairement les moyens ou l’opportunité de déménager.

Sensibiliser au harcèlement, certes, cela ne peut pas faire de mal. Mais cette campagne risque fort de ne toucher que les adultes. Peu de chances pour que des enfants de 11 à 14 ans (c’est au collège que le harcèlement est, statistiquement, le plus fréquent) changent tout à coup de comportement. Une poignée de victimes osera peut-être en parler. Mais rien ne permettra de régler le problème en amont : une société qui attend tout de ses enfants et ne responsabilise pas ses adultes est une société malade.

En voulant éradiquer l’humiliation des élèves par le professeur, l’école moderne a construit l’humiliation des élèves par leurs semblables. En invitant les « apprenants » à échafauder eux-mêmes leur propre savoir, elle a confisqué l’autorité du professeur. En cherchant par tous les moyens à faire de ce dernier un égal de l’élève, elle a fait de lui un être pas davantage capable de le protéger que ses camarades.
« Traiter tous les hommes avec la même bienveillance et prodiguer indistinctement sa bonté peut tout aussi bien témoigner d’un profond mépris des hommes que d’un amour sincère à leur égard ».
  (Nietzsche)
On ne saurait mieux résumer l’idéologie de l’Education nationale.
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Les garçons n'ont pas pour autant de meilleurs résultats que les filles. Ainsi, à l'entrée en 6e, un garçon sur 5 ne sait pas lire écrire et compter et ce rapport est d'une fille sur 25. L'échec scolaire est masculin, ce qui influe sur le comportement des garçons, plus violents. Mais alors que les filles obtiennent de meilleurs résultats, elles ont moins confiance en leurs capacités.
Revenir au temps passé, en supprimant la mixité dans le primaire et le secondaire instauré en 1975 (loi Haby) serait ringard mais surement plus efficace.

C'est peut-être le seul moyen de sortir l'éducation nationale du bourbier dans lequel elle s'enfonce tous les jours, avec une ministre incompétente dont le seul talent est son beau sourire:

Pas le même rythme
Michel Fize, sociologue et chercheur au CNRS, argumente également sur le décalage de maturité qui est grand entre filles et garçons à l'adolescence. Les filles de 12 ans, par exemple, peuvent souffrir de devoir subir ces “gamins” toute la journée.
Enfin, la présence des filles perturberait les garçons, et vice versa. Jeux de séduction, rodomontades, la cohabitation des sexes empêcherait de se concentrer sur les apprentissages...
A Paris, les établissements privés Stanislas et Saint Jean de Passy proposent des classes non mixtes. Marie-Odile Idrac, directrice de St Jean de Passy explique : "Ils n’ont pas le même rythme, ni les mêmes motivations. Notre structure éducative leur permet de développer leurs talents dans un contexte où ils sont parfaitement reconnus et appréciés".
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De plus notre société étant maintenant pluriculturelle ,dans certaines ethnies les parents ne supportent pas cette mixité et surtout que des femmes enseignent à leurs garçons et que leurs filles soient "mélangées" avec ceux-ci ,ce qui engendre des conflits permanents.
 
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Published by Un Sage