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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:23
Saint Sylvestre :
La fête romaine pour chasser les mauvais esprits
Juste le temps de se remettre des joies, parfois des excès aussi, des fêtes de Noël, et il est déjà l’heure de penser à la Saint Sylvestre.
Quelles sont les origines de cette fête ?
Dernière festivité de l’année, la Saint Sylvestre ne revêt pas de caractère religieux. Certains la rattachent à l’histoire du prêtre Sylvestre, un Romain qui fut élu 33ème pape et qui occupa le saint siège pendant 22 ans, sous le règne de Constantin le Grand.

Vitrail de saint Sylvestre à Chartres, d'après la Légende dorée : le baptême de Constantin

Il est resté connu pour ses constructions de grandes basiliques romaines. On raconte aussi qu’il aurait dompté un dragon… Sylvestre 1er, devenu Saint Sylvestre, mourut le 31 décembre 335.
A la Saint Sylvestre, on fait du bruit pour chasser les mauvais esprits
Ce sont cependant plus vraisemblablement les Sigillaires, célébrées dans la Rome antique pour clôturer les Saturnales, et avec elles les festivités de l’année, qui sont à l’origine de la Saint Sylvestre. Cette fête donnait lieu à de grands festins qui permettait de faire en bonne compagnie le pont jusqu’au premier jour de l’an neuf, puisque Jules César avait fixé la fin d’année au 31 décembre. La tradition voulait que plus le repas soit long et les plats nombreux, plus l’année nouvelle serait heureuse et prospère.
D’où la tradition d’aligner les petits et grands plats et de festoyer, souvent entre amis mais parfois aussi avec de parfaits inconnus, afin de passer le cap symbolique de la nouvelle année en échangeant des vœux pendant les douze coups de minuit, puis de s’amuser longtemps dans la nuit.
Même si, fuseaux horaires obligent, les habitant de Auckland, en Nouvelle-Zélande, seront les premiers à fêter le Nouvel An, musiques, coups de klaxons et autres manifestations sonores retentiront progressivement partout dans le monde.
Pourquoi tant de bruit ? La réponse est à chercher dans une ancienne croyance, selon laquelle il n’y aurait rien de tel pour chasser et tenir à distance les mauvais esprits.
S’embrasser, oui, mais sous le gui
Passer la nuit de la Saint-Sylvestre avec celles et ceux que l’on aime est déjà une excellente raison d’être heureux. Il y a cependant un moment où les yeux brillent encore plus fort… avec les douze coups de minuit qui approchent, c’est non seulement le moment d’échanger des vœux, mais aussi des baisers, et si possible sous le gui.

Encore une tradition dont l’origine se perd (presque) dans la nuit des temps. Les Druides considéraient déjà le gui, particulièrement celui qui poussait sur les chênes, comme une plante sacrée. Ils l’appelaient « rameau d’or », et seuls certains d’entre eux avaient le privilège de pouvoir le couper, avec une serpette en or si l’on en croit la légende.
Pour que le gui garde toutes ses vertus, il devait être cueilli le sixième jour de la lune, qui correspondait au début du mois gaulois.
À cette époque, on prêtait au gui, pris sous forme de boisson, toutes les vertus : non seulement il assurait la fécondité, mais il était un remède contre tous les poisons. Les Druides lui donnaient d’ailleurs un nom qui, dans leur langue, signifiait « guérissant tout ».
La tradition traversa allègrement les siècles, puisqu’il était encore de coutume au Moyen Âge de suspendre du gui aux poutres des plafonds pour assurer la prospérité de la maison et de tous ses occupants : culture, animaux, descendance…
Survivance sans doute du vieux culte druidique, il est toujours conseillé aujourd’hui encore, d’accrocher du gui aux portes et aux fenêtres à l’époque de Noël et surtout pour le Nouvel An, afin de faire profiter toute la maisonnée et ses invités de ce véritable symbole de paix, de santé et de bonheur.
Pourquoi on s’embrasse sous le gui ? Différentes légendes circulent
La première raconte que les Druides eux-mêmes accrochaient du gui à l’entrée de leur maison, en guise de protection contre les mauvais esprits, et qu’ils embrassaient leurs visiteurs sous ce même gui pour leur porter chance et bonheur.
Ailleurs on raconte que, dans des temps fort éloignés, lorsque des ennemis se rencontraient sous du gui dans la forêt, ils renonçaient à tout combat et faisaient la paix jusqu'au lendemain. C’est de là que viendrait la coutume de s’embrasser sous du gui, en signe d’amitié.
Chez les Romains, toujours à l’époque des Saturnales, pour embrasser une jeune fille, il suffisait de l’entraîner à son insu sous une boule de gui : une croyance populaire voulait en effet que l’on ne puisse refuser un tel baiser, sous risque de ne pas se marier pendant toute l’année suivante.
Le gui et ses légendes:
Les légendes varient selon les régions, naturellement. Ainsi, un conte scandinave met en scène Baldut, le roi du soleil, tué par une flèche empoisonnée par un démon jaloux. La mère du roi, Preyla, déesse de l’amour, aurait alors demandé aux dieux de le ramener à la vie, en échange de quoi elle promettait d’embrasser toute personne qui passerait sous un arbre porteur de gui. Les dieux l’exaucèrent, et le gui devint alors le symbole à la fois de l’amour et du pardon. Joli, non ?
Ainsi, il est de bon augure pour les amoureux de s’embrasser sous le gui : une longue et heureuse vie de couple les attend. On dit parfois aussi que le même baiser sous la plante autrefois considérée comme sacrée annonce un mariage dans l’année. À vous de voir si vous préférez embrasser votre amoureux dessous, ou juste à côté du gui.
Quant au bisou entre amis, véritable rituel de la nuit de la Saint Sylvestre, il favoriserait la réalisation des voeux de chacun(e), tout en scellant encore davantage les liens amicaux. Embrassez donc sans modération,…
En France particulièrement:
On y organise un dîner de fête avec, entre autres, du champagne et du foie gras. Il peut s'agir d'un simple dîner entre amis ou d'une soirée dansante. Le jour de l'an, les familles et les amis échangent les vœux du nouvel An, prennent de bonnes résolutions et parfois échangent quelques cadeaux (les étrennes). À minuit, on se souhaite traditionnellement une bonne année en s'embrassant sous le gui, puis on va dans la rue en criant « Bonne année ! » et en faisant beaucoup de bruit (trompette, klaxon, etc.). La Saint-Sylvestre est également l'occasion donnée au Président de la République française de transmettre ses vœux présidentiels en diffusion différée à 20 heures sur les principales télévisions françaises depuis le palais de l'Élysée.
Tous les ans à Paris, beaucoup de personnes se réunissent aussi sur l'avenue des Champs-Élysées ou sous la tour Eiffel, pour fêter le passage à la nouvelle année avec quelques petits feux d'artifice. Cependant, ces dernières années, la tradition des feux d'artifice à Paris s'est arrêtée.
Certaines boivent du champagne à gogo ou d'autres boissons alcoolisées, sont complètement ivres et terminent la nuit à l'hôpital en plain coma éthylique
La période des fêtes se termine avec l'Épiphanie, jour où l'on partage traditionnellement la galette des Rois.
 
 
 
Published by Un Sage